Diplômes: l'écart anglos-francos perdure
Les francophones derrière les anglophones au Québec, mais pas en Ontario
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Les francophones du Québec ne parviennent toujours pas à combler l’écart qui les sépare des anglophones en matière de diplomation universitaire.
Une étude de l'Institut de la statistique du Québec (ISQ) révèle que non seulement les francophones du Québec sont moins scolarisés que les anglophones, mais que cet écart s'est à peine réduit au fil des 40 dernières années. Pendant ce temps en Ontario, les jeunes francophones cartonnent: par leur taux élevé de diplomation universitaire, les 25-34 ans donnent la leçon aux anglophones de leur province... de même qu'à leurs confrères de langue française au Québec.
La compilation des données du recensement de 2006 faite par Statistique Canada permet effectivement de constater que si les francophones de l'Ontario ont pu rejoindre et même dépasser en nombre de diplômés les anglophones de leur province, ce n'est pas le cas des Québécois de langue française qui, au fil des ans, n'ont jamais pu combler l'écart. N'empêche, globalement, le niveau de scolarité des francophones du Québec s'est amélioré. Et chez les plus jeunes, soit les gens âgés de 25 à 54 ans, ce sont les allophones qui sont les plus nombreux à détenir un diplôme universitaire, en grande partie en raison de l'immigration, qui privilégie les gens scolarisés.
«Toutes les grandes réformes des années 1960 en éducation qui avaient pour but d'accroître le niveau de scolarité, en particulier chez les francos, ont connu un certain succès», dit Yvan D'Amours, coordonnateur des statistiques sur les conditions de vie à l'ISQ. «Mais même s'il y a eu amélioration, l'écart relatif avec les anglos au niveau de la diplomation universitaire n'a pas disparu», a-t-il poursuivi.
Il rappelle que chez les jeunes de 25 à 34 ans sans diplôme, l'écart francophones-anglophones est moins prononcé, ce qui reflète un certain rattrapage des premiers par rapport aux seconds. Et de façon générale, le nombre de Québécois ayant un diplôme universitaire s'est accru, qu'ils soient anglophones ou francophones, maintenant ainsi l'écart entre les deux groupes linguistiques. «Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce phénomène. Par exemple, le taux d'abandon scolaire demeure plus élevé chez les francophones que chez les anglophones», a noté M. D'Amours.
Autre explication: les francophones valoriseraient davantage les attestations d'études professionnelles. Selon M. D'Amours, ils seraient deux fois plus enclins (22 % contre 11 %) que les anglophones à choisir, par exemple, de faire une technique au cégep plutôt que d'aller à l'université. «Les anglophones, eux, font davantage le choix des études universitaires. On sent que c'est culturel», a-t-il dit.
L'Ontario francophone domine le Québec
Les jeunes Franco-Ontariens (25-34 ans) semblent avoir comblé le retard de scolarisation que leurs aînés accusent par rapport à leurs concitoyens anglophones. Non seulement leur taux de diplomation universitaire est plus élevé, mais il surpasse également celui des Québécois francophones. En effet, chez les moins de 65 ans, les Franco-Ontariens sont en général plus diplômés que les Québécois de langue française, surtout chez les 25-34 ans. Par contre, tout comme au Québec, ce sont les allophones ontariens qui possèdent le plus fort taux de diplomation.
La même tendance à la faveur des Franco-Ontariens s'observe chez ceux qui n'ont pas de diplôme universitaire: les Ontariens qui parlent français sont moins nombreux à ne pas détenir de diplôme si on les compare aux anglophones de l'Ontario ou aux francophones du Québec de cette même catégorie. Pourquoi les francophones ont-ils si bien tiré leur épingle du jeu? «Il y a peut-être un effet d'entraînement du fait de vivre dans une société où on tend davantage à cheminer vers un diplôme universitaire», a dit le chercheur.
Les anglophones du Québec sont toutefois plus nombreux à détenir un diplôme universitaire que les anglophones de l'Ontario.
Yvan D'Amours fait également remarquer que les femmes franco-ontariennes sont même plus scolarisées que leurs homologues anglophones, et qu'elles l'ont été plus tôt. On observe le même phénomène chez les hommes, mais à un plus jeune âge.
