Au primaire et au secondaire - Les élèves ont-ils droit à un enseignement de qualité?
Les directions d'école peuvent choisir d'offrir l'enseignement des arts plastiques, de l'art dramatique, de la danse et de la musique à leurs élèves. Au secondaire, les jeunes ont la possibilité d'essayer différentes formes d'art. Les élèves ont-ils encore accès, dans ce contexte, à un enseignement de la musique qui soit de bonne qualité? La Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ) s'en inquiète.
«Nous assistons présentement à une détérioration de l'enseignement de la musique», indique d'emblée Hélène Laliberté, vice-présidente de la FAMEQ.
C'est la grande liberté de choix de disciplines artistiques qu'ont les écoles qui l'inquiète le plus, depuis l'instauration du nouveau régime pédagogique. «Le danger, c'est que si on se retrouve avec un directeur d'école qui n'est pas particulièrement convaincu de l'importance de l'enseignement de la musique, il peut tout simplement décider de le mettre de côté. D'ailleurs, on remarque que plusieurs écoles délaissent la musique», s'inquiète-t-elle. La FAMEQ a ainsi relevé que 43 écoles primaires et 14 écoles secondaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n'enseignent pas la musique.
À la CSDM, Hélène Lévesque, conseillère pédagogique en musique, et Guylaine Cormier, directrice adjointe du réseau des établissements du sud, croient pour leur part que la musique se porte très bien dans les écoles de leur commission scolaire. «Il y a plusieurs projets intéressants, et pas seulement dans les écoles à vocation. Dans plusieurs écoles, l'enseignement de la musique est très dynamique», affirme Mme Lévesque.
Par contre, lorsque vient le temps de choisir les arts à enseigner dans les écoles, les discussions peuvent être animées. «Chaque enseignant souhaite qu'on fasse une place importante à sa matière, mais il est bien évident qu'on ne peut pas enseigner les quatre formes d'art dans les petites écoles. Souvent, on en choisit plutôt deux. Mais il n'y a pas de guerre de clocher pour autant entre les disciplines», explique Mme Cormier.
Au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), on ne s'inquiète pas de cette situation. «Nous avons confiance que les écoles répondent aux besoins et aux intérêts des élèves», indique Cédrick Beauregard, attaché de presse de la ministre Michelle Courchesne.
La continuité
La FAMEQ s'inquiète aussi du fait que les élèves n'étudient pas la même forme d'expression artistique tout au long de leur parcours scolaire. Si, au primaire, la continuité est exigée pendant les six années, les élèves peuvent choisir un autre art pour leurs deux premières années du secondaire. Ensuite, ils peuvent changer chaque année.
«Ainsi, dans les classes, on se retrouve toujours avec des jeunes qui étudient la musique pour la première fois. Les enseignants doivent donc toujours recommencer au début et c'est démotivant pour les élèves, parce qu'ils ne peuvent pas vivre une véritable expérience artistique dans ce contexte», remarque Mme Laliberté.
Cette situation va-t-elle de pair avec les objectifs défendus par le MELS, soit le développement de compétences, l'effort, la persévérance et la réussite? La FAMEQ croit que non. «Les enseignants de musique doivent toujours rester en surface et, dans ces conditions, l'élève n'arrive pas à développer de véritables compétences», indique Mme Laliberté.
Au MELS, on affirme que la continuité de l'enseignement des arts demeure importante et que c'est pour cette raison qu'elle est imposée pendant le primaire ainsi que pendant les deux premières années du secondaire. «Mais, une fois en troisième secondaire, nous permettons à l'élève de toucher à d'autres disciplines. C'est important parce que, rendu à cet âge, il est probable que le jeune ait développé de nouveaux champs d'intérêt, et nous souhaitons qu'il puisse élargir ses horizons», affirme Cédrick Beauregard.
Sur le terrain, à la CSDM, on remarque toutefois chez plusieurs jeunes une certaine continuité dans le choix de la discipline artistique. «Rendus en troisième secondaire, les jeunes ont développé leur personnalité et ils savent ce qu'ils veulent faire. Les jeunes ne changent pas de forme d'art constamment parce que, bien souvent, ils ne seraient pas du tout à l'aise dans certaines», remarque Mme Cormier.
