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Décrochage: l'ennemi à abattre

Le rapport Ménard propose un chantier national pour faire passer le taux de diplomation au secondaire de 69 à 80 % d'ici 2020

Clairandrée Cauchy   18 mars 2009  Éducation
Le Québec arrive au 9e rang des provinces canadiennes quant au taux de diplomation au secondaire, le Canada se plaçant au 16e rang des pays industrialisés.
Photo : Agence France-Presse
Le Québec arrive au 9e rang des provinces canadiennes quant au taux de diplomation au secondaire, le Canada se plaçant au 16e rang des pays industrialisés.
Haro sur le décrochage scolaire! Véritable problème social dont les causes et les conséquences débordent les murs de l'école, le décrochage doit être pris à bras le corps par l'ensemble de la société. Voilà le mot d'ordre lancé hier par un groupe dirigé par le banquier Jacques L. Ménard, accompagné de philanthropes, de représentants d'organismes communautaires qui interviennent auprès des jeunes, de groupes qui mobilisent déjà des acteurs régionaux et de hauts fonctionnaires de différents ministères.

C'est à un véritable «Chantier national» sur le décrochage scolaire que convie le Groupe d'action sur la persévérance et la réussite scolaires du Québec. L'objectif est ambitieux: faire passer le taux de diplomation avant 20 ans de 69 % à 80 % d'ici 2020. Les ressources à déployer sont aussi importantes: entre 137 et 237 millions par année.

«Le soutien aux jeunes, c'est l'affaire de toute une communauté. Il serait grave pour l'avenir de remettre l'entière responsabilité du décrochage à l'école au ministère de l'Éducation. Nous avons un problème collectif et c'est ensemble que nous arriverons à le régler», a lancé le président de BMO groupe financier, Jacques L. Ménard, qui a piloté le groupe d'action avec l'universitaire et fondateur du Centre régional de prévention et d'abandon scolaire du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CREPAS), Michel Perron.

La marche est haute: le taux de diplomation à 20 ans stagne autour de 70 % depuis deux décennies. Mais le défi a été relevé ailleurs, souligne le Groupe d'action, qui a travaillé avec la firme internationale McKinsey pour recenser les expériences dont le Québec pourrait s'inspirer.

«Je regarde ce qui se passe ailleurs, dans une province voisine comme l'Ontario, où on a réussi à augmenter l'incidence de persévérance scolaire ou de diplomation de 69 à 77 % en à peu près quatre, cinq, six ans. Ailleurs, là où on a réussi, on a fait deux choses: d'une part, on a mobilisé l'ensemble de la communauté et d'autre part, on s'est donné une cible», a souligné M. Ménard, précisant que l'Ontario y a consacré 1,3 milliard en sept ans.

Au Québec, la mobilisation au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis 1995 a permis d'atteindre des résultats similaires, faisant passer le niveau de diplomation (après sept ans d'étude) de 66,2 % en 1991 à 76 % en 2008. On a notamment mené des campagnes intensives pour valoriser la persévérance scolaire sous le thème «chaque jeune a besoin d'encouragement chaque jour», les employeurs ont été sensibilisés à leur rôle pour contrer le décrochage, tout comme les décideurs locaux, les parents... Devant ces résultats probants, l'approche a «essaimé» dans 14 régions, a raconté, ému, le fondateur du CREPAS, Michel Perron. Il espère aujourd'hui faire un pas de plus et porter la mobilisation à l'échelle nationale.

Le chercheur met cependant en garde contre la pensée magique: «Il faut se donner le temps de réussir. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il a fallu quatre ans avant de voir bouger l'aiguille.»

Mobilisation et évaluation

Concrètement, le Groupe distribue des responsabilités à tous et chacun: philanthropes, État, organismes communautaires.... Un mot d'ordre est cependant systématique: les effets bénéfiques des projets devront être mesurés et aucun programme ne sera lancé à grand déploiement avant que son efficacité soit assurée. «On a déjà joué dans ce film-là», laisse tomber M. Ménard.

D'entrée de jeu, une campagne de valorisation de l'éducation et de la persévérance devrait être lancée, ciblant non seulement les jeunes et leurs familles, mais aussi les employeurs.

