jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 20h27
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Éthique et culture religieuse - Le PQ et l'ADQ veulent mettre le programme aux oubliettes

Antoine Robitaille   11 décembre 2009  Éducation
Photo : Agence Reuters
Une étude-choc convainc le PQ de rejeter le cours Éthique et culture religieuse. L'ADQ en profite pour réitérer sa demande — datant de 2008 — de suspendre ce cours. La ministre Michelle Courchesne refuse de commenter pour l'instant.
Cher lecteur, le reste de cet article est réservé aux abonnés.
  • Si vous êtes abonné, authentifiez-vous avec le formulaire au haut de la page.
  • Si vous êtes abonné mais n'avez pas encore activé vos privilèges, cliquez ici.
  • Si vous n'êtes pas abonné, cliquez ici pour vous abonner et avoir accès à tous les articles.
  • Si vous souhaitez poursuivre la lecture de cet article, vous pouvez l'acheter en cliquant ici.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Bernard Gervais
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 08h47
    Des enseignants qui ne sont pas d'accord non plus avec ce cours !
    Le PQ et L'ADQ ne sont pas seuls à critiquer ce fameux cours d'éthique et de culture religieuse.

    Selon des informations entendues ce matin à la radio, certains professeurs, chargés de l'enseigner, trouvent que le contenu du manuel, prévu pour le faire, est tellement flou et discutable qu'ils ont décidé de le mettre de côté et de donner à nouveau à l'habituel cours de morale !

  • Rodrigue Guimont
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 10h08
    Non à ce pseudo cours mis en place par un récipiendaire de la Fondation Trudeau en 2006
    Nos jeunes québécois savent presque tout sur du monde, de l’alter mondialisme, de la pollution de la planète, mais de leur histoire, de ce qui les a précédé depuis des siècles sur cette terre en Amérique du Nord, ils possèdent peu de connaissances sinon aucune.

    Le problème qui se présente au Québec avec ce cours d’histoire déguisé en cours à la citoyenneté est celui du non-dit et de la négation. Les faits historiques de la Nouvelle-France sont passés sous silence ou présentés sans envergure, comme sans importance.

    Ceci rappelle dans un certain sens, qu’en 1890, le Manitoba vota la Loi sur les écoles du Manitoba abolissant le français dans les écoles. Aujourd’hui petit à petit on se dirige vers l’abolition de notre histoire et de notre culture d’origine française au Québec.

    En attendant que disparaisse ce cours de propagande, j’ajouterais ici que les institutrices (teurs) ont aussi un certain devoir d’explication supplémentaire aux élèves sur ce cours qui ne dit à peu près rien, ou si peu, sur l’origine de notre présence sur cette terre d’Amérique.

    Bravo Madame Joëlle Quérin et à l'Institut de recherche sur le Québec pour cette étude qui ne vient que confirmer ce que les Québécois savent ou du moins pressentent par rapport à ce cours «éthique et culture religieuse», c’est-à-dire la louisianisation à petite dose de notre culture.

  • Bernard La Riviere
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 12h53
    L'école laïque
    L'école, comme toute institution d'État, doit être laïque. Pour raconter notre héritage catholique, un cours d'histoire fera bien l'affaire: il pourra inclure la culture amérindienne et, en abordant l'émigration à partir du milieu du XXe siècle, ce cours donnera des rudiments sur les autres religions. Si on se paie le luxe de parler du Moyen Âge, il pourra être question des Croisages et des persécutions contrre les Juifs en Europe. Le reste relève de la famille et de la vie privée.

  • Georges Allaire
    Inscrit
    vendredi 11 décembre 2009 13h31
    Un brin de liberté...
    Le vent serait-il enfin en train de tourner?

  • Jeanne du Lys
    Inscrite
    vendredi 11 décembre 2009 15h16
    Bravo à l'ADQ et au PQ !
    Je conteste ces cours depuis le début, c'est assez le lavage de cerveau de nos enfants !!!

    Tous les parents doivent demander à leurs enfants de manquer ces cours, de ne pas y aller.

    Les commissions scolaires collabos, pro PLQ-QS, ne peuvent tout de même pas mettre tous les étudiants des écoles à la porte ?

