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Écoles juives - Patience abusive

Marie-Andrée Chouinard   22 avril 2009  Éducation
Combien de fois devront-elles invariablement revenir dans l'actualité, ces écoles parallèles qui misent sur l'enseignement religieux au détriment du programme obligatoire, pour que les autorités osent enfin sévir?

Dans son rapport annuel tout juste publié, la Commission consultative de l'enseignement privé vise plusieurs établissements qui contreviennent, en tout ou en partie, aux normes ministérielles ou carrément à l'obligation de scolarisation édictée par la Loi sur l'instruction publique.

Radio-Canada a pointé dimanche le cas de l'Académie Yeshiva Toras Mosche, une école qui dessert à Montréal la communauté juive hassidique Satmar. On y prodiguerait un enseignement exclusivement religieux, et ce, en totale violation de la loi.

La Commission de l'enseignement privé a reçu une demande de permis de la part de cette école pour le primaire, une requête jugée irrecevable, car les «façons de faire de l'établissement» transgressaient les «exigences légales et réglementaires»: aucun enseignant ne détenait une autorisation d'enseigner; l'école comptait offrir uniquement de l'enseignement religieux en première année, et plus tard, seulement 20 % du contenu pédagogique exigé.

Le plus invraisemblable n'est pas la nature de la demande, formulée malgré cette suite d'entorses. Non, le plus inimaginable est le fait que l'école oeuvre à Montréal depuis... 1952.

Il en existe donc encore, et toujours, de ces écoles parallèles qui fonctionnent au vu et au su du gouvernement, ne promulguant par exemple que les lois de la Torah et du Talmud, sans égard pour le français, l'anglais, les sciences pures ou humaines. Elles donnent du fil à retordre à Québec qui, malgré de louables efforts pour établir un dialogue, n'ose jamais punir. Qui ne casse pas ce cercle de l'ignorance. L'État ne peut même pas brandir la menace financière: ces établissements ne sont pas subventionnés et survivent grâce aux dons des communautés qu'ils desservent.

Même s'il le pouvait, le ferait-il? Combien d'écoles privées subventionnées bafouant à leur manière et au nom de préceptes religieux les règlements pédagogiques de Québec ont-elles, un jour, eu la surprise de voir soit leur permis révoqué, soit leur subvention élaguée, voire refusée? Qu'on nous permette un doute: dans un dossier aussi délicat que celui des écoles juives, la crainte de froisser mène à la paralysie politique. À force de menaces jamais mises à exécution, l'engourdissement du ministère de l'Éducation est devenu risible.

Impuissant, espérant conserver un embryon de dialogue avec ces groupes isolés plutôt que d'envoyer des dizaines de jeunes hassidiques vers la non-fréquentation scolaire, l'État hésite à user de moyens légaux. Cette patience est exagérée. La loi est claire: tout Québécois a droit à une scolarité complète, quel qu'il soit.

C'est un régime de peur qui envoie des messages mitigés: entre autres, que l'État est tolérant au-delà de ce qui est permis, même de ce qui est prescrit par la loi. L'école, plus que tout autre milieu, a un devoir de démocratie jusque dans la formation qu'elle offre aux futurs citoyens. À qui doit-on le rappeler? À ces groupes rebelles ou au gouvernement?
 
 
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  • Georges Allaire
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 02h01
    Euh, de quoi s'agit-il?
    Quand on connaît la proximité des parents et des enfants, quand on comprend la responsabilité parentale, quand on connaît les fantaisies pédagogiques déconnectées que la bureaucratie étatique cherche à imposer, quand on se rend compte du vide mental d'une bureaucratie...

    d'où vient cette prétention de la structure finalement politique d'imposer à tout chacun son "éducation" personnelle et universelle à des enfants? N'a-t-on pas là une intolérance incompétente et irrationnelle qui souhaite mettre ses grosses bottes dans le carré de sable?

  • Pierre-R. Desrosiers
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 07h54
    Et si les talibans ...
    Cet éditorial, aussi modéré soit-il, vous vaudra d'être accusée d'antisémitisme par l'une ou l'autre des organisations juives. Si les talibans tenaient une semblable école au Québec ou ailleurs au Canada, la réplique de l'État (ou de la GRC) ne tarderait pas. Mais les Juifs, c'est autre chose. Le gouvernement a peur pour sa réputation. Mais les innombrables fonctionnaires du ministère de l'Éducation devraient peut-être se pencher sur un phénomène propre à cette école religieuse: le pourcentage de décrocheurs doit approcher zéro...

