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Décrochage scolaire - L'affaire de tous

Jean-Robert Sansfaçon   17 février 2009  Éducation
Les chiffres le disent: les jeunes Québécois qui réussissent à l'école le font avec autant de brio que leurs semblables du reste du monde. Le problème, c'est que trop d'entre eux quittent l'école avant même d'avoir passé les examens de fin d'études. Seule une révolution culturelle viendrait à bout du problème.
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  • Jean-Philippe Delorme
    Abonné
    mardi 17 février 2009 06h23
    Investir d'abord en santé; Rien d'autre à faire!!
    À tous ceux qui accusent les jeunes générations d'être désabusées de la politique: Imaginez vous avoir 20 ans et que l'enjeu majeur des élections soit le temps d'attente à l'urgence des hôpitaux...
    S'il faut réellement choisir entre investir en éducation ou donner des soins aux personnes agées... On va prendre soin des gens, point.
    Il n'y a pas de choix; on ne va pas les laisser sans soins, calvaire!
    Et les générations futures feront bien ce qu'elles pourront pour se relever... Que voulez-vous qu'elles fassent d'autre?
    Dieu merci! Je n'ai pas d'enfants!

  • Guy Archambault
    Abonné
    mardi 17 février 2009 07h47
    Les deux premières réformes à faire ... qui ne seront jamais faites.
    1- La première réforme serait d'enlever la formation des maîtres à l'Université et de la confier à une École Nationale de l'Enseignement qui ne délivrerait que des diplômes professionnels (licences professionnelles, maîtrises professionnelles et doctorats professionnels). Cette Grande École serait confiée à des professionnels de l'éducation qui secondairement auraient des aptitudes à la recherche. Ils seraient supportés par des professionnels de la recherche stratégique plutôt que fondamentale ou appliquée.

    Pensez-vous que les universités vont accepter de reconnaître que 40%-50% du problème du décrochage dépend de leur incapacité à former des enseignants compétents.

    2- La deuxième réforme, qui elle non plus ne verra pas le jour, serait de créer une corporation professionnelle du personnel enseignant chargée de vérifier régulièrement leurs compétences professionnelles en examinant les réactions de leurs clients sous le rapport des apprentissages réalisés, de leur pertinence actuelle et à long terme, et de la prégnance à long terme de ces apprentissages.

    Pensez-vous que le Syndicat va accepter de ne lus être juge et partie en la matière ?

    (En passant, je suis d'accord avec une bonne partie de l'analyse que vous faites dans votre édito.)

    Guy Archambault

  • André Beaudet
    Abonné
    mardi 17 février 2009 07h49
    Une révolution culturelle ? Oui, d'abord pour la formation professionnelle des jeunes
    Un bon nombre de jeunes décrochent du secondaire parce qu'il n'existe plus au Québec une structure d'accueil adéquate pour les accueillir en formation professionnelle. En 1987, l'administration du ministre Ryan a réformé l'enseignement professionnel des jeunes. Rien n'allait plus : seulement 15 % des jeunes accédaient alors à un diplôme d'enseignement professionnel. Plus de vingt ans plus tard, c'est à peine 6 % des jeunes (jeunes et adultes de moins de 20 ans) qui accèdent à un tel diplôme. Belle réforme. En 1995, le rapport Pagé, justement sur le problème des jeunes en formation professionnelle constatait déjà que si on passait à 20 000 jeunes diplômés par année (moins du tiers d'une génération), le problème du décrochage au secondaire serait largement résorbé et, en tout cas, deviendrait comparable à ce qu'il est dans les pays de l'Europe. Faisons des jeunes une priorité en formation professionnelle. Et pour y parvenir, faisons en sorte que la voie de la formation professionnelle puisse conduire tout aussi normalement que la formation générale à l'enseignement supérieur. C'était l'idée centrale du rapport Pagé en 1995, peut-on enfin y donner suite ! Oui, la formation professionnelle des jeunes est la clé - et pour l'instant la principale clé - à la solution du problème du décrochage scolaire au secondaire.

