Les cégeps débordent
Le manque de place force des établissements à fermer la porte sur des classes déjà pleines
Photo : Agence France-Presse
«Le cégep refuse votre demande d'admission pour la session d'automne»: davantage d'étudiants ont reçu cette nouvelle cette année. De 13 500 en 2007, ils sont 17 500 exclus en 2009. À Montréal surtout, le manque de place force les cégeps à fermer la porte sur des classes déjà pleines.
A Montréal, les cégeps avaient très peu de marge de manoeuvre pour affronter l'abondant courrier du mois de mars, période d'admission. Plusieurs collèges ont atteint leur pleine capacité. Sur l'île seulement, 2000 demandes supplémentaires ont atterri sur les bureaux des registraires, qui en ont accepté 300 de moins qu'en 2008.
Certains programmes très populaires, comme les sciences infirmières, ont fermé leurs portes dès le premier tour dans la plupart des établissements. Combien d'étudiants ont été refusés par manque de place, et combien à cause d'un dossier scolaire trop faible? Ni la Fédération des cégeps ni le Service régional d'admission du Montréal métropolitain (SRAM) n'ont de réponse à fournir, bien qu'ils constatent le phénomène.
Laval connaît le même problème. Au cégep Montmorency, certains cours sont offerts dans des locaux préfabriqués. Même avec l'agrandissement prévu pour l'an prochain, le collège n'admettra pas davantage d'étudiants: la nouvelle aile servira à éliminer ces locaux temporaires et à agrandir les espaces communs comme la cafétéria, explique le responsable des communications de l'établissement, François Cauchy. « Il y a peut-être de la place ailleurs [au Québec], mais les Lavallois ne vont quand même pas aller au cégep à Chicoutimi », dit-il.
Les établissements membres du SRAM, qui regroupe 33 des 48 cégeps publics du Québec, ont réussi à faire un peu de place dans les classes après avoir reçu cette année 4,6 % de demandes de plus. Ils ont admis 1 % d'étudiants de plus qu'avant.
Dans toute la province, près de 3500 étudiants de plus ont présenté une demande d'admission dans un des 48 cégeps publics pour l'automne 2009. Incapables de répondre à la demande, ils ont affiché le même nombre d'offres d'admission que l'an passé, soit autour de 80 000 pour 97 000 intéressés.
Malgré tout, tempère Geneviève Lapointe du SRAM, « 94 % des étudiants qui sont passés à travers les trois tours d'admission ont fini par être admis. En 2008, ils étaient 96 % ».
C'est le ministère de l'Éducation qui décide du nombre d'étudiants que chaque cégep peut accueillir.
Si l'offre au collégial n'est pas élargie pour réagir à cette demande, c'est qu'elle est temporaire, répondent les cégeps. « Plus d'étudiants ont prolongé leur séjour au collégial avec la crise économique », constate Caroline Tessier, directrice des communications à la Fédération des cégeps. « Il y a une hausse même dans certaines régions ressources. Mais à partir de 2010, nous allons perdre 25 000 étudiants sur 10 ans si nous n'augmentons pas le taux de passage entre le secondaire et le collégial, qui est de 58 % », précise-t-elle. Une vision partagée par la plupart des établissements contactés par Le Devoir. La Fédération des enseignants et enseignants de cégep-CSQ estime que le réseau comptera 2000 professeurs en surplus dans les années à venir.
Hausse généralisée au postsecondaire
Pendant qu'on se bouscule aux portes des cégeps, les inscriptions à l'université ont bondi de 3,8 % en 2009. Les augmentations étaient de moins de 1 % par année depuis trois ans, selon la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), qui rendait ces chiffres publics hier.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D'abord, confirment tous les intervenants du collégial avec lesquels Le Devoir s'est entretenu, la courbe démographique atteint cette année son paroxysme en ce qui concerne les jeunes en âge de fréquenter les cégeps. Ensuite, la crise économique les a soit ramenés sur les bancs d'école, soit elle les y a gardés plus longtemps, et ce, tant au collégial qu'à l'université.
Les universités attribuent également leur succès au recrutement à l'étranger et à la création de nouveaux programmes.
La hausse des demandes est particulièrement forte dans les cégeps anglophones, qui ne peuvent accepter davantage d'étudiants. Environ 13 000 personnes les fréquentent. Aussi, si leur nombre d'inscrits est stable, Dawson, John Abbott et Vanier ont reçu de 8 à 12 % plus de demandes pour cet automne. Le collège Dawson a refusé pas moins de 4500 demandes.
Toutefois, précise l'établissement, la proportion de francophones, d'allophones et d'anglophones qui souhaitent y étudier est la même que par les années passées.
Certains cégeps en région peinent à attirer assez d'élèves pour conserver leurs programmes. C'est pourquoi Mario Beauchemin, le président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep-CSQ, doute que le réseau collégial ait atteint sa limite. Pour lui, hausser les limites d'admission des établissements de Montréal et de ses banlieues n'est pas une solution: « Il faut trouver des solutions en région pour y garder les jeunes », dit-il, plutôt que des les attirer vers Montréal et Québec.