La Fondation Lucie et André Chagnon semble quant à elle disposée à soutenir des instances régionales vouées à la mobilisation contre l'abandon scolaire. Pour l'heure, de telles instances, inspirées de l'expérience saguenéenne, vivotent au gré des ententes de subventions. Une instance nationale de concertation sur la persévérance scolaire s'ajouterait aussi.

L'intervention auprès des tout-petits est privilégiée, notamment en favorisant l'accès aux centres de la petite enfance. Au primaire, des projets-pilotes misant sur le dépistage précoce des difficultés d'apprentissage devraient être développés.

Le programme Agir autrement, dans lequel Québec investit plusieurs millions pour soutenir la réussite dans les écoles secondaires en milieu défavorisé devra quant à lui être «réaménagé» puisqu'il connaît pour l'heure des «succès variables». Les approches favorisant le mentorat ou le coaching semblent par ailleurs avoir donné ailleurs des résultats impressionnants dans les cas recensés par la firme de développement stratégique McKinsey, dont on pourrait s'inspirer. En outre, des projets d'intervention communautaires auprès des adolescents de quartiers défavorisés devraient être développés.

Des cibles... bientôt

Réagissant au rapport, la ministre de l'Éducation a dû expliquer pourquoi son gouvernement ne s'était pas engagé, à ce jour, à atteindre des cibles de réduction du décrochage. Elle a soutenu qu'elle n'avait auparavant pas les moyens de les faire respecter, avant la récente adoption de la loi sur la gouvernance des commissions scolaires. «Si on n'a pas de cible, on est plus ou moins lié. Si on n'a pas de cible, on est plus ou moins investi, engagé», a-t-elle reconnu, promettant des mesures et des engagements ciblés sous peu, «en ligne et en lien avec les recommandations du rapport Ménard».

Elle reste toutefois vague sur les moyens financiers, rappelant que le gouvernement investit chaque année 841 millions pour prévenir le décrochage et 2,4 milliards pour soutenir les enfants en difficulté. «Ce n'est pas uniquement une question d'argent.»

Applaudissant le plan d'action, le porte-parole péquiste Pierre Curzi se demandait pourquoi il n'émanait pas du gouvernement. «Comment se fait-il que ce soit la société civile qui est obligée d'accoucher d'un plan d'action?» s'est-il interrogé, réclamant de nouveau la tenue d'une commission parlementaire.

Le porte-parole adéquiste en matière d'éducation, Gérard Deltell, a lui aussi salué le rapport, tout particulièrement son approche basée sur des initiatives locales. Québec solidaire a pour sa part réclamé un sommet «le plus large possible».

C'est aussi ce que suggère la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), qui notait hier des «oublis» dans le rapport du «citoyen Ménard» telle la concurrence entre les systèmes privés et publics. La CSQ constatait aussi le peu de cas fait de la participation du personnel scolaire à la réussite éducative. «Le rapport semble oublier que l'école, cela se fait d'abord et avant tout à l'intérieur d'un établissement avec les élèves et le personnel», a affirmé le président de la CSQ, Réjean Parent.

La Fédération des commissions scolaires a quant à elle bien accueilli le rapport, tout particulièrement la proposition d'une campagne de valorisation de l'école publique. Le président, André Caron, s'est réjoui à l'idée que des acteurs des communautés viendront «en appui» aux énergies déployées à l'école.

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 05h18
    Échec scolaire
    Je ne peux qu'être d'accord avec les propos de Jacques L. Ménard qui voit dans le « décrochage » un véritable problème social. Je me suis penché sur cette question il y a bien longtemps. Le 19mai 1992, je publiais un article intitulé : « L'échec scolaire : un choix de société ». (L'Express) Le 8 avril 1996, je revenais sur cette question sous le titre : « Échec scolaire ou réussite. Un choix de société ». (Le Droit)

    Je ne peux reprendre ici le contenu de ces articles que les personnes intéressées trouveront dans les archives de ces journaux ou dans le Tome 1 de mon Anthologie, déposée à la Bibliothèque national du Canada, qui peut en fournir des photocopies.

