mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 08h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

5000$ de plus pour devenir dentiste à l'UdeM

Sans cet investissement, la faculté «risque de perdre son statut de faculté de médecine dentaire», soutient l'université

Amélie Daoust-Boisvert   26 novembre 2009  Éducation
La faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal souhaite réclamer 1000 $ de plus par année à ses étudiants dès l'automne 2010, «avec leur accord».
Photo : Agence France-Presse
La faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal souhaite réclamer 1000 $ de plus par année à ses étudiants dès l'automne 2010, «avec leur accord».
La faculté de médecine dentaire de l'Université de Montréal souhaite réclamer 1000 $ de plus par année à ses étudiants dès l'automne 2010, «avec leur accord». Ces derniers devaient voter aujourd'hui sur la proposition, mais le scrutin a été reporté devant les nombreuses questions que cette hausse soulève, notamment celle de l'accessibilité aux études.

Les 500 000 $ ainsi récoltés en «frais institutionnels obligatoires», les FIO, financeraient le «projet AIDENT» (Appui indispensable à la médecine dentaire). Celui-ci prévoit l'achat et l'entretien d'équipement de pointe, le remplacement des chaises de la clinique dentaire, voire l'embauche de personnel. L'Université de Montréal promet d'ajouter 100 000 $ et la faculté, 500 000 $. Les étudiants aux cycles supérieurs épongeraient chacun une facture de 5000 $ de plus.

Une hausse des FIO de plus de 25 à 50 $ requiert l'aval des étudiants, a statué en 2008 le ministère de l'Éducation, qui peut alors accorder une dérogation.

Dans un document informatif transmis aux étudiants dans les deux dernières semaines, dont Le Devoir a obtenu copie, la faculté précise qu'il «est important d'agir, à défaut de quoi la faculté risque [...], ultimement, de perdre son statut de faculté de médecine dentaire» reconnue. Le doyen précise qu'il «s'agit d'un document de travail». Il a été présenté dans chacune des classes.

Le rectorat de l'Université de Montréal appuie le projet, a affirmé le vice-recteur adjoint aux études, Alexandre Chabot, dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir, aux côtés du doyen Gilles Lavigne et du président de l'Association des étudiants en médecine dentaire de l'Université de Montréal, Daniel Carpentier. «Il y a des discussions du même ordre dans les autres facultés, dit M. Chabot. Ce sont des initiatives spontanées, quand les étudiants veulent investir [qu'il faut] saluer.»

Dans ce document d'information transmis aux étudiants, on leur précise que «les équipements actuels ne sont pas conformes aux normes de qualité et de salubrité généralement reconnues» et que «la qualité de la formation et des soins prodigués aux patients est compromise». On les informe également que 90 % de leur argent sera alloué à l'achat et à l'entretien d'équipement de pointe, et 10 % à l'embauche d'une secrétaire à temps plein.

Il en coûte 2890 $ par an actuellement pour suivre un doctorat en dentisterie à l'Université de Montréal, contre 19 077 $ en moyenne ailleurs au Canada, sans compter l'achat d'équipement spécialisé, qui peut osciller autour de 15 000 $, selon les étudiants.

Rejoindre «le reste du Canada»

En aucun cas l'organisme chargé d'accréditer les programmes des écoles de dentisterie ne songe à retirer son permis à l'Université de Montréal. «C'est la première fois que j'en entends parler», répond Gillian Jones, de la Commission de l'agrément dentaire du Canada. La prochaine visite de la commission est prévue pour 2011.

Au Devoir, le doyen Gilles Lavigne a expliqué «qu'il n'y a pas de problème à l'heure actuelle, mais on veut montrer qu'on est une faculté dynamique. Ce n'est pas normal de ne pas avoir les mêmes outils que Toronto ou Edmonton». Selon lui, les équipements vétustes doivent impérativement être remplacés, et le ministère de l'Éducation «n'achètera pas ça», présume-t-il.

Le ministère de l'Éducation n'a reçu «aucune demande explicite pour l'achat d'équipement de pointe» de leur part, dit l'attachée de presse de la ministre Courchesne, Tamara Davis. «On considère qu'on met de l'avant toutes les subventions nécessaires à la formation des étudiants, ajoute-t-elle. Les dérogations à la hausse des FIO, c'est pour des projets seulement. Ce n'est pas pour engager du personnel.» Comme les règles budgétaires sur l'encadrement des frais institutionnels obligatoires le statuent, si certains investissements peuvent être inclus dans une autre subvention ministérielle, le plan quinquennal d'investissements universitaires, l'argent ne peut pas être réclamé aux étudiants par les FIO. Par contre, si une dérogation est accordée, le règlement ne prévoit aucun plafond.

