Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    La crise financière secoue aussi les universités québécoises

    3 avril 2009 |Clairandrée Cauchy | Éducation
    Photo: Jacques Grenier
    L'Université de Toronto est éprouvée par la crise financière. La caisse de retraite et le fonds de dotation de l'établissement ontarien ont enregistré une perte de 1,3 milliard en 2008, soit un rendement négatif de 30 %. Bien que moins dramatique, la situation est néanmoins préoccupante dans les universités québécoises, tant et si bien que les recteurs ont réclamé des assouplissements aux règles sur les régimes de retraite pour limiter les dégâts.

    Les universités québécoises n'échappent pas à la débâcle qui a frappé les marchés financiers. Les pertes enregistrées par les caisses de retraite préoccupent les chefs d'établissement universitaire, qui ont réclamé récemment des assouplissements au gouvernement afin de limiter les hausses de cotisation. Les fonds de dotation (où sont placés les dons) ont aussi fondu.

    En janvier dernier, la Conférence des recteurs et principaux d'université du Québec (CREPUQ) a effectué des représentations auprès du ministre de l'Emploi, Sam Hamad, afin d'assouplir les règles encadrant les régimes de retraite pour mieux amortir les pertes.

    Les universités demandent les mêmes assouplissements que ceux consentis cet hiver aux régimes complémentaires de retraite du secteur privé. Plus précisément, elles veulent effectuer l'analyse actuarielle du régime en se basant sur la valeur moyenne des actifs sur cinq ans, plutôt que sur l'estimation au moment de l'évaluation. Cette opération, appelée «lissage de l'actif», a été permise au début de l'année pour les régimes complémentaires de retraite privés.

    «Le ministre voit cela d'un très bon oeil. Un projet de règlement est d'ailleurs en préparation», précise l'attaché de presse du ministre Hamad, Alexandre Boucher.

    La mesure comptable est attendue dans le milieu universitaire, où la plupart des régimes de retraite sont dits «à prestation déterminée» plutôt qu'à «cotisation déterminée», ce qui signifie que de faibles rendements doivent éventuellement être compensés par des hausses de cotisation. «Cela va faire une différence, au moment d'effectuer l'évaluation actuarielle, le premier janvier 2011», note l'administrateur principal du régime de retraite à l'Université Concordia, Marc Gauthier. Le régime de Concordia a essuyé une perte de 130 millions en 2008, ce qui correspond à 20 % de l'actif.

    Même son de cloche à l'Université de Sherbrooke, où la perte s'établit à 17 %, soit un peu moins de 100 millions. «Si les marchés ne se sont pas rétablis d'ici décembre 2010, il faudra augmenter la cotisation de l'employeur et éventuellement celle des employés de façon significative», a fait valoir le vice-recteur à l'administration et au développement durable, Alain Webster, précisant que cela pourrait grever le budget de quelques millions par année. Le vice-recteur Webster espère lui aussi que les mesures d'assouplissement demandées à Québec permettront d'atténuer le choc, si les marchés n'ont pas augmenté suffisamment d'ici là.

    Dans le réseau de l'Université du Québec, on estime que le «lissage» des actifs sur cinq ans permettrait d'amortir suffisamment la perte de 18 % enregistrée en 2008 pour éviter une hausse des cotisations, fait valoir le porte-parole du régime, Richard Laflamme.

    Plusieurs universités, dont l'Université Laval et l'Université de Montréal, n'étaient pas en mesure de dévoiler précisément l'état des pertes pour l'année 2008. L'Université McGill est quant à elle peu affectée au chapitre de la caisse de retraite, puisque le régime n'est pas tenu de verser une somme précise aux retraités (régime à cotisation déterminée).

    Quoi qu'il en soit, la situation dans les universités québécoises ne semble pas aussi inquiétante qu'à l'Université de Toronto, où le fonds de dotation et le régime de retraite ont enregistré une perte de 1,3 milliard, soit 30 % de l'actif. C'est d'autant plus grave qu'à l'Université de Toronto les bénéfices du fonds de dotation servent à payer une partie du salaire des professeurs.

    Fonds de dotation

    L'université québécoise qui détient le plus important fonds de dotation, l'Université McGill, a pour sa part perdu 180 millions en 2008, sur un actif total de 900 millions (20 %). «En théorie, cela ne veut pas nécessairement dire que la somme versée pour le fonctionnement de l'université va être réduite. Il faut regarder les rendements sur une période plus longue», explique le vice-recteur à l'administration et aux finances, François Roy.

    «Quand on se compare, on se console. Contrairement aux universités ontariennes, nos salaires ne dépendent pas du fonds de dotation», fait pour sa part valoir la porte-parole de l'École des hautes études commerciales, Kathleen Grant, où la perte dans le fonds de dotation s'établit à environ 18 %.

    À l'Université de Sherbrooke, où les rendements oscillent entre -6 % et -15 %, on précise que la marge de manoeuvre pour des projets particuliers est moins importante, mais l'impact demeure limité.

    À l'Université de Montréal, où environ 1 % du budget de l'université provient du fonds de dotation, on estime que les pertes ne devraient pas affecter le fonctionnement. On n'était cependant pas en mesure de préciser l'ampleur des dégâts.












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.