    Je n'aime pas le terme décrocheur. Je me permets de me citer. « Le terme décrocheur est un terme ambigu, c'est le moins qu'on puisse dire. En fait, il tend à rejeter la responsabilité du décrochage sur celui qui décroche et non sur « la branche » elle-même. Après cela, il n'est plus que de chercher comment on peut récupérer certains décrochés. Par un tour de passe-passe langagier, le système s'autojustifie et se retrouve blanchi, ou presque, de toute accusation. Et c'est bien une première question extrêmement sérieuse. »

    Et j'ajoute un peu plus loin, après avoir fait une comparaison avec les premières greffes d'organes où, quand il y avait rejet on ne s'en prenait pas à l'organisme rejeté, mais à l'organisme récepteur et rejeteur.« Nous en sommes précisément là dans nos organismes scolaires. La plupart des soi-disant décrocheurs sont en fait des rejetés. » (L'Express)

    Je me permets encore de rappeler que j'ai exposé mes idées et mes conceptions pédagogiques dans un ouvrage intitulé: « La pédagogie interactive. Au croisement de la psychologie moderne et de la pédagogie » (Éditions RETZ). Et je me suis par la suite occupé de la formation d'enseignants - ou l'on m'a appelé comme consultant - auprès de plusieurs écoles, commissions et conseils scolaires et universités et institutions (Helsinki, Uppsala, Stockholm, Nagoya, Gifu, Hiroshima, Ottawa, Carleton, Calgary, Montréal, Poitiers, Genève, Paris, ministère de l'Éducation, Barcelone).

    Tout cela pour dire que cette question se pose en de nombreux endroits, et que non seulement il faut faire quelque chose, comme l'indique bien la teneur de l'article de Clairandrée Cauchy, mais que si l'on veut, on peut, pour parler « à la Obama ». « Le rôle de l'école est fondamental dans nos sociétés, tout le monde le reconnaît (sans en tirer toutes les conséquences, malheureusement); c'est lui qui détermine l'avenir des enfants, et donc celui d'une province et d'un pays. » (Le Droit)

  • Jean-Louis Hugues
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 07h23
    Il manque une statistique qui serait probablement révélatrice:
    Il faudrait comparer le poucentage de décrocheurs issus d'une famille avec 'mère au foyer' de ceux qui ont été placés tout jeune en garderie (officielle ou non). Je crois que cela ramènerait l'idée d'un revenu minimum pour ces femmes qui ont le courage d'aller à contre-courant.

  • Gilles Delisle
    Abonné
    mercredi 18 mars 2009 07h41
    Quand Jacques Ménard fait de la suppléance!
    Rapport très intéressant sur le décrochage et sur les moyens pour le contrer, mais comment se fait-il qu'un sujet aussi capital touchant tous les jeunes étudiants de nos écoles, émane du directeur de la BMO? Y-a-t-il des mains sur le volant du ministère de l'éducation? Il est tout
    à fait gênant de voir la ministre de l'éducation complètement à la remorque d'un groupe d'étude sur le décrochage prendre les rênes d'un tel dossier. Je crois que l'on peut encore constater l'incompétence et l'abscence d'un autre membre du gouvernement, qui semble complètement déconnecter des affaires de l'Etat. Après l'affaire de la Caisse de dépôt, de la nomination en catastrophe de son nouveau président, la descente aux enfers du projet CHUM, ce gouvernement semble être victime lui-même du phénomène de décrochage.

  • Zach Gebello
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 08h09
    La banque et le Ministère
    «Comment se fait-il que ce soit la société civile qui est obligée d'accoucher d'un plan d'action?» (Pierre Curzi)

    Obligé ?! Elle est bonne !

    L'éducation appartient à la société civile. C'est l'État, par son Ministère de "l'éducation, du loisir, et du sport" qui a cessé de supporter la scolarisation afin de s'approprier l'éducation en la retirant des mains de la société civile. Son but étant le contrôle du comportement et de la pensée unique.

    Le jeunes quittent l'école comme leurs parents ont quitté l'église (et sa banque).

