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L'UQAM conçoit un nouveau plan immobilier

Amélie Daoust-Boisvert   6 novembre 2009  Éducation
Claude Corbo, recteur de l'UQAM
Photo : Jacques Nadeau - Le Devoir
Claude Corbo, recteur de l'UQAM
Émergeant à peine du pire scandale immobilier de son histoire, l'UQAM conçoit déjà un plan pour loger, d'ici 2014, 145 professeurs supplémentaires et 700 étudiants de plus aux 2e et 3e cycles. Des étudiants sur qui l'université compte pour financer le retour à l'équilibre budgétaire. Mais la popularité de l'établissement, elle, décroît.

«Est-ce qu'on va devenir le phare de la nation québécoise? Non», a tranché le recteur Claude Corbo, de passage au Devoir hier. Loin des idées de grandeur qui ont mené au fiasco de l'Îlot voyageur, son objectif, assure-t-il, est «modeste».

Le plan immobilier arborera-t-il les couleurs «modestes» du recteur? N'en dévoilant pas plus, Claude Corbo soutient que «la croissance s'en vient, et il faudra l'absorber». Il compte sur une certaine émancipation «par l'intérieur». Mais les 145 professeurs promis au syndicat dans la convention collective réglée «dans la douleur» après sept semaines de grève au printemps, «ça prend de la place», souligne-t-il.

Et pour équilibrer le budget déficitaire, le plan de retour à l'équilibre budgétaire pour 2014 table sur une augmentation projetée de 10 % de la fréquentation aux 2e et 3e cycles. Des universitaires qui rapportent davantage au prorata que les bacheliers. «Les objectifs étudiants ont été traduits en langage financier et inclus dans le plan de retour à l'équilibre budgétaire. Les choses se tiennent», soutient celui qui a aussi dirigé l'UQAM de 1986 à 1996.

Mais entre l'objectif que le recteur qualifie de «raisonnable» et la réalité, il y a loin de la coupe aux lèvres. Cet automne, comme le disait le même Claude Corbo dans son discours de la rentrée, l'UQAM a enregistré «une baisse appréciable des nouveaux inscrits». Concrètement, ajoutait-il alors, 2 % de nouveaux inscrits de moins au premier cycle, et de 6 à 7 % aux 2e et 3e cycles.

Au même moment, au Québec, la fréquentation de la maîtrise et du doctorat a bondi de près de 9,5 % de 2008 à 2009.

«Cet automne, on n'a pas eu de croissance», concède le recteur. Mais «pour redresser l'UQAM, on veut passer plus par le développement que par les coupures». Bien sûr, «ce n'est pas garanti qu'on va atteindre l'objectif.» N'en demeure pas moins que pour Claude Corbo, «couper pour couper, ça décompose l'université.»

La demande étudiante existe, assure-t-il. «On a dû refuser 300 étudiants aux études supérieures cet automne», dit-il, surtout en psychologie, en travail social et en administration, faute de professeurs pour les encadrer.

«Le recrutement a été flageolant. Heureusement, les étudiants ne lisent pas tous Le Devoir. Quand tous ces conflits sortent, ça ne peut pas aider, analyse le recteur. C'est sûr que les gens se disent que ce n'est pas le moment d'aller à l'UQAM.»

L'UQAM a créé un groupe de travail sur le recrutement. Si les étudiants obtiennent des bourses et le soutien financier et universitaire, ils viendront à l'UQAM, gage Claude Corbo. «Les étudiants se fient à leurs amis, aux professeurs de cégep, à la réputation des programmes et à la proximité pour choisir une université.» Il se réjouit du succès du vidéoclip tourné par des étudiants en communications, qui a illuminé les écrans de la planète YouTube.

Claude Corbo est en poste depuis, précise-t-il, 22 mois en fin de semaine. «Le bateau UQAM a changé de trajectoire depuis. La ministre de l'Éducation a fait des efforts importants. La communauté universitaire a gardé foi en l'établissement. On a liquidé les séquelles de la crise et on sait où on s'en va.»

L'avenir de la TELUQ encore sur la table

Un autre groupe de travail planche sur la solution qui démêlera, dit Claude Corbo, «par quel bout on va réaliser l'intégration de la TELUQ à l'UQAM». En décembre 2008, la relation entre les deux institutions s'était envenimée lorsque la TELUQ avait rejeté en bloc le rapport d'un premier groupe de travail qui proposait de fondre complètement la TELUQ avec l'UQAM, un moyen pour cette dernière de récupérer des sommes importantes.

Même si l'UQAM augmente la fréquentation de ses cours à distance, le recteur ne croit pas que cela diminuera ses besoins d'espace et de développement immobilier. «C'est une clientèle qui est souvent en région ou dans l'impossibilité de fréquenter le campus», dit-il.

«Nous ne sommes pas en avance [dans la formation à distance], poursuit-il, il y a du travail à faire en comparaison de l'Université Laval». Depuis l'entente survenue entre l'UQAM et la TELUQ en 2005, l'offre de cours à distance stagne. Un statu quo que Claude Corbo veut briser. «On ne peut pas rester éternellement dans cette situation», dit celui qui compare les deux universités à «des jumeaux siamois liés par le sommet du crâne: on ne peut pas ne pas regarder dans la même direction.»
 
 
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  • Michel Simard
    Abonné
    vendredi 6 novembre 2009 14h46
    Une université qui se cherche
    Si l'UQAM était une bonne idée à sa création et si elle avait quelque chose à proposer dans les années 70 et au début des années 80, force est de constater qu'aujourd'hui cette université se cherche. Résultat d'avoir failli à rechercher l'excellence dans le vrai sens du terme. À force de diluer les programmes et la formation, et de se complaire avec des professeurs qui fabriquent des ignorants, elle se cherche aujourd'hui une raison d'être.

  • Denis Lahaie
    Abonné
    vendredi 6 novembre 2009 18h48
    Planification
    /Users/denis/Desktop/Je ne suis ni du milieu universitaire ni de celui de l'éducation.docx
    Je ne suis ni du milieu universitaire ni de celui de l'éducation.
    À lire l'article du Devoir d'aujourd'hui (6/11) où M.Corbo présente sa vision de l'avenir de l'UQUAM on sent un vrai chef d'entrepris aguérrie à la compétition. Il faut l'en féliciter!
    Toutes les entreprises quel que soit leur nature, ont besoin d'un chef d'une telle envergure.
    Pourquoi alors cet article me laise - t - il un goût amer?
    Je ne vois pas GM ou GE établir de grandes succursale dans un si petit marché que Montréal ! Ces entreprises établieraient des succurssales complémentaires pour mieu répondre aux besoins.

    Tout le milieu universitaire Québécois relève d'un bureau chef: le Ministère de l'Éducation.
    Comment ce Ministère voit-il la chose? Pourquoi les Universités compétitionnent-elles entr'elles ne devraient- elles pas être complémentaires ?
    À l'échelle du Québec y a-t-il une baisse d'inscriptions au premier et 2e cycle? Si oui, où M. Corbo trouvera -t-il les étudiants pour son 3e cycle (plus rentables)?

    TELUQ

    Par définition ce type d'enseignement est accessible partout au Québec et même de l'étranger.
    Pourquoi un tel organisme doit-il s'intégré à une seule Université.
    Cette planification me parait trè bancale

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