Lettres - Éducation : l'impossible choix
Supposons que McGill soit vraiment dans une impasse et que la hausse de 1600 % des droits de scolarité de son MBA soit la seule façon d'en assurer la qualité. Supposons aussi qu'il ne s'agisse pas d'une opération de marketing dans un monde où l'on tient pour acquis que ce qui est cher est forcément bon. Un problème demeure: l'accessibilité. McGill soutient que les diplômés du MBA sont ceux qui ont les meilleurs salaires et qu'ils ont donc les moyens de payer 29 500 $ par année pour une telle formation. L'université en fait même une question d'équité par rapport aux étudiants des autres facultés! Or avant d'espérer toucher ces salaires faramineux, il faut bien le faire, ce MBA! La direction a beau affirmer que des bourses d'excellences seront offertes, celles-ci ne représenteront qu'une petite partie du nombre d'étudiants inscrits au MBA. Qui plus est, les bourses d'excellence ne sont réservées qu'aux étudiants possédant un dossier «excellent»; les très bons étudiants ayant des moyens financiers limités peuvent donc passer leur tour.
Si l'accès à l'éducation n'est pas négociable, sa qualité ne l'est pas plus. En même temps, il est vrai qu'un problème d'équité réside dans le fait que, par exemple, deux nouveaux travailleurs aient à rembourser une dette d'études similaire (supposons qu'ils aient tous les deux un baccalauréat), malgré le fait que l'un d'entre eux touche 100 000 $ par année et que l'autre ne gagne que 30 000 $. À quand un nouveau mode de financement des études, dans lequel les frais d'admission resteraient très abordables, les droits de scolarité seraient augmentés pour en assurer la qualité, mais dont le remboursement se ferait une fois le diplômé embauché, et proportionnellement à son salaire? Cela serait un juste compromis entre accessibilité et qualité.
Finalement, il me semble tout à fait aberrant que McGill ait l'intention d'imposer les mêmes frais de scolarité pour son MBA à tous les étudiants, qu'ils soient du Québec ou d'ailleurs. Collectivement, les Québécois ont fait le choix d'une éducation abordable, malgré les désavantages que cela peut entraîner sur le plan fiscal. Il s'agit encore une fois d'une question d'équité.
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Grégoire Diamant - Montréal
Si l'accès à l'éducation n'est pas négociable, sa qualité ne l'est pas plus. En même temps, il est vrai qu'un problème d'équité réside dans le fait que, par exemple, deux nouveaux travailleurs aient à rembourser une dette d'études similaire (supposons qu'ils aient tous les deux un baccalauréat), malgré le fait que l'un d'entre eux touche 100 000 $ par année et que l'autre ne gagne que 30 000 $. À quand un nouveau mode de financement des études, dans lequel les frais d'admission resteraient très abordables, les droits de scolarité seraient augmentés pour en assurer la qualité, mais dont le remboursement se ferait une fois le diplômé embauché, et proportionnellement à son salaire? Cela serait un juste compromis entre accessibilité et qualité.
Finalement, il me semble tout à fait aberrant que McGill ait l'intention d'imposer les mêmes frais de scolarité pour son MBA à tous les étudiants, qu'ils soient du Québec ou d'ailleurs. Collectivement, les Québécois ont fait le choix d'une éducation abordable, malgré les désavantages que cela peut entraîner sur le plan fiscal. Il s'agit encore une fois d'une question d'équité.
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Grégoire Diamant - Montréal
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