    Surprenant tout de même que le PLQ laisse, sous leur règne, les commisions scolaires faire de la propagande politique pour Françoise David de Québec Solidaire ???

    Sylvie R. Tremblay

  • France Marcotte
    Abonnée
    vendredi 11 décembre 2009 16h00
    Oui, école laïque
    D'accord avec monsieur Bernard La Rivière

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 11 décembre 2009 18h46
    Un signe d'intelligence
    C’est incroyable que, sous prétexte d’ouverture, on en soit venu à parler de religion(s) pendant les six ans de primaire et les cinq ans de secondaire !

    Savez-vous combien d'heures d'enseignement seront dispensées (gaspillées ?) aux élèves du primaire et du secondaire pour le cours d'éthique et culture religieuse?

    Imaginez, on va raconter des sornettes pendant ONZE (11) ANS aux enfants, en rapport avec quelques-unes des 40 000 religions et sectes qui sévissent sur la terre!

    On ne devrait pas parler de religion(s) aux enfants âgés de moins de 14 ans. On n'a pas le droit de laver le cerveau des enfants qui n'ont pas encore développé suffisamment leur pensée propre, leur jugement ni leur sens critique.

    L'école primaire et secondaire doit se concentrer sur autre choses que des croyances (farfelues dans la plupart des cas). Par exemple, l’école doit enseigner: la langue, les mathématiques, les sciences, l'histoire, l'éthique (c’est différent de la religion), le savoir-vivre, les habiletés artistiques, manuelles, sportives.

    L'étude de la sociologie des religions et des différents courants philosophiques pourra venir plus tard au niveau collégial ou universitaire, pour ceux qui en ressentent le besoin comme adultes.

    On pourrait aussi en profiter alors pour aborder d'autres croyances comme l'astrologie, la chiromancie, l'ésotérisme, et autres béquilles utilisées par ceux qui ont peine à assumer leur condition humaine en et par eux-mêmes.

    En société, on doit respecter les personnes, mais pas nécessairement accepter et respecter toutes les idiosyncrasies véhiculées par les 40 000 religions et sectes ...

    Les personnes qui ont prôné ce cours d’Éthique et culure religieuse et surtout ceux qui l’ont implanté sans validation démocratique devraient s’en dissocier au plus tôt, ce que Monsieur Curzi a fait, et ce pourquoi il mérite des félicitations.

    Ce n'est pas un crime que d'admettre que l'on s'est trompé, c'est même un signe d'intelligence ...

  • Annie Prévost
    Inscrite
    vendredi 11 décembre 2009 20h53
    Le Québec a toujours été multiculturel
    Et dans un cours d'histoire où l'on parle de René Lévesque, j'imagine que l'on fait de la propagande péquiste? Le fait de parler d'une pionnière québécoise qui a tracé le chemin du féminisme n'est pas de la propagande pour un parti qu'elle défend, mais bien le soulignement d'un riche accomplissement. L'histoire n'a pas d'opinion politique, elle a pour rôle de rapporter les actions de ceux qui laissent des traces dans la société.

    Y a-t-il une seule personne ici qui ait lu le programme d'ÉCR? Mais qu'est-ce que ce débat sans fond dénudé de toute logique et de tout fait? M. Larivière, votre descriptif correspond exactement au contenu du cours. De la culture amérindienne aux grands génocides, de l'histoire de la religion catholique aux fondements du bouddhisme, le but du programme est d'ouvrir l'esprit des jeunes et de construire leurs connaissances générales. Il y en a pour tous les goûts.

    Au fait, savez-vous que les religions ne sont pas tous sur un pied d'égalité et que le programme accorde une importance MAJEURE au christianisme et à la culture amérindienne? N'est-ce pas ça notre héritage? Le Québec s'est construit autour d'immigrants de quelques pays débarqués avec des cultures propres, et ce, depuis son premier jour d'existence. Défendre les valeurs québécoises, c'est donc FORCÉMENT parler de multiculturalisme. Notre société en a toujours été imprégnée.