    C'est aussi un banquier (Banque Mondiale) qui était à la tête de la réforme dont nous a imposé l'OCDE au temps de la ministre de l'éducation, Pauline Marois.

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 08h15
    Ménard égale départ des Expos
    Chaque fois que je vois Ménard, je ne peux m'empêcher au départ de mes Expos, au pauvre boss de la BMO cocufié par un marchand de tableau...
    -------
    Le décrochage scolaire c'est essentiellement un problème de gars, et un problème d'immigration
    L'école est faite par les femmes et pour les filles. Les gars ont besoin de bouger: ils étouffent sur les bancs
    Les enfants-immigrants arrivent ici avec un retard scolaire: beaucoup ne le rattraperont jamais.
    Regardez les stats: les filles en province n'ont aucun problème de décrochage.

  • Micael Berube
    Abonné
    mercredi 18 mars 2009 08h20
    Curzi me décourage
    J'ai une sorte de phantasme : que les péquistes (et plus généralement les politiciens) parviennent à se saisir d'une problème (le décrochage ici) et s'y pencher sans constamment faire intervenir leurs intérêts partisans. Plutôt que de célébrer l'initiative de M. Ménard et de se réjouir de la vitalité de la société civile, Pierre Curzi préfère s'attaquer aux libéraux en leur reprochant d'être retardataires (je dis cela sous toutes réserves... on sait comment ces citations peuvent être hors contexte). Eh bien la prochaine élection est dans quatre ans. Ne pourrait-on pas, entre temps, simplement discuter des problèmes, par exemple en se demandant non pas "Pourquoi ça ne vient pas du gouvernement ?" mais plutôt "Comment le gouvernement devrait-il appuyer les démarches de la société civile ?" Aaaah ! Que je m'ennuie de vieux jours où Réflexion Québec, ancêtre de l'ADQ, réclâmait la fin des disputes partisanes !

  • Richard Desrochers
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 08h29
    une autre réalisation......
    .......de Pauline Marois avec sa réforme scolaire du temps où elle pilotait ce dossier. Faut pas oublier de parler des échecs de Pauline. À l'école de la politique, il est certain qu'elle n'obtiendrait pas la note de passage. Enfin, puisqu'on parle de décrochage, j'espère que personne ici ne va dire cette fois que c'est à cause du fédéral ? Ou des Américains ? Ou des Juifs ? Nous sommes souverains dans le domaine de l'éducation et nous avons été incapables de bien administrer le tout. Ceci vous met la puce à l'oreille pour l'autre souveraineté?

  • Etienne Merven
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 08h31
    Il est temps de se retrousser le smanches...
    Même s'il est impossible de l'éliminer entièrement, l'abandon scolaire est nocif pour la société lorsqu'il atteint des proportions trop élevées. L'avenir de la province en dépend.
    Il est difficile d'en cerner avec précision une cause ou une autre, car c'est une combinaison de facteurs qui entraîne l'abandon scolaire. C'est la société dans son ensemble qui en est responsable.
    Le moment est venu de passer à l'action. Il faut lancer un véritable chantier provincial, envoyer des observateurs aux quatre coins du globe voir ce qui donne des résultats, retenir les bonnes initiatives et méthodes, quelle qu'en soit leur provenance, et ne pas se cantonner au « modèle québécois », qui, en l'occurrence, ne produit pas grand chose.
    Suffit la parlotte et les effets de manche, il est temps de passer à l'action, et dans le bon sens. Peu importe que les idées viennent du gouvernement ou du privé, elles doivent être les bienvenues si elles sont susceptibles de produire des résultats!

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 08h32
    A la rescousse des décrocheurs
    «Un peuple qui s'instruit, disait Jean Lesage est un peuple qui s'enrichit». L'inverse est sans doute vrai : «Un peuple qui ne s'instruit pas est un peuple qui s'appauvrit» (Moi-même). En l'an 2000, 26 % pour cent des jeunes du secondaire du réseau public québécois quittaient l'école sans avoir un diplôme de 5e secondaire. En 2009, le chiffre grimpe à...29%. Les garçons devancent les filles sur le terrain : 35 % d'entre eux décrochent. En milieu défavorisé, les statistiques officielles parlent de...40% de décrochage. A ce rythme-là, dans quelques années, tout le corps professoral sera en chômage.

