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Très coûteux, le décrochage scolaire

Clairandrée Cauchy   18 mars 2009  Éducation
À 20 ans, près du tiers des jeunes n'ont pas leur diplôme de secondaire, ce qui entraîne un coût de près de deux milliards pour la société.

La faible scolarisation se traduit par des salaires moins élevés, moins d'impôts payés, une moins bonne santé, une espérance de vie moindre, davantage de périodes de chômage, des risques de dépression plus élevés et une plus faible participation civique. Il est coûteux, le décrochage scolaire, rappelle le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires.

«C'est comme si le gouvernement signait chaque année une hypothèque de 1,9 milliard de dollars», peut-on lire dans le rapport rendu public hier. Cette somme équivaut aux taxes et impôts non perçus par l'État ainsi qu'aux dépenses sociales additionnelles associées à une moins bonne scolarisation. Chaque décrocheur (qui ne retourne pas à l'école par la suite) entraînerait ainsi un manque à gagner de 120 000 $ pour le gouvernement.

«Agir [pour contrer le décrochage] coûte cher, mais ne pas agir coûterait nettement plus cher. C'est au-dessus de nos moyens», lance Jacques L. Ménard, à l'origine du Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires.

On estime qu'une personne sans diplôme d'études secondaires gagnera en moyenne au cours de sa vie 439 000 $, soit 15 000 $ de moins par année.

Dans chaque cohorte, environ 28 000 jeunes n'ont pas de diplôme à 20 ans. De ce nombre,

13 500 sont définitivement des décrocheurs, tandis que 14 500 retourneront sur les bancs d'école. Avec un taux de diplomation de seulement 69 % à l'âge de 20 ans, le Québec figure au neuvième rang des provinces canadiennes, tandis que le Canada est lui-même seulement 16e parmi les pays industrialisés.

Si la persévérance scolaire est rentable d'un point de vue économique, elle l'est aussi du point de vue de la participation civique. Ceux qui n'ont pas complété leur diplôme semblent beaucoup moins actifs dans la communauté. Ils sont par exemple beaucoup moins nombreux à voter (52 %) ou à faire du bénévolat (9 %) que ceux qui ont, par exemple, un diplôme secondaire, qui enregistrent un taux de vote de 67 % et de bénévolat de 19 %. La différence est encore plus marquante pour les diplômés universitaires (84 % pour le taux de vote et 43 % pour le bénévolat).
 
 
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  • Diane Plourde - Abonné
    18 mars 2009 06 h 41
    Le décrochage de "mère en fille"?
    J'enseigne depuis 25 ans au secondaire. Au cours de ces 25 années, j'ai constaté à quel point les élèves qui fréquentent l'école a changé. Les jeunes que nous recevons sont de plus en plus souvent identifiés avec des problèmes d'apprentissage et le support que nous devons leur apporter quotidiennement prend de plus en plus de temps dans notre tâche.

    Mais cela est compréhensible si on réalise que souvent, ces enfants sont issus de familles où les parents ont eux-mêmes décroché et où la valorisation de l'école est très faible. Oui, toutes les suggestions et tous les plans d'action sont importants. Oui, la communauté doit être partie prenante dans la recherche d'une solution. Mais valoriser l'école est la première étape de ce travail. Peut-être qu'une fois que cela sera acquis, les parents cesseront de nous envoyer des messages via l'agenda de leur enfant en nous annonçant des vacances familiales de 2 ou 3 semaines en plein mois d'avril, période où on commence à préparer les bilans.