  • Annie Prévost
    Inscrite
    vendredi 11 décembre 2009 21h00
    Un peu de lecture

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    dimanche 13 décembre 2009 14h50
    Les deux côtés de la médaille
    Tous les cours portant à la controverse devraient présenter les deux côtés de la médaille. Par exemple, la promotion du multiculturalisme devrait être suivie par les problèmes qu'une telle approche pourrait soulever au niveau du maintien de notre culture, de notre mode de vie, de la protection de la langue, et proposer aux étudiants différentes solutions qui pourraient aider à concilier ces deux options. Concernant l'Histoire, on pourrait aussi faire connaître aux étudiants les points de vue différents quant à son interprétation. Il en est de même lorsqu'il s'agit d'expliquer les différents systèmes ou les différentes philosophies des Partis politiques, sans pour autant en favoriser l'une plus que l'autre. Il faut permettre à nos étudiants de réfléchir par eux-mêmes au lieu de tenter de les endoctriner. Un enseignant honnête ne devrait pa essayer de convaincre, mais plutôt de faire connaître les différentes facettes des problèmes. Ayant moi-même quatre enfants et étant moi-même d'une philosophie centre droite, je n'ai jamais essayé de les convaincre de quoi que ce soit, mais plutôt de leur faire connaître les avantages et les désavantages des différents points de vue. Il en est de même quant à la question Nationale ainsi que sur mes vues sur les religions et sur la spiritualité . Maintenant qu'ils sont adultes, nous pouvons entretenir des discussions intelligentes sans animosité.

  • phamose
    Abonné
    mercredi 16 décembre 2009 09h00
    Critique nationaliste du programme d'éthique et culture religieuse: erreur de lecture
    Jean-Marc Larouche, Département de sociologie, UQÀM
    Georges Leroux, Département de philosophie, UQÀM
    Jean-Pierre Proulx, Département d’administration et des fondements de l’éducation, Université de Montréal
    Louis Rousseau, Département de sciences des religions, UQÀM

    Depuis la création du nouveau programme obligatoire en Éthique et culture religieuse et son implantation au primaire et au secondaire en septembre 2008, trois principaux mouvements d’opposition se sont manifestés sur la place publique. Les arguments en sont très différents, mais ils se trouvent parfois réunis pour des raisons de circonstance ou d’opportunité. Aux revendications des parents catholiques, demandant le droit d’exemption, et à celles du Mouvement laïque québécois, opposé à toute présence des religions dans le curriculum scolaire, s’ajoute à présent la critique d’un certain nombre d’intellectuels nationalistes. Inquiets de la marginalisation possible de l’identité du groupe majoritaire d’ascendance canadienne-française, dans les institutions de l’État comme dans la vie publique, ils se sont attaqués récemment à la réforme de l’éducation, à celle du programme d’histoire nationale et à certaines orientations du rapport de la Commission Bouchard-Taylor.

    Cette dernière approche est celle de l’étude rédigée par Madame Joëlle Quérin, une étudiante appartenant à l’Institut de Recherche sur le Québec, un think tank nationaliste privé, proche du Mouvement national des Québécois. La caution donnée par le député Pierre Curzi à ce mémoire surprend, dans la mesure où elle se situe en rupture avec l’appui constant du Parti Québécois à la laïcité scolaire, et ce depuis le dépôt du Rapport Proulx en 1999. Cette caution repose sur des prémisses erronées et il nous semble urgent de les corriger. Nous le ferons sur deux plans : d’abord en signalant le sophisme contenu dans le leitmotiv du « multiculturalisme », qui sert ici de fondement au procès intenté au cours, et en montrant ensuite concrètement l’ampleur de l’information historique patrimoniale contenue dans le programme, qu’on ne saurait accuser de « déracinement ».

    « Multiculturalisme » , pluralisme et éthique commune

    La facilité avec laquelle Mme Quérin assimile le pluralisme au « multiculturalisme » est rien moins que déconcertante, mais le but visé est net : en accolant au pluralisme, un fait de la société tout autant qu’une attitude impliquant le respect de la diversité, l’étiquette de « multiculturaliste », on diabolise la philosophie politique de ce qu’on cherche à discréditer. Affirmer que le programme ÉCR est « multiculturaliste », c’est en effet le déclarer au service de l'idéologie « canadian », le dénoncer comme « chartiste » et trudeauiste. Mais cette rhapsodie d’accusations d’endoctrinement, en quoi semble se résumer « l’étude » de notre étudiante, est-elle une lecture juste du programme?