  • Grégoire Bergeron
    Abonné
    mardi 17 février 2009 08h09
    Bravo champion, belle interprétation...
    ... et pourtant combien erronée!

    L'école publique fonctionne moins bien que la privée depuis que les bonzes du ministère ont décidé qu'il serait plus juste pour les plus faibles qu'on les mette dans les mêmes classes que les meilleurs. Dès lors, la classe s'est nivelée vers le bas car les profs n'ont eu d'autre choix que de s'occuper d'eux sans quoi ils auraient mis la classe à l'envers. Pendant ce temps, les plus forts s'emmerdaient et n'apprenaient pas autant qu'ils l'auraient fait au privé. Au fait, pourquoi la grande majorité de ces bonzes envoient-ils leurs enfants au privé, une école qui va à l'encontre des belles théories de l'éducation qu'ils prônent et imposent au public?

    Deux poids, deux mesures, c'est la devise du ministère. Il est bon pour le public de mélanger tout le monde mais il est mieux pour le privé de se débarrasser de tous les faibles. Voilà une belle stratégie qui nous amène à croire que le privé est meilleur.

    Dans les années '70, on séparait les élèves au public en 3 catégories: les forts, les moyens et les faibles. Ça permettait de recréer les conditions du privé au public et ça fonctionnait. J'en sais quelque chose pour avoir fréquenté les deux systèmes à l'époque.

    Cessons donc cette hérésie de l'homogénéité qui a démontré ad nauseam qu'elle est un cul de sac et revenons à la formule qui fonctionnait. On le fait déjà un peu en permettant les écoles internationales. Il faut le généraliser à toutes les écoles.

    Et de grâce, cessons la démagogie qui dénigre les syndicats. Ces deux journées pédagogiques supplémentaires à la CSDM étaient déjà un acquis pour tout le reste de la province. Les profs du public sont aussi dévoués que ceux du privé. Affirmer autre chose est faire la preuve qu'on est complètement étranger au problème.

  • Claude Girard
    Abonné
    mardi 17 février 2009 08h27
    Il faut revoir nos choix de société
    Vous avez raison de souligner les effets ravageurs du manque de persévérance scolaire qui débouche sur un gaspillage malheureux de potentiel humain. Avant de venir à la défense des écoles privées, vous effleurez un peu le problème du crash démographique dans le contexte du vieillissement de la population et c'est dommage, parce que l'enjeu est là. Pourquoi favoriser les écoles privées par des subventions aussi généreuses alors que plusieurs écoles se vident par manque d'enfants? Et pire, pourquoi autoriser la création de nouvelles écoles privées dans des milieux affectés par la décroissance scolaire? Par exemple, pourquoi la ministre a-t-elle autorisé la création d'une école privée dans la couronne nord de Montréal et que la ville de Boisbriand en a permis la construction alors que la commission scolaire du coin doit gérer la décroissance scolaire?
    Dire que la réputation du privé repose sur son encadrement est un raccourci un peu facile. Beaucoup d'écoles secondaires publiques n'ont rien à envier à l'organisation des écoles privées comme l'a souligné le Conseil supérieur de l'éducation dans une étude encore d'actualité intitulée « L'encadrement des élèves au secondaire : au-delà des mythes, un bilan positif ». Pour la même année, il en coûtait autour de 7.5 % dans le réseau public pour les activités administratives comparativement à 12 % dans le réseau privé selon les indicateurs de gestion du MELS.
    Il y a probablement une question de culture. Lorsqu'on a l'impression qu'on paie, c'est bon; plus on paie cher, mieux c'est. Et, lorsqu'on a l'impression que c'est gratuit, alors ce n'est pas la peine de s'y attarder. Pourtant, notre système d'enseignement n'est pas donné!
    Il y a probablement aussi une évidence plus profonde. Pour des parents qui ont voulu leur enfant, leur bébé est le plus beau de la pouponnière; il a des airs de papa et maman. Il est l'enfant le plus extraordinaire au monde puisque c'est eux qui l'ont fait. Et plus est, non seulement est le plus extraordinaire, mais il est aussi le dépositaire du rêve de ses parents. « Moi, j'ai gagné ma vie sur une pépine, mon fils sera docteur. C'est un enfant extraordinaire, il lui faut donc une école extraordinaire. Vite l'école privée, j'ai l'argent ». C'est légitime et humain! Alors, les pressions se font grandes pour obtenir et maintenir des écoles privées.
    Quand on aborde la problématique du décrochage scolaire, nous aurions intérêt à reprendre en profondeur les questions suivantes : Quel système d'éducation veut-on pour le Québec? Comment financer un système d'enseignement pour répondre aux besoins de la société québécoise? Quelle est la participation requise de chacun des intervenants (famille, école, autorités politiques, acteurs socioéconomiques et autres) pour le succès de notre système d'éducation?
    Un sommet de l'éducation? Pourquoi pas. À la condition que ce ne soit pas une négociation de convention de travail, mais que ce soit une amélioration des états généraux sur l'éducation, il y a une douzaine d'années.