Suffisant, le cours de 50 heures ?
Depuis l'instauration du nouveau régime pédagogique, les élèves ont maintenant l'obligation de suivre au minimum un cours d'art de 50 heures en troisième, quatrième et cinquième secondaires, alors que c'était optionnel auparavant. Pour l'obtention de leur diplôme, ils doivent absolument réussir leur cours d'art de quatrième secondaire.
À la CSDM, on se réjouit de cette nouvelle formule. «Les élèves prennent maintenant leurs cours d'art beaucoup plus au sérieux», affirme Mme Lévesque.
Par contre, à la FAMEQ, on affirme qu'un cours de 50 heures est beaucoup trop court pour parvenir à enseigner la musique d'ensemble. «Pourtant, dans la discipline, c'est ce qui est intéressant pour les jeunes», croit Mme Laliberté.
«C'est certain que tous les enseignants de musique voudraient avoir deux heures par jour avec leurs élèves, indique Mme Lévesque. Mais ce n'est pas ça, le programme. Et les jeunes qui veulent aller plus loin peuvent prendre une option en plus de leur cours obligatoire, ou encore choisir une école à volet particulier.»
Au MELS, on est du même avis. «Il y a bien d'autres cours à suivre que la musique au deuxième cycle du secondaire et on ne peut pas envoyer les élèves à l'école de 8 heures le matin à 8 heures le soir. Les cours d'option musique sont donc une bonne façon pour les élèves d'aller plus loin que ce qui est fait dans le cours obligatoire», indique M. Beauregard.
À la FAMEQ, on déplore toutefois que les écoles n'offrent malheureusement pas toujours l'option musique et que les écoles à vocation s'adressent seulement à une clientèle triée sur le volet. «Ce que nous souhaitons, c'est que tous les jeunes aient accès à un enseignement de la musique qui soit de bonne qualité et en continuité, ajoute Mme Laliberté. Comme ça, même les jeunes qui n'ont pas été en contact avec la musique à un tout jeune âge auront la chance de développer un intérêt.»
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Collaboratrice du Devoir
«Nous assistons présentement à une détérioration de l'enseignement de la musique», indique d'emblée Hélène Laliberté, vice-présidente de la FAMEQ.
C'est la grande liberté de choix de disciplines artistiques qu'ont les écoles qui l'inquiète le plus, depuis l'instauration du nouveau régime pédagogique. «Le danger, c'est que si on se retrouve avec un directeur d'école qui n'est pas particulièrement convaincu de l'importance de l'enseignement de la musique, il peut tout simplement décider de le mettre de côté. D'ailleurs, on remarque que plusieurs écoles délaissent la musique», s'inquiète-t-elle. La FAMEQ a ainsi relevé que 43 écoles primaires et 14 écoles secondaires de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) n'enseignent pas la musique.
À la CSDM, Hélène Lévesque, conseillère pédagogique en musique, et Guylaine Cormier, directrice adjointe du réseau des établissements du sud, croient pour leur part que la musique se porte très bien dans les écoles de leur commission scolaire. «Il y a plusieurs projets intéressants, et pas seulement dans les écoles à vocation. Dans plusieurs écoles, l'enseignement de la musique est très dynamique», affirme Mme Lévesque.
Par contre, lorsque vient le temps de choisir les arts à enseigner dans les écoles, les discussions peuvent être animées. «Chaque enseignant souhaite qu'on fasse une place importante à sa matière, mais il est bien évident qu'on ne peut pas enseigner les quatre formes d'art dans les petites écoles. Souvent, on en choisit plutôt deux. Mais il n'y a pas de guerre de clocher pour autant entre les disciplines», explique Mme Cormier.
Au ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), on ne s'inquiète pas de cette situation. «Nous avons confiance que les écoles répondent aux besoins et aux intérêts des élèves», indique Cédrick Beauregard, attaché de presse de la ministre Michelle Courchesne.