«Nous allons respecter les règles budgétaires du ministère», répond le vice-recteur aux études, Alexandre Chabot.

Des étudiants divisés

Les étudiants devaient voter sur cette mesure aujourd'hui en assemblée générale, mais le vote a été reporté quand certains ont soulevé des questions sur le projet. Le président de l'Association des étudiants, Daniel Carpentier, dit y «croire» et estime que ses modalités doivent «être discutées avec les étudiants».

«Est-ce que seulement l'élite va pouvoir se payer des études en dentisterie?», demande l'un d'entre eux qui préfère garder l'anonymat.

Pour la Fédération des associations étudiantes de l'Université de Montréal (FAECUM), on assiste «littéralement au début de la différentiation des frais de scolarité» et on dit craindre un précédent. «On n'est pas contre les FIO, on est contre le fait que ce soit un aussi gros montant», dit son secrétaire général, Nicolas Descroix, qui déplore également la manière dont le projet a été présenté. «On leur dit que la valeur de leur diplôme va baisser, c'est sûr qu'ils ne veulent pas que ça arrive», dit-il, mettant en doute la valeur d'un vote sur la question, surtout que les «30 % d'étudiants qui reçoivent de l'aide financière ne pèseront pas lourd dans la balance. [...] On ne souhaite pas des 40 000 $ de dettes pour nos dentistes finissants.»






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Jean-Marie Van der Maren
    Abonné
    jeudi 26 novembre 2009 08h30
    Investir dans ses études lorsqu'on sait que l'on va gagner plus !
    Je ne connais pas de dentiste ou de médecin qui gagne le même salaire qu'une enseignante. Pourquoi ceux qui bénéficient d'un statut social et d'une rémunération élevée que les autres ne paieraient pas plus ? Ils investissent sur leur avenir.

  • Hélène Fortin
    Abonnée
    jeudi 26 novembre 2009 09h57
    statut social, dites-vous?

    Il est certain que former dentistes, médecins et scientifiques représente un investissement important qui vient grever le budget des universités. Je ne conteste pas qu'il puisse en coûter plus cher aux étudiants de ces disciplines et qu'ils doivent en partie défrayer des frais de scolarité plus élevés. Reste à savoir combien...tout est là. Toujours établir des comparaisons avec les autres provinces canadiennes me semble faux, puisque leur niveau de vie et le salaire moyen n'est pas identique au nôtre. Quand à leur "investissement dans leur avenir", - [investissement auquel fait allusion M. Van der Maren] - je trouve cette approche un peu réductrice. Toute personne qui prend la peine d'investir temps, énergie, intelligence et créativité dans une formation supérieure, quelle qu'elle soit, mérite que son statut soit reconnu, peu importe la rémunération retirée. Et puis, il ne faut pas oublier que la majorité des gens ne peut se permettre de fixer, à peu près comme bon lui semble, la tarification de ses services. Plus souvent qu'autrement, le salaire ne suit pas l'investissement et les années d'études...et comme dans notre société gros salaire = gros statut social...!!!

  • cardinal
    Inscrit
    jeudi 26 novembre 2009 14h46
    Tout a un prix!
    Il est vraisemblable que la personne qui paie cher pour s'inscrire dans une faculté professionnelle aura plus à cœur de travailler fort et d'étudier avec soin que les joyeux fantaisistes qui ne paient pas grand chose et coûtent des fortunes à l'État pour venir niaiser dans des programmes de sciences sociales ou d'éducation sans même avoir complété un CEGEP correct, et qui réclament en plus la gratuité et surtout de ne rien faire en même temps que les notes les plus élevées possibles!
    Encourageons l'effort, même coûteux et non la paresse!

  • Michel Chamoun
    Inscrit
    jeudi 26 novembre 2009 22h53
    On veut profiter de ceux qui ont les moyens
    18 000$ de frais par année, c'est deja bcp (on se doit d'inclure le materiel obligatoire )... on parle de 5 fois ce que paye un etudiant ordinaire, mais ca ne compense probablement pas la différence entre ce que coute la formation d'un dentiste et celle d'un historien.

    En meme temps, les universités savent que les etudiants de medecine et de medecine dentaire peuvent profiter de marges de credits ou de prets et bourse gouvernementaux. Peu d'étudiants sont vraiment dérangés de finir avec 40 000 de dettes, compte tenu de leur salaire. De plus, les programmes sont enormement contingentés et les gens se battent pour des places, alors l'université a la possibilité de monter les frais sans que personne ne s'offusque.

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010