Semaine pour l'école publique - Directions et parents plaident pour la valorisation de l'école publique
« Qu'on permette à tout le monde de développer son potentiel, j'applaudis cela »
Tant la présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement, Chantal Longpré, que le président de la Fédération des comités de parents du Québec, François Paquet, estiment qu'il importe de valoriser l'école publique. Points de vue.
« L'école publique appartient à tous et il faut collectivement la valoriser », affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE).
Selon cette dernière, l'école publique « réussit très bien », en dépit des contraintes avec lesquelles elle doit composer. « On est tourné vers la réussite des élèves, vers la réussite du plus grand nombre », dit-elle.
François Paquet, président de la Fédération des comi-
tés de parents du Québec (FCPQ), affirme quant à lui être très fier que ses enfants aillent à l'école publique. Il se réjouit également de la tenue, en ce début du mois d'octobre, de la Semaine pour l'école publique, une initiative de la Fédération autonome de l'enseignement. « Il y a plein de bonnes choses qui s'y font et, malheureusement, on ne les voit pas », déplore le président de la FCPQ.
Le comité de parents de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles dans les Basses-Laurentides, où oeuvre M. Paquet, organise chaque année un gala. « Je vois des gens qui font des choses extraordinaires », dit-il, mentionnant par exemple que des professeurs de musique s'y rendent avec leur harmonie. Lors de ce gala, un élève autiste a également interprété une chanson qu'il avait apprise à l'école durant l'année.
La présidente de la FQDE indique pour sa part que des établissements d'enseignement tissent des liens avec leur milieu, par exemple avec des centres de santé et de services sociaux, des organismes communautaires ou des cen-tres pour personnes âgées. « Plein d'activités, de possibilités existent et permettent à nos élèves de devenir des citoyens beaucoup plus engagés, qui dès le primaire sont capables d'avoir un but. »
Un microcosme de la société
Mme Longpré souligne également que l'école publique est un lieu diversifié, ouvert à la différence. « Tous les élèves ont la possibilité d'être accueillis dans un établissement public et de s'y voir offrir les services pertinents », fait-elle valoir. Des jeunes issus de différents milieux fréquentent ainsi l'école publique. « Cela permet de reproduire la société dans laquelle on vit. »
Le président de la Fédération des comités de parents du Québec abonde dans le même sens. « L'école publique est inclusive. Elle ne rejette pas des gens parce qu'ils ont un problème en mathématiques ou en français. Elle accepte tout le monde. » Pour M. Paquet, une société ne se définit pas seulement par ses élites, mais par l'ensemble des gens qui la composent. « Qu'on permette à tout le monde de développer son potentiel, j'applaudis cela. » Le président de la FCPQ voit d'un bon oeil le fait que ses enfants ont côtoyé toutes sortes de gens à l'école publique, y compris des élèves en difficulté et des personnes handicapées.
M. Paquet fait valoir par ailleurs que la proportion des gens qui ont obtenu un diplôme d'études secondaires est beaucoup plus élevée aujourd'hui que dans les années 1960. « Je pense qu'on a fait un grand pas grâce à l'école publique. » Lors du recensement de 2006, environ 83 % de la population québécoise âgée de 25 à 64 ans possédait au moins un diplôme d'études secondaires ou avait complété une formation professionnelle.
Selon le président de la FCPQ, la lutte contre le décrochage scolaire passe par l'école publique. Cette dernière accueille ainsi des élèves en difficulté et, dans certains cas, des jeunes qui sont de retour sur les bancs d'école après avoir décroché.
M. Paquet craint que le fait de dépeindre l'école publique de façon négative ne nuise à la motivation des jeunes qui la fréquentent. Il dit pour sa part lever son chapeau aux enseignants et aux autres personnes qui y oeuvrent.
Il estime que les parents ont beaucoup de place à l'école publique. Ceux-ci peuvent ainsi être membres d'un conseil d'établissement ou d'un comité de parents ou encore effectuer du bénévolat dans une école. Mme Longpré croit elle aussi que la participation des parents et de la collectivité est importante. Elle souligne également le travail des professeurs et affirme qu'il faut valoriser la profession enseignante.
Financement, autonomie et flexibilité
La FQDE et la FCPQ faisaient toutes deux partie du Regroupement pour la défense et la promotion de l'école publique, qui a demandé en 2005 « un réinvestissement immédiat dans le réseau scolaire public » ainsi que l'« abolition, à terme, du financement public de l'enseignement privé ». « Il faut donner les mêmes chances à tous les établissements », affirme Mme Longpré.
La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement souhaite que l'école publique ait une plus grande marge de manoeuvre. « On est dans une situation où les contraintes sont de plus en plus grandes et viennent de plus en plus haut. Ce n'est pas en imposant plus de contrôle externe qu'on va pouvoir offrir une meilleure école à l'élève, au contraire », estime-t-elle. Actuellement, « on dicte à l'école ce qu'elle doit faire et on ne tient pas compte du discours des experts que sont les enseignants, les parents, le personnel de soutien et la direction dans chacun des établissements », déplore-t-elle.
Selon M. Paquet, il serait bien que plus de parents s'engagent pour l'école publique. Il croit aussi que davantage de flexibilité serait souhaitable. Il évoque par exemple le nombre d'élèves par classe. On pourrait ainsi envisager, selon lui, d'augmenter un petit peu ce nombre dans une classe composée d'élèves qui réussissent facilement, pour permettre de le diminuer davantage dans une autre où plusieurs jeunes sont en difficulté.
Et il serait également opportun de s'adapter davantage aux horaires des parents, qui ne sont pas toujours en mesure de se libérer durant le jour pour rencontrer un professeur. Le président de la FCPQ privilégie aussi la publicisation des bons coups. « Peut-être qu'une bonne idée à Rimouski peut inspirer quelqu'un d'autre à Val-d'Or », illustre-t-il.
