Stratégie jeunesse - Échec au décrochage scolaire
Québec et la fondation Chagnon investissent 50 millions pour encourager les jeunes des régions à rester sur les bancs d'école
Photo : Agence Reuters
Le gouvernement rendait publique hier sa stratégie d'action jeunesse pour la période de 2009 à 2014, intitulée Enrichir le Québec de sa relève. Le document recense les mesures pour les jeunes ayant trait à la réussite scolaire, à l'intégration en emploi, à la santé, à l'entrepreneuriat, au développement durable et au développement des régions ainsi qu'à la diversité culturelle.
Québec fait de la lutte au décrochage la mesure phare de sa nouvelle stratégie jeunesse, dévoilée hier. Le gouvernement investira 5 millions par année pendant cinq ans, un montant qui sera doublé par un investissement équivalent de la fondation Lucie et André Chagnon pour soutenir la mobilisation des régions en ce qui a trait à la persévérance scolaire.
Il faut désormais viser d'abord et avant tout les parents, a fait valoir le premier ministre, qui cherchait vraisemblablement à modérer les transports quant à l'ampleur du problème. «On a beaucoup travaillé sur les profs, sur les écoles, sur ceux qui gèrent les écoles, sur les commissions scolaires, le gouvernement, il faut aussi que l'on s'adresse directement aux parents, qui sont les premiers concernés par l'éducation de leurs enfants», a fait valoir M. Charest lors du lancement de la stratégie jeunesse 2009-14, qui avait lieu au Centre jeunesse de Montréal.
Las de se faire rappeler les taux endémiques de décrochage — seulement 69 % des Québécois de moins de 20 ans ont un diplôme en poche — le premier ministre a désigné le Québec comme un «champion» du raccrochage puisque 86 % des Québécois, tous groupes d'âge confondus, sont diplômés.
Dans son rapport sur le décrochage scolaire rendu public il y a moins de deux semaines, le comité mis sur pied par le banquier et philanthrope Jacques L. Ménard estimait qu'il faudrait à terme entre 137 et 237 millions par année pour espérer faire bouger significativement l'aiguille du décrochage et atteindre un taux de diplomation de 80 % à l'âge de 20 ans.
Refusant de préciser si d'autres investissements gouvernementaux sont à prévoir dans la foulée du rapport Ménard, le premier ministre a rappelé que le gouvernement consacre déjà quelque 900 millions par année pour encourager la persévérance scolaire, notamment en diminuant le nombre d'élèves par classe, avec l'aide aux devoirs, le soutien aux écoles de milieux
défavorisés...
Dans la continuité
Il s'agit là de la principale nouvelle mesure de la stratégie jeunesse, qui comporte 50 millions en argent neuf répartis sur cinq ans. Cette somme s'ajoute aux 2 milliards déjà consentis à des programmes jeunesse dans les ministères. C'est que la stratégie jeunesse 2009-14 s'inscrit dans la «continuité» de la stratégie 2006-09, plusieurs mesures ayant été reconduites.
C'est notamment le cas pour le soutien à des programmes tels Place aux jeunes, qui vise le retour des jeunes en région, Idéo 16-17, pour aider les jeunes à se prendre en main, ou encore pour le maintien des fonds jeunesse régionaux. Québec bonifie par ailleurs les programmes de stages internationaux et aidera davantage les jeunes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.
Les réactions sont partagées devant l'annonce gouvernementale. Plusieurs saluent la reconnaissance de leurs initiatives, telles Place aux jeunes, les Centres jeunesse, ou encore le réseau des Carrefours jeunesse emploi.
L'instigateur du comité d'action sur le décrochage, Jacques L. Ménard, voit dans l'annonce et tout particulièrement dans le partenariat avec la fondation Chagnon pour soutenir des initiatives régionales pour accroître la persévérance scolaire, «un pas important» vers l'atteinte de son objectif d'accroître à 80 % le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires d'ici 2020.
Le sourire des uns attire cependant le sarcasme des autres. La Centrale des syndicats du Québec estime que le gouvernement «refile au privé» et à ses «mécènes milliardaires» la responsabilité de lutter contre le décrochage. «Tant que le gouvernement refusera de s'attaquer à certains défis vécus dans l'école québécoise, tels que la concurrence entre les établissements public/public et public/privé, les pratiques de sélection entre les écoles et l'intégration des élèves en difficulté, il manquera la cible», a tonné le président de la CSQ, Réjean Parent.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) était quant à elle ambivalente. D'un côté, elle se réjouit de voir le financement de programmes et d'organismes jeunesse maintenus en dépit des difficultés économiques. «On aurait pu craindre que cela passe dans la moulinette», a fait valoir le président de la FEUQ, David Paradis. Mais de l'autre, la FEUQ se désole de l'absence de bonification de l'aide financière aux études et tout particulièrement du refus du gouvernement de cesser de déduire une portion des pensions alimentaires versées aux mères monoparentales (pour les besoins de leurs enfants) du calcul des prêts et bourses.
