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Baccalauréat en enseignement secondaire - Le programme de l'UQAM est sous surveillance

Clairandrée Cauchy   20 juin 2009  Éducation
Faute d'une concertation adéquate entre les différents professeurs et chargés de cours ainsi que d'une évaluation appropriée des compétences, le baccalauréat en enseignement secondaire de l'UQAM n'a pas obtenu le renouvellement de son agrément depuis 2006 et doit se conformer aux exigences du ministère d'ici la fin de l'année, sans quoi les nouveaux étudiants pourraient ne pas obtenir leur autorisation d'enseigner.

Pilier du renouveau pédagogique, l'approche par compétences doit davantage être mise en application concrètement dans la formation des enseignants offerte à l'Université du Québec à Montréal. Cette lacune vaut au baccalauréat en enseignement secondaire de l'UQAM une surveillance étroite du ministère de l'Éducation, qui exige des correctifs d'ici la fin 2009.

Depuis 2006, le baccalauréat en enseignement secondaire ne bénéficie que d'un agrément provisoire. Après plus de deux ans de va-et-vient entre l'université et les fonctionnaires, le Comité d'agrément de programmes de formation à l'enseignement (CAPFE) a exigé cet hiver de nouveaux correctifs d'ici la fin de l'année 2009, à défaut de quoi les étudiants inscrits en 2010 pourraient ne pas être assurés que leur formation les mènera à une autorisation d'enseignement.

Ce scénario apparaît toutefois improbable aux yeux du doyen de la faculté d'éducation, Marc Turgeon, sûr que les correctifs pourront être apportés d'ici là dans le plus gros programme d'enseignement secondaire au Québec, qui accueille 400 nouveaux étudiants chaque année.

Le CAPFE reprochait dans un premier temps le manque de concertation entre les professeurs et les chargés de cours qui donnent la formation aux futurs enseignants. «C'est une machine tentaculaire très complexe. Quand vous avez affaire à un programme où il y a 1500 étudiants, une dizaine de départements et trois facultés, les gens font tout leur possible pour discuter, travailler ensemble, se concerter, mais c'est un processus plus long à mettre en oeuvre», explique M. Turgeon. Il semble toutefois que cet aspect ne soit plus aussi problématique, à la suite des efforts déployés à l'UQAM.

La direction du programme doit maintenant s'atteler à mieux intégrer les 12 compétences qu'on attend des enseignants dans les différents plans de cours, ainsi que dans l'évaluation des étudiants, et ce, tant dans les cours disciplinaires (histoire, sciences, littérature, etc.) que dans la formation en didactique (pédagogie). Parmi ces compétences, on trouve notamment celle «d'évaluer la progression des apprentissages et le degré d'acquisition des compétences des élèves», celle de «coopérer avec l'équipe-école, les parents, les différents partenaires sociaux et les élèves» ou encore d'«adapter ses interventions aux besoins des élèves présentant des difficultés».

«D'ici la fin d'année 2009, on doit présenter [au CAPFE] des compléments d'information et vers la fin de l'automne, ils vont faire le bilan. On s'est suffisamment parlé et on sait assez ce qu'il faut faire, je ne suis pas inquiet», affirme M. Turgeon.

Cette quasi «mise en tutelle» agace l'Association des étudiants de la faculté des sciences de l'éducation (ADEESE-UQAM). «Cela vient jouer dans l'autonomie des universités, lorsque des personnes nommées par le ministère viennent étudier les plans de cours», fait valoir le vice-président de l'association, Jonathan Robin. Il doute qu'un professeur qui a 150 futurs maîtres dans son cours puisse évaluer adéquatement l'acquisition de ces 12 compétences.

Au ministère de l'Éducation, il a été impossible d'obtenir des détails sur le dossier. Le porte-parole, Pierre Noël, a simplement indiqué que le CAPFE avait fait des recommandations à la ministre.
 
 
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