mardi 9 février 2010 Dernière mise à jour 08h40


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Décrochage scolaire - La cour des parents

Roulement de tambours! Dans l'espoir de freiner la désertion des classes, les libéraux ajoutent des grenailles à la cagnotte dépensée pour lutter contre l'abandon scolaire, égratignant au passage les parents... décrocheurs.

Cela revêt toutes les allures d'un constat d'échec: lorsque l'État a déployé en vain ce qu'il croit être toutes ses ressources, et que le tiers des jeunes désertent toujours l'école, que fait-il? Il cherche un coupable.

Le fautif à la mode, c'est le parent. Le parent décrocheur. Celui qui a baissé les bras, ne croit pas à la réussite scolaire, exige de l'école qu'elle lui modèle un parfait petit écolier sans histoire, demande que l'on ne fasse pas de lui un associé qui poursuit à la maison ce qui est entrepris en classe.

Voilà ce que l'on décode du message livré la semaine dernière par le premier ministre Jean Charest, alors qu'il dévoilait la Stratégie d'action jeunesse 2009-2014. Québec ajoute, bien sûr, 5 millions aux 900 qu'il dépense déjà dans l'espoir de cramponner des jeunes à l'école. Tant et aussi longtemps que les méthodes actuelles de lutte contre le décrochage n'auront pas été sainement évaluées, ce financement à l'aveugle semblera bien vain.

M. Charest insiste en outre sur l'importance de faire de la réussite l'affaire de tout le monde. On ne peut lui reprocher cet élan du coeur. Le succès fulgurant de l'expérience saguenéenne, où d'inquiétants taux d'abandon scolaire ont décliné, repose justement sur une prise en charge collective.

Il y avait toutefois dans son appel à la responsabilité une pointe accusatrice déplorable. Rappelons-le: les parents ne sont pas tous issus de la même... école. Les «parents performants», dont le club ne cesse de grandir, méritent peut-être quelque blâme pour n'avoir pas compris que l'école ne peut jouer les rôles de gardienne, d'éducatrice et de psychologue à la fois tout en retenant tous ses protégés.

Mais à côté de cette cour, un groupe de parents fantômes cause des torts irréparables, et ce, bien malgré lui! Ce sont les décrochés de la réussite, eux-mêmes anciens déserteurs de l'école. Ceux-là abhorrent le terrain scolaire, qui les renvoie à de sombres souvenirs. Dans les milieux défavorisés, où les taux d'absentéisme sont affolants, ces parents excusent tout bonnement l'école buissonnière de leur enfant, se moquant de l'importance de l'école.

Or, les études le confirment: la défavorisation et la sous-scolarité des parents sont d'excellents indicateurs du décrochage. On ne gagnera rien à sermonner ces ex-décrocheurs, qui ne participent pas aux réunions d'école, boudent les bulletins et n'associent l'enseignant qu'à un oiseau de malheur distribuant les mauvaises notes.

L'école communique encore bien mal avec les parents en général, et avec ceux-là, indifférents à ses efforts, encore moins bien. C'est pourtant sur eux qu'elle devrait peut-être jeter son dévolu — et une partie de ses ressources! L'école ramera toujours à contre-courant si ses miracles accomplis en classe sont anéantis à la maison par l'indifférence parentale. Le Rapport Ménard, qui a récemment présenté sa recette antidécrochage, vante des expériences inspirantes, à Chicago ou Minneapolis. Là-bas, on multiplie les visites à domicile et les activités d'encadrement des parents plutôt que de distribuer les griefs.

Le Québec souffre, il est vrai, d'un grave problème de valorisation de la réussite en général, de l'école en particulier. Ce mépris — et la désaffection qui en découle — doit être combattu à sa source, dans le giron familial, où l'élève puise ses raisons de motivation ou d'apathie. Il s'agit là d'un immense défi, qui demande que l'État voie la famille comme un partenaire plutôt que de se répandre en réprimandes contre elle.

machouinard@ledevoir.com






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Michel Simard
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 02h29
    Un gouvernement incapable
    Jean Charest n'a rien à offrir pour améliorer l'éducation au Québec. À l'instar de tous les autres échecs de ce gouvernement, il n'y a rien à attendre de cette bande d'incapables.

