jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 20h27
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Les écoles alternatives - Parents et enfants se retrouvent au coeur du projet éducatif

« Les enfants apprennent à leur rythme en se donnant des objectifs »

Claire Harvey   9 janvier 2010  Éducation
L’école secondaire Le Vitrail, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal
Photo : Jacques Grenier - Le Devoir
L’école secondaire Le Vitrail, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal
Quelles sont les caractéristiques des écoles publiques alternatives? Comment favorisent-elles la réussite scolaire de leurs élèves? Le point.

1974, Ville Saint-Laurent. La première école publique alternative, l'école Jonathan, voit le jour. Par la suite, des établissements scolaires similaires sont mis sur pied ici et là, grâce aux efforts de parents qui souhaitent un modèle éducatif différent pour leurs enfants. Aujourd'hui, selon le Réseau des écoles publiques alternatives du Québec (RÉPAQ), il existe 31 écoles publiques alternatives — dont 28 au primaire et 3 au secondaire — réparties dans 16 commissions scolaires. Quelque 6300 élèves, encadrés par près de 300 enseignants, les fréquentent.

Pierre Chénier, porte-parole du RÉPAQ, signale que ce réseau se caractérise par un modèle éducatif axé sur le développement de l'enfant. «L'élève apprend en fonction de ses besoins et de ses champs d'intérêt, dit-il. L'enfant n'est pas obligé de savoir lire, écrire ou de faire tout autre apprentissage en fonction d'un échéancier précis. Ses connaissances sont évaluées tout au long de son parcours, et non à la fin de chaque cycle. Il dispose de sept ans pour compléter son primaire et il le fait à son rythme; si c'est celui de l'escargot, eh bien, soit...»

Un apprentissage global

Les tenants de l'école publique alternative estiment que l'apprentissage est un mode de vie qui va bien au-delà de l'école. «Les matières comme le français ou les mathématiques contribuent à l'éducation de l'enfant, mais elles ne constituent pas une fin en soi, dit M. Chénier. Nous cherchons à favoriser le développement intellectuel, social et affectif de l'enfant afin qu'il réussisse sa vie et contribue à la société du savoir.»

Les politiques d'admission varient d'une école à l'autre, mais aucune ne choisit les élèves en fonction de leur performance. «Nous refusons de faire faire des tests basés sur l'intelligence et les connaissances de l'enfant, précise le porte-parole. Ce qui importe, c'est que la famille adhère aux valeurs de l'école et s'engage à participer au projet éducatif de l'enfant.» C'est pourquoi la majorité des écoles publiques alternatives demandent aux parents d'assister à une soirée d'information et de remplir un questionnaire. Cela leur permet de sonder en quelque sorte l'intérêt des parents et de s'assurer de leur participation.

L'école alternative se veut une communauté où chacun — parent, enseignant, direction, élève — joue un rôle important. Les parents doivent pouvoir consacrer du temps à l'école le jour, en plus d'assumer la gestion de l'établissement conjointement avec les enseignants et la direction, dans le conseil d'établissement et dans d'autres comités. Et on s'attend à ce qu'il y ait à la maison un prolongement du projet éducatif de l'école. L'enseignant, pour sa part, anime la classe et guide les élèves dans leur formation, mais il n'est pas le seul détenteur des connaissances. Car, comme les élèves sont intégrés dans des classes multiâges, ils participent eux aussi à l'éducation de leurs pairs. Les plus vieux aident les plus jeunes dans leurs apprentissages, et vice-versa.

Sur le terrain

Située dans le quartier Rosemont, à Montréal, l'école primaire Rose-des-Vents accueille quelque 160 élèves dans huit classes multiâges. Hélène Éthier, la directrice, explique que les parents sont très engagés dans l'école. «Nous exigeons qu'ils puissent être présents au moins trois demi-journées par année. Au cours de ces périodes, les parents animent des ateliers ou s'occupent de la classe lorsque les enseignants rencontrent les élèves pour leur évaluation.»

À l'instar de bon nombre d'écoles alternatives, l'école Rose-des-Vents mise sur une démarche pédagogique par projets. «Il peut s'agir d'un projet collectif — par exemple, une exposition, un spectacle ou un film — que les enfants aimeraient réaliser ensemble, explique Caroline Tardif, enseignante. Les enfants choisissent le thème de leur projet, se fixent des objectifs et s'évaluent. Tout cela permet de développer la curiosité intellectuelle, la créativité, le sens de l'effort et l'esprit critique. Actuellement, certains de mes élèves travaillent sur les monuments célèbres, d'autres, sur certains pays, d'autres — probablement inspirés par la grippe A(H1N1) — sur les grandes épidémies.»