    C'est le contraire qui est la vérité: le Législateur, dans les Orientations ministérielles de 2005, a expressément déterminé les finalités citoyennes du cours, en privilégiant la reconnaissance de l’autre et la poursuite du bien commun. La Charte québécoise des Droits et libertés de la personne est au coeur de notre identité, et aucunement le multiculturalisme religieux ou communautaire promu dans le reste du Canada. En effet, contre le multiculturalisme qui soutient la promotion de la différence pour elle-même, le nouveau programme, tout comme le rapport de la Commission Bouchard Taylor qui en fait une de ses recommandations, promeut la construction commune d’un vivre ensemble au sein d’une culture partagée. C’est la raison pour laquelle la compétence du dialogue est placée par le programme en complément de la réflexion éthique et de la connaissance du phénomène religieux.

    Au nom de quoi, on peut se le demander, la pensée nationale devrait-elle s’inquiéter de la promotion du dialogue et de la construction de la culture commune ? Au nom de quoi devrait-on abolir, dans un monde menacé de tous côtés par des réflexes de fermeture, une éducation au pluralisme ouverte sur la diversité et d’abord soucieuse du vivre ensemble ? Faut-il rappeler que ce programme est aussi un programme d'Éthique, où les élèves sont appelés à réfléchir sur toutes ces questions, et notamment sur les fondements de l'identité ? Toutes les démocraties occidentales sont aujourd’hui engagées dans cet effort d'éducation au pluralisme, le Québec ne fait pas exception et régresserait beaucoup s’il y renonçait.

    Histoire et connaissance du patrimoine religieux québécois

    Que penser par ailleurs de l’argument voulant que le programme d’ÉCR déracine les jeunes par rapport au patrimoine religieux du Québec, tout particulièrement le legs identitaire du catholicisme ? Contrairement à ce que suggère Mme Quérin, l’accès à la connaissance historique du patrimoine religieux québécois est privilégié par le nouveau programme. Reprise d’un argument éculé, mis de l’avant déjà par Mario Dumont, cette critique fait fi de la réalité, tant dans les choix prioritaires du volet de culture religieuse que dans les objets de connaissance à transmettre aux élèves. L’intention ministérielle est claire et réaffirmée plusieurs fois. L’enseignement devra privilégier les traditions religieuses qui ont contribué à façonner l’histoire et la culture québécoises : catholicisme et protestantisme, traditions des Premières Nations et judaïsme. Le christianisme majoritaire, plus particulièrement, devra être abordé à chaque nouvelle étape de la démarche, contrairement aux autres traditions d’arrivée plus récente à propos desquelles il sera par ailleurs requis d’apprendre certains traits essentiels. Cela constitue un très solide bagage de connaissances, clairement prescrit dans les chapitres pertinents du programme.

    Parcourons rapidement le domaine du patrimoine religieux matériel et immatériel. Au primaire, par exemple, on propose aux élèves de découvrir les principaux marqueurs religieux qu’il peut voir dans l’espace. Il va ainsi à la découverte du découpage original du territoire québécois en paroisses, qui a servi de creuset au regroupement social et communautaire d’origine française. Le programme permet également de découvrir ce que l’on peut nommer l’organisation sacrale du temps commun, c’est à dire le cycle des grandes fêtes qui s’organise autour de Noël et de Pâques. À chaque fois il est possible de situer les pratiques communes actuelles dans une histoire religieuse patrimoniale plus ancienne et de comprendre leur réinscription dans une société plurielle et séculière.

    Pour les élèves du secondaire, le programme permet d’interroger l’héritage des croyances patrimoniales à propos des questions existentielles portant sur le sens de la vie et de la mort, la conception de l’être humain et l’existence du divin. L’approche vise toujours à découvrir le plus objectivement possible les croyances patrimoniales en tant que faits historiques, à comprendre en tant que tels. Cette rapide énumération suffit sans doute à dissiper l’image d’un programme d’étude visant à « déraciner nos enfants de notre patrimoine religieux ».

    Quel endoctrinement ?