    Diane Plourde
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  • Roland Berger - Abonné
    18 mars 2009 09 h 42
    À défaut de réformer le primaire
    Contrairement à ce que prétendent les savants rapports sur le décrochage scolaire et les solutions qu'on devrait y apporter, ce phénomène commence dès la troisième année de scolarisation. Nombre d'enfants de ce niveau ne savent pas vraiment lire et, petit test après petit test, on les pousse en quatrième où une large part de leur apprentissage se fera par la lecture et l'écriture. Ce ne sont pas les élèves qui décrochent, mais l'école primaire qui les décroche de son attention. Mais c'est là un problème dont la compréhension échappe autant aux hauts fonctionnaires qu'aux ministres de l'Éducation. Il ne leur vient pas à l'idée que tant et aussi longtemps que les enfants de cinq, six et sept ans seront mis entre les mains d'enseignantes (et d'enseignants) qui maîtrisent mal leur langue dite maternelle et qui n'aiment ni lire ni écrire, le mal persistera et l'État continuera de faire du recyclage, à coups de milliards de dollars. La lunette du pouvoir ne peut voir l'évidence, que ce pouvoir soit politique ou religieux.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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  • marie-claude leclerc - Inscrite
    18 mars 2009 10 h 21
    Il est grand temps !
    Ça fait des années que ça dure et le problème revient toujours à la valorisation de l'éducation. La vraie santé de notre société !
    Ça commence évidemment à la petite enfance. La stimulation est la clé à la maison et par la suite, ou plutôt en complément, l'école. Le devoir des parents est plus que fournir les besoins de survie élémentaire, il implique aussi de mener à bon port ses enfants. Un effort quotidien essentiel parfois ardu, parfois aisé qui donne des résultats positifs au fil des ans. La solution de laisser aller est facile surtout dans une société où la télé, les ordinateurs et tous les gadgets prennent une place énorme en guise de remplacement d'une présence parentale. Le goût d'apprendre se transmet réellement par une interaction entre l'adulte et l'enfant via le dialogue et les activités. La technologie n'est qu'un complément. Pour avoir travailler dans les écoles et surtout par l'éducation de ma fille, il est désolant de voir à quel point certains parents décrochent. Je ne blâme pas les enfants qui arrivent à l'école désabusés, surexcités par une alimentation riche en sucre ou amortis par un manque de sommeil sans compter tous les cas nécessitant des interventions plus spécialisées. Je plains les professeurs qui doivent composer avec une panoplie de cas plus ou moins faciles à gérer et le manque de respect de plusieurs enfants. C'est beau de s'exprimer mais il y a une limite à respecter en groupe. Ma fille aime l'école, pourtant elle est entourée de plusieurs décrocheurs potentiels qui se foutent carrément d'apprendre quoi que ce soit. J'imagine le courage et la concentration des professeurs et des élèves "à leur affaire" qu'il faut pour endurer les pertes de temps en classe. Oui il y a les sanctions qui calment un peu le jeu. Et la pression constante pour "tenir" sa classe. C'est inouï toutes les contraintes pour pouvoir se consacrer uniquement à l'enseignement.
    Si la société et les parents y mettent l'effort, ce sera un grand pas vers l'avenir en espérant que le projet se mette en branle le plus tôt possible. C'est vraiment désolant de constater toutes les répercussions que le manque d'éducation entraîne.
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  • JoBlow - Inscrit
    18 mars 2009 10 h 24
    Favoriser l'éducation aux adultes...
    Le système d'éducation aux adultes est à revoir complètement pour aider ces ex-décrocheurs à réussir à avoir leur diplôme. Les méthodes d'apprentissage sont désuètes et manquent de stimulis pour encourager les gens à persévérer et ainsi réussir.
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  • Alain Pérusse - Inscrit
    18 mars 2009 12 h 05
    Trop cher, le décrochage?
    Monsieur Ménard et les philanthropes qui l'ont accompagné pour produire ce document ont des intentions louables, mais il faudrait qu'ils regardent aussi dans leurs entreprises et les discours qu'ils nous ont servi dans le passé. N'est-ce pas les mêmes qui ont soutenu la théorie économique de l'offre, la même qui les amenait à soutenir un plafonnement des salaires, voir même une réévaluation des emplois, afin d'en arriver à une échelle salariale concurrentielle avec le marché mondialisé? Si le plan de ces sages entrepreneurs comprend l'idée de transformer des décrocheurs en éléments d'un "cheap-labor" offert aux entreprises d'ici et d'alleurs, notre société ne sera guère avancée.
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