Dans ce type d'école, le projet éducatif vise le développement global de l'enfant. Pour ce faire, l'école élémentaire Arc-en-Ciel, située en plein coeur du Plateau-Mont-Royal, à Montréal, promeut trois valeurs fondamentales: le respect, l'autonomie et la capacité d'être en relation avec les autres. «Par exemple, les enfants apprennent à respecter les règles démocratiques au sein de diverses instances, dont un conseil d'élèves. Celui-ci assume l'animation des assemblées générales, s'occupe du code de vie de l'école, gère un budget, etc.», raconte Geneviève Tremblay, directrice adjointe de l'école.

Une grande liberté

Selon les promoteurs du réseau, les apprentissages que peuvent faire les enfants au primaire et au secondaire sont infinis. Par exemple, les quelque 150 jeunes qui fréquentent l'école secondaire Le Vitrail doivent, bien sûr, suivre les programmes du ministère de l'Éducation, des Loisirs et du Sport (MELS), mais ils ont également la possibilité de le bonifier en fonction de leurs objectifs ou d'atteindre ceux du MELS à leur rythme et comme ils le désirent. «Pour aider les jeunes dans leur démarche, les enseignants leur offrent une série d'activités d'apprentissage et d'évaluation qu'ils peuvent réaliser tout au long de leur démarche, explique Stéphane Lamothe, directeur de l'établissement situé dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve, à Montréal. Ce programme est adaptable. L'enfant peut remplacer une activité par un projet personnel équivalent. L'enseignant doit toutefois être d'accord.»

Quant aux parents, ils trouvent dans ces écoles un cadre éducatif qui répond bien aux besoins de leur progéniture. «On apprend aux enfants à exercer leur jugement en évaluant les situations, et non pas à respecter les consignes sans comprendre pourquoi, expose Violaine Gagnon, dont les trois enfants fréquentent l'école Rose-des-Vents. En plus, les parents sont toujours les bienvenus à l'école.» Même enthousiasme de la part de Josée Léveillé, maman de trois garçons. «C'est un milieu très stimulant, dit-elle. Comme les enfants apprennent à leur rythme en se donnant des objectifs, ils deviennent rapidement très autonomes. Ils développent pour l'apprentissage un intérêt qu'ils n'auraient peut-être pas pour des cours magistraux.»

Une façon différente d'envisager l'apprentissage, donc!

***

Collaboratrice du Devoir
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Joe Lambert-Kirouac
    Inscrit
    samedi 9 janvier 2010 16h50
    Liberté
    Le fait que les enfants et adolescents aient la liberté d'amener leur projet personnel à l'école est inestimable pour leur faire vivre des expériences d'apprentissage.

    J'ai fait un séjour en tant que stagiaire à l'école secondaire alternative Le Vitrail l'an dernier et les élèves m'ont réellement surpris! Ils sont énormément curieux et posent des questions qui débordent largement les programmes. Mais ce qui est encore mieux, c'est qu'ils ont le temps et l'espace pour explorer leurs questionnements.

    Aussi, me retrouvant aujourd'hui dans une institution qui donne parfois l'impression aux parents qu'ils sont plus appréciés de loin que de proche, je ne peux qu'encourager l'implication des parents. Trois demi-journées par parent par année est assez pour faire une énorme différence dans le milieu...

    Joé Lambert-Kirouac
    Enseignant de sciences et technologies

  • Patrick Rene
    Inscrit
    mardi 12 janvier 2010 13h32
    PRÉPARER L’ÉLÈVE À UN MONDE CHANGEANT ET À CHANGER LE MONDE

    C’est sous ce principe rassembleur qu’à été défini le projet éducatif de la nouvelle école alternative du Vieux-Longueuil, L'école des Petits-Explorateurs.. Nous désirons, par cette formule, rallier les familles, tout le personnel enseignant, la direction, le service de garde, le personnel d’entretien, les gestionnaires et les commissaires. Ensemble, nous collaborerons pour faire de cet établissement un lieu d’évolution.

    En ce 21e siècle, nous sommes contraints de nous adapter à un monde changeant. Mais, plutôt que de nous en tenir à un rôle de spectateur, nous pouvons ensemble unir nos efforts pour changer le monde. Nous devons participer activement dans l’éducation de nos enfants, en étant des modèles pour eux, en adoptant des gestes significatifs dans notre quotidien et en les soutenant tout au long de leur cheminement.

    Pour que ce monde change positivement, je souhaite que nous ayons la force d’adapter nos comportements pour le bien commun. Faisons preuve d’humilité afin de nous rendre capable de débattre et définir ensemble ce que nos enfants ont besoin d’apprendre, à l’école comme à la maison de façon cohérente, afin qu’ils soient de meilleurs citoyens.