    La discussion du programme d’ÉCR se poursuivra peut-être, mais il faudra trouver un autre angle d’attaque que celui du « multiculturalisme » et du déracinement. Autant nous croyons que la question de l’identité nationale est légitime et mérite une attention critique soutenue quant aux décisions prises par l’État, autant nous pensons que, s’agissant du programme ÉCR, cette critique est mal fondée. Grâce à ce programme, les jeunes du Québec s’engageront dans une réflexion sur la culture commune, et loin de pratiquer un « multiculturalisme » divisif, ils auront accès aux principaux repères sociaux et culturels qui ont contribué à façonner l’identité nationale. Compte tenu par ailleurs de l’absence totale de transmission de la mémoire religieuse patrimoniale, une lacune dont se plaignent tous les pays occidentaux, on doit sans doute se réjouir de trouver une réponse québécoise audacieuse sous la forme d’une éducation culturelle qui se perfectionnera avec le temps.

    Quel intérêt poursuivent donc ceux qui, comme Mme Quérin et les « chercheurs » regroupés dans cet « Institut de recherche sur le Québec », accusent ce cours d’endoctrinement ? Il serait très malheureux que le parti souverainiste, qui a toujours promu les finalités citoyennes du programme ÉCR et soutenu la laïcité scolaire, fasse désormais profession de fermeture et se rapproche ainsi dangereusement des positions adéquistes. Accepter cet amalgame très pernicieux entre le pluralisme, qui est un fait, et le multiculturalisme qui est précisément ce contre quoi ce cours a été institué, c’est se plonger la tête dans le sable. Ce cours est implanté depuis septembre 2008, il mobilise plus de vingt mille enseignants et enseignantes, intéressés par sa proposition, et avant d’entreprendre de le détruire, il serait juste de lui donner d’abord sa chance et de l'évaluer au moment opportun.

  • poisson marie-michelle
    Inscrite
    mercredi 16 décembre 2009 10h20
    ECR et la promotion de la laïcité ouverte «aux religions»


    Le volet « culture religieuse » doit être retiré car il fait sciemment la promotion d’un type particulier de laïcité qu’on appelle la « laïcité ouverte [aux religions]». Ce type de laïcité a été défini et promu par des gens de toutes obédiences religieuses souhaitant avant tout faciliter les accommodements religieux dans la gestion des affaires publiques.

    Au Québec, les promoteurs de la « laïcité ouverte [aux religions]» ont profité d’une structure institutionnelle, en l’occurrence le Secrétariat aux affaires religieuses ( SAR) et le Comité sur les affaires religieuses (CAR) du Ministère de l’éducation, pour donner à ce nouveau programme une dimension idéologique propre à rendre familier et souhaitable le maintien du religieux dans les institutions publiques. Lire l'avis au ministre préparé par le CAR intitulé : La laïcité scolaire au Québec,Un nécessaire changement de culture institutionnelle, 2006, http://www.mels.gouv.qc.ca/affairesreligieuses/CAR

    Ce soi-disant « modèle québécois de laïcité ouverte [aux religions]» ne fait pas l’unanimité. Aucun débat permettant d’établir clairement le modèle de laïcité réellement souhaité par les québécois, quelles que soient leurs origines, n’a encore officiellement eu lieu au Québec.

    Une société véritablement laïque pourrait-elle maintenir un enseignement de nature religieuse dans ses écoles primaires et secondaires? Est-il du ressort de l’école laïque d’accompagner le « cheminement spirituel » de l’élève en accaparant les ressources dédiées aux services complémentaires pour ce faire? Une société laïque peut-elle permettre la récitation de prières lors de conseils municipaux ou tolérer qu’un symbole religieux domine son assemblée législative nationale? Ne s’agirait-il pas là d’énormes

    accommodements religieux? Tels sont cependant les accommodements religieux que les promoteurs de la « laïcité ouverte [aux religions]» souhaitent voir perdurer sous prétexte de perpétuer l’identité culturelle des québécois.

    Pourrait-on, sans craindre le ridicule, prétendre qu’il s’agirait-là d’une véritable laïcité?

    La société québécoise n’a pas encore assez réfléchi à son modèle de laïcité et devra certainement engager un large débat public pour venir à bout de cette question.