  • Maco
    Abonné
    mardi 17 février 2009 09h30
    Encore!
    Le syndicat et le public. C'est pour cela que ça va mal!

    Toute une analyse. Bravo! Nous constatons que vos enfants vont au privé! C'est désolant d'être incapable d'être neutre dans ce genre de débat. Voici une appréciation du présent phénomène. C'est exactement ce qu'il va se passer au moment de « privatiser » les services publics. Même si la « qualité » espérée n'est pas au rendez-vous. Le pouvoir de la croyance (en discréditant le syndicalisme et le public) que le privé est meilleur que le public fait en sorte que le monde sera plus enclin à attendre en ligne dans une clinique privée que dans une clinique publique.

    La seule chose sensée à faire est de remettre le 50 % de subvention des écoles privées dans le public. Vous avez un phénomène étrange. Une augmentation des résultats dans le public. À ce moment-là, allez vous octroyer ces bons résultats aux syndicats et à l'administration?

    Cesser de casser du sucre sur le dos des travailleurs du public. Constater plutôt les résultats du privé. N'avez-vous pas suffisamment de jugement pour comprendre que le privé n'est pas une solution? Ce n'est pas suffisamment clair. L'objectif du privé n'est pas de venir en aide à la population, ça c'est le travail de notre gouvernement. Le privé, son travail c'est faire de l'argent. Donc ont laissé le privé faire de tables, des bateaux, des chemises, des repas congelés. Et le public s'occupe de l'éducation, de la santé, les besoins d'une population. Le privé dans le public est en conflit d'intérêts flagrant. Les services publics se déroulent dans des secteurs ou les gens sont les plus vulnérables. Vulnérabilité caractérisée par l'impossibilité de pouvoir choisir. Pour l'éducation, l'action du privé est claire; orienter la formation pour former des ressources selon leurs besoins. Ce qui a pour conséquence d'élimine toute formation jugée inutile. Pourquoi en rester là? Introduire une idéologie correspondant à leurs intérêts. Vous vous souvenez le poids de l'Église dans notre éducation? Pourquoi avons-nous sorti l'Église des écoles selon vous?

    Le décrochage, encore une propagande du privé? Cela ne serait pas surprenant. Il faut laisser croire aux gens à l'incapacité du public dans tous les domaines.

  • Roland Berger
    Abonné
    mardi 17 février 2009 09h52
    Manque de persévérance
    Les élèves du secondaire public manqueraient de persévérance, ce qui expliquerait le haut taux de décrochage. Mais que se passent-ils donc chez des jeunes, notamment chez les garçons ? La réponse est évidente pour qui examine les résultats scolaires en lecture et écriture au primaire. Une bonne partie des élèves de troisième année primaire ne savent ni lire ni écrire et dès l'année suivante, on leur demandera de plus en plus d'apprendre en lisant et de rendre compte de leurs apprentissages en écrivant. C'est là que le décrochage commence. Les enfants ne décrochent pas. L'école primaire les décroche.
    Pourrait-il en être autrement ? Oui, si la ministre de l'Éducation passait outre à la sacro-sainte autonomie des universités et obligeait ces dernières à former des enseignants de premier niveau qui savent et aiment lire et écrire, et ce en sélectionnant dès le deuxième niveau les étudiants et étudiantes qui réussissent très bien en français et en les attirant à l'université à l'aide de bourses couvrant leurs frais de scolarité et autres. Mais on préférera sans doute investir dans un recyclage (raccorchage) à peine utile et extrêmement dispendieux. L'art de la politique semble consister à penser sur quatre ans.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario

