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Test de français - Les futurs enseignants ont étudié davantage pour réussir

Amélie Daoust-Boisvert   13 novembre 2009  Éducation
Pour la première fois cet automne, les futurs enseignants du Québec ont tous affronté un même test de français. Environ la moitié ont essuyé un échec, un résultat comparable à celui obtenu dans les anciennes épreuves, disent les responsables de programmes.

Environ la moitié des étudiants en enseignement auraient obtenu la note de passage de 70 % à la nouvelle épreuve nationale de français, selon différents responsables des programmes universitaires. Après un échec, un étudiant a droit à deux reprises. La réussite permet d'accéder aux stages, de poursuivre le programme et ultimement, de décrocher le diplôme.

L'examen était «nettement» plus corsé, soutiennent-ils, mais les futurs enseignants ont généralement maintenu leurs moyennes — quoique basses — des années passées, pendant lesquelles les universités utilisaient des contrôles hétéroclites.

Étudiant en enseignement des sciences au secondaire à l'Université Laval, Bruno Lemieux a éprouvé une certaine surprise devant les résultats du fameux test. Environ 75 % de ses collègues ont réussi. «On a tellement entendu parler qu'il allait être dur que tout le monde s'est mis à étudier. On est plusieurs à avoir acheté le livre Le Français apprivoisé!», a-t-il raconté au Devoir.

Reste que, dans certains programmes, les taux de réussite dépassent à peine les 20 %. «Oui, c'est catastrophique dans certains groupes, mais pas partout», dit Pierre Paradis, directeur du département des sciences de l'éducation à l'UQAR. Il constate que la rédaction est bonne, mais qu'orthographe, accord et conjugaison, «c'est faible, faible, faible.»

«Ce test rehausse nos exigences, mais il n'y a pas plus d'échecs qu'avant, car les étudiants ne prenaient peut-être pas le test précédent au sérieux», dit Rodoplphe Toussaint, son homologue de l'UQTR. «On veut maintenir des exigences élevées. Il n'y a pas de compromis à faire», ajoute la doyenne de la faculté des sciences de l'éducation de l'UQAM, Monique Brodeur.

Plus difficile, mais pas trop

Suzanne Chartrand, chercheuse à l'Université Laval, tient à préciser que puisque c'est la première fois que le Québec impose un test uniforme, il est difficile de comparer les résultats obtenus avec les années passées. «Cinquante pour cent qui échouent, c'est quand même beaucoup, dit-elle, c'est 50 % d'échec parmi des gens qui ont pourtant réussi les épreuves de français du secondaire et du cégep.» Cette année, 83 % des cégépiens ont réussi l'épreuve uniforme de français, le deuxième pire résultat en dix ans. «Il y a des trous dans leur mémoire, des choses qu'ils n'ont pas apprises» au secondaire et au cégep, dit Pierre Paradis.

Dans une étude, Suzane Chartrand a suivi 801 professeurs. La moitié d'entre eux trouvaient que les adolescents ne savaient pas écrire convenablement à la fin de leur secondaire, mais 80 % de ces jeunes réussissent l'épreuve de fin de parcours, selon le ministère de l'Éducation, qui n'a pas pu fournir les résultats de 2008-09.
 
 
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  • Brun Bernard
    Inscrit
    vendredi 13 novembre 2009 13h21
    Grave.
    Le niveau est très bas, la réussite haute dans ce cas-là mais pas très haute pour le niveau d'exigence mis au niveau du caniveau. Donc c'est encore plus bas que ce que l'on pense. Voyez les tests. Affligeant. C'est grave culturellement, politiquement, sociétalement. C'est la mort d'une culture comme partout car le phénomène n'est pas seulement icittte sauf qu'au Québec on veut sauver le fait francophone sans que le français fonctionne. Ce ne sont pas les immigrants qui posent problème puisque ce ne sont pas eux qui dispensent les cours de français au Québec. Un niveau bas implique en termes de résultat un peuple insulté. Triste.


  • Inscrit
    vendredi 13 novembre 2009 14h47
    Pessimiste? Ou juste réaliste?
    Après la conquête des Gaules par les armées de Rome, on estime qu'il n'a pas fallu plus de deux ou trois générations pour que toutes les populations celtiques de ces territoires, sauf les plus isolées (les villages d'Astérix, si vous voulez...), abandonnent l'usage de leur langue et adoptent celle du conquérant, le latin. À une époque où il n'y avait pas de mass-media et guère plus d'écoles, cela a dû se faire presque insensiblement. Il faut dire que les deux langues présentaient de grandes similitudes entre elles, ce qui a dû beaucoup faciliter le passage de l'une à l'autre. Quoi qu'il en soit, plutôt que de se replier sur eux-mêmes, les Gaulois ont fait le pari d'embrasser la culture de l'empire pour jouir de tous les avantages de la paix romaine.
    Pour que les Gaulois en arrivent là, il aura fallu toute l'amertume de la défaite militaire et de l'occupation de leur territoire par des armées étrangères. Nous, nous avons l'occasion de faire le saut à peu près sans douleur : plutôt que de nous obstiner à parler une langue appauvrie (que bientôt, de surcroît, plus personne ne sera capable d'enseigner correctement) - si nous abandonnions ce navire qui fait eau de toutes parts avant de sombrer corps et âmes, et nous résolvions enfin à nous assimiler?

  • Marc Ste-Marie
    Inscrit
    vendredi 13 novembre 2009 18h03
    On le sait!...
    Dans quelque temps, (et là,je pourrais prédire: dans un laps de temps passablement rapproché!!), face à ces situations désastreuses constatées et pour le moins préoccupantes, nous verrons, à coups sûrs, le Ministère de l'Éducation abaisser ses seuils de réussite... jusque chez les futurs profs inscrits dans ce programme obligatoire pour l'obtention du diplôme!... Sinon, manque de profs!...

    C'est toujours la seule et unique façon que ce Ministère a choisie afin de camoufler la réalité et laisser croire que tout va pour le mieux, dans le meilleur des mondes!...

    C'est surtout l'unique voix qu'il a privilégiée, depuis ces dernières années, pour laisser croire que la réforme issue du nouveau Curriculum était un immense succès: "Abaisser les seuils!: tout le monde... ou à peu près réussit! Mais à quel prix!... Voilà!...

    Mais en bout de ligne, ça ne fait pas des enfants forts!!...

  • Fernande Trottier
    Abonnée
    samedi 14 novembre 2009 23h01
    la triste réalité...
    Si les ados ne savaient pas écrire convenablement, se pourrait-il que les profs qui leur ont enseigné au secondaire ne connaissaient pas eux non plus le bon français. Je ne suis pas "prof", mais je crois vraiment que le français on apprend cela au primaire, la lecture, épeler, faire des dictées, corriger les fautes en groupe en expliquant pourquoi, au secondaire on approfondit et revise, quand on entre au Cégep, on devrait savoir écrire si ns l'avons bien appris.. Trop d'expériences ont été faites avec le français, les enfants ont servi de cobayes avec le résultat que l'on connaît... f.t.
    Arthabaska/Victo

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