    Je souhaite également que nous trouvions la sagesse de prendre soin les uns des autres et de notre environnement, en adoptant plus de comportements civiques. En raison du rythme accéléré des changements sociaux, économiques et technologiques, cette tâche est évidemment complexe, mais doit être menée à terme si nous voulons nous rapprocher de ces idéaux.

    L’école, avec la maison, est un lieu de départ pour apprendre au sujet des exigences et des enjeux essentiels dont le monde d’aujourd’hui est composé. C’est un endroit où les matières fondamentales sont enseignées pour la formation de nos jeunes et leur permettre de nous adapter au monde de demain. L’école n’est pas seule responsable de l’éducation de nos enfants, mais a le devoir de tout mettre en œuvre pour favoriser l’épanouissement de ses élèves.

    L’école alternative du 21e siècle doit se démarquer en étant plus exigeante envers l’équipe éducative composée de ses élèves, de ses parents, de son personnel enseignant et non-enseignant, en étant soucieuse de contribuer à la collectivité élargie, en étant un modèle de démocratie.

    L’école alternative du 21e siècle doit être aussi un modèle d’innovation: elle doit s’inspirer de la recherche pédagogique la plus récente, elle doit s’approprier les nouvelles technologies et être active dans les divers programmes en coopération, en environnement, en saines habitudes alimentaires et en activité physique.

    L’école alternative du 21e siècle doit favoriser les échanges et la communication afin de permettre à ses partenaires de mieux cohabiter et ainsi stimuler le sentiment d’appartenance. De cette façon, elle atteindra ses objectifs. De cette façon, elle répondra aux souhaits de ses familles. De cette façon, elle gardera son personnel à long terme. De cette façon, elle prouvera qu’il est possible de préparer l’élève à un monde changeant et à changer le monde.

    Patrick René
    Pére de deux enfants à L'école des Petits-Explorateurs
    Président et membre du comité de fondation en 2008-2009

  • Nancy Roy
    Inscrit
    mercredi 12 janvier 2011 08h12
    Mon enfant est dérangeante
    Mes enfants fréquentent une nouvelle école alternative publique au primaire, situé à Delson sur la Rive-Sud de Montréal depuis Septembre 2010. J'ai pris toutes les informations pour apprendre et pour comprendre la façon de fonctionner. Ma plus vieille de 9ans a eu un diagnostique de TDAH (relié principalement à son impulsivité et à sa difficulté à être changer dans son horaire ce qui la déstabilise) alors qu'elle était en maternelle. Imaginez lorsqu'on a décidé de changer nos enfants d'écoles chose qui, on peut le dire, est déstabilisant pour des enfants encore plus pour ma plus vieille.

    Maintenant après 4 mois à l'alternatif je peux enfin en parler en toute connaissance de cause et avec convication je peux dire que ce fût la meilleure décision que j'ai prise pour elles.

    En 4 mois, elles ont acquis des compétences et des connaissances qu'elles n'auraient probablement pas acquises à l'école régulière puisque les enseignements n'ont pas le temps pour l'essentiel.

    Aujourd'hui ma plus vieille a vu son estime d'elle même monté en flèche, elle organise des choses, elle fait du tutorat pour 2 élèves, elle en aide d'autres, elle a même été animatrice pour la soirée-spectacle de Noël 2010. Qu'elle ne fût pas ma surprise de la voir sur les planches ce soir-là surtout qu'elle me l'avait caché pour me faire une surprise. J'ai été jeté par terre de la voir être si bonne, si bien organiser, bref, j'y repense et jamais au grand jamais elle aurait cette chance à l'école régulière.

    C'est particulier de penser qu'à l'autre école, elle était jugé, une enfant dérangeante, excitée, pas à son affaire, dans la lune, mal organisé, non respectueuse et je pourrais en nommer encore. Nous avons vécu les pires années scolaires de nos enfants à l'école régulière.

    Aujourd'hui elle a grandit comme jeune et elle est fière d'elle parce qu'elle réussit des choses parcequ'on lui fait confiance. Je suis tellement fière d'elle

  • audreyfleurie
    Inscrit
    mercredi 16 février 2011 08h16
    oui, mais....
    tout cela me semble bien intéressant...très intéressant en fait, mais je me demandais ce qui arrive aux étudiants qui fréquentent l'école primaire et qui ne peuvent pas aller dans une école secondaire par la suite. Est ce qu'ils arrivent quand même à fonctionner dans une école régulière ou bien s'ils se désintéressent complètement de l'école???

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
4 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012