    Le gouvernement fait des groupes d'études pour savoir les causes qui pourraient expliquer cette catastrophe nationale et déposera éventuellement un rapport à l'Assemblée nationale. C'est la méthode de notre société distincte : quand on ne sait plus trop quoi faire, on étudie pour savoir ce qu'on n'aura jamais le courage de faire. Le tout, se terminant habituellement dans un rapport tabletté.

    Et alors, que faut-il faire? Les choses les plus simples. Avant tout, abolir la réforme scolaire instaurée par Pauline Marois. C'est un pré-requis. Pourquoi? Tout simplement parce que cette réforme conduit tout le monde dans un cul de sac. Le socioconstructivisme et l'approche par compétences ont été un échec en Suisse et en Europe en général. Dans un avenir prévisible, il faudra bien tirer le même constat au Québec. Il faut, de TOUTE URGENCE, revenir à la transmission des connaissances par le maître de classe.

    Ensuite, dans l'ordre, voici encore ce qu'il faut faire : 1-redonner tout le pouvoir que doit avoir un directeur d'école et abolir tous les comités qui gravitent autour de lui et qui paralysent son action; 2- restaurer la discipline vestimentaire et verbale chez les étudiants et chez le corps enseignant; 3- revenir à l'essentiel. L'école doit apprendre à lire, écrire et compter. Sans ces outils primaires, l'élève ne progresse pas et se décourage; 4- refaire des manuels universels et communs à tous les élèves et pour tous les niveaux. L'examen traditionnel doit être remis à l'honneur et être sanctionné par une note trimestrielle, chiffrée et codifiée dans un bulletin officiel; 5- favoriser un climat d'étude (silence) et donner à chaque étudiant un temps minimal (quotidien ?) pour lire; 6- travailler en collaboration. Les parents ne doivent pas saper le travail des enseignants; ceux-ci ne doivent pas saper l'autorité du directeur et le directeur, engagé pour sa compétence pédagogique et non uniquement pour son habileté administrative, doit faire équipe avec le corps enseignant.

    Les fonctionnaires du Ministère ne retiendront pas cette formule. C'est trop simple à appliquer.

  • Eric Barnabé
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 08h54
    Des BS avec un diplome universitaire vs manque de plombier
    Depuis 20 ans, les multiples réformes scolaires n'ont pas aidés à intéressés les élèves à l'école. Même les parents ont décrochés depuis longtemps. Maintenant, le gouvernement veut réduire le nombre d'élèves par classe. J'en profiterait pour recreer les groupe "enrichi", "appauvri" et la 7ième année. Depuis que les critères du ministère ont permis l'intégration des personnes avec des déféciences légères, la tâche de l'enseignant (non-spécialisé) s'est grandement accrue au détriment des autres élèves de sa classe. Par économie ou égalité impossible, le ministère a mélangé tous les élèves et détruit un système qui permettait au meilloeur d'être meilleur, au bon d'être bon et au décrocheur d'accrocher.

    Souvent, au lieu de décrocher, ces décrocheurs devenaient des travailleurs manuels selon leurs centre d'intérêts. Ils sont souvent frondeurs et fonceurs et deviennent majoritairement entrepreneurs ou travailleurs manuel. Aujourd'hui, notre société manque de ces travailleurs spécialisés (mécaniciens, soudeurs, plombiers, etc...) et nous avons des universitaires sur le BS. C'est bien mieux.

  • François Lalonde
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 09h00
    Mesure de la performance : des professionnels de l'enseignement incompétents
    La vraie mesure de la performance des enseignants et des professionnels de l'éducation, c'est le taux de diplomation.

    Bien sûr, il y a les parents, le milieu social, le mode de vie et j'en passe. Mais les premiers responsables sont les enseignants.

    On pourrait dire la même chose des autres groupes : les médecins, les avocats, les policiers... Personne n'est responsable ! C'est la société !

