Fonds fédéraux destinés à la recherche - Les recteurs déplorent les priorités du gouvernement conservateur
«L'impact de la recherche en sciences sociales et humaines est beaucoup plus grand
que ce qui est visible à l'oeil nu ou sur un bilan comptable», explique Louise Dandurand
Dans le dernier budget fédéral, le gouvernement Harper a alloué 17,5 millions supplémentaires pour des bourses aux étudiants de maîtrise et de doctorat en sciences humaines, à condition que leur projet soit lié au domaine des affaires. La décision fait des remous depuis dans les milieux liés à la recherche. La Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) ajoute aujourd'hui sa voix à celles de nombreux chercheurs.
Le milieu de la recherche universitaire québécois critique sévèrement la nouvelle attribution des fonds à la recherche dans le dernier budget fédéral, y voyant un désaveu des retombées sociales des sciences humaines. Les subventions aux professeurs-chercheurs ainsi que les montants pour les frais indirects de recherche sont aussi affectés, déplore le comité de la recherche de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ).
La présidente du Comité de la recherche de la CREPUQ, Louise Dandurand, critique vivement la décision gouvernementale de réserver les 17,5 millions supplémentaires pour des bourses d'études supérieures en sciences humaines uniquement aux projets liés au domaine des affaires. «Les décideurs sont mal informés de l'impact social de la recherche en sciences humaines. Ce n'est pas nécessairement parce qu'on investit dans des domaines soi-disant rentables et directement branchés sur l'économie qu'on va avoir des retombées économiques positives, au contraire. L'impact de la recherche en sciences sociales et humaines est beaucoup plus grand que ce qui est visible à l'oeil nu ou sur un bilan comptable. Les gouvernements ont beaucoup de difficulté à le comprendre», déplore Mme Dandurand.
Elle note au passage que seul le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSC) doit composer avec de telles exigences. Les Instituts de recherche en santé (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNGC) reçoivent respectivement 35 millions supplémentaires pour des bourses.
La porte-parole des vice-recteurs à la recherche note par ailleurs que les trois conseils subventionnaires ont vu leur budget de base réduit de 87,2 millions sur trois ans, ce qui limite les subventions auxquelles les professeurs ont accès pour leurs recherches.
À cette ponction s'ajoute la décision de réduire le financement des frais indirects de recherche, pour couvrir une partie des frais d'administration ou encore des installations physiques des locaux de recherche. Le financement des frais indirects de recherche, auparavant établi à 25 % de la subvention de recherche, passe à 23,5 %. Les universités jugent ces montants insuffisants, rappelant que le gouvernement québécois prévoit quant à lui au moins 50 % pour les frais indirects de recherche.
La CREPUQ se réjouit cependant de voir le fédéral allouer deux milliards supplémentaires pour les infrastructures collégiales et universitaires. Mme Dandurand espère toutefois que l'initiative ne donnera pas lieu à un conflit de compétences entre Québec et Ottawa et qu'une entente pourra être conclue rapidement.
que ce qui est visible à l'oeil nu ou sur un bilan comptable», explique Louise Dandurand
Dans le dernier budget fédéral, le gouvernement Harper a alloué 17,5 millions supplémentaires pour des bourses aux étudiants de maîtrise et de doctorat en sciences humaines, à condition que leur projet soit lié au domaine des affaires. La décision fait des remous depuis dans les milieux liés à la recherche. La Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ) ajoute aujourd'hui sa voix à celles de nombreux chercheurs.
Le milieu de la recherche universitaire québécois critique sévèrement la nouvelle attribution des fonds à la recherche dans le dernier budget fédéral, y voyant un désaveu des retombées sociales des sciences humaines. Les subventions aux professeurs-chercheurs ainsi que les montants pour les frais indirects de recherche sont aussi affectés, déplore le comité de la recherche de la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (CREPUQ).
La présidente du Comité de la recherche de la CREPUQ, Louise Dandurand, critique vivement la décision gouvernementale de réserver les 17,5 millions supplémentaires pour des bourses d'études supérieures en sciences humaines uniquement aux projets liés au domaine des affaires. «Les décideurs sont mal informés de l'impact social de la recherche en sciences humaines. Ce n'est pas nécessairement parce qu'on investit dans des domaines soi-disant rentables et directement branchés sur l'économie qu'on va avoir des retombées économiques positives, au contraire. L'impact de la recherche en sciences sociales et humaines est beaucoup plus grand que ce qui est visible à l'oeil nu ou sur un bilan comptable. Les gouvernements ont beaucoup de difficulté à le comprendre», déplore Mme Dandurand.
Elle note au passage que seul le Conseil de recherche en sciences humaines (CRSC) doit composer avec de telles exigences. Les Instituts de recherche en santé (IRSC) et le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNGC) reçoivent respectivement 35 millions supplémentaires pour des bourses.
La porte-parole des vice-recteurs à la recherche note par ailleurs que les trois conseils subventionnaires ont vu leur budget de base réduit de 87,2 millions sur trois ans, ce qui limite les subventions auxquelles les professeurs ont accès pour leurs recherches.
À cette ponction s'ajoute la décision de réduire le financement des frais indirects de recherche, pour couvrir une partie des frais d'administration ou encore des installations physiques des locaux de recherche. Le financement des frais indirects de recherche, auparavant établi à 25 % de la subvention de recherche, passe à 23,5 %. Les universités jugent ces montants insuffisants, rappelant que le gouvernement québécois prévoit quant à lui au moins 50 % pour les frais indirects de recherche.
La CREPUQ se réjouit cependant de voir le fédéral allouer deux milliards supplémentaires pour les infrastructures collégiales et universitaires. Mme Dandurand espère toutefois que l'initiative ne donnera pas lieu à un conflit de compétences entre Québec et Ottawa et qu'une entente pourra être conclue rapidement.
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