Avis du Conseil supérieur de l'éducation - Instruire les enfants en région commandera des solutions originales
Photo : Agence Reuters
La clientèle devrait diminuer de 27,6 % en Gaspésie, entre 2006 et 2015.
Le Québec compte déjà près de 600 écoles de 100 élèves ou moins dans les différentes régions du Québec. Loin de ralentir, la chute démographique dans les régions éloignées est appelée à s'accentuer au cours des prochaines années. Le Conseil supérieur de l'éducation rendait public hier un avis intitulé L'éducation en région éloignée, une responsabilité collective.
Déjà difficile, le casse-tête des écoles en région se compliquera considérablement au cours des prochaines années. D'ici 2015, la chute de la clientèle devrait osciller autour de 20 % dans les régions éloignées.
Selon les données rendues publiques hier par le Conseil supérieur de l'éducation, les baisses de la clientèle dans les écoles primaires et secondaires, entre 2006 et 2015, devraient osciller entre 15,3 % dans le Bas-Saint-Laurent et 27,6 % en Gaspésie (avec une diminution de 19,8 % sur la Côte-Nord, de 20 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean et de 21,7 % en Abitibi-Témiscamingue).
Or, dans ces régions, qui représentent 10 % de la population mais 88 % du territoire québécois, on peine déjà à offrir les services éducatifs. «Devant l'ampleur de ce qui s'en vient, on ne peut se contenter d'appliquer les mêmes recettes», fait valoir la présidente du Conseil supérieur de l'éducation, Nicole Boutin.
Le traditionnel modèle d'un enseignant devant une classe d'un seul niveau dans un village ne peut perdurer, fait valoir le CSE, soulignant néanmoins l'importance de maintenir des écoles à proximité des lieux de résidence des enfants, pour éviter une dévitalisation des régions. «Il faut sortir du cadre», ajoute Mme Boutin. Ainsi, les classes multiniveaux, déjà nombreuses, devraient se multiplier.
La voie des technologies de l'information et des communications est aussi prometteuse, selon le CSE. Par exemple, dans une petite école secondaire, un cours de mathématiques spécifiques pourrait être offert en ligne. Au primaire, des enseignants de classes multiniveaux de très petites écoles pourraient se regrouper pour effectuer des projets en commun par l'intermédiaire d'Internet et de la visio-conférence.
Les mesures gouvernementales, souvent ponctuelles, pour soutenir les petites écoles en région gagneraient par ailleurs à être plus stables, indique le CSE. Le ministère de l'Éducation pourrait par ailleurs faire preuve d'une plus grande souplesse pour accommoder les milieux dans l'offre de formation professionnelle.
Les établissements d'enseignement, notamment les collèges, pourraient aussi mieux soutenir les étudiants dans leur parcours scolaire, même s'ils n'offrent pas eux-mêmes les programmes d'études. Cela peut par exemple se traduire par des locaux et des services mis à la disposition des étudiants inscrits à une formation à distance, illustre le CSE.
De façon générale, le CSE appelle de tous ses voeux une plus grande concertation régionale pour assurer, parfois en employant des moyens originaux, une desserte adéquate en éducation, malgré la faible clientèle étudiante et l'éloignement.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a salué l'avis du Conseil. Le syndicat, qui représente une portion importante des employés de l'éducation, met cependant en garde contre la tentation de laisser l'État «s'effacer devant la concertation régionale». «Plusieurs régions doivent faire face à des choix parfois douloureux où les acteurs régionaux, trop directement impliqués, peuvent difficilement trancher», fait valoir la vice-présidente de la Centrale, Diane Charlebois.
Déjà difficile, le casse-tête des écoles en région se compliquera considérablement au cours des prochaines années. D'ici 2015, la chute de la clientèle devrait osciller autour de 20 % dans les régions éloignées.
Selon les données rendues publiques hier par le Conseil supérieur de l'éducation, les baisses de la clientèle dans les écoles primaires et secondaires, entre 2006 et 2015, devraient osciller entre 15,3 % dans le Bas-Saint-Laurent et 27,6 % en Gaspésie (avec une diminution de 19,8 % sur la Côte-Nord, de 20 % au Saguenay-Lac-Saint-Jean et de 21,7 % en Abitibi-Témiscamingue).
Or, dans ces régions, qui représentent 10 % de la population mais 88 % du territoire québécois, on peine déjà à offrir les services éducatifs. «Devant l'ampleur de ce qui s'en vient, on ne peut se contenter d'appliquer les mêmes recettes», fait valoir la présidente du Conseil supérieur de l'éducation, Nicole Boutin.
Le traditionnel modèle d'un enseignant devant une classe d'un seul niveau dans un village ne peut perdurer, fait valoir le CSE, soulignant néanmoins l'importance de maintenir des écoles à proximité des lieux de résidence des enfants, pour éviter une dévitalisation des régions. «Il faut sortir du cadre», ajoute Mme Boutin. Ainsi, les classes multiniveaux, déjà nombreuses, devraient se multiplier.
La voie des technologies de l'information et des communications est aussi prometteuse, selon le CSE. Par exemple, dans une petite école secondaire, un cours de mathématiques spécifiques pourrait être offert en ligne. Au primaire, des enseignants de classes multiniveaux de très petites écoles pourraient se regrouper pour effectuer des projets en commun par l'intermédiaire d'Internet et de la visio-conférence.
Les mesures gouvernementales, souvent ponctuelles, pour soutenir les petites écoles en région gagneraient par ailleurs à être plus stables, indique le CSE. Le ministère de l'Éducation pourrait par ailleurs faire preuve d'une plus grande souplesse pour accommoder les milieux dans l'offre de formation professionnelle.
Les établissements d'enseignement, notamment les collèges, pourraient aussi mieux soutenir les étudiants dans leur parcours scolaire, même s'ils n'offrent pas eux-mêmes les programmes d'études. Cela peut par exemple se traduire par des locaux et des services mis à la disposition des étudiants inscrits à une formation à distance, illustre le CSE.
De façon générale, le CSE appelle de tous ses voeux une plus grande concertation régionale pour assurer, parfois en employant des moyens originaux, une desserte adéquate en éducation, malgré la faible clientèle étudiante et l'éloignement.
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) a salué l'avis du Conseil. Le syndicat, qui représente une portion importante des employés de l'éducation, met cependant en garde contre la tentation de laisser l'État «s'effacer devant la concertation régionale». «Plusieurs régions doivent faire face à des choix parfois douloureux où les acteurs régionaux, trop directement impliqués, peuvent difficilement trancher», fait valoir la vice-présidente de la Centrale, Diane Charlebois.
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