Hydro renonce à financer les écoles privées
Les commissions scolaires veulent relancer le débat sur le financement du privé par l'État
Finies, les contributions aux collèges privés! Hydro-Québec affirme avoir retenu la leçon de la controverse soulevée par l'octroi de commandites à des écoles privées et ne considérera plus aucune demande de financement venant de ces établissements. «Il n'y aura plus de contribution», a confirmé le directeur des relations publiques d'Hydro-Québec, François Taschereau. «Ce n'est pas dans l'intérêt d'Hydro-Québec de vivre dans la controverse.»
La semaine dernière, l'octroi d'un don de 250 000 $ sur cinq ans au collège Notre-Dame par la société d'État avait suscité un tollé, ce qui avait eu pour effet de convaincre ce collège de Côte-des-Neiges de renoncer au don reçu. Hier, La Presse révélait sur son site Internet que le collège Jean-de-Brébeuf a lui aussi renoncé à un don d'Hydro-Québec de 200 000 $ sur cinq ans, souhaitant éviter d'être mêlé à un scandale et de salir ainsi sa réputation. Dans les deux cas, les dons devaient servir à administrer des installations sportives qui devaient être gratuitement mises à la disposition de jeunes des communautés avoisinantes durant l'été en l'absence des élèves.
Pour Josée Bouchard, la nouvelle présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, ces dons aux collèges privés sont tout simplement inacceptables. «Ça fait des années qu'on demande au ministère de l'Éducation d'investir un million pour une campagne de la valorisation de l'école publique, et on a des refus continuels. Alors jeudi passé, je n'étais pas contente de voir qu'un quart de million tombait dans les mains d'une seule institution», a-t-elle déclaré.
L'occasion est belle, croit-elle, de relancer le débat sur le financement des écoles privées, pour lesquelles l'État contribue à hauteur de 60 %. «On veut un gel immédiat du financement public pour qu'on puisse, dans un horizon de cinq ans, cesser complètement le financement des écoles privées. Certains diront que c'est radical, mais ça se fait ailleurs aussi», a dit Mme Bouchard en précisant qu'elle n'était pas contre ces établissements.
Apparence de conflit d'intérêts
Hydro-Québec a confirmé que son président-directeur général, Thierry Vandal, est le président du conseil d'administration du collège Notre-Dame et qu'il y a fait ses études. Mais l'entreprise a précisé qu'il n'avait pas participé à la décision d'octroyer la commandite. En revanche, le p.-d.g. d'Hydro, qui a été diplômé du collège Jean-de-Brébeuf en 1978, a fait partie du processus décisionnel dans le cas de cet établissement d'Outremont.
Se sentant dans l'eau chaude, la société d'État a rapidement publié un communiqué hier précisant qu'un dossier qui avait été présenté par le Collège de Montréal était à l'étude, mais qu'il avait été retiré. «Aucun autre dossier provenant d'établissements d'enseignement secondaire n'a été approuvé ou n'est présentement à l'étude», a-t-on insisté.
La décision d'Hydro-Québec de ne plus donner de commandites à des collèges privés satisfait la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, qui avait demandé à la société d'État la semaine dernière de «revoir sa politique de dons et commandites» et qu'elle «oriente ses priorités vers les services publics».
Le vice-président adjoint de Jeunesse au Soleil, Tommy Kulczyk, a déploré la fin de ces contributions à des projets qui devaient profiter avant tout aux jeunes. «Je ne pense pas que les dons aient été mal intentionnés. Dans le cas du collège Notre-Dame, j'ai de la peine parce que c'était un bon projet. J'espère qu'on va trouver les sous ailleurs pour le réaliser. On va devoir clarifier à l'avenir les procédures et les règles à suivre pour éviter ce genre de controverse», a-t-il soutenu.
Dans une lettre adressée au p.-d.g. d'Hydro-Québec, M. Kulczyk a demandé à la société d'État de lui verser les sommes dévolues au collège Notre-Dame et que celui-ci a remboursées. «Jeunesse au Soleil aimerait mettre la main sur ces fonds [250 000 $ sur 5 ans] afin de continuer à aider les gens éprouvant des difficultés avec leurs factures d'électricité», a-t-il écrit.
Convaincu du bien-fondé de son projet, le collège Jean-de-Brébeuf poursuit ses recherches afin de trouver un nouveau partenaire pour finir la construction de son complexe sportif, dont l'ouverture est prévue pour 2010.
Selon le directeur des ressources humaines de ce collège, la controverse soulevée a été «totalement démesurée». «Les gens associent un collège de riches aux commandites d'Hydro-Québec et disent qu'on engraisse les riches. Je trouve ça tout à fait injuste. Tout le monde en pâtit, au premier chef les jeunes qui devaient utiliser ces installations sportives», a déploré Russell Flanagan. «On a mêlé deux choses et on a essayé de mêler ça à un programme politique», a-t-il poursuivi.