    Un tel débat est plus que jamais nécessaire mais il ne pourra pas être mené à bien sereinement s’il est victime d’un détournement identitaire.

    Le cours ECR est l’un des principaux coupables de ce détournement puisque le concept incongru de « culture religieuse » lie irrémédiablement dans les esprits la culture et la religion.

    Or, rien ne fonctionne avec ce concept de « culture religieuse »; est-ce que les gens qui appartiennent à une même culture sont tous de la même religion? Est-ce que la religion à elle seule résume le tout d’une culture? Est-ce que les gens qui témoignent d’une culture particulière sont tous nécessairement religieux? Est-ce qu’une même religion ne se retrouve pas dans différentes cultures?

    Les Québécois ont la liberté de croire à la religion qui leur convient et ne sont pas que catholiques, la culture québécoise ne se résume pas qu’au catholicisme, plusieurs québécois ne sont pas religieux et ne sont pas moins québécois pour autant et le catholicisme n’est pas propre au québécois mais est répandu sur toute la planète. Et toutes ces propositions sont vraies depuis la naissance de la nation québécoise.

    Nous pourrions reprendre ce petit exercice avec toutes les cultures et toujours nous constaterions l’absence de lien nécessaire entre une culture donnée et une religion particulière. Le concept de « culture religieuse » est une impasse conceptuelle, un concept absurde qui ne peut que ruiner nos chances de débattre en toute intelligence de la place de la religion dans la gestion des affaires publiques.

    Voilà pourquoi il est si important de ne plus exposer nos enfants à un enseignement proprement aliénant, un enseignement fondé sur un concept absurde, un enseignement au service d’une propagande en faveur d’une conception tout aussi indéfendable de laïcité.

    Le cours ECR est une lamentable erreur; le volet de « culture religieuse » doit en être retiré.



    Marie-Michelle Poisson

    Présidente du Mouvement laïque québécois

  • Francois Dorion
    Abonné
    mercredi 16 décembre 2009 10h28
    Histoire et souvenir
    La lecture de l'ensemble des commentaires fait voir une confusion de base entre doctrine religieuse et philosophie; il ne faut pas oublier que dans les sociétés dite philosophiques, les problèmes d,éthiques se posent autour d'un concept de société de classes, de castes, tandis que dans les société religieuses, les problèmes de morale se posent autour de la question de l'épanouissement de l'individu; reléguer ce type de doctrine au statut de fait historique dépassé par la recherche du bien commun laisse entrevoir un avenir peu radieux pour tous ceux qui croient encore au bonheur.

  • Jacques Patenaude
    Abonné
    mercredi 16 décembre 2009 16h16
    Pourquoi moi, « athée pratiquant », je suis pour le cours d’éthique et de culture religieuse.
    D’entrée de jeu je l’affirme, je suis athée et je ne me gêne pas pour l’affirmer haut et fort. Je déplore comme beaucoup au Québec le « manque de » jugement de la cours suprême portant sur le Kirpan. Pourtant je suis pour le cours d’éthique et de culture religieuse. D’abord je rappelle que ce cours porte sur l’éthique pour sa grande partie. La religion y est loin d’être omni présente, de plus ce cours ne porte pas sur la transmission de foi comme autrefois ce l’était. Ce cours porte un contenu contrairement à ce prétend la postulante au doctorat Joëlle Guérin : celui d’une connaissance de base des religions. Ce n’est plus un cours qui vise à faire adhérer à une foi comme ce qui fut offert autrefois à mes enfants. Ce dernier cours était beaucoup plus près de l’endoctrinement que le présent cours.
    Pourquoi suis-je d’accord avec le présent cours ? Une petite anecdote l’illustrera. Enseignante de morale avant que le nouveau cours ne soit implanté, une de mes amies avait fait le petit exercice suivant :
    Elle a écrit au tableau les mots « Crisse, Calice, tabernacle …» et demandée à ses élèves, tous de bons petit québécois de souche, quel était la signification de ces mots. Très peu d’étudiants étaient capables d’identifier leur signification. Elle a demandée par la suite ce que les étudiants savaient sur le bouddhisme. La seule réponse qu’elle a eu de ses étudiants a été « c’est un petit-gros qui porte une couche ». Quant aux connaissances des autres religions sur lesquels elle les a interrogés, elles étaient à l’avenant. Voilà ce qui m’a convaincu de la pertinence du cours.
    Moi en tant qu’athée qui n’a pas peur de l’affirmer, je ne crois pas que l’ignorance soit une bonne base pour un débat identitaire qui éviterait l’endoctrinement.

