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Le calendrier scolaire modifié sème l'incompréhension générale

«C'est une transformation majeure du régime pédagogique qui ne semble pas répondre à un besoin»

Gwenaelle Reyt   6 février 2010  Éducation
Le projet de règlement modifiant le Régime pédagogique déposé mercredi par la ministre Courchesne veut que le nouveau calendrier scolaire se compte en heures et non plus en jours.
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Le projet de règlement modifiant le Régime pédagogique déposé mercredi par la ministre Courchesne veut que le nouveau calendrier scolaire se compte en heures et non plus en jours.
En annonçant en catimini une modification du calendrier scolaire dans la Gazette officielle du Québec, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne provoque l'incompréhension générale. Dans le milieu enseignant, parmi les parents d'élèves, au sein des syndicats, personne n'a été mis au courant. Et les explications données par la ministre en laissent plus d'un perplexes, certains pensant même à une forme d'accommodement raisonnable.

Le projet de règlement modifiant le Régime pédagogique déposé mercredi par la ministre veut que le nouveau calendrier scolaire se compte en heures et non plus en jours. Ainsi, les élèves du primaire et du secondaire auront 900 à 1000 heures d'enseignement réparties sur 180 à 200 jours. Les enseignants seront libres d'aménager les activités éducatives et, pourquoi pas, de les organiser pendant la fin de semaine. Les élèves pourraient donc bien se retrouver sur les bancs d'école un samedi ou un dimanche.

Pour le ministère de l'Éducation, ces changements vise avant tout à encourager la persévérance scolaire. «Nous officialisons des démarches déjà présentes dans certains établissements et qui n'étaient pas inscrites dans le Régime pédagogique. Cela va donner plus de flexibilité. C'est la suite logique des gestes posés par le gouvernement pour éviter le décrochage scolaire», explique Tamara Davis, porte-parole de la ministre Courchesne.

Un réel besoin?

Pourtant, la surprise était grande à la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE). Pour Josée Scalabrini, vice-présidente de la FSE, il est inacceptable d'être mis devant le fait accompli. «Il n'y a aucun lien entre ce qui vient d'être publié et le décrochage scolaire. Notre convention collective implique déjà toute la flexibilité dont nous avons besoin. Il est impératif que la ministre indique clairement ses intentions», assure-t-elle.

La Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ) n'a pas non plus été consultée. Elle préfère toutefois connaître la position de ses membres avant de se prononcer sur le projet. «Nous venons d'envoyer un sondage à tous les présidents de comité. Nous verrons si ce changement correspond à un réel besoin», explique David Lemelin, porte-parole de la FCPQ.

Personne ne semble comprendre les raisons de ce changement. Même pour Pierre Curzi, porte-parole de l'opposition officielle en matière d'éducation primaire et secondaire, la situation est obscure. «C'est une transformation majeure du régime pédagogique qui ne semble pas répondre à un besoin. Il faudrait que la ministre soit plus claire et qu'elle n'essaie pas de faire comme si personne n'allait s'en rendre compte», assure le député péquiste. Il craint également que cela n'ouvre la porte à l'enseignement religieux pendant les journées pédagogiques. «Avec la possibilité d'enseigner le samedi et le dimanche, je me demande si ce n'est pas une forme d'accommodement raisonnable», s'inquiète-t-il.

Au bureau de la ministre, il est hors de question de parler d'accommodement raisonnable. «Les changements portent sur plusieurs aspects, pas seulement l'horaire. Un temps d'enseignement minimum de 720 heures sur 900 pour les quatre matières principales a également été instauré. Les écoles pourront enseigner la fin de semaine si elles le veulent, mais elles doivent respecter le règlement», insiste Tamara Davis, qui précise que l'enseignement religieux est interdit par le Régime pédagogique.






