Unis contre le décrochage
Des étudiants universitaires viennent en aide aux élèves du secondaire
Sept universités montréalaises, trois commissions scolaires de l'île de Montréal, le Conseil régional des élus (CRE) et la Ville de Montréal ont annoncé hier qu'ils s'unissaient au sein d'un vaste partenariat au noble dessein: garder les jeunes du secondaire sur les bancs d'école.
Signée Fusion jeunesse, un OBNL qui promeut la persévérance scolaire, la recette — miracle! — contre le décrochage est fort simple: rémunérer des étudiants de l'université pour qu'ils aillent développer des activités parascolaires dans des écoles de milieux défavorisés, généralement à plus faible taux de diplomation. «C'est un engagement de jeunes à jeunes, c'est pour ça que ça marche», a souligné Gabriel Bran Lopez, l'instigateur du programme.
La formule avait d'abord été testée dans un projet-pilote, démarré en janvier dernier, entre des étudiants au baccalauréat de l'Université Concordia et les ados des écoles secondaires Pierre-Dupuy et James Lyng. Journal étudiant, ateliers de compostage, expo-science, cours de musique avec spectacle amateur... Différentes activités ont été mises sur pied à la demande des jeunes pour stimuler leur intérêt et créer un sentiment d'appartenance.
À l'école James Lyng, un étudiant en gestion de l'Université Concordia a créé un Club des jeunes entrepreneurs. Les jeunes qui s'y sont inscrits ont dû produire un plan d'affaires, faire des études de marché et implanter un petit négoce. Une étudiante en journalisme en a aidé d'autres à fonder leur propre journal d'école: The Scoop.
Neuf mois plus tard, les résultats semblent probants: à l'école James Lyng, le taux d'absentéisme a été réduit de 40 % et le taux de diplomation a connu une hausse de 12,6 %, a constaté Fusion Jeunesse. Les échos des projets de Pierre-Dupuy se font attendre, mais le taux élevé de participation semble témoigner de l'intérêt suscité par le programme, a indiqué M. Bran Lopez.
Cette année, forte d'une subvention de 230 000 $ — soit 200 000 de plus que l'année précédente —, Fusion jeunesse récidive et passe de 7 à 24 stagiaires issus non plus seulement de l'Université Concordia, mais également de l'UQAM, de l'Université de Montréal, de l'Université McGill, de la Polytechnique, de HEC et de l'ETS. Leur contribution continuera de s'adresser aux jeunes des écoles Pierre-Dupuy et James Lyng, mais s'étendra à ceux des écoles Honoré-Mercier, Saint-Henri, Henri-Bourassa et Louis-Joseph-Papineau.
Sortir de la routine
Étudiant au baccalauréat en musique à l'Université Concordia et l'un des stagiaires de la première cohorte, Adam O'Callaghan s'est lancé corps et âme dans la création d'un spectacle amateur réunissant différentes prestations de chant, rap, musique populaire et autres à l'école secondaire Pierre-Dupuy. Il dit avoir sans doute davantage profité du programme que les jeunes eux-mêmes. «Je me questionnais sur ma direction de carrière. Est-ce que je voulais suivre la voie du créateur ou vivre l'expérience de l'éducation? J'ai eu la chance de voir c'était quoi. Ça a changé ma vie», a dit le jeune homme. L'école Pierre-Dupuy offrait déjà des cours de musique, mais l'apport de Adam O'Callaghan se situait à un autre niveau. «Je travaillais avec des jeunes particulièrement motivés par la musique, mais je devais aller les chercher avec ce qui les intéressait. Il faut des projets stimulants qui créent un sentiment d'appartenance à leur milieu et une expérience riche dans leur école, ce qu'ils n'avaient pas», a-t-il expliqué. «Et ça ne prenait pas grand-chose pour les motiver». Apporter un microphone en classe ou permettre aux jeunes de jouer le succès de l'heure plutôt que des oeuvres du répertoire classique étaient des garanties de succès. Il suffit d'utiliser les ressources différemment, croit le jeune musicien.
En plus de celui des universités partenaires, des commissions scolaires et de la Ville, le projet a reçu l'appui de la Société de développement social de Ville-Marie, de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), du Réseau réussite Montréal, ainsi que de nombreux élus.
M. Bran Lopez insiste: son projet fait parfaitement écho aux recommandations du rapport produit en mars dernier par le président de la Banque de Montréal, Jacques Ménard, sur la revalorisation de l'éducation au Québec, qui liait réussite scolaire et engagement de la communauté. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait fini par endosser intégralement les dix recommandations du rapport, dont celle visant à ramener à 20 % le taux de décrochage au secondaire public. Il est actuellement de 30 % en moyenne. «C'est simple. Nos activités font en sorte que les jeunes ont envie d'aller à l'école. Et ils sont là. Ils répondent présents», a souligné M. Bran Lopez.