A Montréal, les cégeps avaient très peu de marge de manoeuvre pour affronter l'abondant courrier du mois de mars, période d'admission. Plusieurs collèges ont atteint leur pleine capacité. Sur l'île seulement, 2000 demandes supplémentaires ont atterri sur les bureaux des registraires, qui en ont accepté 300 de moins qu'en 2008.
Certains programmes très populaires, comme les sciences infirmières, ont fermé leurs portes dès le premier tour dans la plupart des établissements. Combien d'étudiants ont été refusés par manque de place, et combien à cause d'un dossier scolaire trop faible? Ni la Fédération des cégeps ni le Service régional d'admission du Montréal métropolitain (SRAM) n'ont de réponse à fournir, bien qu'ils constatent le phénomène.
Laval connaît le même problème. Au cégep Montmorency, certains cours sont offerts dans des locaux préfabriqués. Même avec l'agrandissement prévu pour l'an prochain, le collège n'admettra pas davantage d'étudiants: la nouvelle aile servira à éliminer ces locaux temporaires et à agrandir les espaces communs comme la cafétéria, explique le responsable des communications de l'établissement, François Cauchy. « Il y a peut-être de la place ailleurs [au Québec], mais les Lavallois ne vont quand même pas aller au cégep à Chicoutimi », dit-il.
Les établissements membres du SRAM, qui regroupe 33 des 48 cégeps publics du Québec, ont réussi à faire un peu de place dans les classes après avoir reçu cette année 4,6 % de demandes de plus. Ils ont admis 1 % d'étudiants de plus qu'avant.
Dans toute la province, près de 3500 étudiants de plus ont présenté une demande d'admission dans un des 48 cégeps publics pour l'automne 2009. Incapables de répondre à la demande, ils ont affiché le même nombre d'offres d'admission que l'an passé, soit autour de 80 000 pour 97 000 intéressés.
Malgré tout, tempère Geneviève Lapointe du SRAM, « 94 % des étudiants qui sont passés à travers les trois tours d'admission ont fini par être admis. En 2008, ils étaient 96 % ».
C'est le ministère de l'Éducation qui décide du nombre d'étudiants que chaque cégep peut accueillir.
Si l'offre au collégial n'est pas élargie pour réagir à cette demande, c'est qu'elle est temporaire, répondent les cégeps. « Plus d'étudiants ont prolongé leur séjour au collégial avec la crise économique », constate Caroline Tessier, directrice des communications à la Fédération des cégeps. « Il y a une hausse même dans certaines régions ressources. Mais à partir de 2010, nous allons perdre 25 000 étudiants sur 10 ans si nous n'augmentons pas le taux de passage entre le secondaire et le collégial, qui est de 58 % », précise-t-elle. Une vision partagée par la plupart des établissements contactés par Le Devoir. La Fédération des enseignants et enseignants de cégep-CSQ estime que le réseau comptera 2000 professeurs en surplus dans les années à venir.
Hausse généralisée au postsecondaire
Pendant qu'on se bouscule aux portes des cégeps, les inscriptions à l'université ont bondi de 3,8 % en 2009. Les augmentations étaient de moins de 1 % par année depuis trois ans, selon la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), qui rendait ces chiffres publics hier.
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D'abord, confirment tous les intervenants du collégial avec lesquels Le Devoir s'est entretenu, la courbe démographique atteint cette année son paroxysme en ce qui concerne les jeunes en âge de fréquenter les cégeps. Ensuite, la crise économique les a soit ramenés sur les bancs d'école, soit elle les y a gardés plus longtemps, et ce, tant au collégial qu'à l'université.
Les universités attribuent également leur succès au recrutement à l'étranger et à la création de nouveaux programmes.
La hausse des demandes est particulièrement forte dans les cégeps anglophones, qui ne peuvent accepter davantage d'étudiants. Environ 13 000 personnes les fréquentent. Aussi, si leur nombre d'inscrits est stable, Dawson, John Abbott et Vanier ont reçu de 8 à 12 % plus de demandes pour cet automne. Le collège Dawson a refusé pas moins de 4500 demandes.
Toutefois, précise l'établissement, la proportion de francophones, d'allophones et d'anglophones qui souhaitent y étudier est la même que par les années passées.
Certains cégeps en région peinent à attirer assez d'élèves pour conserver leurs programmes. C'est pourquoi Mario Beauchemin, le président de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep-CSQ, doute que le réseau collégial ait atteint sa limite. Pour lui, hausser les limites d'admission des établissements de Montréal et de ses banlieues n'est pas une solution: « Il faut trouver des solutions en région pour y garder les jeunes », dit-il, plutôt que des les attirer vers Montréal et Québec.
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