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  • Mireille Chenard
    Inscrite
    samedi 6 février 2010 08h18
    ça sent le décret à plein nez !!!
    Si vous calculez le nombre de jours restant avant la fin du présent décret (loi 43) qui empêche tout moyen de pression concerté de la part des employers en négociation et le nombre de jours de la "consultation sociale" à propos de ce projet de règlement, le tout concorde à quelques jours près!
    Cela me porte à croire que le gouvernement Charest persistera en signant un nouveau décret le 1er avril et en nous imposant, encore, de nouvelles dispositions nationales non-négociées de bonne fois.
    Cela frôlerais le dictatoriat et me fait terriblement peur!

  • Mathieu Plamondon
    Inscrit
    samedi 6 février 2010 08h32
    Impossible
    je crois pas que ça va s réaliser, déjà les élèves réagissent très fortement contre cette idée. Des groupe facebook en guise de pétition ont déjà été formé, et je suis sur que d'autre ce formeront encore. de plus, mette un tel projet en action pour l'an prochain sera extrêmement compliqué.

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 6 février 2010 11h22
    Sur les traces de Harper
    Charest semble suivre les traces de Harper comme tout esprit conservateur le ferait. La consultation ? Connais pas. Nous savons ce qui est bon pour le bon peuple, c'est-à-dire pour les « 'tits amis ».
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • Linda Bosse
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 03h16
    Sous le prétexte de prévenir le décrochage...!
    Prévenir le décrochage en enseignant le samedi!!! Quelle stupidité!!!
    Qu'on investisse davantage dans le soutien aux enseignants et aux élèves par l'ajout d'orthopédagogues, d'orthophonistes, de psycologues et d'éducateurs spécialisés, aurait, à mon sens, beaucoup plus d'impact.

    Ou encore, qu'on ouvre les portes des écoles secondaires le samedi ou le dimanche pour permettre aux élèves de faire leurs travaux scolaires, comme au cégep, serait aussi beaucoup plus approprié.

    Ou encore, qu'on soutienne financièrement les écoles dans l'organisation d'activités parascolaires ou extrascolaire, serait aussi beaucoup plus pertinent.

    Mais qu'on enseigne le samedi et le dimanche risque plutôt d'engendrer l'effet inverse et faire augementer le taux de décrochage...

    Encore une fois, on prend des décisions d'en haut, sans même aller voir ce qui se passe dans les écoles et surtout, sans même connaître les besoins des écoles...

    Présidente d'un conseil d'établissement d'une école secondaire publique

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonnée
    dimanche 7 février 2010 07h50
    Faut-il être ouvert à ce point?
    L'important est de toujours prendre des décisions qui seront pertinentes pour l'apprentissage des enfants . En est-ce une?
    Le danger est de laisser l'éducation entre les mains de la politique. Il est temps qu'un groupe de sages, centré sur les besoins de l'apprentissage se fasse entendre. Les recommandations du Conseil supérieur de l'Éducation s'en vont-elles encore sur les tablettes?

  • Roland Berger
    Abonné
    dimanche 7 février 2010 12h02
    Pour prévenir le décrochage
    La modification apportée au calendrier scolaire viserait la prévention du décrochage scolaire. Bouche bée ! Mme Courchesne ferait mieux de travailler à son plan d'élimination du décrochage scolaire plutôt de faire diversion.
    Roland Berger
    St. Thomas, Ontario

  • magouille
    Inscrit
    dimanche 7 février 2010 13h29
    Quantité n'égale pas Qualité
    Pauvre cloches ...ils ne savent plus quoi faire dans ce gouvernement pour justifier leurs salaires. Commençons par être performant à 5 jours semaines avant d'essayer d'autres âneries. Ce n’est pas le nombres d’heures passé à l’école qui rend instruit mais la qualité des heures passé à apprendre.
    Tout comme au gouvernement d'ailleurs

  • Pierrette L. Ste Marie
    Abonnée
    dimanche 7 février 2010 17h05
    Accommodement raisonnable?
    Y a-t-il de cela?

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