Université Laval - La langue française de toute la Francophonie sera scrutée à la loupe
Un observatoire unique prend forme à Québec
L'Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone vient d'être lancé à l'Université Laval. Explications de son directeur, Richard Marcoux.
Le 9 avril dernier, l'Université Laval a inauguré l'Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone (ODSEF). Cette initiative est financée à hauteur de 650 000 dollars sur une période de quatre ans, dans le cadre d'un partenariat avec le gouvernement du Québec (par l'entremise du ministère des Relations internationales), l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).
L'Université Laval abrite l'ODSEF et en assure la coordination ainsi que la direction scientifique. Le Secrétariat à la politique linguistique du Québec y participera également en offrant son expertise en matière d'élaboration et de mise en oeuvre de politiques linguistiques.
Les études menées à l'Observatoire permettront de suivre l'évolution du français au sein des populations de la francophonie. Les résultats de ces travaux seront mis à la disposition de l'Observatoire de la langue française de l'OIF de façon à compléter, sur le plan démolinguistique, son tableau de bord de l'état du français dans le monde.
L'ODSEF a donc le mandat précis de produire des données scientifiques éprouvées sur l'état de la langue de Molière et d'assurer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine démographique et statistique des pays francophones.
Naissance
La naissance de cet observatoire unique est le fruit d'une conjonction d'événements qui se sont succédé au cours des deux dernières années, explique Richard Marcoux, également professeur titulaire au département de sociologie de l'Université Laval et directeur des Cahiers québécois de démographie. Dans un premier temps, il y a eu l'adoption, par plus d'une centaine de chercheurs, de la Déclaration sur la sauvegarde et la mise en valeur des recensements africains.
«Cette déclaration a été adoptée ici à Québec en juin 2007, dans le cadre d'une conférence internationale sur la mémoire et la démographie que j'avais organisée. Et, ce qui s'en était dégagé, c'était l'écart qui existait en ce qui a trait aux sources d'information nécessaires pour être en mesure de situer la mémoire démographique des populations de la francophonie. En Afrique, on est en train de perdre, dans certains cas, toute trace des recensements datant des années 1960 et 1970», dit-il.
Deuxièmement, il y a eu la tenue à Paris, en juin 2008, du Séminaire international sur la méthodologie d'observation de la langue française dans le monde. «Cette rencontre a permis de réunir des spécialistes de la sociolinguistique et de la démolinguistique dans le but d'établir des orientations visant à circonscrire l'évolution du fait français à travers le monde.» Le troisième moment fort qui a mené à la mise sur pied de l'ODSEF a été l'adoption de la Résolution sur la langue française, lors du Sommet de la Francophonie qui s'est tenu à Québec en octobre dernier. Une résolution qui, rappelons-le, encourage l'ensemble de la francophonie à poursuivre l'observation de l'usage de la langue française.
Au travail
«Ce qui est intéressant, souligne le professeur Marcoux, dans le cadre des travaux de cet observatoire, c'est que nous allons notamment accueillir ici les chercheurs de la Francophonie. Évidemment, il y en aura du Québec, et notamment ceux qui se spécialisent dans la sauvegarde du patrimoine démographique. Il y aura des historiens, des archivistes qui s'intéressent à la démographie linguistique ainsi que des spécialistes de l'Institut de la statistique du Québec et de Statistique Canada, entre autres.»
M. Marcoux précise que l'ODSEF va travailler en étroite collaboration avec l'Observatoire de la langue française de l'OIF, «qui a le mandat de produire aux deux ans un rapport sur l'état de la francophonie dans le monde. Nous allons donc rendre accessibles à cet organisme l'ensemble de nos observations et de nos études afin de compléter son rapport avec des sources pertinentes et fiables.»
L'Agence universitaire de la Francophonie jouera également un rôle majeur dans le cadre des travaux de l'ODSEF, ajoute M. Marcoux. «L'AUF a une vingtaine de réseaux de chercheurs. Nous allons passer par ces réseaux pour inviter les chercheurs à venir produire des études sur les dynamiques démolinguistiques. Et, dès cet été, on devrait justement accueillir des chercheurs du Mali, du Sénégal et peut-être aussi du Burkina Faso.»
Sauvegarder un patrimoine
Pour Richard Marcoux, la sauvegarde du patrimoine démolinguistique et d'autres documents qui témoignent du fait français dans le monde est une priorité. «Il est essentiel pour nous, en tant que chercheurs, d'assurer la sauvegarde des sources d'information qui nous permettent de rendre compte de l'état et de la diversité de la langue à travers le temps. Et c'est notamment dans cette optique que nous allons travailler au cours des quatre prochaines années.»
D'ailleurs, poursuit-il, l'expertise canadienne, et particulièrement celle du Québec dans le domaine de la recension des populations, servira à d'autres pays, nommément ceux de l'Afrique subsaharienne. «Vous savez, ajoute le professeur, nous avons des recensements datant de 1850. Nous détenons toute une expertise qui est reconnue partout; à tel point que le Québec est reconnu comme le paradis des études généalogiques!»