    La CSQ devrait comparer les chiffres avec les autres provinces avant de demander plus de sous pour payer plus d'enseignants et de professionnels. À ce que je sache, les autres provinces et les autres états ont les mêmes défis à relever que nous.

    Se responsabiliser et arrêter de jeter le blâme sur les autres, ce serait déjà un grand pas de la part de gens qui prétendent être des professionnels.

    La mesure ultime de la performance, c'est le taux de diplomation. Tout le reste, c'est du bla-bla.

  • Michel Simard
    Abonné
    mercredi 18 mars 2009 09h15
    Où se cache la ministre Courchesne ?
    Force est de constater que le gouvernement liberal est sur le pilote automatique et n'a aucun leadership ni crédibilité pour aller où que ce soit. La ministre Courchesne l'a dit lors de sa dernière apparition : elle est une poche dans les objectifs ciblés précis, elle excelle dans le vague et le mou. Le Charest I est revenu : la société civile doit faire la job du gouvernement parce que celui-ci dort au gaz.

  • André Chamberland
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 10h01
    Tenue de promesses politiques et persévérance scolaire
    Les politiciens et la façon dont ils jouent leur rôle de modèles pour les jeunes sont en partie aussi responsables de l'attitude des décrocheurs scolaires qui suivent leurs exemples. Les promesses électorales ne sont pas tenues, l'information de campagne électorale est manipulée, la recherche de la vérité est absente voire éjectée, la persévérance à bien gérer et à accomplir le travail pour lequel ils ont été élus, l'incompétence de plusieurs politiciens dans les dossiers qu'ils gèrent et la fraude intellectuelle dont ils font preuve, surtout ceux au pouvoir, déteignent sur notre société et nos jeunes facilement influençables.
    Revenez donc aux valeurs fondamentales et jouez donc votre rôle comme vous devriez le faire et la société risquerait bien de vous suivre. Sinon, les gens décrochent déjà de l'école, de la politique, de la finance, et de vous.
    Dommage pour nos jeunes et notre société!

  • Stéphanie LeBlanc
    Inscrite
    mercredi 18 mars 2009 10h09
    Pas de solution simpliste, svp
    J'aimerais dire à Hugues qu'il y a des mères à la maison qui ne s'impliquent pas du tout dans l'éducaton de leurs enfants pour toutes sortes de raisons (manque d'instruction, dépression, négligence, manque de ressources personnelles, etc) tout comme il y a des mères dont les enfants vont en garderie et qui ont à coeur l'instruction de leurs enfants.

    Je veux moi aussi qu'on soutienne le parent qui demeure à la maison (et ce quel que soit son sexe) mais, franchement, à la maison ou pas,vos enfants doivent aller à l'école, ils ne sont pas toujours avec vous! Autrefois toutes les mères étaient la maison et le taux de diplômation était très faible. Notre ignorance du passé nous pousse à l'idéaliser. En fait, le taux d'échec est moins élevé qu'il l'a été mais c'est plus problématique de ne pas être diplômé maintenant que dans le temps où on pouvait gagner sa vie même en étant peu instruit. Je ne dis pas ça pour minimiser le problème.

    Plusieurs actions sont à envisager pour lutter contre le décrochage: réduire la taille des classes, redonner à la profession d'enseignant le respect qui lui est dû, cesser de donner toute l'importance aux compétences transversales au détriment des connaissances réelles, lutter contre l'intimidation et la violence à l'école, donner de l'aide aux devoirs durant les heures de service de garde, réinstaurer une discipline (non-tyrannique évidemment), développer chez les jeunes un sentiment de fierté et d'appartenance, etc. Enfin, il faut lutter contre les stéréotypes qui nuisent aux enfants en leur dictant leur comportements et leurs habiletés physique et mentales en fonction de leur sexe plutôt qu'en fonction de leur personnalité et des efforts consacrés aux études. Ce n'est pas normal qu'un petit garçon se dise qu'il ne peut pas être bon en français ou qu'une fille renonce à l'idée d'être bonne dans les sciences...