Québec fait de la lutte au décrochage la mesure phare de sa nouvelle stratégie jeunesse, dévoilée hier. Le gouvernement investira 5 millions par année pendant cinq ans, un montant qui sera doublé par un investissement équivalent de la fondation Lucie et André Chagnon pour soutenir la mobilisation des régions en ce qui a trait à la persévérance scolaire.
Il faut désormais viser d'abord et avant tout les parents, a fait valoir le premier ministre, qui cherchait vraisemblablement à modérer les transports quant à l'ampleur du problème. «On a beaucoup travaillé sur les profs, sur les écoles, sur ceux qui gèrent les écoles, sur les commissions scolaires, le gouvernement, il faut aussi que l'on s'adresse directement aux parents, qui sont les premiers concernés par l'éducation de leurs enfants», a fait valoir M. Charest lors du lancement de la stratégie jeunesse 2009-14, qui avait lieu au Centre jeunesse de Montréal.
Las de se faire rappeler les taux endémiques de décrochage — seulement 69 % des Québécois de moins de 20 ans ont un diplôme en poche — le premier ministre a désigné le Québec comme un «champion» du raccrochage puisque 86 % des Québécois, tous groupes d'âge confondus, sont diplômés.
Dans son rapport sur le décrochage scolaire rendu public il y a moins de deux semaines, le comité mis sur pied par le banquier et philanthrope Jacques L. Ménard estimait qu'il faudrait à terme entre 137 et 237 millions par année pour espérer faire bouger significativement l'aiguille du décrochage et atteindre un taux de diplomation de 80 % à l'âge de 20 ans.
Refusant de préciser si d'autres investissements gouvernementaux sont à prévoir dans la foulée du rapport Ménard, le premier ministre a rappelé que le gouvernement consacre déjà quelque 900 millions par année pour encourager la persévérance scolaire, notamment en diminuant le nombre d'élèves par classe, avec l'aide aux devoirs, le soutien aux écoles de milieux
défavorisés...
Dans la continuité
Il s'agit là de la principale nouvelle mesure de la stratégie jeunesse, qui comporte 50 millions en argent neuf répartis sur cinq ans. Cette somme s'ajoute aux 2 milliards déjà consentis à des programmes jeunesse dans les ministères. C'est que la stratégie jeunesse 2009-14 s'inscrit dans la «continuité» de la stratégie 2006-09, plusieurs mesures ayant été reconduites.
C'est notamment le cas pour le soutien à des programmes tels Place aux jeunes, qui vise le retour des jeunes en région, Idéo 16-17, pour aider les jeunes à se prendre en main, ou encore pour le maintien des fonds jeunesse régionaux. Québec bonifie par ailleurs les programmes de stages internationaux et aidera davantage les jeunes aux prises avec des problèmes de toxicomanie.
Les réactions sont partagées devant l'annonce gouvernementale. Plusieurs saluent la reconnaissance de leurs initiatives, telles Place aux jeunes, les Centres jeunesse, ou encore le réseau des Carrefours jeunesse emploi.
L'instigateur du comité d'action sur le décrochage, Jacques L. Ménard, voit dans l'annonce et tout particulièrement dans le partenariat avec la fondation Chagnon pour soutenir des initiatives régionales pour accroître la persévérance scolaire, «un pas important» vers l'atteinte de son objectif d'accroître à 80 % le taux d'obtention du diplôme d'études secondaires d'ici 2020.
Le sourire des uns attire cependant le sarcasme des autres. La Centrale des syndicats du Québec estime que le gouvernement «refile au privé» et à ses «mécènes milliardaires» la responsabilité de lutter contre le décrochage. «Tant que le gouvernement refusera de s'attaquer à certains défis vécus dans l'école québécoise, tels que la concurrence entre les établissements public/public et public/privé, les pratiques de sélection entre les écoles et l'intégration des élèves en difficulté, il manquera la cible», a tonné le président de la CSQ, Réjean Parent.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) était quant à elle ambivalente. D'un côté, elle se réjouit de voir le financement de programmes et d'organismes jeunesse maintenus en dépit des difficultés économiques. «On aurait pu craindre que cela passe dans la moulinette», a fait valoir le président de la FEUQ, David Paradis. Mais de l'autre, la FEUQ se désole de l'absence de bonification de l'aide financière aux études et tout particulièrement du refus du gouvernement de cesser de déduire une portion des pensions alimentaires versées aux mères monoparentales (pour les besoins de leurs enfants) du calcul des prêts et bourses.
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