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Le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse au tribunal - Bouddha et Mahomet à l'école de Jésus ?

Après plusieurs mois de manifestations publiques, le cours est à la première étape d'un processus judiciaire qui pourrait être long

Clairandrée Cauchy   16 mai 2009  Éducation
Différents signes religieux provenant d’un dessin nommé Manuel.
Différents signes religieux provenant d’un dessin nommé Manuel.
Est-ce que le nouveau cours d'éthique et de culture religieuse, qui remplace depuis septembre le régime d'option entre l'enseignement moral et l'enseignement religieux catholique ou protestant, peut causer un préjudice grave à des enfants en les exposant à des croyances différentes de celles qui prévalent dans leur famille? Voilà comment on pourrait résumer l'essence de la cause qui se trouvait cette semaine devant le tribunal de Drummondville.

Quelque 2000 parents ont demandé que leurs enfants soient exemptés du cours d'éthique et culture religieuse (ECR) depuis son implantation l'automne dernier. À ce jour, aucune commission scolaire n'y a consenti. Cause-type, une mère de deux enfants, de six ans et 16 ans, a porté ce refus de la commission scolaire Des Chênes devant les tribunaux.

Les détracteurs du cours d'ECR invoquent l'article 222 de la Loi sur l'instruction publique pour exiger une exemption du cours. Cet article stipule que, «pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire peut, sur demande motivée des parents d'un élève, d'un élève majeur ou d'un directeur d'école, l'exempter de l'application d'une disposition du régime pédagogique».

Pour justifier le préjudice, les avocats de la mère soutiennent que le cours présente un caractère «polythéiste, relativiste et [qu'il] fait la promotion d'un pluralisme normatif», explique un des avocats des opposants au cours, Me Jean-Pierre Belisle, ancien député libéral au Québec et candidat conservateur aux dernières élections fédérales.

«C'est l'autorité parentale qui est le fondement dans ce dossier. Nous n'acceptons pas que, dans une société démocratique, quiconque vienne poser des questions sur les croyances fondamentales des gens», fait valoir Me Belisle.

Celui-ci souligne l'absence de balises relativement à l'application du mécanisme d'exemption, notant par exemple qu'aucun formulaire de demande n'est disponible, pas plus que de marche à suivre quant aux absences motivées par les parents. C'est ainsi que la commission scolaire Val-des-Cerfs a tenté de renvoyer des élèves en raison de leurs nombreuses absences au cours d'ECR (une contestation de cette décision devrait d'ailleurs être entendue par le même juge sous peu), tandis que la commission scolaire des Chênes n'a pas voulu suivre cette voie, fait observer M. Belisle.

Selon les procureurs du gouvernement, qui agissent comme intervenants dans cette cause, les demandes d'exemption «nécessitent une démonstration individualisée et de nature exceptionnelle d'un préjudice grave».

Dans son argumentation écrite, le ministère de la Justice rappelle par ailleurs que le programme d'ECR ne vise «aucune forme d'endoctrinement ou prosélytisme à l'égard de quelque religion que ce soit, laissant aux parents le rôle de transmettre des convictions religieuses à leurs enfants».

Coup de théâtre: le Vatican s'en mêle!

Les prises de position de l'Assemblée des évêques du Québec (AEQ) ont par ailleurs été produites devant la cour. Elles tendent à décourager les exemptions, du moins d'une façon systématique. Dans une lettre envoyée au printemps 2008 à la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, Mgr Martin Veillette faisait part de commentaires sur le contenu du cours au nom de l'AEQ. «Nous sommes conscients qu'il faut un motif très sérieux pour justifier l'exemption d'un programme scolaire. Le motif le plus grave serait sans doute la violation de la liberté de conscience [...] Le programme en lui-même ne nous semble pas prêter flanc à une telle contestation a priori», explique Mgr Veillette, qui laisse néanmoins une porte ouverte à une contestation a posteriori, sur la base de l'expérience.