  • Pierre Toussaint
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 05h24
    L'État doit donner à l'école les conditions de réussir
    Actuellement, les classes sont surchargées (35 élèves au secondaire et une trentaine au primaire selon le cycle (2e et 3e). De plus, on intègre des élèves qui ne devraient pas l'être, à cause de problèmes graves d'apprentissage ou de difficultés importantes et des problèmes de comportement.

    Il est vrai que les parents doivent jouer leur rôle dans la réussite scolaire de leurs enfants. Dans certains milieux, les parents font de leur mieux. L'École sans suppléer à la famille doit pouvoir compenser pour certaines carences vécues par des adolescents, surtout en milieu défavorisé. Il ne suffit d'avoir des enseignants dans les classes, il faut que toutes les conditions soient réunies pour favoriser la réussite du plus grand nombre. Les enseignants sont au bout du roulot, très fatigués avec une lourde tâche et peu support pour faire face à des groupes d'élèves de plus en plus difficiles. Ce qu'il faut, c'est un plan national pour le décrochage scolaire, pardon, un plan pour la persévérance et la réussite scolaires. Il faut prévenir le décrochage scolaire et éviter de mettre de l'argent quand il est souvent trop peu et trop tard.Une des mesures préconisées, la réduction du nombre d'élèves par classe. Une réduction significative d'environ 30 % devrait aider. Il ne faut las sous-estimer le facteur socio-économique. Malheureusement, les élèves qui proviennet de milieu défavorisé sont plus à risuq que les autres. Alors, M. Charest, est-ce la faute des parents s'ils sont pauvres? Il faut donc compenser dans certaines situations.L'école doit avoir les moyens de faire réussir.

    Pierre Toussaint
    437 Portneuf
    Longueuil, Qc

  • Jacques Thibodeau
    Inscrit
    mardi 31 mars 2009 08h11
    Décrochage et parents fantômes
    Je ne suis malheureusement pas étonné de constater ces résultats. Le premier ministre blâme les parent de ne pas décrocher et en meme temps, l'état paye des garderies qui assistent les parents dans leurs tendance à emputer l'enfant de leur milieu familiale dès la tendre enfance.
    Les parent doivent travailler tout les deux, soit disant pour joindre les deux bout en fin de mois. Pendant ce temps l'enfant laisser à lui même avec des "étranger" ne construit pas ses liens familiaux normaux. Il est abandonné pendant huit heures par jour et se retrouve en fin de journée avec des parent fatiguer qui ne pensent qu'à une soirée de repos bien mérité.
    Hors, lorsque ces enfants arrivent à l'école, les parent devraient se muter, comme par magie en soutient à l'enseignement avec des enfants qu'ils ne connaissent que trop peu et avec lesquels ils n'ont pas vraiment eu le temps d'établir une complicité positive.
    Plusieurs de ces parents travaillent au salaire minimum. Plusieurs d'entre eux accepteraient,pour le montant verser par enfants aux garderies, d'élever leur bout de choux au moins jusqu'à l'âge scolaire. Ceci amènerait une baisse de décrochage et des enfant qui seraient en meilleure équilibre psychologique. Ceci accompagner de l'assistance à domicile pour les cas problèmes conduirait nos futurs adulte à assumer leurs responsabilités futures.

  • Jacques Giguère
    Inscrit
    mardi 31 mars 2009 09h07
    Le Québec souffre, les parents aussi
    Bravo pour votre texte, vous avez très bien expliqué la situation. C'est vrai qu'il est très difficile d'aider nos jeunes a ne pas décrocher de l'école. J'aurais tellement aimé que mes propres enfants puis allez à l'université, mais il ma été impossible de réussir a les convaincres alors que moi je n'ai en fait qu'une 8ème année d'enfer a l'école.

    J'ai 55 ans et les seuls souvenirs que je retiens ne sont vraiment pas explicable ici, avec les années de recule je constate que j'aurais dû comprendre et persévéré.

    Nous avons 4 enfants, mon épouse n'a pas eu a travailler à l'extérieur de la maison, car j'ai très bien gagner ma vie comme routier.

    Reste que mon plus gros problème est toujours l'écriture, ne pas savoir lire et écrire ma hanté toute ma vie, j'ai du faire 80h la semaine, pour arrivé au même salaire qu'une personne instruite. J'ai expliqué cela des milliers de fois a mes enfants. Comme disais ma mère ça passe par un oreille puis sa sort par l'autre. J'ai été déçu de leurs manque de volontés.