***
Collaboratrice du Devoir
« L'école publique appartient à tous et il faut collectivement la valoriser », affirme Chantal Longpré, présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE).
Selon cette dernière, l'école publique « réussit très bien », en dépit des contraintes avec lesquelles elle doit composer. « On est tourné vers la réussite des élèves, vers la réussite du plus grand nombre », dit-elle.
François Paquet, président de la Fédération des comi-
tés de parents du Québec (FCPQ), affirme quant à lui être très fier que ses enfants aillent à l'école publique. Il se réjouit également de la tenue, en ce début du mois d'octobre, de la Semaine pour l'école publique, une initiative de la Fédération autonome de l'enseignement. « Il y a plein de bonnes choses qui s'y font et, malheureusement, on ne les voit pas », déplore le président de la FCPQ.
Le comité de parents de la Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Îles dans les Basses-Laurentides, où oeuvre M. Paquet, organise chaque année un gala. « Je vois des gens qui font des choses extraordinaires », dit-il, mentionnant par exemple que des professeurs de musique s'y rendent avec leur harmonie. Lors de ce gala, un élève autiste a également interprété une chanson qu'il avait apprise à l'école durant l'année.
La présidente de la FQDE indique pour sa part que des établissements d'enseignement tissent des liens avec leur milieu, par exemple avec des centres de santé et de services sociaux, des organismes communautaires ou des cen-tres pour personnes âgées. « Plein d'activités, de possibilités existent et permettent à nos élèves de devenir des citoyens beaucoup plus engagés, qui dès le primaire sont capables d'avoir un but. »
Un microcosme de la société
Mme Longpré souligne également que l'école publique est un lieu diversifié, ouvert à la différence. « Tous les élèves ont la possibilité d'être accueillis dans un établissement public et de s'y voir offrir les services pertinents », fait-elle valoir. Des jeunes issus de différents milieux fréquentent ainsi l'école publique. « Cela permet de reproduire la société dans laquelle on vit. »
Le président de la Fédération des comités de parents du Québec abonde dans le même sens. « L'école publique est inclusive. Elle ne rejette pas des gens parce qu'ils ont un problème en mathématiques ou en français. Elle accepte tout le monde. » Pour M. Paquet, une société ne se définit pas seulement par ses élites, mais par l'ensemble des gens qui la composent. « Qu'on permette à tout le monde de développer son potentiel, j'applaudis cela. » Le président de la FCPQ voit d'un bon oeil le fait que ses enfants ont côtoyé toutes sortes de gens à l'école publique, y compris des élèves en difficulté et des personnes handicapées.
M. Paquet fait valoir par ailleurs que la proportion des gens qui ont obtenu un diplôme d'études secondaires est beaucoup plus élevée aujourd'hui que dans les années 1960. « Je pense qu'on a fait un grand pas grâce à l'école publique. » Lors du recensement de 2006, environ 83 % de la population québécoise âgée de 25 à 64 ans possédait au moins un diplôme d'études secondaires ou avait complété une formation professionnelle.
Selon le président de la FCPQ, la lutte contre le décrochage scolaire passe par l'école publique. Cette dernière accueille ainsi des élèves en difficulté et, dans certains cas, des jeunes qui sont de retour sur les bancs d'école après avoir décroché.
M. Paquet craint que le fait de dépeindre l'école publique de façon négative ne nuise à la motivation des jeunes qui la fréquentent. Il dit pour sa part lever son chapeau aux enseignants et aux autres personnes qui y oeuvrent.
Il estime que les parents ont beaucoup de place à l'école publique. Ceux-ci peuvent ainsi être membres d'un conseil d'établissement ou d'un comité de parents ou encore effectuer du bénévolat dans une école. Mme Longpré croit elle aussi que la participation des parents et de la collectivité est importante. Elle souligne également le travail des professeurs et affirme qu'il faut valoriser la profession enseignante.
Financement, autonomie et flexibilité
La FQDE et la FCPQ faisaient toutes deux partie du Regroupement pour la défense et la promotion de l'école publique, qui a demandé en 2005 « un réinvestissement immédiat dans le réseau scolaire public » ainsi que l'« abolition, à terme, du financement public de l'enseignement privé ». « Il faut donner les mêmes chances à tous les établissements », affirme Mme Longpré.
La présidente de la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement souhaite que l'école publique ait une plus grande marge de manoeuvre. « On est dans une situation où les contraintes sont de plus en plus grandes et viennent de plus en plus haut. Ce n'est pas en imposant plus de contrôle externe qu'on va pouvoir offrir une meilleure école à l'élève, au contraire », estime-t-elle. Actuellement, « on dicte à l'école ce qu'elle doit faire et on ne tient pas compte du discours des experts que sont les enseignants, les parents, le personnel de soutien et la direction dans chacun des établissements », déplore-t-elle.
Selon M. Paquet, il serait bien que plus de parents s'engagent pour l'école publique. Il croit aussi que davantage de flexibilité serait souhaitable. Il évoque par exemple le nombre d'élèves par classe. On pourrait ainsi envisager, selon lui, d'augmenter un petit peu ce nombre dans une classe composée d'élèves qui réussissent facilement, pour permettre de le diminuer davantage dans une autre où plusieurs jeunes sont en difficulté.
Et il serait également opportun de s'adapter davantage aux horaires des parents, qui ne sont pas toujours en mesure de se libérer durant le jour pour rencontrer un professeur. Le président de la FCPQ privilégie aussi la publicisation des bons coups. « Peut-être qu'une bonne idée à Rimouski peut inspirer quelqu'un d'autre à Val-d'Or », illustre-t-il.
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