Coup de théâtre au tribunal, pendant le témoignage d'un expert du gouvernement, les avocats des plaignants ont sorti de leur chapeau une lettre circulaire de la Congrégation pour l'éducation catholique (qu'avait déjà dirigée l'actuel pape avant d'être nommé) encore toute fraîche, datée du 5 mai 2009, qui adopte un point de vue plus tranché sur le sujet. Celle-ci n'a cependant pas été admise en preuve parce qu'elle était trop récente.

Le préfet de la Congrégation pour l'éducation catholique, Mgr Zenon Grocholewski, y tient des propos qui paraissent s'appliquer au nouveau cours, bien qu'ils ne fassent pas référence nommément au Québec. «Si l'enseignement religieux se limite à une exposition des différentes religions de manière comparative et "neutre", cela peut être source de confusion, ou inciter au relativisme ou à l'indifférentisme», écrit Mgr Grocholewski.

Les procureurs souhaitaient ainsi soutenir les prétentions de la mère qui invoque le préjudice fait à son enfant en s'appuyant sur les écrits des hautes autorités de l'Église.

Constitutionnel?

Au-delà de ce débat surréel qui fait intervenir le Vatican dans un tribunal de Drummondville, l'autre angle de contestation juridique possible pourrait s'avérer celui des chartes des droits. L'article 3 de la Charte québécoise garantit la liberté de conscience et de religion (tant aux parents qu'aux enfants) et l'article 41 garantit aux parents le droit «d'assurer l'éducation religieuse et morale de leurs enfants, conformément à leurs convictions».

Or, dans un avis produit l'automne dernier sur la conformité du cours en regard avec la Charte québécoise, la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse conclut que les bases d'une contestation du cours dans son ensemble sont très ténues, voire inexistantes.

«On considère que le simple fait d'exposer les enfants à des idées qui pourraient être contraires à celles de leurs parents ne porte pas en soi atteinte aux droits», explique en entrevue au Devoir l'auteur de l'avis, le chercheur Paul Eid de la CDPDJ.

De la manière dont le programme a été conçu, il «évite le piège de l'endoctrinement». «Si on regarde le programme sur papier, les rédacteurs ont fait un beau travail. [...] De notre point de vue, il est clair qu'une contestation en vertu de la Charte est vouée à l'échec, dans la mesure où le programme en lui-même ne comporte pas de biais discriminatoire», indique M. Eid.

Aux yeux de la CDPDJ, des plaintes pourraient néanmoins être reçues dans un cas spécifique, s'il s'avérait que l'enseignement a été mal dispensé de façon à dénigrer une religion en particulier, l'absence de croyance religieuse ou la croyance religieuse en tant que telle. Mais là encore, l'exemption ne serait pas considérée par la CDPDJ comme une mesure corrective appropriée, puisqu'elle ne toucherait qu'un élève et non l'ensemble du groupe.

M. Eid rappelle par ailleurs que l'ancien mode de fonctionnement, soit le choix entre l'enseignement moral et l'enseignement religieux catholique ou protestant, exigeait pour sa part l'emploi d'une clause de dérogation aux Chartes. Cette dérogation permettait en effet de dispenser un enseignement confessionnel spécifique, sans pour autant devoir faire de même pour toutes les religions.

L'ancien fonctionnaire qui a rédigé le programme, Dennis Watters, souligne pour sa part que les enfants étaient déjà exposés à certains éléments d'autres religions avant l'implantation du cours d'éthique et culture religieuse: depuis 1996 pour ceux qui recevaient l'enseignement catholique et depuis 1985 pour ceux qui recevaient une éducation protestante. «Dès la première année, les petits enfants entendaient parler de Bouddha et de Mahomet», indique M. Watters, qui a depuis fait publier un guide sur le cours.

Le juge devait prendre la cause en délibéré hier. Mais une autre cause connexe sera entendue sous peu, soit celle du collège Loyola, qui demande de maintenir un enseignement plus axé sur la tradition catholique.

Parions que les procédures juridiques ne sont pas terminées et qu'il faudra attendre plusieurs années, peut-être jusqu'à un jugement de la Cour suprême, avant de savoir définitivement si le cours d'ECR demeurera obligatoire pour tous.
 
