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Un nouveau diplôme collégial accessible sans tous les prérequis

Amélie Daoust-Boisvert   6 novembre 2009  Éducation
Après la main tendue aux quasi-diplômés du secondaire, Québec ouvrira une première porte aux quasi-diplômés du collégial. Une mesure permettant aux techniciens de commencer une spécialité sans terminer leur diplôme d'études collégiales (DEC) a obtenu hier l'aval du Conseil supérieur de l'éducation.

La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, a demandé en septembre au Conseil d'examiner l'admission d'étudiants à qui font défaut cinq crédits de leur DEC à des diplômes de spécialisation d'études techniques (DSET). Qu'est-ce que le DSET? Aucun cégep n'en offre.

«C'est un nouveau programme collégial», dit la présidente du Conseil supérieur de l'éducation, Nicole Boutin. Ces courtes formations d'une ou deux sessions permettraient, par exemple, à un audioprothésiste d'apprendre à dessiner ces prothèses par ordinateur. Pour l'instant, le concept n'existe que sur papier, mais les exigences d'admission seront assouplies dès la première cohorte.

Question de cohérence, explique la Fédération des cégeps. Si des étudiants peuvent accéder au collégial sous condition sans leur DES, la même règle doit s'appliquer entre le DEC et le DSET. Ces programmes, précise la porte-parole Caroline Tessier, sont attendus avec impatience dans le milieu collégial et les milieux de travail.

À l'instar des élèves du secondaire qui doivent terminer le cours manquant de leur DES pendant leur première session collégiale, les étudiants au DSET devraient réussir leur cours collégial manquant pendant leur première session.

Cette condition, qu'environ 55 % des cégépiens concernés peinent à rencontrer, ne devrait pas poser autant problèmes aux techniciens, croît Mme Boutin, car «ils ont déjà montré qu'ils ont la capacité de faire des cours collégiaux». Le Conseil précise tout de même dans son avis que les étudiants «risquent de devoir faire face à de sérieuses difficultés, voire à une impossibilité de [terminer le cours manquant] dans le délai prévu», charge de travail importante oblige. Solution préconisée par le Conseil: activités de mise à niveau, accompagnement et suivi par les collèges.
 
 
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  • Christiane Noiseux
    Abonné
    vendredi 6 novembre 2009 10h41
    "Quasi-diplômés et diplômées" !
    Une nouvelle catégorie d'élèves dans un système qui "déplore" l'abandon de la formation initiale et qui en même temps encourage un raccourci dévalorisant à tous les niveaux.

    Accéder au CEGEP sans un DES, quelles que soient les conditions de rattrapage a toujours été peu productif tant au collège que dans l'accès à la formation technique que le Conseil méprise ouvertement par cette politique. Ce procédé a peut-être sauvé des postes d'enseignants mais a aussi alerté les employeurs.

    Songer à appliquer une mesure identique aux programmes de formation technique dans les collèges c'est le mépris à un degré supérieur et une autre illustration de l'étrange créativité du Conseil supérieur de l'éducation du Québec.

    Les employeurs ne cessent de déplorer les faiblesses importantes dans la formation et les connaissances générales des jeunes techniciens. Une année de moins à l'école et des années de recherche et de déception dans le milieu du travail. Si l'étudiant n'a pas réussi le rattrapage au CEGEP le terme "quasi-diplômé" se méritera-t-il une place dans le CV ?

  • Bernard La Riviere
    Abonné
    vendredi 6 novembre 2009 10h41
    Revenir aux écoles de métiers
    Les collèges d'enseignement général et professionnel ont été créés pour intégrer aux collèges classiques les écoles de métiers à l'époque où l'on voulait, au Québec, améliorer l'instruction et l'éducation de notre jeunesse. Les géniaux pédagogues et les finfinaux dirigeants de l'éducation nationale ne cherchent maintenant qu'à économiser. On voit ce que donne leur Réforme et leurs passages sans diplôme. Ces gens là pensent que l'école est à peu près inutile, pour le peuple -pas pour leurs enfants-, et que c'est en forgeant qu'on devient forgeron. D'ailleurs, d'où vient leur compétence à diriger l'éducation nationale? Est-ce que c'est par des «plug» qu'on va obtenir des diplômes maintenant?

  • 93Licar
    Abonnée
    vendredi 6 novembre 2009 11h32
    Quelle pitié!
    Je suis de l'avis de monsieur La Rivière, valorisons l'apprentissage et la pratique des métiers mais ne dévalorisons pas l'enseignement général qui est déjà assez médiocre dans son ensemble.

    Depuis quand acceptons-nous que l'instruction doit servir en priorité l'entreprise, l'industrie? Ne doit-elle pas servir d'abord l'individu puis, la société et, finalement un éventuel employeur? Quelle courte vue qui sied bien au capitalisme comme nous le pratiquons : un peu d'argent pour les ignorants et beaucoup pour ceux qui les embauchent!

    Finalement, poussons l'idée jusqu'au bout et, après le primaire, dirigeons les enfants vers des métiers ou des entreprises qui les prendront en main et en feront de parfaites machines à permettre au patron de faire du fric, beaucoup de fric et rapidement!

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