Bon an, mal an, quelque 25 millions sont versés à différents projets de soutien à la communauté par la société d'État, qui reçoit environ 2000 demandes d'aide de financement.
La semaine dernière, l'octroi d'un don de 250 000 $ sur cinq ans au collège Notre-Dame par la société d'État avait suscité un tollé, ce qui avait eu pour effet de convaincre ce collège de Côte-des-Neiges de renoncer au don reçu. Hier, La Presse révélait sur son site Internet que le collège Jean-de-Brébeuf a lui aussi renoncé à un don d'Hydro-Québec de 200 000 $ sur cinq ans, souhaitant éviter d'être mêlé à un scandale et de salir ainsi sa réputation. Dans les deux cas, les dons devaient servir à administrer des installations sportives qui devaient être gratuitement mises à la disposition de jeunes des communautés avoisinantes durant l'été en l'absence des élèves.
Pour Josée Bouchard, la nouvelle présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec, ces dons aux collèges privés sont tout simplement inacceptables. «Ça fait des années qu'on demande au ministère de l'Éducation d'investir un million pour une campagne de la valorisation de l'école publique, et on a des refus continuels. Alors jeudi passé, je n'étais pas contente de voir qu'un quart de million tombait dans les mains d'une seule institution», a-t-elle déclaré.
L'occasion est belle, croit-elle, de relancer le débat sur le financement des écoles privées, pour lesquelles l'État contribue à hauteur de 60 %. «On veut un gel immédiat du financement public pour qu'on puisse, dans un horizon de cinq ans, cesser complètement le financement des écoles privées. Certains diront que c'est radical, mais ça se fait ailleurs aussi», a dit Mme Bouchard en précisant qu'elle n'était pas contre ces établissements.
Apparence de conflit d'intérêts
Hydro-Québec a confirmé que son président-directeur général, Thierry Vandal, est le président du conseil d'administration du collège Notre-Dame et qu'il y a fait ses études. Mais l'entreprise a précisé qu'il n'avait pas participé à la décision d'octroyer la commandite. En revanche, le p.-d.g. d'Hydro, qui a été diplômé du collège Jean-de-Brébeuf en 1978, a fait partie du processus décisionnel dans le cas de cet établissement d'Outremont.
Se sentant dans l'eau chaude, la société d'État a rapidement publié un communiqué hier précisant qu'un dossier qui avait été présenté par le Collège de Montréal était à l'étude, mais qu'il avait été retiré. «Aucun autre dossier provenant d'établissements d'enseignement secondaire n'a été approuvé ou n'est présentement à l'étude», a-t-on insisté.
La décision d'Hydro-Québec de ne plus donner de commandites à des collèges privés satisfait la ministre des Ressources naturelles, Nathalie Normandeau, qui avait demandé à la société d'État la semaine dernière de «revoir sa politique de dons et commandites» et qu'elle «oriente ses priorités vers les services publics».
Le vice-président adjoint de Jeunesse au Soleil, Tommy Kulczyk, a déploré la fin de ces contributions à des projets qui devaient profiter avant tout aux jeunes. «Je ne pense pas que les dons aient été mal intentionnés. Dans le cas du collège Notre-Dame, j'ai de la peine parce que c'était un bon projet. J'espère qu'on va trouver les sous ailleurs pour le réaliser. On va devoir clarifier à l'avenir les procédures et les règles à suivre pour éviter ce genre de controverse», a-t-il soutenu.
Dans une lettre adressée au p.-d.g. d'Hydro-Québec, M. Kulczyk a demandé à la société d'État de lui verser les sommes dévolues au collège Notre-Dame et que celui-ci a remboursées. «Jeunesse au Soleil aimerait mettre la main sur ces fonds [250 000 $ sur 5 ans] afin de continuer à aider les gens éprouvant des difficultés avec leurs factures d'électricité», a-t-il écrit.
Convaincu du bien-fondé de son projet, le collège Jean-de-Brébeuf poursuit ses recherches afin de trouver un nouveau partenaire pour finir la construction de son complexe sportif, dont l'ouverture est prévue pour 2010.
Selon le directeur des ressources humaines de ce collège, la controverse soulevée a été «totalement démesurée». «Les gens associent un collège de riches aux commandites d'Hydro-Québec et disent qu'on engraisse les riches. Je trouve ça tout à fait injuste. Tout le monde en pâtit, au premier chef les jeunes qui devaient utiliser ces installations sportives», a déploré Russell Flanagan. «On a mêlé deux choses et on a essayé de mêler ça à un programme politique», a-t-il poursuivi.
Bon an, mal an, quelque 25 millions sont versés à différents projets de soutien à la communauté par la société d'État, qui reçoit environ 2000 demandes d'aide de financement.
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