    Ma dernière aura 17 ans cette année, elle ma dit qu'elle décroche et retournera au adulte dans 1 ans, j'ai même pas pu en sauvé une seule.

    J'ai dû accepté mon manque d'éducation. Elles ont vu ma propre misère,de ne pas avoir de temps.

    Mais ça na rien changer.

  • marie-claude leclerc
    Inscrite
    mardi 31 mars 2009 10h58
    Des stages ?
    Il faudrait que les dirigeants voient la réalité de près. Des immersions dans les milieux défavorisés pourraient leur ouvrir les yeux sur la pauvreté. La lecture de rapports ne suffit pas pour saisir l'ampleur du problème. Quand on a devant les yeux des enfants au ventre vide le matin, qu'on entend les ventres gargouiller, que l'on sent le désarroi et la détresse familiales dans les yeux cernés et les comportements amorphes ou agressifs, on sait qu'il y a des problèmes à la base à régler avant de penser à la réussite scolaire. La pauvreté est un cercle vicieux dont il est difficile de sortir. Quand les besoins de base sont insuffisants, l'éducation n'apparaît pas comme une priorité même si elle est nécessaire. Il faut beaucoup de courage aux parents démunis pour valoriser l'éducation et mettre les bouchées doubles et triples pour y arriver. C'est un travail constant quand tout n'est pas acquis (une certaine aisance économique) et que les préoccupations de survie grugent les ressources vitales pour atteindre un objectif d'avenir plus prometteur.

  • Svetozar Vesic
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 11h06
    décrochage de l'école
    Ceux qui ont des enfants et qui trouvent toutes sortes de raisons pour ne pas s'occuper de leur avenir tout en accusant la terre entière de leur échec alors qu'ils préfèrent mettre leurs pieds sur la table le soir après le travail en compagnie d'une bonne bière et d'un match de hockey n'ont pas droit de parole. Que l'on soit éduqué ou peu, notre devoir et notre responsabilité est de soutenir nos enfants. Demander de l'aide au voisin, à la famille, à l'école, trouver des aides pédagogiques pas chères, se plier en quatre pour aider son enfant n'est peut-être pas facile, mais ne rien tenter et laisser faire en chialant que tout va mal est hypocrite.
    Seulement, lorsque l'école ne fait pas sa part, il n'y a pas de miracle : mes deux ados en 3ème et 5ème sec. ne sont pas vraiment "torturés" à l'école. Peu ou pas de devoirs, peu d'avancement dans les matières alors qu'il y a un cursus scolaire à respecter, sempiternelles révisions de notions déjà revues trois fois, profs absents et remplaçants éternels qui ne veulent pas s'investir, et j'en passe.

    Ma plus âgée n'a pas cru bon d'aller en cours ce matin; "pourquoi?" lui ai-je demandé. "C'est platte, on regarde "Ère de glace"... "

  • Denise Thériault
    Abonnée
    mardi 31 mars 2009 11h21
    Parents bienvenus à l'école?
    La dernière idée "à la mode" dans la lutte au décrochage, c'est de blâmer les parents. Plus ou moins ouvertement, selon le "beau parleur" en cause. Je suis retraitée de l'enseignement; j'ai passé plus de 40 ans de ma vie dans les écoles, comme enseignante, orthopédagogue, consultante en rééducation et comme coordonnatrice des services d'adaptation scolaire. Il est vrai que les parents d'enfants en difficulté scolaire sont souvent des parents qui ont eux-mêmes vécu des difficultés à l'école. Y retourner ramène à la conscience des souvenirs parfois douloureux. L'accueil qu'ils y reçoivent la plupart du temps n'a rien pour atténuer ces souvenirs. À côté d'eux, dans le "box des accusés", il y a aussi les parents qui questionnent trop, qui veulent savoir comment leur enfant a pu obtenir telle ou telle note, comment on évalue telle ou telle "compétence" etc. Le gouvernement pourra mettre tous les millions qu'il veut sur la table; ce n'est pas avec de l'argent qu'on change des attitudes d'enseignants qui croient tout connaître mieux que les parents.