Porté par son récent succès, Fusion jeunesse a le vent dans les voiles. En 2010-11, l'organisation mettra le cap sur le Grand Nord pour développer des projets dans les écoles de la nation crie.
Signée Fusion jeunesse, un OBNL qui promeut la persévérance scolaire, la recette — miracle! — contre le décrochage est fort simple: rémunérer des étudiants de l'université pour qu'ils aillent développer des activités parascolaires dans des écoles de milieux défavorisés, généralement à plus faible taux de diplomation. «C'est un engagement de jeunes à jeunes, c'est pour ça que ça marche», a souligné Gabriel Bran Lopez, l'instigateur du programme.
La formule avait d'abord été testée dans un projet-pilote, démarré en janvier dernier, entre des étudiants au baccalauréat de l'Université Concordia et les ados des écoles secondaires Pierre-Dupuy et James Lyng. Journal étudiant, ateliers de compostage, expo-science, cours de musique avec spectacle amateur... Différentes activités ont été mises sur pied à la demande des jeunes pour stimuler leur intérêt et créer un sentiment d'appartenance.
À l'école James Lyng, un étudiant en gestion de l'Université Concordia a créé un Club des jeunes entrepreneurs. Les jeunes qui s'y sont inscrits ont dû produire un plan d'affaires, faire des études de marché et implanter un petit négoce. Une étudiante en journalisme en a aidé d'autres à fonder leur propre journal d'école: The Scoop.
Neuf mois plus tard, les résultats semblent probants: à l'école James Lyng, le taux d'absentéisme a été réduit de 40 % et le taux de diplomation a connu une hausse de 12,6 %, a constaté Fusion Jeunesse. Les échos des projets de Pierre-Dupuy se font attendre, mais le taux élevé de participation semble témoigner de l'intérêt suscité par le programme, a indiqué M. Bran Lopez.
Cette année, forte d'une subvention de 230 000 $ — soit 200 000 de plus que l'année précédente —, Fusion jeunesse récidive et passe de 7 à 24 stagiaires issus non plus seulement de l'Université Concordia, mais également de l'UQAM, de l'Université de Montréal, de l'Université McGill, de la Polytechnique, de HEC et de l'ETS. Leur contribution continuera de s'adresser aux jeunes des écoles Pierre-Dupuy et James Lyng, mais s'étendra à ceux des écoles Honoré-Mercier, Saint-Henri, Henri-Bourassa et Louis-Joseph-Papineau.
Sortir de la routine
Étudiant au baccalauréat en musique à l'Université Concordia et l'un des stagiaires de la première cohorte, Adam O'Callaghan s'est lancé corps et âme dans la création d'un spectacle amateur réunissant différentes prestations de chant, rap, musique populaire et autres à l'école secondaire Pierre-Dupuy. Il dit avoir sans doute davantage profité du programme que les jeunes eux-mêmes. «Je me questionnais sur ma direction de carrière. Est-ce que je voulais suivre la voie du créateur ou vivre l'expérience de l'éducation? J'ai eu la chance de voir c'était quoi. Ça a changé ma vie», a dit le jeune homme. L'école Pierre-Dupuy offrait déjà des cours de musique, mais l'apport de Adam O'Callaghan se situait à un autre niveau. «Je travaillais avec des jeunes particulièrement motivés par la musique, mais je devais aller les chercher avec ce qui les intéressait. Il faut des projets stimulants qui créent un sentiment d'appartenance à leur milieu et une expérience riche dans leur école, ce qu'ils n'avaient pas», a-t-il expliqué. «Et ça ne prenait pas grand-chose pour les motiver». Apporter un microphone en classe ou permettre aux jeunes de jouer le succès de l'heure plutôt que des oeuvres du répertoire classique étaient des garanties de succès. Il suffit d'utiliser les ressources différemment, croit le jeune musicien.
En plus de celui des universités partenaires, des commissions scolaires et de la Ville, le projet a reçu l'appui de la Société de développement social de Ville-Marie, de la Fédération étudiante universitaire (FEUQ), du Réseau réussite Montréal, ainsi que de nombreux élus.
M. Bran Lopez insiste: son projet fait parfaitement écho aux recommandations du rapport produit en mars dernier par le président de la Banque de Montréal, Jacques Ménard, sur la revalorisation de l'éducation au Québec, qui liait réussite scolaire et engagement de la communauté. La ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, avait fini par endosser intégralement les dix recommandations du rapport, dont celle visant à ramener à 20 % le taux de décrochage au secondaire public. Il est actuellement de 30 % en moyenne. «C'est simple. Nos activités font en sorte que les jeunes ont envie d'aller à l'école. Et ils sont là. Ils répondent présents», a souligné M. Bran Lopez.
Porté par son récent succès, Fusion jeunesse a le vent dans les voiles. En 2010-11, l'organisation mettra le cap sur le Grand Nord pour développer des projets dans les écoles de la nation crie.
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