jeudi 9 février 2012 Dernière mise à jour 00h38
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Fonds fédéraux destinés à la recherche - Les recteurs déplorent les priorités du gouvernement conservateur

Clairandrée Cauchy   6 mars 2009  Éducation
«L'impact de la recherche en sciences sociales et humaines est beaucoup plus grand

que ce qui est visible à l'oeil nu ou sur un bilan comptable», explique Louise Dandurand

Dans le dernier budget fédéral, le gouvernement Harper a alloué 17,5 millions supplémentaires pour des bourses aux étudiants de maîtrise et de doctorat en sciences humaines, à condition que leur projet soit lié au domaine des affaires. La décision fait des remous depuis dans les milieux liés à la recherche. La Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) ajoute aujourd'hui sa voix à celles de nombreux chercheurs.

Le milieu de la recherche universitaire québécois critique sévèrement la nouvelle attribution des fonds à la recherche dans le dernier budget fédéral, y voyant un désaveu des retombées sociales des sciences humaines. Les subventions aux professeurs-chercheurs ainsi que les montants pour les frais indirects de recherche sont aussi affectés, déplore le comité de la recherche de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ).

La présidente du Comité de la recherche de la CREPUQ, Louise Dandurand, critique vivement la décision gouvernementale de réserver les 17,5 millions supplémentaires pour des bourses d'études supérieures en sciences humaines uniquement aux projets liés au domaine des affaires. «Les décideurs sont mal informés de l'impact social de la recherche en sciences humaines. Ce n'est pas nécessairement parce qu'on investit dans des domaines soi-disant rentables et directement branchés sur l'économie qu'on va avoir des retombées économiques positives, au contraire. L'impact de la recherche en sciences sociales et humaines est beaucoup plus grand que ce qui est visible à l'oeil nu ou sur un bilan comptable. Les gouvernements ont beaucoup de difficulté à le comprendre», déplore Mme Dandurand.

Elle note au passage que seul le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSC) doit composer avec de telles exigences. Les Instituts de recherche en santé (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNGC) reçoivent respectivement 35 millions supplémentaires pour des bourses.

La porte-parole des vice-recteurs à la recherche note par ailleurs que les trois conseils subventionnaires ont vu leur budget de base réduit de 87,2 millions sur trois ans, ce qui limite les subventions auxquelles les professeurs ont accès pour leurs recherches.

À cette ponction s'ajoute la décision de réduire le financement des frais indirects de recherche, pour couvrir une partie des frais d'administration ou encore des installations physiques des locaux de recherche. Le financement des frais indirects de recherche, auparavant établi à 25 % de la subvention de recherche, passe à 23,5 %. Les universités jugent ces montants insuffisants, rappelant que le gouvernement québécois prévoit quant à lui au moins 50 % pour les frais indirects de recherche.

La CREPUQ se réjouit cependant de voir le fédéral allouer deux milliards supplémentaires pour les infrastructures collégiales et universitaires. Mme Dandurand espère toutefois que l'initiative ne donnera pas lieu à un conflit de compétences entre Québec et Ottawa et qu'une entente pourra être conclue rapidement.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Guillot Sophie
    Inscrite
    vendredi 6 mars 2009 04h51
    décidément ...
    De par ce bas monde, tous les gouvernements libéraux ont les mêmes priorités concernant la recherche et l'université .... voire la situation en France actuellement . A croire qu'il existe une volonté mondiale de ne s'intéresser qu'au volet économique de l'enseignement supérieur, balayant largement et avec négligence tout ce qui fait la culture, les arts, parce que les profits financiers ne sont pas visibles.

    Cette vision du monde est limitée et ne considère l'être humain que comme une machine à produire. Pourtant de nombreuses disciplines ont apporté des choses considérables à l'humanité bien qu'elles ne soient pas à vocation financière. Par exemple, prenons l'ethnologie ; étudier les modes de vie des peuples premiers nous permet de relativiser nos petites priorités matérialistes et de voir ce qui fait que l'homme peut avoir de la grandeur d'âme. Qu'emporterons nous dans l'au delà ? Certainement pas des dollars, même si il est évident qu'il ne faut pas négliger le minimum pour que nous puissions vivre dans l'existence terrestre.

    Si on réfléchit aussi aux impératifs que les industries agro alimentaires et les biotechnologies tentent d'imposer au monde pour raison de rentabilité et de profit, on ne peut manquer de comptabiliser la facture énorme environnementale que représentent l'industrie chimique, les engrais et pesticides, les OGM qui sont progressivement en train de mener à la mort notre planète. Ce qui me fait dire que la priorité ne doit pas être le profit au centre de tout, mais l'être humain au centre de l'économie mondiale.

    Quel monde voulons nous laisser à nos enfants demain ? Quelle société voulons nous pour l'avenir ? Quelles sont les réelles priorités afin que nous améliorions les conditions de vie de tous les humains ?

    Ce sont à mon sens ces questionnements là qui doivent guider nos choix politiques économiques et électoraux.

  • Guy Berthiaume
    Abonné
    vendredi 6 mars 2009 07h56
    L'impact de la recherche en sciences humaines
    Pour avoir un aperçu concret de l'impact de la recherce en sciences humaines, participez au colloque en hommage au Conseil de recherches en sciences humaines, à l'UQAM, le 15 avril prochain, à 14h00.
    ttp://www.uqam.ca/colloquecrsh/programmeCDLV.htm


  • Abonné
    vendredi 6 mars 2009 15h42
    Une atteinte à la liberté !!
    À qui appartient le privilège de décider ce qu'un individu veut et décide de faire de sa vie? C'EST À LUI, c'est son choix et privilège et ce n'est surtout pas au gouvernement, par l'étranglement financier, d'obliger les gens à des choix qui ne leurs ressemblent pas. De plus, ce n'est pas vrai que le capitalisme sauvage, impliquant une consommation outrancière menant à la destruction de la biosphère, est la seule voie pour l'humanité. En fait, on voit que le modèle capitaliste est un cul-de-sac, profitant aux riches et augmentant le nombre de pauvres dans le monde.

    Il faut continuer de dénoncer ce gouvernement idéologique, celui de Harper, sa façon de gouverner va à l'encontre de la liberté, de l'équité entre les individus et de la démocratie.

  • Chryst
    Abonné
    mercredi 11 mars 2009 20h07
    Développer son plein potentiel
    Quand on verra ce que la recherche non orientée peut donner on se questionnera peut-être sur ses politiques!

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012