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Lutte contre le décrochage scolaire - Groupes communautaires et directions d'école se sentent exclus

Lisa-Marie Gervais   11 septembre 2009  Éducation
Au lendemain de l'annonce du plan de la ministre pour contrer le décrochage scolaire, plusieurs organisations du milieu de l'éducation estiment qu'elles ont été laissées pour compte.

Ainsi, aux 13 voies de réussite contenues dans le plan d'action, le Regroupement des organismes communautaires québécois de lutte au décrochage (ROCQLD) aurait voulu y en ajouter une quatorzième: la reconnaissance du rôle et le soutien des organismes communautaires qui contribuent au «raccrochage» scolaire. «On est encore à digérer la nouvelle», a soutenu Bineta Ba, directrice du ROCQLD, qui représente la moitié des groupes communautaires oeuvrant pour contrer le décrochage. «On a travaillé fort auprès du gouvernement pour être reconnu. On est financé par le MELS et on a démontré l'expertise de nos groupes. Alors, on a été très surpris de ne voir aucune mention spécifique de notre travail. Au-delà du fait qu'il n'y a pas d'enveloppe supplémentaire pour nous, une reconnaissance aurait facilité notre travail. [...] La mesure 13 parle du raccrochage des jeunes du secondaire... nos groupes auraient pu y jouer un rôle.»

Mme Bineta, qui faisait partie du groupe d'action qui a produit le rapport Ménard sur la réussite et la persévérance scolaires, s'étonne de cet oubli de la ministre, qui pourtant semble insister, tout comme son organisme, sur le rôle des parents et de la communauté dans la valorisation de l'éducation. «On travaille tous à la réussite des jeunes. On reçoit des jeunes que le système "échappe", on travaille avec eux de façon continue et sur le long terme pour les rattacher à un projet de vie et les faire retourner aux études», a souligné

Mme Ba. «Mais c'est vrai que ce n'est pas nécessairement vendeur. On n'a pas de chiffres percutants, mais c'est un travail de longue haleine qui se fait chaque jour.»

Directeurs d'école

Ayant la nette impression d'avoir été mise au rancart, la Fédération québécoise des directions d'établissement d'enseignement (FQDE) craint que le plan n'amène une bureaucratie supplémentaire, étant donné que de nouvelles exigences de redditions de compte seront mise en place. Si elle salue la volonté de la ministre de vouloir faire dès la petite enfance le dépistage précoce des enfants en difficulté, elle regrette que le suivi se fasse à travers un répondant d'une commission scolaire ou d'un comité de vigie. «On s'attend à ce que le comité soit utile, mais pourquoi passer par la commission scolaire? C'est insultant. L'action se passe dans les écoles alors peut-on leur faire confiance pour qu'elles prennent les décisions?», a dit Chantal Longpré, présidente de la FQDE. «Il faut ouvrir l'école, permettre à la communauté d'y entrer, et ce n'est pas en ouvrant plus grande la porte aux commissions scolaires qu'on va y arriver», a-t-elle insisté.
 
 
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