 
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  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 00h39
    Les argumenta de MM. Watters et Eid contredits au tribunal
    Les argumenta de MM. Watters et Eid contredits au tribunal ont été contredits par des experts devant le tribunal de Drummndville.

    Pourquoi Mme Cauchy n'en fait-elle pas mention ?

  • Robert Henri
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 06h58
    Debout et luttez parents
    Pourquoi les Libéraux du frisé veulent-ils tant et avec tant d'insistance ce cous inepte et obliger les enfants à le subir?

    Probablement à mon avis l'idée du multiculturalisme de Trudeau, le grand ennemi du Québec et des nationalistes québécois.

    Je suggère aux quelque 2000 parents ont demandé que leurs enfants soient exemptés du cours d'éthique et culture religieuse et à ceux qui sans être de la requête sont conntre ce cours de s'organiser en association et de tous , toutes ensemble boycotter ce cours peu importe ce que décidera le juge en plus d'organiser lorsque nécessaire les manifestations.

    Ce n'est ni aux Libéraux ni à un juge de décider si les élèves, nos enfants, vont suivre ou pas un cours malgré les parents.

  • Francis Faille
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 08h42
    Vive l'ouverture
    En tant que futur professeur de ce nouveau programme, ce qui m'étonne le plus à chaque intervention médiatique ou citoyenne à ce sujet, c'est que nous semblons évacuer, pour des raisons idéologiques ou autres( peur de la fermeture? de l'ouverture?), les deux principales finalités de ce programme: la "reconnaissance de l'autre"( idée complètement farfelue dans un monde globalisé!!??) et la " poursuite du bien commun". Finalement, la pratique du dialogue complémente ces deux buts afin de permettre aux élèves de développer un esprit d'ouverture tout en leur permettant (soulignons) « d'évoluer avec intelligence et maturité dans une société marqué par la diversité des croyances » : tout les Mario Dumont de ce monde devrait incessamment poursuivre ce cours, à mon humble opinion.

    bienvenue au Québec révisionniste mesdames et messieurs!!!!

  • Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    samedi 16 mai 2009 09h43
    La Fontaine a déjà tranché
    "Selon que vous serez PUISSANTS ou misérables,
    les jugements de cour vous rendront BLANCS ou noirs "
    Les dés ne sont-ils pas pipés ? Kafka aurait ici encore un beau sujet de Procès. La liberté religieuse enchaînée par l'État qui a tout en mains pour NEUTRaliser les opposants. Cela s'est vu ailleurs qu'au Québec, mais sous des régimes hitlériens ou similaires. Nos députés ne s'en rendent-ils pas compte ?

  • Yves Térouinard
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 15h24
    Question pertinante
    Est ce que exposer les enfants à des croyances différentes de celles qui prévalent dans leur famille, peut causer (aux enfants)un préjudice grave ?
    Mais c'est une question intéressante !
    Dit autrement, de manière individuelle, est ce qu'en connaissant la pensée religieuse de l'autre, ceci me porte préjudice ?
    ou bien encore !
    Etre en emphatie avec l'autre, est préjudiciable?
    Allons jusqu'au bout : Aimer l'autre, est ce préjudiciable ?
    Certains peuvent répondre oui, d'autres non, voire au contraire, c'est bénéfique.
    Conclusion , l'on reconnait la mentalité de l'autre à la forme de ses questions.

  • THYS Michel
    Inscrit
    samedi 16 mai 2009 15h43
    Va-t-on privilégier la forme ou le fond ?
    Trois questions :
    -Sait-on quand le Juge Jean-Guy DUBOIS rendra son jugement ?
    - A-t-on évoqué lors de ce procès l'absence flagrante d'informations, objectives et non prosélytes, relatives aux options autres que religieuses ?
    - Le droit, certes légitime et sincère, des parents à imposer leur propre croyance a-t-il été remis en question ?

