Un réseau ouvert - Méconnue, l'école publique ?
« Des gens de passion, des gens engagés »
Démocratique et animée par des gens passionnés. C'est en ces termes que Pierre Saint-Germain, président de la Fédération autonome de l'enseignement (FAE), décrit l'école publique. Pas le portrait habituel qu'on s'en fait. Pourtant, il persiste et signe: « L'école privée n'est pas meilleure que l'école publique ».
Selon Pierre Saint-Germain, c'est le contexte dans lequel les écoles évoluent qui diffère et qui contribue à donner une mauvaise réputation au réseau d'enseignement public. À son avis, l'école publique est mal jugée. Et la faible couverture que les médias donnent à ses bons coups n'aide en rien à changer la situation. « On met l'accent sur les difficultés que les écoles publiques rencontrent, mais on oublie qu'il y a des gens de passion dans ces écoles, des gens engagés, qui font avancer des projets et qui mettent sur pied de belles réalisations », laisse-t-il tomber.
Sans mentionner une réalisation en particulier, Pierre Saint-Germain estime que l'école publique représente un haut lieu de formation et de sensibilisation à la vie démocratique. Il évoque la participation des élèves du réseau public à la Marche 2/3, visant à soutenir les projets des pays en voie de développement.
« L'école publique forme des citoyens responsables, car elle représente un levier incontournable de la vie en société », répète-t-il. À son avis, ce sont également les écoles du réseau public qui ont amorcé le virage vert des établissements d'enseignement.
De meilleurs professionnels
Malgré les beaux projets, une certaine image, au demeurant peu flatteuse, colle à la peau de l'école publique. Et les publications de divers palmarès accentuent la situation — les meilleures écoles sont toutes issues du réseau privé. Est-ce à dire que l'enseignement qui y est prodigué est de moindre qualité que dans le réseau d'enseignement privé? Pierre Saint-Germain réfute catégoriquement cette affirmation. « Ça ne tient pas la route, tranche-t-il, ce qui fait la différence, c'est le type d'élève à qui l'on enseigne. »
Selon lui, les enseignants du réseau public possèdent des qualités professionnelles supérieures à celles des enseignants des établissements privés. « Les enseignants du réseau privé enseignent à des élèves triés sur le volet, sélectionnés selon leurs capacités scolaires », affirme-t-il. À son avis, il est moins difficile de faire réussir ces élèves que ceux provenant du réseau public, car les classes de ce dernier comptent dans leurs rangs des élèves de tout acabit. Le président de la FAE va même jusqu'à dire qu'une classe régulière du réseau public réussirait moins bien avec un enseignant du réseau privé.
En fait, selon Pierre Saint-Germain, là réside le noeud du défi des écoles publiques. « Nous ne sélectionnons pas les élèves, l'école publique est universelle, gratuite et accessible à tous. Le contexte dans lequel nous demandons aux écoles publiques d'intervenir est différent », reconnaît-il. Mais il insiste: le privé n'est pas meilleur que le public.
Pour tous et toutes
Quoi qu'il en dise, plusieurs parents affirmeront que l'école privée offre plus de services et d'activités parascolaires aux élèves. « Les services offerts dépendent du type d'élève à qui on s'adresse », se défend Pierre Saint-Germain. Selon lui, il n'est pas rare que des écoles privées facturent aux parents les services d'aide aux devoirs, par exemple, ainsi que d'autres activités parascolaires. Il admet pourtant que le réseau public offre des activités parascolaires accessibles à ses élèves, mais en nombre insuffisant. À cela s'ajoute la question des capacités d'apprentissage des élèves. « Dans le réseau public, plus d'élèves présentent des difficultés d'apprentissage, il faut donc leur offrir des services appropriés », dit-il. Le président de la FAE concède cependant que les ressources requises sont déficientes.
Et que dire du taux de décrochage dans les écoles publiques? Est-il réellement plus élevé que celui qu'on retrouve dans les écoles privées? « Oui, répond Pierre Saint-Germain, mais nous ne sélectionnons pas nos élèves, et le décrochage scolaire est directement relié aux difficultés scolaires. Il est donc évident que le taux de décrochage est plus élevé. »
À son avis, plusieurs autres facteurs sont liés au décrochage scolaire, et l'un des plus importants demeure la pauvreté. « On retrouve peu d'élèves issus d'un milieu défavorisé dans les écoles privées. Conséquemment, leur taux de décrochage est moindre », explique-t-il. Il ajoute qu'il serait pernicieux de tenir les écoles publiques responsables de la défavorisation du quartier où elles sont situées. Parallèlement, Pierre Saint-Germain rappelle que ce sont les écoles publiques qui accueilleront les élèves renvoyés des écoles privées. « Au début du printemps, les élèves qui ne satisfont pas aux exigences scolaires des écoles privées sont renvoyés, et c'est à notre réseau que revient la responsabilité de leur offrir des services adéquats, selon leurs besoins », se félicite-t-il.
Beaucoup de chemin reste tout de même à faire pour redorer l'image de l'école publique. « Il y a un bon coup de barre à donner, estime le président de la FAE, mais c'est aussi une question d'argent. » À son avis, il faudrait d'abord que le gouvernement cesse de subventionner les écoles privées et réinvestisse ces sommes dans le réseau d'enseignement public. « Les sommes en question nous permettraient d'offrir plus de ressources et de services à tous les élèves, en difficulté ou non », termine-t-il.