    En écoutant tous ces discours, répétitifs à souhait depuis 25 ans, je n'ai pas entendu très souvent les jeunes eux-mêmes parler de leurs raisons de quitter l'école. Un bon nombre pourrait vous dire tout simplement que l'école, "c'est plate". Et ils ont raison. Les enseignants qui se sont adaptés aux technologies modernes dont les jeunes sont si friands sont encore et toujours très rares. Trop d'enseignants enseignent encore, surtout au secondaire, avec leurs livres, leurs photocopies "remâchées" d'année en année, leurs exercices écrits ad nauseam, alors que les jeunes se baladent sur Internet et y découvrent tant de choses plus intéressantes et plus "à jour".

    Les enseignants qui réagiraient à mes propos m'accusant "de les dénigrer" comptent sans doute dans le faible pourcentage de ceux qui ont évolué avec les jeunes. Malheureusement ils ne sont pas assez nombreux.

    Denise Thériault
    Gaspé

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mardi 31 mars 2009 12h34
    Charest une réussite !
    À lire Mme Chouinard, le Québec est une véritable réussite de par tous ces diplômés de l'école publique qui en font un exemple pour le reste du monde.

    Où est le problème ?

    Un bon tiers des Québécois refusent de participer à cette réussite québécoise en se privant du génie grâcieusement et gratuitement offert par les diplômés du Ministère de l'Éducation du "successful" Quebeck.

    Ces pauvres, économiquement et intellectuellement, ne veulent pas devenir des réussites comme ces exemples que sont Charest, le couple Bouchard-Taylor, les plannificateurs du CHUM, Claude Chagnon, Regis Labaume, André Arthur, et tant d'autres.

    Ce qu'il faut c'est former des milices d'État pour faire des incursions dans les chaûmières du Québec pour s'assurer que les parents se dévouent au succès provincial québécois et pourquoi pas récompenser les élèves qui font rapport sur les faiblesses de leurs parents.

    Pourquoi pas des goulags dans le Labrador ?

  • Eric Allard
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 12h48
    Qu'est-ce qu'un groupe?
    Je crois que M. Toussaint a mis le doigt sur deux des plus gros bobos de l'école québécoise, soit le nombre d'élèves par classe, et l'intégration.

    Un professeur ne peut pas donner autant d'attention individuelle aux enfants qui éprouvent plus de difficultés avec une classe de 35 élèves qu'il ne le pourrait dans une classe, dison, de 27 élèves. Est-ce rêver que de réduire les dépenses en enseignement ailleurs afin d'engager plus de professeurs? Au Québec, on le sait, les structures sont lourdes. Et sans aller jusqu'à prêcher systématiquement l'élimination des commissions scolaires, pourquoi ne pas s'attaquer à cette lourdeur administrative?

    De plus, on a forcé l'intégration des élèves en difficulté lourde dans les classes régulières en même temps qu'on coupait dans l'aide à ces mêmes élèves. Je me dois de m'insurger contre cette façon de faire. On ne doit pas oublier une loi fondamentale, soit qu'un groupe ne peut aller plus vite que ses éléments les plus lents. C'est dommage, mais c'est la réalité. Et l'une des raisons de décrochage est justement le manque de stimulation.

    On sait qu'une grande portion des décrocheurs ne sont, pas comme certains le pensent, des élèves qui ont de la difficulté à suivre. Bien au contraire, ce sont des élèves qui comprennent très rapidement, et ont un besoin constant d'être stimulés. Alors lorsqu'un enfant vous dit qu'on n'apprend rien à l'école, il faut décoder: "Je n'ai pas besoin de passer une semaine sur un sujet que j'ai compris en deux heures."

    Donc, comme une autre intervenante le disait, avant de lancer plus d'argent par les fenêtres sur l'avis de spécialistes qui ont tous leur opinion, pourquoi ne pas aller à la source et demander aux décrocheurs ce qu'on pourrait faire pour les intéresser à l'école.

