Niveau sonore des classes au primaire - Le vacarme à l'école est tel qu'il nuit à l'apprentissage
Apprendre dans le bruit, est-ce possible? Le vacarme causé par les enfants dans les classes primaires et la pollution sonore extérieure sont tels qu'ils peuvent nuire au processus d'apprentissage de jeunes élèves des écoles primaires.
Telle est la conclusion du chercheur Michel Picard, de l'Université de Montréal, qui a effectué des relevés de bruit dans des écoles primaires de la rive sud de Montréal. Certains niveaux sonores voguaient de 40 à 70 dB (décibels), dépassant à la fois les 55 dB prescrits comme seuil maximal par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la norme américaine ANSI de 35 dB pour un apprentissage idéal.
«Nos données sont assez troublantes, expliquait cette semaine le professeur de l'école d'orthophonie et d'audiologie de l'UdeM. On a relevé des niveaux de 40 à 70 dB dans de petites classes primaires, ce qui dépasse nettement les niveaux où on peut se parler clairement, sans obstacle sur le plan acoustique.»
Alors que des études ont déjà clairement démontré le lien direct entre un bruit important dans une salle de classe et le rendement scolaire des élèves, le professeur Picard s'inquiète particulièrement pour les premières années d'école, où l'apprentissage de la lecture et des données de base en mathématiques sont au programme.
Deux sources de bruit
Les données du chercheur, qui sont encore préliminaires, ont été colligées au printemps dernier dans trois écoles primaires de la Rive-Sud. Elles démontrent que la pollution sonore — un sujet auquel le Québec s'est très peu intéressé — provient de deux sources: le bruit extérieur et celui engendré par les enfants eux-mêmes (murmures et déplacements de mobilier).
Le mode pédagogique coopératif encouragé par la récente réforme de l'éducation soulève quelques interrogations autour du bruit ambiant. Sans remettre en question le bien-fondé de cette formule, qui encourage le travail scolaire par petits groupes d'élèves, le chercheur a constaté que cette pédagogie entraînait dans quelques classes des niveaux sonores démesurément élevés.
«Certaines discussions contribuent à élever le niveau de bruit, et ça pose le problème de la gestion de cette formule pédagogique: à quel moment doit-on en faire usage, et est-ce que tous les types d'apprentissage s'y prêtent?»
Sans mettre directement les élèves en échec, ces embûches additionnelles nuisent au processus d'apprentissage et accentuent sans doute la vulnérabilité de certains sujets, particulièrement lors des premières années d'école. «On ne met pas les élèves en échec, mais on perd du temps, affirme Michel Picard. Les enfants doivent investir des énergies importantes pour essayer de décortiquer un message complexe présenté dans le bruit.»
Parallèlement à cette écoute difficile, les professeurs ont souvent le réflexe de hausser la voix pour se faire entendre et couvrir le bruit ambiant. «Les profs constituent la plus grande clientèle à consulter un spécialiste en orthophonie pour des troubles de voix», relate d'ailleurs M. Picard.
L'environnement urbain dans lequel baignent les écoles est intimement lié aux bruits qui filtrent à travers les fenêtres par les mois chauds de l'année scolaire. Moins importante que la précédente, cette source de bruit externe cause aussi parfois des problèmes de compréhension à certains élèves qui n'arrivent pas à saisir le discours du professeur.
«On ouvre la fenêtre sur le bruit lié au trafic routier, ferroviaire et même aérien», affirme M. Picard, qui croit que le corridor aérien lié à Dorval ou encore l'autoroute Métropolitaine laissent passer dans les écoles quelques bruits indésirables.
Au Québec, déplore le chercheur, les données sont presque inexistantes autour de cette question. Les États-Unis ont préparé le terrain au printemps dernier en établissant littéralement une norme nationale entourant le niveau sonore dans la construction de nouvelles écoles.
Au ministère de l'Éducation, on indiquait hier n'avoir aucune manière de relever ou de contrôler le niveau sonore dans les écoles. Il n'existe à ce sujet pas de normes au Québec.
Telle est la conclusion du chercheur Michel Picard, de l'Université de Montréal, qui a effectué des relevés de bruit dans des écoles primaires de la rive sud de Montréal. Certains niveaux sonores voguaient de 40 à 70 dB (décibels), dépassant à la fois les 55 dB prescrits comme seuil maximal par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et la norme américaine ANSI de 35 dB pour un apprentissage idéal.
«Nos données sont assez troublantes, expliquait cette semaine le professeur de l'école d'orthophonie et d'audiologie de l'UdeM. On a relevé des niveaux de 40 à 70 dB dans de petites classes primaires, ce qui dépasse nettement les niveaux où on peut se parler clairement, sans obstacle sur le plan acoustique.»
Alors que des études ont déjà clairement démontré le lien direct entre un bruit important dans une salle de classe et le rendement scolaire des élèves, le professeur Picard s'inquiète particulièrement pour les premières années d'école, où l'apprentissage de la lecture et des données de base en mathématiques sont au programme.
Deux sources de bruit
Les données du chercheur, qui sont encore préliminaires, ont été colligées au printemps dernier dans trois écoles primaires de la Rive-Sud. Elles démontrent que la pollution sonore — un sujet auquel le Québec s'est très peu intéressé — provient de deux sources: le bruit extérieur et celui engendré par les enfants eux-mêmes (murmures et déplacements de mobilier).
Le mode pédagogique coopératif encouragé par la récente réforme de l'éducation soulève quelques interrogations autour du bruit ambiant. Sans remettre en question le bien-fondé de cette formule, qui encourage le travail scolaire par petits groupes d'élèves, le chercheur a constaté que cette pédagogie entraînait dans quelques classes des niveaux sonores démesurément élevés.
«Certaines discussions contribuent à élever le niveau de bruit, et ça pose le problème de la gestion de cette formule pédagogique: à quel moment doit-on en faire usage, et est-ce que tous les types d'apprentissage s'y prêtent?»
Sans mettre directement les élèves en échec, ces embûches additionnelles nuisent au processus d'apprentissage et accentuent sans doute la vulnérabilité de certains sujets, particulièrement lors des premières années d'école. «On ne met pas les élèves en échec, mais on perd du temps, affirme Michel Picard. Les enfants doivent investir des énergies importantes pour essayer de décortiquer un message complexe présenté dans le bruit.»
Parallèlement à cette écoute difficile, les professeurs ont souvent le réflexe de hausser la voix pour se faire entendre et couvrir le bruit ambiant. «Les profs constituent la plus grande clientèle à consulter un spécialiste en orthophonie pour des troubles de voix», relate d'ailleurs M. Picard.
L'environnement urbain dans lequel baignent les écoles est intimement lié aux bruits qui filtrent à travers les fenêtres par les mois chauds de l'année scolaire. Moins importante que la précédente, cette source de bruit externe cause aussi parfois des problèmes de compréhension à certains élèves qui n'arrivent pas à saisir le discours du professeur.
«On ouvre la fenêtre sur le bruit lié au trafic routier, ferroviaire et même aérien», affirme M. Picard, qui croit que le corridor aérien lié à Dorval ou encore l'autoroute Métropolitaine laissent passer dans les écoles quelques bruits indésirables.
Au Québec, déplore le chercheur, les données sont presque inexistantes autour de cette question. Les États-Unis ont préparé le terrain au printemps dernier en établissant littéralement une norme nationale entourant le niveau sonore dans la construction de nouvelles écoles.
Au ministère de l'Éducation, on indiquait hier n'avoir aucune manière de relever ou de contrôler le niveau sonore dans les écoles. Il n'existe à ce sujet pas de normes au Québec.
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