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Collaborateur du Devoir
Selon Pierre Saint-Germain, c'est le contexte dans lequel les écoles évoluent qui diffère et qui contribue à donner une mauvaise réputation au réseau d'enseignement public. À son avis, l'école publique est mal jugée. Et la faible couverture que les médias donnent à ses bons coups n'aide en rien à changer la situation. « On met l'accent sur les difficultés que les écoles publiques rencontrent, mais on oublie qu'il y a des gens de passion dans ces écoles, des gens engagés, qui font avancer des projets et qui mettent sur pied de belles réalisations », laisse-t-il tomber.
Sans mentionner une réalisation en particulier, Pierre Saint-Germain estime que l'école publique représente un haut lieu de formation et de sensibilisation à la vie démocratique. Il évoque la participation des élèves du réseau public à la Marche 2/3, visant à soutenir les projets des pays en voie de développement.
« L'école publique forme des citoyens responsables, car elle représente un levier incontournable de la vie en société », répète-t-il. À son avis, ce sont également les écoles du réseau public qui ont amorcé le virage vert des établissements d'enseignement.
De meilleurs professionnels
Malgré les beaux projets, une certaine image, au demeurant peu flatteuse, colle à la peau de l'école publique. Et les publications de divers palmarès accentuent la situation — les meilleures écoles sont toutes issues du réseau privé. Est-ce à dire que l'enseignement qui y est prodigué est de moindre qualité que dans le réseau d'enseignement privé? Pierre Saint-Germain réfute catégoriquement cette affirmation. « Ça ne tient pas la route, tranche-t-il, ce qui fait la différence, c'est le type d'élève à qui l'on enseigne. »
Selon lui, les enseignants du réseau public possèdent des qualités professionnelles supérieures à celles des enseignants des établissements privés. « Les enseignants du réseau privé enseignent à des élèves triés sur le volet, sélectionnés selon leurs capacités scolaires », affirme-t-il. À son avis, il est moins difficile de faire réussir ces élèves que ceux provenant du réseau public, car les classes de ce dernier comptent dans leurs rangs des élèves de tout acabit. Le président de la FAE va même jusqu'à dire qu'une classe régulière du réseau public réussirait moins bien avec un enseignant du réseau privé.
En fait, selon Pierre Saint-Germain, là réside le noeud du défi des écoles publiques. « Nous ne sélectionnons pas les élèves, l'école publique est universelle, gratuite et accessible à tous. Le contexte dans lequel nous demandons aux écoles publiques d'intervenir est différent », reconnaît-il. Mais il insiste: le privé n'est pas meilleur que le public.
Pour tous et toutes
Quoi qu'il en dise, plusieurs parents affirmeront que l'école privée offre plus de services et d'activités parascolaires aux élèves. « Les services offerts dépendent du type d'élève à qui on s'adresse », se défend Pierre Saint-Germain. Selon lui, il n'est pas rare que des écoles privées facturent aux parents les services d'aide aux devoirs, par exemple, ainsi que d'autres activités parascolaires. Il admet pourtant que le réseau public offre des activités parascolaires accessibles à ses élèves, mais en nombre insuffisant. À cela s'ajoute la question des capacités d'apprentissage des élèves. « Dans le réseau public, plus d'élèves présentent des difficultés d'apprentissage, il faut donc leur offrir des services appropriés », dit-il. Le président de la FAE concède cependant que les ressources requises sont déficientes.
Et que dire du taux de décrochage dans les écoles publiques? Est-il réellement plus élevé que celui qu'on retrouve dans les écoles privées? « Oui, répond Pierre Saint-Germain, mais nous ne sélectionnons pas nos élèves, et le décrochage scolaire est directement relié aux difficultés scolaires. Il est donc évident que le taux de décrochage est plus élevé. »
À son avis, plusieurs autres facteurs sont liés au décrochage scolaire, et l'un des plus importants demeure la pauvreté. « On retrouve peu d'élèves issus d'un milieu défavorisé dans les écoles privées. Conséquemment, leur taux de décrochage est moindre », explique-t-il. Il ajoute qu'il serait pernicieux de tenir les écoles publiques responsables de la défavorisation du quartier où elles sont situées. Parallèlement, Pierre Saint-Germain rappelle que ce sont les écoles publiques qui accueilleront les élèves renvoyés des écoles privées. « Au début du printemps, les élèves qui ne satisfont pas aux exigences scolaires des écoles privées sont renvoyés, et c'est à notre réseau que revient la responsabilité de leur offrir des services adéquats, selon leurs besoins », se félicite-t-il.
Beaucoup de chemin reste tout de même à faire pour redorer l'image de l'école publique. « Il y a un bon coup de barre à donner, estime le président de la FAE, mais c'est aussi une question d'argent. » À son avis, il faudrait d'abord que le gouvernement cesse de subventionner les écoles privées et réinvestisse ces sommes dans le réseau d'enseignement public. « Les sommes en question nous permettraient d'offrir plus de ressources et de services à tous les élèves, en difficulté ou non », termine-t-il.
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