***
Collaborateur du Devoir
Le 9 avril dernier, l'Université Laval a inauguré l'Observatoire démographique et statistique de l'espace francophone (ODSEF). Cette initiative est financée à hauteur de 650 000 dollars sur une période de quatre ans, dans le cadre d'un partenariat avec le gouvernement du Québec (par l'entremise du ministère des Relations internationales), l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF).
L'Université Laval abrite l'ODSEF et en assure la coordination ainsi que la direction scientifique. Le Secrétariat à la politique linguistique du Québec y participera également en offrant son expertise en matière d'élaboration et de mise en oeuvre de politiques linguistiques.
Les études menées à l'Observatoire permettront de suivre l'évolution du français au sein des populations de la francophonie. Les résultats de ces travaux seront mis à la disposition de l'Observatoire de la langue française de l'OIF de façon à compléter, sur le plan démolinguistique, son tableau de bord de l'état du français dans le monde.
L'ODSEF a donc le mandat précis de produire des données scientifiques éprouvées sur l'état de la langue de Molière et d'assurer la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine démographique et statistique des pays francophones.
Naissance
La naissance de cet observatoire unique est le fruit d'une conjonction d'événements qui se sont succédé au cours des deux dernières années, explique Richard Marcoux, également professeur titulaire au département de sociologie de l'Université Laval et directeur des Cahiers québécois de démographie. Dans un premier temps, il y a eu l'adoption, par plus d'une centaine de chercheurs, de la Déclaration sur la sauvegarde et la mise en valeur des recensements africains.
«Cette déclaration a été adoptée ici à Québec en juin 2007, dans le cadre d'une conférence internationale sur la mémoire et la démographie que j'avais organisée. Et, ce qui s'en était dégagé, c'était l'écart qui existait en ce qui a trait aux sources d'information nécessaires pour être en mesure de situer la mémoire démographique des populations de la francophonie. En Afrique, on est en train de perdre, dans certains cas, toute trace des recensements datant des années 1960 et 1970», dit-il.
Deuxièmement, il y a eu la tenue à Paris, en juin 2008, du Séminaire international sur la méthodologie d'observation de la langue française dans le monde. «Cette rencontre a permis de réunir des spécialistes de la sociolinguistique et de la démolinguistique dans le but d'établir des orientations visant à circonscrire l'évolution du fait français à travers le monde.» Le troisième moment fort qui a mené à la mise sur pied de l'ODSEF a été l'adoption de la Résolution sur la langue française, lors du Sommet de la Francophonie qui s'est tenu à Québec en octobre dernier. Une résolution qui, rappelons-le, encourage l'ensemble de la francophonie à poursuivre l'observation de l'usage de la langue française.
Au travail
«Ce qui est intéressant, souligne le professeur Marcoux, dans le cadre des travaux de cet observatoire, c'est que nous allons notamment accueillir ici les chercheurs de la Francophonie. Évidemment, il y en aura du Québec, et notamment ceux qui se spécialisent dans la sauvegarde du patrimoine démographique. Il y aura des historiens, des archivistes qui s'intéressent à la démographie linguistique ainsi que des spécialistes de l'Institut de la statistique du Québec et de Statistique Canada, entre autres.»
M. Marcoux précise que l'ODSEF va travailler en étroite collaboration avec l'Observatoire de la langue française de l'OIF, «qui a le mandat de produire aux deux ans un rapport sur l'état de la francophonie dans le monde. Nous allons donc rendre accessibles à cet organisme l'ensemble de nos observations et de nos études afin de compléter son rapport avec des sources pertinentes et fiables.»
L'Agence universitaire de la Francophonie jouera également un rôle majeur dans le cadre des travaux de l'ODSEF, ajoute M. Marcoux. «L'AUF a une vingtaine de réseaux de chercheurs. Nous allons passer par ces réseaux pour inviter les chercheurs à venir produire des études sur les dynamiques démolinguistiques. Et, dès cet été, on devrait justement accueillir des chercheurs du Mali, du Sénégal et peut-être aussi du Burkina Faso.»
Sauvegarder un patrimoine
Pour Richard Marcoux, la sauvegarde du patrimoine démolinguistique et d'autres documents qui témoignent du fait français dans le monde est une priorité. «Il est essentiel pour nous, en tant que chercheurs, d'assurer la sauvegarde des sources d'information qui nous permettent de rendre compte de l'état et de la diversité de la langue à travers le temps. Et c'est notamment dans cette optique que nous allons travailler au cours des quatre prochaines années.»
D'ailleurs, poursuit-il, l'expertise canadienne, et particulièrement celle du Québec dans le domaine de la recension des populations, servira à d'autres pays, nommément ceux de l'Afrique subsaharienne. «Vous savez, ajoute le professeur, nous avons des recensements datant de 1850. Nous détenons toute une expertise qui est reconnue partout; à tel point que le Québec est reconnu comme le paradis des études généalogiques!»
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