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Vive la crise!

Christian Rioux   27 mars 2009  Éducation
«Papa, c'est quoi le décrochage?» Quand ma fille de 14 ans m'a posé la question, je suis resté muet. Il m'a fallu de longues secondes afin de trouver les mots pour lui répondre. Le mot décrochage est en effet à peu près inconnu en France. S'il devait évoquer quelque chose, ce serait plutôt un krach à la Bourse ou le brusque changement d'orbite d'un satellite. Or, si le mot n'existe pas, c'est que la réalité qu'il désigne au Québec est à peu près inexistante.
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  • Sylvio Le Blanc
    Abonné
    vendredi 27 mars 2009 07h26
    Génial!
    Voici un texte qui fait grand plaisir à lire.

  • Jean-Pierre Lusignan
    Abonné
    vendredi 27 mars 2009 09h06
    certains québécois et la formation scolaire
    Je connais des villages québécois où presque personne ne finit ses études secondaires. Ces villages sont-ils moins intéressants que d'autres et moins plaisants les gens qui y vivent et de plus en plus en sortent, sûrement pas! Ils ont tout simplement le goût d'avoir des enfants plus tôt, de gagner de l'argent plus tôt et de devenir financièrement indépendants de leurs parents plus tôt. Ils se sentent aimés de leurs parents. Ils espèrent être heureux et ne veulent pas être appelés "décrocheurs": au contraire, ils s'accrochent à la vie, pas la vie en institution d'enseignement, mais à la vie qui leur plaît. Ils sont dynamiques et on peut les retrouver un peu partout dans le monde entier, dans d'autres villages et d'autres villes.

  • jplamondon@gmail.com
    Abonné
    vendredi 27 mars 2009 10h01
    Décrochage: apprendre autrement
    Une des causes du décrochage, au Québec, est probablement la dévalorisation des parcours de formation professionnelle. Les élèves qui ne se reconnaissent pas dans un parcours académique et qui auraient un intérêt pour un métier devraient être guidés et encouragés. Les jeunes français que les études académiques n'intéressent pas peuvent suivre, dès le lycée, des parcours de formation divers et bien développés et qui leur accorderont des certifications reconnues (ex.: CAP). Au Québec, la formation professionnelle au secondaire c'était (et c'est encore)une voie de secours pour ceux qui n'étaient "pas bons" en classe (ceux qui suivaient les cours dits allégés). Excellent pour l'estime de soi. Parmi les jeunes décrocheurs, combien y aurait-il d'excellents hommes/femmes de métier ou artisans ?

  • Pierre-Jules Lavigne
    Abonné
    vendredi 27 mars 2009 11h12
    Voler l'identité pour la croissance du profit intérieur brut
    Quand j'entend nos politiciens ou ces lucides nous interpeller pour des gains de productivité, parce que le Québec se classe ici ou là par rapport à la moyenne canadienne, par rapport au pays du G 20 ou au quasi dernier rang de tous les états et provinces nord-américains... À toutes les fois je me dis ben voyons, c'est quoi cette course là, c'est quoi cette compétition là ? Sommes-nous autre chose que les artisans d'un PIB en déprime ? Sommes-nous pour nos politiciens que des amoncellements de statistiques ? Il faut le rappeler : un peuple collectivement a d'autres priorités que son économie globale. Elles sont tous les éléments qui contribuent à la quiétude de vivre sur un territoire où il fait bon vivre. Là on peut affirmer un tas de considérations très différentes de toutes les cavalcades inspirées par la croissance du PIB. Une agriculture saine , un environnement sain, une biodiversité respectée et restautée sans compromis, un fleuve sain, des lacs en santé, des rivières vivantes, une forêt publique qui nous appartient et qui ne relève plus d'un ministère des ressources pour des compagnies. Ce continent se développe à peine depuis 300 ans et nous le scrapons à un rythme d'enfer. Combien de fois dans l'histoire de l'humanité aurons-nous la chance de découvrir et d'occuper un continent ? C'est ce bonheur perdu que l'on cherche en décrochant. C'est cette identité qui nous échappe. Quand aurons-nous une classe politique qui aura le courage de saisir et comprendre cette identité et tout faire pour la valoriser et non nous la voler pour la croissance du profit intérieur brut? Félix (Hymne au printemps, 1949) a ses mots pour souligner cette vie que l'on s'échine à ne plus voir:

    Quand mon amie viendra par la rivière
    Au mois de mai, après le dur hiver
    Je sortirai, bras nus, dans la lumière
    Et lui dirai le salut de la terre.

    Pierre-Jules Lavigne
    pierre-jules@hotmail.com

  • Robert Côté
    Abonné
    vendredi 27 mars 2009 21h27
    Une perle
    M. Rioux
    Permettez moi de vous dire cent fois bravo. Je vais archiver votre texte pour le lire et le relire encore et encore.

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