Le choix du sacré - Des Haïtiens chrétiens ont choisi l'école musulmane !
« L'adolescence est un temps crucial pour la formation intégrale du jeune »
Au moment de choisir une école privée, la religion est, pour certains parents, une assurance de rigueur et de valeur. Le dossier est chaud: le nouveau cours Éthique et culture religieuse soulève le débat. Comme les écoles juives orthodoxes de Montréal qui dispensaient l'enseignement de la Torah en grugeant d'autres matières. Plusieurs écoles parviennent pourtant à allier religion et exigences d'éducation, qu'elles soient catholiques, musulmanes, arméniennes, juives ou adventistes. Coup d'oeil sur le secteur privé religieux.
À l'Académie des petits phénix de Longueuil, il n'y a rien de religieux dans l'éducation, assure-t-on, avant de refuser l'entrevue demandée par Le Devoir. La confusion vient de la méthode Applied Scholastics, conçue par le fondateur de l'Église de scientologie, L. Ron Hubbard. Cette méthode, l'établissement primaire l'applique pour aider à définir les barrières à l'étude chez l'enfant et éviter ainsi la prise de Ritalin. Une rapide recherche dans Internet révèle que deux membres du conseil d'administration sont membres de l'Église de scientologie. Mais l'école se défend de toute allégeance.
La tradition catholique
Le Collège Saint-Joseph de Hull, fondé par mère Bruyère en 1870, fêtera l'an prochain son 140e anniversaire. L'école secondaire pour filles propose, en plus du cours obligatoire Éthique et culture religieuse, un cours d'enseignement religieux.
La directrice, Sandra Beauchamp, n'a aucun problème à arrimer les besoins spirituels des familles et les exigences du ministère de l'Éducation. «Nous sommes conscients de la réalité des jeunes. Les filles d'aujourd'hui ne connaissent plus les rituels de l'Église. Avant, elles étaient déjà allées à la messe, connaissaient la confirmation et la première communion. Aujourd'hui, non. Certaines n'ont pas été baptisées. On part de là, désormais, on les guide davantage.»
C'est cette formation que les parents veulent. «La majorité de notre clientèle est constituée de parents qui choisissent de payer pour la qualité qu'on offre, quitte à devoir faire des compromis familiaux, à oublier la deuxième voiture ou les vacances.»
Libanais, Italiens, Portugais, le milieu est multiculturel, tant chez les étudiantes que chez les enseignants. «C'est certain qu'en sortant d'ici les filles voient une différence. Au collégial, à l'université, dans la vie, certaines choisiront d'autres orientations. Mais on leur offre une belle base. L'adolescence est un temps crucial pour la formation intégrale du jeune», conclut Mme Beauchamp.
Une FEEP « ouverte »
À la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), on ne s'«enfarge» pas dans les allégeances religieuses. «Ça ne nous concerne pas, confirme Auguste Servant, directeur des communications. Qu'un établissement privé ait un caractère religieux ou pas n'a aucune influence sur nous.» Les 182 membres de la FEEP doivent détenir le permis d'enseignement officiel du ministère de l'Éducation et entériner la déclaration de valeur de la Fédération. Des écoles adventistes ou scientologistes pourraient donc en faire partie.
Et, depuis une dizaine d'années, se sont ajoutées des écoles musulmanes ou grec-ques orthodoxes. «En fait,
80 % de nos membres sont de tradition et d'origine catholiques, ce qui ne veut pas pour autant dire que ce sont aujourd'hui des écoles catholiques. Les écoles musulmanes sont musulmanes, les écoles juives sont juives, n'est-ce pas? Alors que, dans une école catholique, vous pouvez trouver des jeunes qui ne sont pas baptisés. On ne peut donc pas dire que les écoles catholiques sont catholiques au même titre que les écoles juives sont juives. Ce n'est pas pareil du tout.»
L'islam et Platon
Aux Écoles musulmanes de Montréal, le directeur du primaire, Idriss Radjouh, est fier d'accueillir des familles qui n'ont rien à voir avec l'islam. «L'an dernier, j'ai eu des Haïtiens chrétiens et un Jamaïcain qui ont choisi notre école pour le milieu, le climat et les valeurs que l'on transmet. Nous ne faisons pas de distinctions entre les enfants qui viennent d'une famille musulmane et les autres.»
La plupart des enfants dans cette école sont des immigrants de deuxième génération: les parents, arrivés ici, cherchent à conserver leur religion et «à préserver les valeurs musulmanes dans ce monde multiculturel. On n'a pas de problème d'intégration. Le coeur est musulman, la personne est intégrée.»
À l'école, l'enseignement religieux se fait en trois temps: en classe, avec l'apprentissage du Coran dans une période à part et par une période parascolaire réservée à la mosquée. L'école est mixte et les filles sont voilées dans ses murs. «Si vous feuilletez les grands livres [de l'islam], vous trouverez des réponses à des questions auxquelles on ne peut répondre de façon laïque ou civique. On ne pourra jamais dire d'une religion, qu'elle soit islamique, juive ou chrétienne, qu'elle est dépassée. C'est d'abord une façon d'être, de répondre aux questions auxquelles la science ne peut répondre. Comme la philosophie de Platon ou de Socrate n'est jamais dépassée. Elle demeure quelque part valable, même si une partie peut être désuète.»