    A mes yeux, le cours d'ECR doit rester obligatoire : l'Enseignement ne relève pas des citoyens mais de l'Etat, dans un souci d'émancipation de tous. Mais il devra être repensé en profondeur!
    Excepté au cours d'histoire, la religion n'a rien à faire à l'école, qui n'a pas vocation à évangéliser. Idéalement, elle devrait être confinée au sein de la famille et dans les lieux de culte, mais on en est encore loin ! Ce cours constitue une étape intermédiaire nécessaire.
    Découvrir d'autres religions, avec autant de détails, jette la confusion dans l'esprit des enfants et, par comparaison, cela ne peut que renforcer la religion traditionnelle et majoritaire. Les évêques l'ont bien compris !
    C'est même, selon moi, le but hypocrite de ce cours : tenter de compenser le déclin du catholicisme, la déconfessionnalisation et la laïcisation croissantes de la société.
    Initialement, en effet, il devait être fait mention de l'existence de conceptions non religieuses. C'était un minimum, par simple honnêteté intellectuelle. Or actuellement, même la mention de l'athéisme est supprimée ! c.q.f.d !

    Les parents catholiques qui, au nom de leur liberté de conscience et de choix, demandent que ce cours soit optionnel, sont-ils bien conscients de leur responsabilité morale ? Ils s'arrogent le droit d'imposer leur propre croyance à leurs enfants, comme si toute autre option non aliénante, agnostique ou athée par exemple, était impensable, voire une abomination ! Comme si, "plus tard", le soi-disant « libre choix » de leurs enfants n'allait pas en être influencé ! A notre époque de pluralité des cultures et des convictions, la liberté de croire OU de ne pas croire est un droit élémentaire qui ne peut plus être contesté.

    Michel THYS Waterloo en Belgique.
    michelthys@tele2allin.be

  • Claude Stordeur
    Abonné
    samedi 16 mai 2009 16h32
    Enseigner la diversité des religions ... et pourquoi pas...
    Qu'enfin les jeunes sachent que plusieurs ont prêchés la bonne parole, je trouve cela très enrichissant et cela permettra peut être d'avoir moins de décrocheur de la religion.

    Les gens qui ont peur que leur enseignement religieux soit supplanté par un autre, devraient savoir que la religion est un état de vivre et que si ils ne donnent pas le bon exemple à leurs enfants, ce sera bien pire que tout.

    La religion est une affaire d'exemple de comportement à la maison et enseigner qu'il y a d'autre façon d'avoir une bonne vie ne peut que renforcer cette exemple. À moins naturellement qu'on parle d'honnêteté en religion, mais qu'on triche l'impôt à la maison ou qu'on mente pour gagner son point sur le cours de religion....

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    samedi 16 mai 2009 16h33
    L'idéologie tue
    Un cours qui ouvre les esprits et les protège des attitudes sectaires auquelles ma génération a été exposée ne peut qu'être bienvenu. Les parents contestataires devraient suivre le cours. Ils sauraient alors contre quoi ils se battent et sans doute changeraient-ils d'idée s'ils acceptent d'ouvrir leur esprit.
    Donner aux enfants des certitudes sécurisantes, est-ce vraiment les éduquer ?

  • Jean-Philippe Murray
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 02h25
    Voulez-vous vraiment laisser l'État décider pour vos enfants ?
    Dans une société où l'état décide de ce qui est bien ou mal, on appelle ça de la propagande. Ce n'est pas la responsabilité de l'état d'assurer l'éducation de mon enfant. Sa responsabilité est d'en assurer son instruction. D'autre part, M. Watter a aussi mentionné que le cours d'ECR ouvre au pluraliste religieux. Ce qui peut sembler être une forme de neutralité n'en n'est pas une : le pluraliste religieux est une croyance religieuse en elle-même. C'est cette croyance en laquelle toutes les religions convergent vers une seule. Faite vos recherches et vous constaterez ! Enfin, pourquoi a-t-il fallu toucher à plus de 4 lois dans la charte des droits et liberté de la personne pour permettre ce cours ? Sincèrement, je me questionne sur l'intégrité de nos gouvernements !

