Décrochage: le dépistage précoce doit être suivi d'une action rapide
Québec — Convaincus qu'on peut prévenir le décrochage dès la petite enfance, des chercheurs se demandent maintenant comment intervenir de la façon la plus efficace auprès des plus petits pour briser le cercle vicieux de l'inégalité des chances.
Comme l'explique le professeur en psychologie de l'Université Laval Michel Boivin, on serait en mesure aujourd'hui de détecter 70 % des enfants «à risque» avant la maternelle. Or, dit-il, «l'évaluation ne sert à rien si on n'a pas de services à offrir à ces enfants».
M. Boivin est l'un des organisateurs d'un congrès sur le sujet qui se termine aujourd'hui dans la capitale. Organisé par le Réseau stratégique de connaissances sur le développement des jeunes enfants (Université Laval) et le Centre d'excellence pour le développement des jeunes enfants (Université de Montréal), cette rencontre porte un titre qui en dit long sur la conviction qu'ont ces chercheurs de la nécessité d'agir: «Préparation à l'école et réussite scolaire: de la recherche aux pratiques et aux politiques».
Devant un auditoire majoritairement composé de femmes oeuvrant dans le milieu de la recherche ou de l'éducation, des chercheurs du Québec, mais aussi du Canada anglais et des États-Unis ont présenté des données sur l'impact de l'environnement familial sur la réussite scolaire ou encore sur le rôle joué par les garderies.
À ce titre Sylvana Côté, de la faculté de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal, a clairement indiqué que le réseau des centres de la petite enfance (CPE) permettait à de nombreux enfants de milieux défavorisés considérés comme «à risque» de rattraper leur retard sur les autres.
Or, a-t-elle déploré, «les enfants les plus à risque ne fréquentent pas le réseau des CPE», réseau qui, de surcroît, a été peu développé ces dernières années en comparaison avec les services en milieu familial et le réseau privé.
Rencontrée par hasard non loin du site de ce congrès, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a tenu à nous rappeler que son plan d'action lancé en septembre tenait compte du dépistage précoce du décrochage et que des actions étaient déjà prévues en ce sens par son gouvernement. «C'est sûr qu'il faut commencer très tôt. On commence à travailler avec les CPE et on prévoit être capables de débuter en septembre 2010.»
Quant à savoir quels moyens peuvent être mis en oeuvre, les chercheurs en identifient plusieurs. Outre le recours à des orthopédagogues avant le primaire, le professeur Michel Boivin parle de «programmes plus ciblés» ou de programmes «d'enrichissement».
On présentera notamment aujourd'hui les résultats d'un programme qui a été testé dans différentes maternelles depuis dix ans. Baptisée «Fluppy», du nom d'une marionnette représentant un chien, cette méthode permet de développer chez les enfants des habiletés sociales et notamment de réduire les comportements agressifs chez les petits garçons issus de milieux défavorisés.
La communauté scientifique semble par ailleurs divisée sur la pertinence de recourir à des programmes universels ou sur des actions ciblant les enfants plus à risque. D'emblée, si la plupart des chercheurs présents s'entendaient pour dire que les garçons à risque avaient plus de difficultés à rattraper leur retard que les fillettes, tous ne sont pas d'avis qu'il faille pour autant miser sur un enseignement séparé pour les deux sexes.
-Texte modifié à la suite d'un correctif
Comme l'explique le professeur en psychologie de l'Université Laval Michel Boivin, on serait en mesure aujourd'hui de détecter 70 % des enfants «à risque» avant la maternelle. Or, dit-il, «l'évaluation ne sert à rien si on n'a pas de services à offrir à ces enfants».
M. Boivin est l'un des organisateurs d'un congrès sur le sujet qui se termine aujourd'hui dans la capitale. Organisé par le Réseau stratégique de connaissances sur le développement des jeunes enfants (Université Laval) et le Centre d'excellence pour le développement des jeunes enfants (Université de Montréal), cette rencontre porte un titre qui en dit long sur la conviction qu'ont ces chercheurs de la nécessité d'agir: «Préparation à l'école et réussite scolaire: de la recherche aux pratiques et aux politiques».
Devant un auditoire majoritairement composé de femmes oeuvrant dans le milieu de la recherche ou de l'éducation, des chercheurs du Québec, mais aussi du Canada anglais et des États-Unis ont présenté des données sur l'impact de l'environnement familial sur la réussite scolaire ou encore sur le rôle joué par les garderies.
À ce titre Sylvana Côté, de la faculté de médecine sociale et préventive de l'Université de Montréal, a clairement indiqué que le réseau des centres de la petite enfance (CPE) permettait à de nombreux enfants de milieux défavorisés considérés comme «à risque» de rattraper leur retard sur les autres.
Or, a-t-elle déploré, «les enfants les plus à risque ne fréquentent pas le réseau des CPE», réseau qui, de surcroît, a été peu développé ces dernières années en comparaison avec les services en milieu familial et le réseau privé.
Rencontrée par hasard non loin du site de ce congrès, la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a tenu à nous rappeler que son plan d'action lancé en septembre tenait compte du dépistage précoce du décrochage et que des actions étaient déjà prévues en ce sens par son gouvernement. «C'est sûr qu'il faut commencer très tôt. On commence à travailler avec les CPE et on prévoit être capables de débuter en septembre 2010.»
Quant à savoir quels moyens peuvent être mis en oeuvre, les chercheurs en identifient plusieurs. Outre le recours à des orthopédagogues avant le primaire, le professeur Michel Boivin parle de «programmes plus ciblés» ou de programmes «d'enrichissement».
On présentera notamment aujourd'hui les résultats d'un programme qui a été testé dans différentes maternelles depuis dix ans. Baptisée «Fluppy», du nom d'une marionnette représentant un chien, cette méthode permet de développer chez les enfants des habiletés sociales et notamment de réduire les comportements agressifs chez les petits garçons issus de milieux défavorisés.
La communauté scientifique semble par ailleurs divisée sur la pertinence de recourir à des programmes universels ou sur des actions ciblant les enfants plus à risque. D'emblée, si la plupart des chercheurs présents s'entendaient pour dire que les garçons à risque avaient plus de difficultés à rattraper leur retard que les fillettes, tous ne sont pas d'avis qu'il faille pour autant miser sur un enseignement séparé pour les deux sexes.
-Texte modifié à la suite d'un correctif
Haut de la page

