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Population étudiante - Une baisse de fréquentation est à prévoir à long terme

«Il s'agit de réfléchir sur les changements structurants qui peuvent être faits»

Thierry Haroun   22 janvier 2010  Éducation
Ils sont près de 170 000 étudiants à fréquenter le réseau des 48 cégeps de la province...
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Ils sont près de 170 000 étudiants à fréquenter le réseau des 48 cégeps de la province...
La baisse appréhendée, au cours des prochaines années, de la fréquentation sur une base régulière des étudiants aux niveaux collégial et universitaire ne sera pas sans incidence sur les programmes, sur le corps professoral ainsi que sur le mode opératoire de certains établissements. Observations en compagnie de deux acteurs de premier plan.
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  • martinmaltais
    Inscrit
    dimanche 24 janvier 2010 11h11
    Des données à revoir et des projections erronées depuis plus de dix ans
    Je suis un peu étonné ce matin en lisant la section "L'université" de l'article de monsieur Haroun.

    Dans cette section, il affirme deux choses qui mériteraient d'être revues de façon importante. La première est la suivante: "Actuellement, les trois cycles universitaires sont fréquentés sur une base régulière par quelques 190 000 étudiants". La seconde suggère que "D'ici l'année 2014-2015, on prévoit une hausse de plus de 8 000 étudiants, suivie d'une chute graduelle qui fera passer la fréquentation sous la barre des 180 000 étudiants en 2022-2023".

    Dans le premier cas, la donnée est fausse ou déjà dépassée. En effet, si l'on parle du nombre d'étudiants en valeur absolue, il était de 268 167 (excluant les données de la Télé-université), selon le relevé préliminaire de la CRÉPUQ en octobre dernier. La hausse est marquée: 3,8%. D'une année sur l'autre, il y avait près de 10 000 Étudiants de plus dans les universités québécoises à l'automne 2009 qu'à l'automne 2008. Nous avons déjà dépassé la hausse de 8 000 étudiants que suggèrent les affirmations de Thierry Haroun. Pour se donner une idée de ce que représente cette hausse de 3,8% en une seule année, elle représente la population étudiante totale de l'UQTR, en une seule année. Cette hausse n'est pas anodine, notamment parce qu'il s'agit de la 11e année d'augmentation depuis 1999.

    Mais peut-être parle-t-on ici de l'effectif étudiant en équivalence au temps plein (EEETP). Même dans ce cas, ses données demeurent dépassées. En 2006-07, le réseau universitaire québécois comptait, selon les données validées du MELS, 194 693,9 EETP. Si l'on considère la hausse au trimestre d'automne des années suivantes comme indicateur de l'évolution de la population étudiante, on devrait ajouter 0,6%, 0,8% et 3,8% pour se donner une idée approximative de la situation "actuelle". On arrive à près de 205 000 EETP...

    Or, si l'auteur de l'article s'appuie sur des études de l'ISQ ou du MELS pour envisager une baisse des effectifs étudiants, il devrait aussi valider la compétence de ces derniers à prédire les cohortes étudiantes: ça fait dix ans qu'on prédit une baisse des effectifs étudiants qui n'arrive jamais. En 2000, Jacques Lavigne du MELS* prévoyait une légère hausse l'année suivante, suivie d'une baisse continue de l'effectif étudiant. Ces projections du MELS annonçaient une fréquentation de 150 798 EETP en 2009-2010. La réalité montre désormais un écart de plus de 35% ou 55 000 EETP... Nous accueillons dans nos murs l'équivalent de plus de deux universités de Montréal actuellement qu'en 2000.

    Sur la même période, a-t-on besoin de rappeler que les ressources, même si elles ont été considérablement augmentées, suivent une courbe nettement inférieure à celle des besoins...
    De la même façon, il faut demeurer prudent lorsqu'on prévoit une baisse de la fréquentation dans les années qui viennent: les politiques gouvernementales proposent une hausse de la fréquentation interne d'une même génération pour finir de rattraper le retard du Québec par rapport à l'Ontario, notamment. Cette seule hausse interne, si elle se concrétise comme elle tend à le faire depuis onze ans, risque de faire mentir encore une fois, les projections du MELS et de l'ISQ.

    Martin Maltais
    maltaism@me.com
    1 (418) 262-1912

    * http://www.mels.gouv.qc.ca/ens-sup/ens-univ/donnee

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