    Eric Allard

  • Nicole Morin
    Abonnée
    mardi 31 mars 2009 13h02
    S.V.P. un support mieux organisé pour l'aide aux élèves en difficultés
    C'est simple pourtant: pas de plus de 28 élèves par classe, un support aux professeurs pour tous les enfants qui présentent des retards dès le primaireet jusqu'au secondaire, une rencontre/évaluation des enseignants avec objectifs à atteindre, la cessation des subventions au privé pour l'investir au public,l'exigence pour que les enseignants assis sur leur ancienneté et ayant un comportement démotivé modernisent et enrichissent leur enseignement. Sur un registre plus large j'ai une suggestion qui sera jugée utopiste probablement: les ministères de l'éducation et de la santé devrait être dépolitisé;pas de ministre avec des agenda politique à défendre et qui change à un rythme effréné mais plutôt des spécialistes en poste fixe(je n'ai pas le temps ici d'élaborer et je vois bien toutes les embûches possible)
    Je suis infirmière scolaire et je dessert à la fois une école secondaire francophone surpeuplée ou 47,5% des élèves de troisième secondaire sont dans des classes appellées "adaptation scolaire"!!!! Cette polyvalente en côtoie une anglophone moins peuplée(19%d'élèves en difficulté) et où je fais affaire avec une adjointe super disponible et impliquée alors qu'à l'école francophone je peine à rencontrer une secrétaire qui me fait sentir que je la dérange et que sa dir. adjointe ne répond jamais à mes appels ou mes courriels. Dans le même souffle j'offre les services de vaccination dans une école privée du même secteur. J'observe là toute l'attention que ces élèves reçoivent, l'impression que tout y est sous contrôle et plus harmonieux. Ce que je veux mettre en relief ici c'est la désorganisation de la polyvalente francophone par manque de locaux, manque de support (trop d'élèves par direction et par classe). L'embrayage est enrayé et on ne voit pas le jour ou quelqu'un va le réparer.

  • Jasette
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 13h34
    L'argent ne règle pas tout.
    Vous connaissez l'histoire de l'enfant problème dont les parents à chaque fois, pour l'amadouer, lui donnait des sous? Un peu regrettable à dire, mais c'était pour les parents une façon un peu simpliste de se débarrasser du problème. Ils avaient décidé de mettre un couvert sur le problème. L'enfant problème a donc toujours continué de plus belle. Supposons que nos politiciens actuels soient les parents de cette histoire, que l'école et les familles soient l'enfant problème, c'est la même chose qui se produit.

    Le véritable problème est dans la communication entre les parties et aussi d'installer un climat de solidarité entre les familles et l'école. Socialement parlant, on devrait favoriser un sentiment d'appartenance entre les citoyens, dans un but communautaire et constructif. Communautaire, le bien vilain mot qui peut faire peur à l'individualisme qui règne en maître dans une société qui se donne des airs en fredonnant toujours le même refrain capitaliste. L'argent uniquement, et la parade qui l'accompagne, ne règle pour ainsi dire absolument rien.

    Jacques Morissette (Montréal)

  • Noella Beauchesne
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 14h19
    Les vrais décrocheurs?
    Les parents qui envoient leurs enfants à l'école privée sont les vrais décrocheurs. Ce sont des déserteurs. C'est le chacun pour soi. J'ai les moyens, que les autres s'arrangent. On abandonne le système public à cause de certaines lacunes, plutôt que de s'impliquer à l'améliorer.
    En Ontario le système privé est presque inexistant et le décrochage y est inférieur.
    La ministre de l'éducation ne favorise pas la mixité. Vous voyez le résultat. Les bons avec les bons, les moyens avec ... Pourtant, nous ne voulons pas une société faite de ghettos.
    Alors, ramenons tous les jeunes au public pour que les meilleurs puissent entraider leurs camarades qui en ont besoin. Qu'en je pense qu'une école privée près de chez moi ramasse des fonds dans la communauté pour un voyage d'entraide dans un pays défavorisé. Il faudrait commencer par s'entraider ici même. Ça commence par la solidarité.

    JCMongeau

  • Michel Galarneau
    Abonné
    mardi 31 mars 2009 16h21
    Cest si simple.
    Sans attestation pas de travail,point à la ligne.Pour travailler au Quebec.

  • Sylvie Robert
    Inscrite
    mardi 31 mars 2009 20h59
    Intention noble, communication en détresse monsieur le Premier Ministre
    Je fais partie de la masse des parents d'adolescents. Et oui, j'arrime un travail à temps plein très exigeant à toutes les responsabilités de parent malgré mon statut monoparental, le père ayant déserté depuis longtemps. Pour ma part, je considère que l'adolescence est l'étape la plus importante dans la construction de l'adulte en devenir. Et non, ça ne se fait pas tout seul et ça ne se fait pas non plus à travers les jugements de valeurs.