Pour le chercheur de l'ISQ, ces données «sur la plus récente mouture du système d'éducation» sont intéressantes à analyser, car elles donnent le reflet de ce que pourrait être le niveau de scolarisation de la population active. «Elle sera plus diplômée qu'avant, mais en la comparant avec le reste du Canada, on voit qu'elle est en dessous de la moyenne. Il y a un rattrapage à faire», a-t-il conclu.
La compilation des données du recensement de 2006 faite par Statistique Canada permet effectivement de constater que si les francophones de l'Ontario ont pu rejoindre et même dépasser en nombre de diplômés les anglophones de leur province, ce n'est pas le cas des Québécois de langue française qui, au fil des ans, n'ont jamais pu combler l'écart. N'empêche, globalement, le niveau de scolarité des francophones du Québec s'est amélioré. Et chez les plus jeunes, soit les gens âgés de 25 à 54 ans, ce sont les allophones qui sont les plus nombreux à détenir un diplôme universitaire, en grande partie en raison de l'immigration, qui privilégie les gens scolarisés.
«Toutes les grandes réformes des années 1960 en éducation qui avaient pour but d'accroître le niveau de scolarité, en particulier chez les francos, ont connu un certain succès», dit Yvan D'Amours, coordonnateur des statistiques sur les conditions de vie à l'ISQ. «Mais même s'il y a eu amélioration, l'écart relatif avec les anglos au niveau de la diplomation universitaire n'a pas disparu», a-t-il poursuivi.
Il rappelle que chez les jeunes de 25 à 34 ans sans diplôme, l'écart francophones-anglophones est moins prononcé, ce qui reflète un certain rattrapage des premiers par rapport aux seconds. Et de façon générale, le nombre de Québécois ayant un diplôme universitaire s'est accru, qu'ils soient anglophones ou francophones, maintenant ainsi l'écart entre les deux groupes linguistiques. «Il y a plusieurs raisons qui expliquent ce phénomène. Par exemple, le taux d'abandon scolaire demeure plus élevé chez les francophones que chez les anglophones», a noté M. D'Amours.
Autre explication: les francophones valoriseraient davantage les attestations d'études professionnelles. Selon M. D'Amours, ils seraient deux fois plus enclins (22 % contre 11 %) que les anglophones à choisir, par exemple, de faire une technique au cégep plutôt que d'aller à l'université. «Les anglophones, eux, font davantage le choix des études universitaires. On sent que c'est culturel», a-t-il dit.
L'Ontario francophone domine le Québec
Les jeunes Franco-Ontariens (25-34 ans) semblent avoir comblé le retard de scolarisation que leurs aînés accusent par rapport à leurs concitoyens anglophones. Non seulement leur taux de diplomation universitaire est plus élevé, mais il surpasse également celui des Québécois francophones. En effet, chez les moins de 65 ans, les Franco-Ontariens sont en général plus diplômés que les Québécois de langue française, surtout chez les 25-34 ans. Par contre, tout comme au Québec, ce sont les allophones ontariens qui possèdent le plus fort taux de diplomation.
La même tendance à la faveur des Franco-Ontariens s'observe chez ceux qui n'ont pas de diplôme universitaire: les Ontariens qui parlent français sont moins nombreux à ne pas détenir de diplôme si on les compare aux anglophones de l'Ontario ou aux francophones du Québec de cette même catégorie. Pourquoi les francophones ont-ils si bien tiré leur épingle du jeu? «Il y a peut-être un effet d'entraînement du fait de vivre dans une société où on tend davantage à cheminer vers un diplôme universitaire», a dit le chercheur.
Les anglophones du Québec sont toutefois plus nombreux à détenir un diplôme universitaire que les anglophones de l'Ontario.
Yvan D'Amours fait également remarquer que les femmes franco-ontariennes sont même plus scolarisées que leurs homologues anglophones, et qu'elles l'ont été plus tôt. On observe le même phénomène chez les hommes, mais à un plus jeune âge.
Pour le chercheur de l'ISQ, ces données «sur la plus récente mouture du système d'éducation» sont intéressantes à analyser, car elles donnent le reflet de ce que pourrait être le niveau de scolarisation de la population active. «Elle sera plus diplômée qu'avant, mais en la comparant avec le reste du Canada, on voit qu'elle est en dessous de la moyenne. Il y a un rattrapage à faire», a-t-il conclu.
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