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    Éducation - Les écoles anglophones tentent d'attirer la clientèle francophile

    La CSEM vante la qualité de l'enseignement du français dans ses classes

    8 janvier 2010 |Lisa-Marie Gervais | Éducation
    École
    Photo: Agence France-Presse (photo) École
    Devant sa baisse de clientèle, la commission scolaire English-Montréal a décidé de lancer une offensive médiatique pour recruter, conformément à la loi 101, les élèves admissibles à fréquenter leurs écoles anglaises, mais qui lorgnent le secteur francophone. Son message? La qualité de l'enseignement de la langue française est aussi bonne qu'ailleurs.

    Pour pallier son sérieux problème de recrutement, la commission scolaire English-Montréal (CSEM) courtisera massivement les élèves qui fréquentent les écoles francophones ou qui s'apprêtent à le faire pour les «rapatrier» dans son giron. C'est le but avoué de sa campagne médiatique lancée hier, dont le fer de lance est une vidéo faisant la promotion de la qualité du français enseigné dans les écoles de la CSEM. Le petit film sera envoyé aux médias et diffusé sur YouTube. «On a une qualité de français qui est assez élevée et c'est à l'avantage de ces jeunes-là de venir dans nos écoles. Ils apprendront aussi bien le français que l'anglais et ce sera une richesse dans le futur», a dit Angela Mancini, présidente de la CSEM.

    Selon Mme Mancini, les écoles de sa commission scolaire perdent au total quelque 900 élèves par année. À la grandeur de la province, près de 14 000 élèves qui étaient admissibles aux écoles anglophones du Québec en fréquentaient des écoles du réseau francophone en 2007-08. D'où cette opération séduction pour «rapatrier» les élèves admissibles qui étudient présentement dans la langue de Molière. «Depuis les dix dernières années, on vit des baisses d'élèves et des fermetures d'écoles. [...] Ç'a un effet sur notre réseau et notre présence dans la communauté. Un parent va peut-être décider d'envoyer son enfant dans une école francophone à défaut d'en avoir une anglophone dans son secteur, a expliqué Mme Mancini. C'est un réseau qui est en train de saigner et il faut le rétablir.»

    À qui la faute?

    La baisse de clientèle, en grande partie due au déséquilibre démographique, touche toutes les écoles sans égard à la langue, reconnaît-elle. «Mais les lois sur la langue font mal aussi», ajoute-t-elle en faisant allusion à la loi 104.

    «Quand la loi [104] est passée, on a perdu 400 ou 500 élèves dans nos écoles. On souhaiterait que le gouvernement ne rende pas la loi encore plus stricte que ce qu'elle était au début», a indiqué Mme Mancini.

    Dans d'autres commissions scolaires anglophones, on mise également sur l'enseignement de la langue de Molière pour pallier le manque d'élèves. «On a mené une consultation auprès des parents et des élèves et on nous a demandé d'améliorer les programmes de français», a indiqué Marcus Tabachnik, président de la commission scolaire Lester B. Pearson. L'immersion française est désormais offerte en maternelle, première et deuxième année dans la moitié des écoles et la commission scolaire prévoit l'étendre jusqu'en 4e année.

    Réactions

    Le porte-parole du Mouvement Montréal français voit d'un mauvais oeil cette campagne publicitaire visant à attirer des enfants dans le giron anglophone. «En allant piger du côté francophone, c'est sûr qu'on affaiblit le réseau», a-t-il soutenu. Pour lui, les écoles ont une mission d'intégration à la société d'accueil et non à la minorité linguistique.

    Pour la présidente de l'Association des commissions scolaires anglophones du Québec, Debbie Horrocks, il ne s'agit pas d'«enlever» des francophones du réseau, car la campagne ne vise que les élèves qui ont un certificat d'admissibilité. «Mais c'est important que tout le monde sache que les commissions scolaires anglophones enseignent une bonne qualité de français. On veut que les jeunes qui graduent de nos écoles soient capables de vivre et de travailler au Québec», a-t-elle noté.

    La Fédération des commissions scolaires du Québec croit cette campagne «légitime», pourvu qu'elle ne dénigre pas l'enseignement des écoles francophones. Même son de cloche à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), où l'on a émis le souhait que cette campagne se fasse dans le respect de la loi 101.












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