  • Jocelyne Boileau
    Abonné
    mardi 17 février 2009 12h12
    Et la société dans tout ça?
    Je suis encore désagréablement surpris de constater qu'on s'attarde surtout aux problèmes des écoles pour escamoter le vrai problème qui selon moi est un problème de société. Ce n'est pas en demandant aux écoles de compenser pour les lacunes de notre société "push-button" qu'on y arrivera. Les ados sont, hélas, le reflet de notre société et ce n'est pas seulement en modifiant les programmes scolaires que nous y arriverons. J'estime que nous sommes trop souvent silencieux à cet égard parce que nous n'aimons pas le reflet que le miroir nous rend. Ne dit-on pas que la première étape à franchir pour un alcoolique est de le reconnaître. (André Boileau).

  • Maurice Monette
    Abonné
    mardi 17 février 2009 16h08
    Juste une intuition sur la différence entre le public et le privé...
    En parcourant les différentes Réactions à cet Article, une intuition m'a été insufflée et je VOUS en écris brièvement les grandes lignes.

    Pourquoi le privé semble-t'il avoir de meilleures performances dans la réussite des étudiants(es) qu'au public...? Outre le fait que les matières enseignées soient plus traditionnelles au privé qu'au public donc, mieux structurées pour favoriser l'élaboration de personnalités plus performantes, ne serait-il pas possible que le fait de payer pour l'Éducation ne sous-tende une responsabilité du / de la jeune à réussir ses Études...?

    En ayant la responsabilité de devoir performer pour compenser l'argent investi par les parents de ces jeunes du privé, possiblement que ceux / celles-ci sentent une certaine responsabilité de fournir des résultats pouvant satisfaire ceux et celles qui défraient leurs Études....? Alors qu'au public, réussir ou couler n'a pas d'incidence à part la fierté personnelle des jeunes car, ils / elles ne voient pas la nécessité de réussir.

    Donc, le fait de la gratuité scolaire a peut-être une influence sur ce taux de décrochage... C'est une intuition mais, je crois qu'il vaudrait la peine de se pencher sur cette possibilité.

    Merci de votre Attention & faudrait y "songer sérieusement"!

    Votre Ami, SAGE, lui,
    MAURICE MONETTE
    Biologiste #939
    Spécialité Écologie
    Grande Rivière

  • Chris Eustace
    Abonné
    mercredi 18 février 2009 05h07
    Décrochage scolaire - L'affaire de tous : English and French
    It is apparent that most Quebecers are not happy with the education system in Quebec.

    For some English comments which complement the "réactions" of Le Devoir, fevrier 17 editorial "Décrochage scolaire-L'affaire de tous", go to www.montrealgazette.com.

    Under "opinion" - "readers comments" --"Tell us how you would fix the dropout problem".

    It is obvious people want changes - soon. There is a need for a complete overhaul - a revamping - of the system....a culture change.

    There have been many good suggestions and ideas (French and English) put out... I think that more of our education dollars ought to be spent in schools that are manned by more adults.

    Yesterday, President Obama allocated about $100 billion to American schools... A few weeks ago he and his wife, Michelle, visited a school in Washington and told the kids:

    "We want to tell everybody that this kind of innovative school, the outstanding work that's being done here by the entire staff, and the parents who are so active and involved, is an example of how all our schools should be."

    President Obama who is visiting Canada tomorrow, was talking about CHARTER SCHOOLS...

    Creating charter schools is an idea worth pursuing in Quebec...Maybe this thought could be mentioned by Education Minister, Michelle Courchesne who will be reportedly visiting the French and English on-island school boards at a symposium, on Friday at the Palais.

    Chris Eustace
    ceustace@videotron.ca

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