    Jacques Patenaude

  • René Girard
    Abonné
    mercredi 16 décembre 2009 19h22
    Bravo en passant
    À Marie-Michelle Poisson que j'appuie à 100%

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    mercredi 16 décembre 2009 20h39
    Abolir plutôt les religions
    Voila encore une raison pour abolir les religions qui causent des chicanes sans fin.
    Si le Christ revenait sur terre, il serait déçue de constater ce qu'on fait de son message.

    Chacun peut avoir ses croyances, ses recettes mais de la a en faire un cours donné dans nos écoles laiques, il y une exagération flagrante.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    mercredi 16 décembre 2009 20h47
    Éthique et culture religieuse
    On peut être athée et quand même vivre selon les principes chrétiens. C'est mon cas. On a jeté par dessus bord tout ce qui était religieux . C'est tout comme jeter le bébé avec l'eau du bain. Pour développer des principes, encore faut-il qu'ils nou soient inculqués ou à tout le moins présentés ou proposés. .

  • René Girard
    Abonné
    jeudi 17 décembre 2009 00h21
    Athée et chrétien
    Se dire athée et en même temps affirmer que l'on peut vivre selon les principes chrétiens c'est affirmer une chose et son contraire en même temps. Car être chrétien c'est affirmer que l'on croit en la mort et en la résurrection du fondateur du christianisme, et ceux qui l'ont suivi ont été dénommé chrétiens. Les principes du christianisme ou principes chrétiens sont pour la plupart immoraux, que l'on pense à aimez-vous les uns les autres qui implique que nous aimions nos ennemis ce qui est contre nature et met notre propre vie en danger, pas très humain cela. Le chrétien dira c'est vrai que ce n'est pas humain, c'est divin. Voilà pourquoi l'athée, ne croyant pas en dieu, vit comme un être humain, il n'aime pas ses ennemis et ne prient pas pour ceux qui le persécutent. Ils les évitent tout simplement et cherche à s'associer avec ceux qui l'aiment pour ce qu'il est et non pour ce qu'il croit ou ne croit pas. C'est plus sain, plus valorisant et cela rend plus heureux. Alors que la morale immorale chrétienne rend coupable, donne une attitude de fausse humilité, fait croire des choses absurdes. C'est ce vestige néfaste d'un passé pas si lointain que le cours ECR veut nous faire ravaler de force. Permettez-moi de le vomir.

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    jeudi 17 décembre 2009 07h27
    L'éthique et la religion
    Pourquoi ne pas créer un nouveau programme intitulé l'Histoire des religions et leur influence dans le monde? Je veux bien croire qu'il ne faut pas endoctriner les jeunes, mais il ne faut pas les laisser dans l'ignorance des faits historiques qui ont façonné les civilisations,

  • Celine A. Massicotte
    Abonnée
    jeudi 17 décembre 2009 08h18
    Ajout
    Dans les religions non conquérantes j'aurais dû ajouter sans doute le Bouddhisme...

  • Paul Lafrance
    Inscrit
    lundi 21 décembre 2009 23h37
    @ René Girard
    J'ai lu il(il y a longtemps), le sermon de la montagne de Jésus et je puis vous dire que je souscris à un grand nombre de ses paroles. Il prône l'amour du prochain,la justice, le respect, la charité, somme toute une vie saine sans envie,désir de vengeance, sans faire tort à son prochain, etc. Tout ça a beaucoup de bon sens,mais ça ne m'oblige pas à croire que Jésus est le fils de Dieu dont je conteste même l'existence, ça ne m'oblige pas à croire que le ciel ou l'enfer existent, que sa mère était vierge, etc.Mais je suis d'accord pour dire qu'on a une vie plus heureuse si on suit ses enseignements et c'est ça que je veux dire quand je dis que je vis selon des principes chrétiens et que je les ai proposés à mes enfants.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
21 réactions
1 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012