  • THYS Michel
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 04h39
    Réponses à trois commentaires ...
    @ Yves Thérouinard : avant l'école primaire, encore insconscients des différences culturelles, les enfants sont naturellement tolérants. Ensuite, hélas, certains reflètent le attitudes de leurs parents vis-à-vis des différences, telles que la couleur de la peau ou la religion. C'est pourquoi je pense que l'école doit leur faire découvrir que connaître l'autre, l'aimer dans sa différence, est source d'enrichissement.

    @Claude Stordeur : à mon sens, les catholiques ne craignent pas vraiment que "leur enseignement religieux soit supplanté par un autre". Par contre, je crains que, à défaut d'informations, ils redoutent l'agnosticisme et surtout l'athéisme, encore souvent parçu comme antireligieux et synonyme d'absence de morale et de spiritualité.Il n'est qu'une option parmi d'autres, aussi respectable que la croyance religieuse. Mais il est vrai que les athées condamnent le dogmatisme et le néocléricalisme, comme d'ailleurs de plus en plus de croyants.

    @Daniel Baudry : en effet, "donner aux enfants des certitudes sécurisantes", ce n'est pas les éduquer. C'est les inciter à ne plus se poser de questions, à ne douter de rien, et à se soumettre à ce qu'on leur affirme. Ne vaut-il pas mieux, dès l'âge de 6 ans, les amener à observer la nature, par exemple, à développer leur esprit critique à tous égards, et à répondre à leur questions, au fur et à mesure de leur entendement ? Dès l'âge de 6 ou 7 ans, les enfants éduqués laïquement demandent à leurs parents (et/ou) grands-parents) : "Qui c'est ce dieu dont parlent parfois certains de mes copains", ou encore " qui a créé les plantes, les animaux,les êtres humains, le monde ?". Il est facile de leur répondre qu'il y a deux explications possibles : ou bien c'est ce dieu (mais ils risquent de demander "Et lui, qui l'a créé ?", ou bien ils sont apparus par hasard pendant des centaines de millions d'années à partir de ce qui existait à l'époque comme éléments chimiques, et qu'il s'est adapté de plus en plus. Même si l'enfant est naturellment "créationniste", il comprend vite que l'on peut être "évolutionniste" lorsqu'il constate les ressemblances entre l'être humain et les mammifères, et plus tard, les différents stades embryonnaires, etc ... L'essentiel est de lui faire comprendre qu'il n'y a pas de vérité absolue, et que chacun est libre de choisir, en connaisance de cause, ses options fondammentales : c'est le fondement de la tolérance bien comprise.

  • THYS Michel
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 04h50
    Précision ...
    Je tiens à préciser que je suis opposé à l'enseignement du créationnisme comme "hypothèse scientifique" soi-disant comparable à l'évolutionnisme. L'Evolution n'est plus une hypothèse, mais un fait. Etant entendu qu'elle reste toujours susceptible théoriquement d'être remise en question si un élément nouveau et incontestable survenait, ce qui n'a jamais été le cas.

  • Gilles Dussault
    Abonné
    dimanche 17 mai 2009 07h01
    Laicisme
    Que cherche-t-on? Revenir en arrière , revenir aux écoles publiques confessionnelles? Que l'école publique enseigne qu'une religion est la bonne et que toutes les autres sont fausses? (La bonne, n'étant pas toujours la même d'une classe à l'autre; ça n'a pas sens) Peut-on croire que ce serait la bonne façon d'intégrer les imigrants? Notre école est maintenant laïque en principe; continuons d'avancer et rendons la laique dans les faits. L'École doit instruire pas convertir.