    Pierre Desrosiers
    Val David

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 08h00
    Où est le problème?
    Notre société d emarché et de virtuel nous dit "chacun pour soi". Avant de montrer du doigt cette communauté, pourquoi ne pas remettre en question notre culture moderne qui atomise toutle monde. Puis c'est pas mauvais qu'ils exprimentleur culture. Le respect avant toute chose car lorsque ces petits enfants grandissent, ils feront comme leurs parents, ils vivront en dehors de notre communauté occidentale. Où est le problème puisqu'ils sont déjà à l'écart. Va-t-on leur demander de quitter Outremont pour vivre parmi nous? Est-ce que c'est la question implicite de votre papier? Va-t-on leur demander de s'habiller comme nous et demander à leurs femmes d'enlever leur perruques en guise de Tchador? Je ne comprends pas votre papier.

  • arabe
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 08h59
    Question intéressante de M. Desrosiers
    M. Desrosiers demande: "quel est le pourcentage de décrochage dans ces écoles?" Il pressent que ce pourcentage est inférieur à celui qu'on retrouve dans les écoles dispensant l'enseignement prôné par le ministère de l'éducation. Pourriez-vous enquêter là-dessus, Mme Chouinard, afin de donner plus de contexte à votre éditorial?

    Avant d'être trop strict, il faudrait juger ces écoles aux résultats. Combien de leurs diplômés deviennent Hell's angels, pimps, trafiquants de drogues? Combien se suicident? Etc.

    Une comparaison d'ensemble pourrait être utile. Il est clair que ce type d'éducation les isole du reste de la société et que cela est un aspect négatif. Il est clair qu'on devrait les encourager à mieux connaitre la société environnante. Mais si ces écoles produisent moins de délinquants, il faut aussi en tenir compte.

  • Jacques Gagnon
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 09h52
    Hypocrites et profiteurs
    La seule et suffisante condition pour que ces gens, qu'ils soient de religion juive ou de n'importe quelle allégeance, puissent exercer leurs rites et croyances, c'est que tous ne soient pas comme eux.

    On pourrait alors les qualifier d'hypocrites et profiteurs car ils ne se gênent pas pour vivre dans un environnement qu'ils n'auraient pu construire eux-mêmes avec leur seule compétence religieuse. C'est le même genre d'hypocrisie que tous ces «critiqueux» du système capitaliste qui exigent des rendements de leurs REERs et qui militent pour sa destruction.

    La vérité, c'est que l'on ne peut vivre librement sous la gouverne de dogmes et d'idéologies, car la société est un équilibre qui s'établit entre les diverses tendances et la réalité quotidienne qui demande à ce qu'il y ait des gens qui font fonctionner le métro, le chauffage, etc... Toutes choses que nos amis juifs utilisent comme les autres sauf quand la Torah l'exige. Ils utilisent alors souvent de subterfuges pour la contourner.

    Qu'ils fassent ce qu'ils veulent mais ils ne vivent pas en dehors du temps et du lieu où ils sont. Ils doivent mettre de l'eau dans leur vin, comme tout le monde doit le faire sans exception.

    ..........

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 10h17
    Monde parallèle
    Cette communauté vit complètement à l'écart de notre société permissive et sans devoir envers quoi que ce soit. C'est à se demander si leurs BMW sont cacher... Complètement fermé sur elle-même et il faut se demander si il y a quelque chose à faire alors qu'Israël a le même problème. Y a-t-il un État dans le monde qui a su faire face à cette situation d'enfants et de communauté qui s'exclue de l'État. Paye-t-ils leurs impôts ? Ainsi ils sont d'aucun apport à leur société d'accueil.

    Claude L'Heureux, Québec

  • Gilles Beaudet Maison Marie-Victorin
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 11h19
    Deux poids, deux mesures...
    Étant donné le traitement dictatorial de la ministre Courchesne en ce qui concerne l'enseignement culturel des religions dans nos écoles fréquentées par des enfants de catholiques, on comprend l'inconfort que fait naître le passe-droit à l'égard de ces écoles d'autres religions,autant les juives que les islamistes dont l'article de Marie-Andrée Chouinard ne dit rien. Pourquoi s'acharner contre l'éducation catholique et se montrer si coulant pour les autres ?
    Par ailleurs, je doute que ces enfants ne reçoivent par une instruction de valeur tout en étant hors des programmes (peut-être) de notre ministère.

  • Gilles Delisle
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 12h04
    Le refus de s'intégrer.
    Ce n'est pas d'hier que des groupes de juifs refusent de s'intégrer à la société québécoise. Bien sûr, ils s'impliquent dans les conseils de ville ou dans les hautes sphères de la politique....lorsque leurs intérêts de groupe religieux le commandent! Maintenant, ils enseignent à leurs enfants à ne pas s'intégrer dans la société civile montréalaise, en les isolant du ministère de l'Éducation et de ses normes. Il faudrait peut-être y voir, avec nos valeureux ministres de l'Education et leurs fonctionnaires, qui ont laissé faire....depuis 1952, dans certains cas!