    Et bien, parlons-en d'adolescents en difficulté. Parce que j'avais très hâte qu'on y arrive, qu'on le constate, qu'on parte quelque part, même si ce départ est très maladroit de votre part Monsieur le Premier Ministre. J'en ai vu beaucoup autour de moi des adolescents en difficultés scolaire, psychologique - de plus en plus fréquent -.

    La semaine dernière, je répondais à mes ados et à leurs amis découragés de la vie, de son rythme. Ils qui se demandaient comment ils pouvaient envisager une vie d'adulte harmonieuse quand tout est aussi merdique. Ils veulent le respect, pas celui qui passe par la peur et la répression et auquel ils ne répondent plus. En surface, on pourrait dire que ça fait partie de l'adolescence de se construire un programme personnel à partir de ce que l'on a reçu ou de ce que l'on reçoit de l'extérieur. Pour ma part, ce n'est que la réalité des perceptions.

    Je les ai tous écoutés. J'ai attendu que le dernier sèche ses pleurs.

    C'est là que j'ai pu faire la différence en proposant une autre perception par la déprogrammation. Oui, la déprogrammation. Un antivirus efficace! Je leur ai dit simplement ceci : la vie, c'est un privilège de se réaliser à partir de tous les talents que nous avons reçus à découvrir et à offrir et qui guideront nos choix tout au long de notre vie. Les adultes sont là pour vous guider et vous accompagner dans ce processus de réalisation. Le vrai travail, c'est de se construire soi-même à petits pas et de faire des choix en apprenant de ses erreurs. Ça commence par le respect. Le respect de la personne et de sa différence; les empreintes digitales uniques.

    Une tape dans le dos en guise de reconnaissance ne suffit pas à cet âge. Plus aujourd'hui. Ils ont besoin de guides parfois silencieux, parfois impuissants, parfois actifs qui les accompagnent dans la construction de leur estime de soi pour devenir des adultes responsables d'eux-mêmes, avec ce qu'ils sont.

    Les adolescents sont technos, utilisent et maîtrisent une foule d'outils de communication dernier cri. Bref, ils sont stimulés formidablement. À l'école, on leur propose le coffre à crayons, les duo-tang, les feuilles mobiles et une salle d'ordinateurs bien souvent désuets.

    C'est une histoire de fond et de fonds tout autant.

    Je vous pardonne Monsieur le Premier Ministre, vos intentions étaient nobles, l'erreur est alors permise.

    Sylvie Robert

  • Hélène Naud
    Inscrite
    mardi 31 mars 2009 21h49
    Et les programmes?
    Les programmes scolaires répondent-ils aux besoins des élèves? Une question rarement posée...

  • Philippe Pelletier
    Inscrit
    mercredi 1 avril 2009 08h38
    Et pourtant c'est possible
    Plutôt que de chercher des coupables (le sport favori de ceux qui se sentent incapable d'agir) nous pouvons prévenir le décrochage scolaire qui se produit dans les faits au premier cycle du primaire.

    Nous les voyons sortir au secondaire tout simplement parce que la loi exige que le jeune fréquente (soit présent à) l'école jusqu'à l'âge de 16 ans. Demandez aux enseignants quel est le pourcentage d'élèves qui ont décroché et qui sont plus ou moins présent physiquement et mentalement dans une classe typique. Le pourcentage sera sensiblement le même que celui du décrochage.

    Il y a un programme de prévention qui est réussit à faire toute la différence dans les quartiers Notre-Dame-de-Grâce et Côte-des-Neiges depuis 4 ans maintenant. HIPPY-Montréal encadre des parents qui ont besoin d'un soutien particulier pour aider leurs enfants à mieux réussir à l'école. Et ça marche !

    Si je vous propose d'aller au moins y jeter un coup d'oeil virtuel au http://www.centreforliteracy.qc.ca/projects/hippy- et voir comment faire la même chose dans votre quartier ou votre village, irez-vous voir au moins voir comment ça marche. Ou avez-vous déjà décroché vous-même du décrochage scolaire?

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
16 réactions
0 vote
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
© Le Devoir 2002-2010