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MBA à McGill - Trop cher payé !

Marie-Andrée Chouinard   22 janvier 2010  Éducation
Jusqu'où le statut particulier de McGill l'autorise-t-elle, au nom d'une réputation à préserver, à imposer des droits de scolarité de près de 30 000 $ pour un MBA? En décidant d'autofinancer entièrement son programme et de renoncer à la subvention publique, l'université montréalaise bafoue les règles en vigueur et ouvre la porte à une pratique qui pourrait fort bien s'étendre à d'autres facultés. Il s'agit d'un précédent inquiétant.

Pour les 65 étudiants inscrits l'automne prochain au MBA de McGill, les droits s'élèveront à 29 500 $. Cette année, ils étaient pourtant fixés à 1673 $. McGill reçoit 12 000 $ par étudiant — droits de scolarité et subvention du gouvernement compris — pour offrir sa maîtrise en administration des affaires. Elle avance que le coût réel de cette formation est de 22 000 $. Depuis des années, le déficit du programme se creuse. L'administration estime que la situation est devenue intenable, inéquitable. La réputation du MBA perd du lustre.

Dans l'absolu, McGill s'aventure dans une voie que d'autres, ailleurs au Canada et en Amérique du Nord, ont empruntée avant elle. Pour soutenir la concurrence mondiale, les MBA gagnent en qualité — et en prestige — en rehaussant leurs droits. Disons les choses franchement: plus le MBA coûte cher, plus il gagne du galon. Il y a en effet un «marché» pour ce type de formation d'élite. Mais pour tous ceux qui verront dans ce projet le gage d'une formation d'excellence, combien de candidats de qualité ne formuleront même pas de demande, dissuadés par la facture? Nul ne le sait. Ce n'est pas un risque à prendre.

On ne s'oppose pas ici au fait que McGill souhaite rehausser la qualité de sa formation, embaucher les meilleurs professeurs, atteindre le ratio maître-élèves le plus alléchant, offrir des équipements de pointe. Mais à ce chapitre, elle ne fait pas bande à part. Il s'agit là des revendications de l'ensemble des universités qui évoquent — depuis des années! — les effets désastreux du sous-financement.

Nous formulons plutôt ici des objections de principe. McGill ne peut pas ainsi bafouer les règles édictées par Québec, et auxquelles la société, semble-t-il, adhère encore. McGill ne peut pas, en colorant d'un semblant de privatisation l'un de ses programmes d'élite, créer un précédent qui pourrait justifier des hausses galopantes dans d'autres facultés, où les salaires des diplômés garantiront aussi une capacité de remboursement. McGill ne peut pas, même si elle promet que son projet ne minera pas l'accessibilité, ouvrir la porte à deux possibles classes d'étudiants.

Voilà un embêtant problème pour le ministère de l'Éducation. Celui-ci affiche ouvertement son désaccord, mais dans les faits, son impuissance est totale: qu'y peut-il, hormis vociférer en public et menacer d'enlever une subvention publique à laquelle McGill dit déjà vouloir renoncer? L'université dit être à la recherche d'une «solution» pour sortir de cette impasse; la principale évoque l'idée de lancer un «projet-pilote». Le terrain des pourparlers ne semble pas être très solide.

Cette contravention au principe de financement des universités illustre magnifiquement, d'une part, les besoins immenses de ces institutions qui compétitionnent sur un échiquier qui outrepasse les frontières du Québec; elle démontre aussi de manière inquiétante les limites du pouvoir du gouvernement quant à la fabrication tranquille d'un système universitaire à deux vitesses.
 
 
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  • Yvon Roy - Abonnée
    22 janvier 2010 07 h 07
    L'Étranger
    La plupart de ces étudiants iront travailler à l'étranger dès la fin de leurs études.
    Où est le pôblème? McGill n'est-elle pas déjà une université à vocation internationale? Alors pourquoi se soucier des lois des indigènes?
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  • Mario Tremblay - Abonné
    22 janvier 2010 08 h 41
    Vous rendez-vouscompte!
    Marketing et «branding» ... à quoi s'attendre d'autre des MBA. Et dire que ce sont eux qui ont créé la dernière crise.
    Comment faire pour attirer un conférencier, ou un professeur associé, lorsque celui vient de quitter son emploi avec une prime de plusieurs millions ou un fonds de pension dans la strate supérieure des 6 chiffres?
    Ce qui les fatigue vraiment ce n'est pas le coût, c'est l'achalandage. La rareté créée le prix. Ils ont dû se le faire reprocher par les autres universités de détruire un marché lucratif!
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  • Pierre-S Lefebvre - Inscrit
    22 janvier 2010 09 h 16
    MBA à McGill
    Si les frais sont trop élevés les participants seront rares. D`autres universités prendront la relève.
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  • jacques noel - Inscrit
    22 janvier 2010 09 h 54
    Pourquoi étudier au Québec?
    Les Etats-Unis comptent 17 des 20 meilleures universités au monde selon le classement de l’Université de Shanghai.

    On y enseigne en anglais, en anglais-américain, une langue comprise par beaucoup d’étudiants à travers le monde ce qui n’est pas le cas du français évidemment, encore moins du français-québécois.