  • Gilles Delisle
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 12h40
    Bravo Mme Chouinard et haro sur les blogueurs à l'esprit tordu!
    Je vous félicite madame, de prendre position sur cette question des écoles juives non-conformes à la loi. Cependant, je trouve tout à fait scandaleux que des b logueurs québécois défendent l'indéfendable, le non -respect de la loi. La petitesse et la fermeture d'esprit atteignent ici, un sommet!

  • Daniel Valiquette
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 13h06
    Ensemble, c'est tout
    Moi ce sont les commentaires ici que je ne comprends pas. Pourquoi y aurait-il des exceptions à la loi sur l'éducation au Québec ? J'en suis certain, nous ne voulons pas davantage d'exclusion. Nous préférerions voir ces personnes se joindrent à nous. Pourquoi encourager ces gens à rester entre eux ? Nous ne pouvons, sur notre territoire, gratifier une culture de l'isolement plus longtemp encore. Plus longtemps encore que nous l'avons fait jusqu'ici. La loi doit être la même pour tous. Ces enfants devraient avoir une fenêtre d'ouverture envers la société qui est la leur, notre société québecoise !

  • alain lavoie
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 13h25
    application
    Il ne sert à rien de discuter des écoles juives (on voit le résultat) : il faut appliquer la loi, c'est tout.

  • Daniel Faucher
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 13h35
    Les grosses bottes de la bureaucratie?
    Après avoir lu les propos de monsieur Georges Allaire sur le « vide mental de la bureaucratie », en réaction à l'article de madame Chouinard intitulé « Écoles juives - Patience abusive », je me suis demandé si ce monsieur voulait nous démontrer la faiblesse de l'éducation qu'il a lui-même reçue et nous prouver, par là, qu'il valait mieux ne rien faire pour empêcher « ces écoles parallèles qui misent sur l'enseignement religieux au détriment du programme obligatoire », ainsi que l'écrit madame Chouinard,comme si ces écoles, finalement, n'étaient pas pire que celles dans lesquelles il a lui-même étudié.

    À ce compte, « vide mental d'une bureaucratie » pour vide mental, laissons aussi l'Autorité des marchés financiers ne rien faire contre ceux qui spolient les petits investisseurs, laissons faire ceux qui travaillent systématiquement au noir et ne payent pas leur part d'impôts, laissons continuer ceux qui blanchissent leur argent illicite dans les paradis fiscaux étanches, laissons ceux qui sont état d'ébriété circuler librement sur les routes p8ubliques, etc.

    Finalement, pauvres de nous qui n'avons pas encore compris que l'individualisme débridé, sous le couvert de la « responsabilité parentale » et de la fuite des « fantaisies pédagogiques déconnectées », est ce qui nous sauvera de l' « intolérance incompétente et irrationnelle qui souhaite mettre ses grosses bottes dans le carré de sable ».

    Le siècle des Lumières, c'était quand déjà ? Avant l'âge des cavernes ou après ?!

  • Amadeus Olivier
    Inscrit
    mercredi 22 avril 2009 13h42
    Intolérable inaction !
    Je ne suis par contre l'idée qu'une communauté désire avoir ses propres écoles où le programme éducationnel serait quelque peu différent de ce qui se fait traditionnellement ailleurs. Une chose est cependant certaine : la communauté juive est soumise à la loi québécoise, point final. Celle-ci vise, au sens large, à s'assurer que ce qui est enseigné aux enfants respecte les valeurs de notre société et les objectifs qu'elle désire voir atteindre en matière d'éducation. Ceci dit, on ne peut que convenir du fait qu'un enseignement strictement religieux, dans une autre langue que la langue officielle de surcroît, ne respecte en rien ce principe. Bref, cette tolérance ouvre la porte à la dérive en matière d'enseignement dits privés. L'État ne peut permettre ceci et se doit de faire respecter la loi.

  • Henri-Bernard Boivin
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 15h01
    Félicitations Mme Chouinard
    Vous avez eu le courage de dénoncer une situatin inacceptable, autre illustration de l'incurie de nos gouvernements dans ce domaine, comme en environnement et dans d'autres domaines. Il y a sûrement d'autres groupes religieux qui continuent de fonctionner semblablement en toute impunité. Les enfants victimes de ces formations à rabais auront raison d'en vouloir à notre société plus tard. Cessons nos comportements lâches et faisons respecter nos valeurs. Qu'il s'agisse d'enseignement public ou privé, nos enfants ont droit à des programmes équilibrés, à une formation qui les prépare à vivre dans un monde diversifié.
    Henri-B. Boivin

  • André Loiselet
    Abonné
    mercredi 22 avril 2009 17h16
    Peuple élu ?
    Il y des gens qui se drapent dans l'accusation d'anti-sémitisme pour n'en faire qu'à leur tête, et partout sur la planète. Le "peuple élu de Dieu" aurait-il le monopole de la vérité? Pourquoi ce lobby de privilégiés est-il si puissant en Amérique? C'est la deuxième fois connue que ce groupe religieux reçoit des fioles du bon Charest.

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