  • Françoise Maertens
    Inscrite
    dimanche 17 mai 2009 09h01
    ET l'athéisme???
    Bien d'accord avec M. Michel Thys! Il faudrait effectivement que l'option de l'athéisme soit aussi offerte aux enfants afin qu'ils aient un vrai choix, et même celle de l'agnosticisme... Je suis enseignante et quand mes élèves de maternelle me disent : " Hein, Dieu il est dans le ciel? Hein Dieu, c'est lui qui décide?" Je réponds : Pour ceux et celles qui y croient, oui. Je respecte ainsi les croyances de leurs parents tout en ne niant pas les miennes.
    Il faut leur montrer la diversité des croyances afin de leur apprendre à respecter les autres (Chaque croyance est aussi valable qu'une autre. Pourquoi y aurait-il des croyances supérieures aux autres ou plus vraies que les autres ?) Ce ne sont que des croyances et ce mot vient bien de verbe CROIRE : on y croit ou on n'y croit pas. Pour moi, c'est la seule façon d'arriver à la tolérance et au respect des uns envers les autres.

  • Guy Fafard
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 10h31
    Une société laïque ?
    Faudrait se faire une idée, Laïques ou Intégristes?

    La religion appartient aux familles. Les fins de semaines ça sert à quoi? - C'est fait pour ça.

    Je connais suffisemment le Coran pour savoir que le voile ne cache pas les cheveux impures de ces pauvres femmes obnubilées par de fausses croyances, n'est qu'un étandart qui n'est même pas une exigence religieuse. La stupide FFQ nous propose le contraire.

    Les Juifs assidiques veulent nous dire quoi faire, les Musulmans tentent de nous imposer n'importe quoi, les Catholiques veulent ramener leur enseignement. La prochaine fois ce sera Raël et ses élucubrations?

    Les faits sont que :
    1- Nous descendons d'une culture judéo-chrétienne et qu'on ne peut renier notre histoire.
    2- Nous avons décidé de séparer l'église et l'état; ça vaut pour tout le monde qui vit ici.
    3- Le Christ, Mahomet, Moïse, Bouda et Krishna doivent retourner dans les foyers.
    4- Les fumeux de pipe du ministère de l'éducation doivent se mêler de l'éducation et de notre histoire, pas de religion.
    5- Ceux qui veulent connaître les autres religions devont apprendre à lire et à compter à l'école, ils liront dans une bibliothèque après ou pratiqueront un culte chez-eux.
    6- Que les politiciens mettent leurs culottes, c'est pas chaud en hiver les fesses à l'air.

    Faut se faire une idée et s'y tenir.

  • Frédéric Chiasson
    Abonné
    dimanche 17 mai 2009 16h14
    Oui, questionnons les croyances fondamentales des gens !
    «C'est l'autorité parentale qui est le fondement dans ce dossier. Nous n'acceptons pas que, dans une société démocratique, quiconque vienne poser des questions sur les croyances fondamentales des gens», fait valoir Me Belisle.

    Il serait peut-être temps que Me Belisle et ses clients s'ouvrent les yeux. Si le Québec est devenu la société moderne et démocratique qu'elle est maintenant, c'est bien parce que dans les années 60 et même avant, ses citoyens se sont posés les bonnes questions sur leur croyances fondamentales !

    Vivre en démocratie, soit dans une société dirigée par le peuple dans le sens littéral, ne signifie pas que chaque personne doit vivre dans un bocal fermé sans aucun droit de regard sur ce que l'autre fait. Au contraire, ces personnes doivent discuter, se concerter, se confronter même sur leurs idées, leurs croyances, leur moeurs, leurs façons de vivre. De cette rencontre en sortira des dilemmes et des conflits, bien sûr, mais aussi des choix de société, soit des choix de valeurs, de croyances, de façons de vivre qui répondront mieux aux besoins des citoyens. Des MEILLEURS choix de société.

    Si Me Belisle et ses clients ont peur du regard des autres, qu'ils aillent vivre en ermites dans le bois. Personnellement, je dis « bravo ! » à ce regard croisé qu'offre le cours d'éthique et culture religieuse. L'enfant pourra enfin choisir ses croyances de manière éclairée, sans suivre niaiseusement celles de ses parents.

  • Pierre Zwngli
    Inscrit
    dimanche 17 mai 2009 23h15
    M. Thys
    ce n'est pas le Devoir qu'il faut lire pour avoir des réponses à vos questions, tapez "Pour une école libre".

