Le symptôme du décrochage
Pierre Demers - Auteur du livre intitulé Élever la conscience humaine par l'éducation publié aux Presses de l'Université du Québec en 2008, le 21 mars 2009
24 mars 2009
Éducation
La façon habituelle d'aborder le décrochage scolaire m'étonne toujours. On s'imagine, et ce, du bureau de la ministre actuelle jusqu'au plus humble des acteurs, qu'injecter plus d'argent dans le système scolaire résoudra ce problème récurrent.
Nous devrions considérer le décrochage scolaire comme le symptôme qu'il est, et rien de plus. Il est créé par d'autres causes, beaucoup plus complexes qu'un manque éventuel de sous dans le système.
Ce qui me surprend chaque fois qu'il est question de décrochage, c'est la pensée magique à laquelle la grande majorité se rallie volontiers, qu'on peut régler cette question aussi facilement sans trop changer les conditions d'enseignement ni les conditions d'apprentissage dans lesquelles enseignants et élèves se trouvent trop souvent embourbés.
Les causes du décrochage sont multiples, mais une qui ne peut plus être ignorée, c'est que les jeunes s'ennuient à mourir dans nos écoles. Les pédagogies dépassées de même que l'organisation scolaire elle-même sont des sources intarissables de problèmes qui ne peuvent se résoudre d'eux-mêmes.
Nous vivons depuis longtemps avec la conséquence d'avoir sorti les valeurs des écoles, par manque de consensus ou de conviction. Nous essayons de bourrer les crânes des jeunes alors que nous devrions plutôt provoquer des tempêtes dans leurs têtes. Ils pourraient alors se mesurer, à partir de leurs propres potentiels, valeurs et connaissances à d'autres points de référence et ainsi avoir la chance de se trouver enfin une place, leur propre place, dans ce monde.
Nous pouvons continuer à injecter de l'argent de cette façon, mais tant que nous nous soucierons aussi peu des jeunes qui y vivent, rien ne changera et ils continueront de décrocher ce qui, dans le système actuel, est souvent un signe de santé mentale, un refus global d'être assimilé à un système social qui n'a aucun sens avec ses valeurs déshumanisantes. Ils risquent aussi de ne pas participer au renouvellement de la société, ce dont nous souffrirons tous.
Nous devrions considérer le décrochage scolaire comme le symptôme qu'il est, et rien de plus. Il est créé par d'autres causes, beaucoup plus complexes qu'un manque éventuel de sous dans le système.
Ce qui me surprend chaque fois qu'il est question de décrochage, c'est la pensée magique à laquelle la grande majorité se rallie volontiers, qu'on peut régler cette question aussi facilement sans trop changer les conditions d'enseignement ni les conditions d'apprentissage dans lesquelles enseignants et élèves se trouvent trop souvent embourbés.
Les causes du décrochage sont multiples, mais une qui ne peut plus être ignorée, c'est que les jeunes s'ennuient à mourir dans nos écoles. Les pédagogies dépassées de même que l'organisation scolaire elle-même sont des sources intarissables de problèmes qui ne peuvent se résoudre d'eux-mêmes.
Nous vivons depuis longtemps avec la conséquence d'avoir sorti les valeurs des écoles, par manque de consensus ou de conviction. Nous essayons de bourrer les crânes des jeunes alors que nous devrions plutôt provoquer des tempêtes dans leurs têtes. Ils pourraient alors se mesurer, à partir de leurs propres potentiels, valeurs et connaissances à d'autres points de référence et ainsi avoir la chance de se trouver enfin une place, leur propre place, dans ce monde.
Nous pouvons continuer à injecter de l'argent de cette façon, mais tant que nous nous soucierons aussi peu des jeunes qui y vivent, rien ne changera et ils continueront de décrocher ce qui, dans le système actuel, est souvent un signe de santé mentale, un refus global d'être assimilé à un système social qui n'a aucun sens avec ses valeurs déshumanisantes. Ils risquent aussi de ne pas participer au renouvellement de la société, ce dont nous souffrirons tous.
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