  • Brun Bernard
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 10h39
    Il faut jeter l'école.
    Il n'y a aucun rapport entre l'école, le décrochage et l'Immigration. Combien de décrocheurs ne sont-ils pas des québécois pures laines ou de souches ou les poches remplies d'ancêtres? Faites un sondage ne serait-ce que dans la rue. Je l'ai fait avec ma classe une fois. Passionnant.

    J'ai connu un jeune élève français, blanc, un nom comme chez nous, sachant son latin et son grec qui est arrivé ici alors qu'il fut un des premiers en classe à Paris et le voilà pendant un certain temps le dernier dans un collège de Verdun parce qu'il s'emmerdait au possible. Il ne comprenait pas pourquoi ses profs ne savaient pas bien s'exprimer et pourquoi ils faisaient autant de fautes en écrivant. Il rentrait de son collège avec rien à faire comme devoir. Il a fallu le maitre, pour lui sauver la peau et lui éviter le « décrochage » dans une école française pour qu'il puisse retrouver son niveau. Ouf! Il n'est pas le seul dans ce cas. Moralité, il faut changer l'école pour éviter les sorties malheureuses de ces jeunes hors du système scolaire. Une société qui demande à ses étudiants de passer des examens de français à l'entrée de l'université à cause des carences dans cette matière est responsable des décrochages scolaires. Un élève bien formé est un élève qui réussit. C'est pourquoi un élève bien formé va choisir McGill parce qu'il sait qu'il recevra une formation plus conséquente que dans un système qui n'est pas ou plus à la hauteur des enjeux du monde moderne. Ça n'a rien à voir avec l'immigration et déjà on l'a prouvé avec moult statistiques.

    Voici ce qu'on lit comme résultat en terme de connaissance d'écriture de l'éducation publique au Québec par le site Pour une école libre au Québec : (http://pouruneecolelibre.blogspot.com/2009/02/queb )

    « Rappelons qu'au Québec 1 élève sur 4 abandonne l'école avant la fin du secondaire (pour nos lecteurs européens, il faut se rappeler que le secondaire se termine plutôt au Québec qu'en Europe : vers 16-17 ans, au niveau de la première en France). »

    Le mot « plutôt » (au lieu de plus tôt), n'est-il pas étrange dans ce contexte. Ça donne vraiment envie de décrocher, non? Parce que si vous le dites à votre prof, il va vous donner une claque parce qu'il a une autorité que vous n'avez pas même si vous êtes le 1er de la classe.

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    mercredi 18 mars 2009 11h00
    Bon plan, monsieur Turcotte
    Votre plan revient à l'essentiel: la discipline et la revalorisation de l'effort.

    Mais voilà: notre société en est une du moindre effort et le premier à faire serait d'inciter parents et enfants à fermer le téléviseur "haute définition", ce dernier élément nous donne une idée du travail de persuasion à faire ! Ajouter à cela le cellulaire et nous avons un beau contrât. Assemblées de parents donc pour leur faire comprendre l'enjeu et discussion avec les enfants, par la suite, pour les impliquer et leur faire constater l'amélioration de leur performance scolaire.

    La ministre devrait suivre le processus sur le terrain avec des observateurs neutres et volubiles pour faire rapport au peuple. Ce dernier mot devrait être au centre de la démarche de la valorisation du processus d'apprentissage si nous ne voulons pas vivre l'expérience autochtone... Cela devrait aller aussi loin que de revoir le contenu des manuels scolaire. ECR et livres d'histoire à la moulinette donc pour montrer aux jeunes le "chemin de la nation" et la fierté qu'ils auront, tous, à le suivre.

    Ici il n'y a plus de place pour la partisanerie alors que PQ et Libéraux ont leurs parts de responsabilité. Et je n'ai pas parlé de la place du privé dans cet enjeux majeur pour notre nation. Je crois que ça devrait être, assez, complet, notre plan, monsieur Turcotte.

    Claude L'Heureux, Québec

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 11h28
    @M.Simard
    La cause profonde de l'échec de notre système scolaire se trouve dans la m....réforme instaurée par Pauline. C'est elle qu'il faut interroger. Pas Mme Courchesne.