    Ses prestigieux centres de recherche, ses riches laboratoires superbement équipés, ses nombreux Prix Nobel, font rêver les bolés de la planète. Pourtant, les étudiants étrangers ne représentent que 3,9% des étudiants américains. Un peu plus d’un demi-million en tout.

    http://www.thefreelibrary.com/AUAP announces : 582 984 Foreign Students in American Universities...-a0179021344

    L’Université de Southern California est l’université américaine qui attire le plus grand nombre d’étudiants étrangers (6881), suivie de Columbia (5,575) à NY. La 10e est SUNY à Buffalo avec 4,072 étudiants

    http://www.opendoors.iienetwork.org/?p=89251

    A la modeste l’UQAM, coin Berri et St-Denis, on accueille 2200 étudiants étrangers sur 41,000 étudiants, soit 5,3% et à l’UdM, là-haut sur la montagne, on accueille 5,868 étudiants étrangers sur 39,720, soit 14,7% !!! L’UdM a 3 fois et demie plus d’étudiants étrangers que la moyenne des universités américaines. Incroyable non ?

    http://www.umontreal.ca/udem-aujourdhui/pdf/rap_an http://www.uqam.ca/apropos/presentation.htm

    Harvard, la meilleure au monde, qui fait saliver tout le monde, a seulement 4,000 étudiants étrangers

    http://www.provost.harvard.edu/institutional_resea

    Comment expliquer que l’UdM, classée 107e université au monde, attire 40% plus d’étudiants étrangers -et ce dans une langue autre que l’anglais- que l’université la plus prestigieuse au monde ?

    C’est qu’étudier au Québec est une véritable aubaine, une aubaine puisque ce sont les contribuables qui financent vos études.

    Une année à Harvard coûte 40k, juste pour l’inscription. Une année à l’UdM, si vous êtes français ou si vous faites partie de la liste priviligiée du MELQ, c’est à peine 2,000$ par année. Des peanuts en gros euros.

    L’an dernier, Radio-Canada nous a appris que 7,000 Français venaient étudier au Québec au tarif québécois alors que moins de 1000 Québécois allaient en France (il est loin le temps où la France était un phare pour l’humanité. Où les Québécois rêvaient à Aix et à La Sorbonne)

    Le déficit de 6000 étudiants, qui paient 2k plutôt que 12k, entraine en fait une perte de 60 millions par année ! Sur 15 ans, c’est près d’un milliard qu’on offre en cadeau aux Français ! D’l’argent, on a dans la "belle province".

    En plus, le pauvre Québec, 54e au palmarès nord-américain d’Alain Dubuc, accorde125 exceptions aux Algériens, autant aux Tunisiens et aux Chinois, et 150 aux Marocains pour venir étudier ici à 2k par année. Une quarantaine de pays en tout, totalisant plus de 1500 postes, où le visiteur paie 2k pour une année d’études au Québec alors que le coût réel est de 12k. La perte de 10k est de 15 millions par année. Avec les Français c’est donc 75 millions qu’on finance pour permettre à la francophonie d’étudier au Québec !

    http://www.mels.gouv.qc.ca/sections/publications/p

    « Marcel Brunet, directeur des affaires étudiantes et de la coopération au ministère de l’Éducation du Québec, croit par ailleurs que le gouvernement est extrêmement généreux. « A peu près 33% des étudiants étrangers paient véritablement ces frais. » Il mentionne l’exemption des droits forfaitaires notamment à la suite d’ententes avec une quarantaine de pays et pour les étudiants inscrits à un programme d’étudiants axé sur le français. » (Le Soleil, Alexandra Perron, 8/9/2002).

    En 1996, on estimait le coût à 100 millions par année ! « Les étudiants étrangers sont de plus en plus nombreux à s’inscrire dans les universités du Québec, ce qui n’est pas étonnant puisque les pouvoirs publics leur font cadeau cette année de quelque 100 millions de dollars en exemptions de frais de scolarité et en subventions. »

    « Aux études supérieures (maîtrise et doctorat), le Québec accueille 37% des étudiants étrangers venant au Canada, surtout en génie, administration, économie, informatique, médecine et mathématique. »

    « Au moins les deux tiers de ces étudiants, qui accaparent le quart des places au doctorat, bénéficient de subventions directes de Québec et d’Ottawa. »

    « Moins du tiers d’entre eux versent la totalité des frais de scolarité exigés des étrangers qui peuvent atteindre 8000$ par année. Les autres ne payent, en vertu des ententes internationales, que les frais exigés par des étudiants québécois (environ 1600$ pour des études à temps plein), ou reçoivent des fonds de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). »

    « Etant donné qu’il en coûte aux universités 12 300$ par année par étudiant en moyenne, selon le ministère de l’Education, le coût annuel des étudiants étrangers est de l’ordre de 100 millions pour les gouvernements du Québec et du Canada, sans compter les subventions au logement ou à l’alimentation. » (La Presse, François Berger, 15-1-96) 100 millions en 1996 ! Sans compter le logement (résidences d’étudiants) et la cafétéria
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  • Bernard Terreault - Abonné
    22 janvier 2010 11 h 09
    CERTAINS FRAIS DE SCOLARITÉ DOIVENT AUGMENTER
    Les frais dre scolarité pour le MBA, la médecine et dans une moindre mesure le génie, doivent augmenter car les diplômés, premièrement, vont faire d'énormes revenus leur permettant de rembouser rapidement leurs dettes, et deuxièmement parce que ces diplômées sont très mobiles et émigrent fréquemment hors Québec. On justifie fréquemment les nombreuses exemptions de frais de scolarité accordées aux étudiants étrangers par le fait que ceux-ci demeureront ici avec leur expertise ─ cela ne semble pas se vérifier nécessairement. Dans ma carrière de professeur-chercheur en physique j'ai formé une douzaine de doctorants étrangers, plus des post-doctorants, et pas un n'est resté au Québec ou au Canada, simplement parce qu'il n'y avait pas de poste ici ! C'est aussi vrai de plusieurs de mes docteurs "pure laine". On ne se rend pas compte que la Canada est un joueur presque négligeable en science, il compte, grosso mode, deux fois moins de scientifiques que la moyene du G8. Nous faisons du fric à vendre des ressouces naturelles, pourquoi se forcer à faire quelquechose d'ardu comme de la recehrche ?
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