  • francois Beauchemin
    Inscrit
    lundi 18 mai 2009 08h24
    Cours d'éthique et de culture religieuse
    Monsieur Thys, merci pour l'éclairage que vous apportez dans ce débat sur les cours d'éthique et de culture religieuse, J'endosse pleinement vos propos.

    En effet, créationnisme et évolutionnisme sont deux concepts qui à la réflexion se complètent plus qu'ils ne s'opposent. Les deux se veulent la répondre à la grande question existentielle. Pour les uns ce sont tantôt des hypothèses, des postulats ou des certitudes. Pour l'heure, il y en a pour tout le monde. C'est fort bien ainsi, en attendant que les sciences exactes, nous apportent peut être enfin l'éclairage complet sur les mystères de la vie... Sait-on jamais, car après nous ce n'est pas la fin du monde. En science une hypothèse c'est un postulat en attente de démonstration.

    Je suis d'accord avec vous Monsieur THYS que ce débat ne doit surtout pas se tenir sur les bancs des écoles primaires. Pourquoi mettre la charrue devant les boeufs en impliquant des enfants dans des problèmes qui ne les préoccupent même pas encore, alors que, le temps venu, ils poseront eux même ces questions à leurs parents au fil de leur développement.

    Oui les cours de religion sont prématurés. Mais les cours d'éthique sont souhaitables et ils sont à la portée des écoliers. L'éthique et l'équité, c'est la conscience morale et la conscience sociale qui sont deux principes premiers innés chez l'homme tel que décrit par Platon et Aristote bien avant Jésus-Christ et Mahomet. Ces principes sont donc communs à toutes les religions. Voilà pourquoi l'enseignement de l'éthique dans les écoles devrait faire l'unanimité sans heurter qui que ce soit, tout en respectant à la fois la laïcité de l'État et la liberté de penser et de choix.

    Par ailleurs, je comprends mal quand je lis ici l'opinion de certains lecteurs prêts à retirer la liberté de penser et de choix. Serait-elle déjà obsolète cette charte des droits de l'homme si chèrement acquise en France en 1789 qui affirme que : "la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement..."

    Pour ma part, devant les multiples objections hautement légitime de parents et de grands parents, mon avis est que le gouvernement doit prendre un moment supplémentaire de réflexion. Faire appel aux tribunaux sur une décision qui est de la responsabilité du Parlement, c'est un aveu d'impuissance.

    François Beauchemin à Lévis, Que.

  • Jean-Philippe Murray
    Inscrit
    lundi 18 mai 2009 14h10
    Ceci n'est pas une question de religion !
    Avez-vous réalisé combien de lois le gouvernement a changé en 2005 pour obliger les enfants à prendre ce cours ? Voici un évènement sans précédant au Québec : Les enfants sont désormais sous la tutelle du gouvernement du Québec ! Et je n'exagère pas : faites vos recherches et vous comprendrez. Ce n'est pas une question d'opinions ou même de religion : le gouvernement va décider de modeler vos enfants selon un homme nouveau genre dont seulement celui en décidera l'identité ! Même les concepteurs du cours d'ECR l'avoues aux-mêmes : on veut détruire l'identitaire trop massif au Québec. Voulez-vous bien me dire ce qui se passe au Québec ? Si l'école est laïque, ce que je suis bien d'accord, pourquoi intégrer un cours d'éthique et religion dont seul l'état en décide le contenu ? Faites vous confiance en ce gouvernement pour la caisse de dépôt et votre argent ? Imaginez laisser le gouvernement décider de ce qui est bon ou mauvais pour les futures générations ! Enfin, je termine en me posant encore ces questions : Qu'est-ce qui arrive à un pays (ou une province dans notre cas) lorsque celui prend la tutelle de nos enfants ? Ou encore, qu'est-il arrivé à ceux qui s'y sont risqué ? Avez-vous des exemples de bonnes réussites ou sommes-nous encore l'objet d'une expérience de laboratoire ?

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