  • Richard Dupuis
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 14h04
    Tiens donc, monsieur Parent!
    «Le rapport semble oublier que l'école, cela se fait d'abord et avant tout à l'intérieur d'un établissement avec les élèves et le personnel», a affirmé le président de la CSQ, Réjean Parent.

    Tu m'en diras tant, mon bel oignon blanc!

    Si l'école se fait avant tout à l'intérieur d'un établissement, avec les élèves et le personnel, ne serait-il pas logique, justement, de mettre le personnel à la bonne place, et ce avant de lancer des plans de "sauvetage de nos jeunes", financés à coups de centaines de millions de dollars, que nous n'avons pas?

    À l'heure actuelle, les profs sont à la chasse aux postes permanents, année après année, au lieu d'être là où leurs compétences sont requises. Cela donne, en bout de ligne, des élèves qui se désintéressent de la majorité de leurs cours, et ce parce que le prof, qui a d'abord recherché un poste permanent, donne l'impression de ne pas en savoir beaucoup plus long que les élèves de son groupe. Je donne un bon exemple de la situation dans le billet suivant, sur mon blogue:

    http://richard3.wordpress.com/2009/03/17/decrochag

    Je veux bien croire que le décrochage n'est pas le résultat d'un seul et unique problème, mais si l'on commence par mettre les bons profs dans les bonnes classes, ce serait déjà un sacré pas dans la bonne direction. Il faut prioriser les compétences, avant l'ancienneté, dans l'attribution des postes, aux enseignants du primaire et du secondaire.

    Je crois aussi que Réjean Parent vient de rater une sacré belle occasion de fermer sa gueule!

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 17h36
    Oui M. Curzi
    Comment pouvez-vous parlez ainsi. Quand les séparacistes étaient au pouvoir (et j'espère de tout coeur que jamais ils le reprendront)c'était les unions et syndicats qui menaient le gouvernement et qu'est il arrivé? Il y a eu une exode des capitaux et des sièges social.
    À ce que je sache la BMO est une des banques les plus solide au pays, donc ses dirigeants doivent être des plus intelligents et habile en affaire, laissons les nous suggérer des solution à nos problèmes. Cela sera certainement un million de fois meilleur que toute solution apporté par les syndicats quel qu'elles soient. Car leur solutions incluront toujours une augmentation des cout, du nombre de professeur, une diminution de la tache, un nivellement ver le bas et toujours aucune forme d'évaluation du travail des proffesseurs.

    M. Curzi, vous êtes un homme de théâtre, vous savez captiver l'audience tout en ne faisant que bouger du vent.

  • Michel Simard
    Abonné
    mercredi 18 mars 2009 18h26
    @ M. Turcotte
    Que Pauline Marois ait écouté les balivernes des pseudo-experts en éducation ou en pédagogie ne change rien à l'ineptie de la ministre Courchesne, laquelle est incapable de prononcer deux phrases sans faire autant de fautes de français, ni d'articuler la moindre vision cohérente et rigoureuse de l'avenir de l'éducation au Québec. L'éducation est en effet le vecteur qui fera que la Nation québécoise s'épanouira en développant toutes ses facettes ou sombrera dans l'indifférence de l'insignifiance.

    Je suis d'accord avec vous, M. Turcotte, pour qu'on ferme toutes ces facultés d'éducation, à commencer par celle de l'UQAM, université où trop de professeurs se vautrent dans la médiocrité, ainsi que celle d'outre montagne où on s'imagine que perler rend intelligent.

    Tout cela n'excuse pas l'incurie de la ministre qui, à l'instar des autres membres de ce cabinet immobile, concourt au sous-développement du Québec.

  • jacques noel
    Inscrit
    mercredi 18 mars 2009 19h07
    L'échec des noirs dans le système scolaire
    Je l'ai souligné plus bas: le problème du décrochage scolaire au Québec est essentiellement un problème de gars. Les plus touchés sont les enfants-immigrants, et les encore plus touchés sont les Noirs

    Seulement 37% font leur secondaire en 5 ans!!!!!

    http://im.metropolis.net/research-policy/research_

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