La continuité
La FAMEQ s'inquiète aussi du fait que les élèves n'étudient pas la même forme d'expression artistique tout au long de leur parcours scolaire. Si, au primaire, la continuité est exigée pendant les six années, les élèves peuvent choisir un autre art pour leurs deux premières années du secondaire. Ensuite, ils peuvent changer chaque année.
«Ainsi, dans les classes, on se retrouve toujours avec des jeunes qui étudient la musique pour la première fois. Les enseignants doivent donc toujours recommencer au début et c'est démotivant pour les élèves, parce qu'ils ne peuvent pas vivre une véritable expérience artistique dans ce contexte», remarque Mme Laliberté.
Cette situation va-t-elle de pair avec les objectifs défendus par le MELS, soit le développement de compétences, l'effort, la persévérance et la réussite? La FAMEQ croit que non. «Les enseignants de musique doivent toujours rester en surface et, dans ces conditions, l'élève n'arrive pas à développer de véritables compétences», indique Mme Laliberté.
Au MELS, on affirme que la continuité de l'enseignement des arts demeure importante et que c'est pour cette raison qu'elle est imposée pendant le primaire ainsi que pendant les deux premières années du secondaire. «Mais, une fois en troisième secondaire, nous permettons à l'élève de toucher à d'autres disciplines. C'est important parce que, rendu à cet âge, il est probable que le jeune ait développé de nouveaux champs d'intérêt, et nous souhaitons qu'il puisse élargir ses horizons», affirme Cédrick Beauregard.
Sur le terrain, à la CSDM, on remarque toutefois chez plusieurs jeunes une certaine continuité dans le choix de la discipline artistique. «Rendus en troisième secondaire, les jeunes ont développé leur personnalité et ils savent ce qu'ils veulent faire. Les jeunes ne changent pas de forme d'art constamment parce que, bien souvent, ils ne seraient pas du tout à l'aise dans certaines», remarque Mme Cormier.
Suffisant, le cours de 50 heures ?
Depuis l'instauration du nouveau régime pédagogique, les élèves ont maintenant l'obligation de suivre au minimum un cours d'art de 50 heures en troisième, quatrième et cinquième secondaires, alors que c'était optionnel auparavant. Pour l'obtention de leur diplôme, ils doivent absolument réussir leur cours d'art de quatrième secondaire.
À la CSDM, on se réjouit de cette nouvelle formule. «Les élèves prennent maintenant leurs cours d'art beaucoup plus au sérieux», affirme Mme Lévesque.
Par contre, à la FAMEQ, on affirme qu'un cours de 50 heures est beaucoup trop court pour parvenir à enseigner la musique d'ensemble. «Pourtant, dans la discipline, c'est ce qui est intéressant pour les jeunes», croit Mme Laliberté.
«C'est certain que tous les enseignants de musique voudraient avoir deux heures par jour avec leurs élèves, indique Mme Lévesque. Mais ce n'est pas ça, le programme. Et les jeunes qui veulent aller plus loin peuvent prendre une option en plus de leur cours obligatoire, ou encore choisir une école à volet particulier.»
Au MELS, on est du même avis. «Il y a bien d'autres cours à suivre que la musique au deuxième cycle du secondaire et on ne peut pas envoyer les élèves à l'école de 8 heures le matin à 8 heures le soir. Les cours d'option musique sont donc une bonne façon pour les élèves d'aller plus loin que ce qui est fait dans le cours obligatoire», indique M. Beauregard.
À la FAMEQ, on déplore toutefois que les écoles n'offrent malheureusement pas toujours l'option musique et que les écoles à vocation s'adressent seulement à une clientèle triée sur le volet. «Ce que nous souhaitons, c'est que tous les jeunes aient accès à un enseignement de la musique qui soit de bonne qualité et en continuité, ajoute Mme Laliberté. Comme ça, même les jeunes qui n'ont pas été en contact avec la musique à un tout jeune âge auront la chance de développer un intérêt.»
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