***
Collaboratrice du Devoir
À l'Académie des petits phénix de Longueuil, il n'y a rien de religieux dans l'éducation, assure-t-on, avant de refuser l'entrevue demandée par Le Devoir. La confusion vient de la méthode Applied Scholastics, conçue par le fondateur de l'Église de scientologie, L. Ron Hubbard. Cette méthode, l'établissement primaire l'applique pour aider à définir les barrières à l'étude chez l'enfant et éviter ainsi la prise de Ritalin. Une rapide recherche dans Internet révèle que deux membres du conseil d'administration sont membres de l'Église de scientologie. Mais l'école se défend de toute allégeance.
La tradition catholique
Le Collège Saint-Joseph de Hull, fondé par mère Bruyère en 1870, fêtera l'an prochain son 140e anniversaire. L'école secondaire pour filles propose, en plus du cours obligatoire Éthique et culture religieuse, un cours d'enseignement religieux.
La directrice, Sandra Beauchamp, n'a aucun problème à arrimer les besoins spirituels des familles et les exigences du ministère de l'Éducation. «Nous sommes conscients de la réalité des jeunes. Les filles d'aujourd'hui ne connaissent plus les rituels de l'Église. Avant, elles étaient déjà allées à la messe, connaissaient la confirmation et la première communion. Aujourd'hui, non. Certaines n'ont pas été baptisées. On part de là, désormais, on les guide davantage.»
C'est cette formation que les parents veulent. «La majorité de notre clientèle est constituée de parents qui choisissent de payer pour la qualité qu'on offre, quitte à devoir faire des compromis familiaux, à oublier la deuxième voiture ou les vacances.»
Libanais, Italiens, Portugais, le milieu est multiculturel, tant chez les étudiantes que chez les enseignants. «C'est certain qu'en sortant d'ici les filles voient une différence. Au collégial, à l'université, dans la vie, certaines choisiront d'autres orientations. Mais on leur offre une belle base. L'adolescence est un temps crucial pour la formation intégrale du jeune», conclut Mme Beauchamp.
Une FEEP « ouverte »
À la Fédération des établissements d'enseignement privés (FEEP), on ne s'«enfarge» pas dans les allégeances religieuses. «Ça ne nous concerne pas, confirme Auguste Servant, directeur des communications. Qu'un établissement privé ait un caractère religieux ou pas n'a aucune influence sur nous.» Les 182 membres de la FEEP doivent détenir le permis d'enseignement officiel du ministère de l'Éducation et entériner la déclaration de valeur de la Fédération. Des écoles adventistes ou scientologistes pourraient donc en faire partie.
Et, depuis une dizaine d'années, se sont ajoutées des écoles musulmanes ou grec-ques orthodoxes. «En fait,
80 % de nos membres sont de tradition et d'origine catholiques, ce qui ne veut pas pour autant dire que ce sont aujourd'hui des écoles catholiques. Les écoles musulmanes sont musulmanes, les écoles juives sont juives, n'est-ce pas? Alors que, dans une école catholique, vous pouvez trouver des jeunes qui ne sont pas baptisés. On ne peut donc pas dire que les écoles catholiques sont catholiques au même titre que les écoles juives sont juives. Ce n'est pas pareil du tout.»
L'islam et Platon
Aux Écoles musulmanes de Montréal, le directeur du primaire, Idriss Radjouh, est fier d'accueillir des familles qui n'ont rien à voir avec l'islam. «L'an dernier, j'ai eu des Haïtiens chrétiens et un Jamaïcain qui ont choisi notre école pour le milieu, le climat et les valeurs que l'on transmet. Nous ne faisons pas de distinctions entre les enfants qui viennent d'une famille musulmane et les autres.»
La plupart des enfants dans cette école sont des immigrants de deuxième génération: les parents, arrivés ici, cherchent à conserver leur religion et «à préserver les valeurs musulmanes dans ce monde multiculturel. On n'a pas de problème d'intégration. Le coeur est musulman, la personne est intégrée.»
À l'école, l'enseignement religieux se fait en trois temps: en classe, avec l'apprentissage du Coran dans une période à part et par une période parascolaire réservée à la mosquée. L'école est mixte et les filles sont voilées dans ses murs. «Si vous feuilletez les grands livres [de l'islam], vous trouverez des réponses à des questions auxquelles on ne peut répondre de façon laïque ou civique. On ne pourra jamais dire d'une religion, qu'elle soit islamique, juive ou chrétienne, qu'elle est dépassée. C'est d'abord une façon d'être, de répondre aux questions auxquelles la science ne peut répondre. Comme la philosophie de Platon ou de Socrate n'est jamais dépassée. Elle demeure quelque part valable, même si une partie peut être désuète.»
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Collaboratrice du Devoir
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