Une école alternative - L'école Le Vitrail n'est accessible qu'à 150 élèves !
« L'autoformation assistée permet de responsabiliser l'élève quant à son propre cheminement scolaire »
Photo : Jacques Grenier
Il n’y a pas un profil typique de l’élève qui choisit de fréquenter l’école Le Vitrail, dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal.
Est-il possible d'enseigner autrement? Réformée ou non, l'école traditionnelle ne convient pas à tous les élèves. Ceux qui se retrouvent dans cette situation peuvent alors se tourner vers l'école alternative.
Une démarche différente en matière d'éducation est celle qu'on retrouve à l'école Le Vitrail, située dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. «Nous sommes la seule école secondaire alternative de la Commission scolaire de Montréal, affirme Annie Lamarre, directrice de l'établissement, et aussi la plus petite.» En effet, seulement 140 élèves la fréquentent présentement. «Notre maximum est de 150 élèves, et on ne veut pas grossir. Un nombre supérieur ne nous permettrait pas de faire le travail que l'on fait.»
Il n'y a pas non plus un profil typique de l'élève qui choisit de fréquenter l'école Le Vitrail. «Nous avons des élèves qui adhèrent aux mêmes valeurs que nous et dont certains ont fréquenté au primaire une école alternative. Nous avons des élèves pour qui l'école traditionnelle n'a pas fonctionné. Enfin, il y a ceux qui ont fait leur primaire dans le quartier et qui choisissent de continuer avec nous.»
Autoformation assistée
Un des principes sur lesquels repose la démarche éducative proposée à l'école Le Vitrail est l'autoformation assistée. «L'autoformation assistée permet de responsabiliser l'élève quant à son propre cheminement scolaire.» Chaque élève est encadré par un professeur qui agit en tant que tuteur pour la durée de son séjour à l'école. Élève et tuteur se rencontrent toutes les semaines pendant 20 minutes.
«Cette rencontre hebdomadaire permet de dresser la liste des objectifs personnels de l'élève, tant sur le plan scolaire que sur le plan de vie. Il doit se donner des objectifs à atteindre pour la semaine, le mois ou même l'année. C'est le moment où il fait son horaire, car nos élèves ne sont pas tenus d'être à un endroit ou à un autre à un moment donné. Ils sont donc libres de faire leur propre horaire. Cette rencontre est aussi une occasion pour le tuteur de susciter la réflexion chez l'élève.»
L'autoformation assistée a aussi le mérite de permettre à l'élève de progresser à son rythme, peu importe la matière. «On peut donc avoir un élève qui est en quatrième année en sciences, parce que c'est une matière qu'il maîtrise bien, et se retrouver en même temps en troisième année en français, où il apprend plus lentement. De toute façon, peu importe le retard qu'il prend dans une matière ou une autre, il devra le reprendre tôt ou tard.» En effet, les objectifs pédagogiques de l'école Le Vitrail sont conformes à ceux du ministère de l'Éducation et les élèves de cette école font les mêmes examens ministériels que les autres élèves québécois.
Pédagogie par projets
Il n'y a pas à proprement parler de cours magistraux à l'école Le Vitrail. «Ce qui s'en rapproche le plus, c'est ce que nous appelons des ateliers, que chaque professeur responsable d'une matière organise et donne. Mais l'élève peut y assister ou non, selon qu'il juge que cela peut l'aider ou non.» En réalité, l'élève est uniquement tenu d'assister chaque jour, le matin et en fin de journée, aux réunions du groupe de titulariat auquel il appartient. Pour le reste, il dispose comme il veut de son temps. «Il peut passer l'après-midi à lire son roman, mais les objectifs qu'il s'est fixés pour la semaine demeurent.»
La démarche privilégiée est plutôt celle de la pédagogie par projets. Chaque professeur responsable d'une matière doit mettre en place un ensemble de projets dans lequel l'élève choisira ceux qu'il veut réaliser. Un cours correspond à la réalisation de huit projets. L'élève peut aussi proposer au professeur un projet scolaire de son cru. «Il peut aussi proposer des projets qui ne sont pas des projets scolaires mais plutôt des projets d'activité personnelle, mais qui peuvent servir de projet. Par exemple, un élève qui collabore au journal étudiant pourrait proposer une série d'articles qu'il écrit comme un projet dans le cadre de son cours de français. Un élève qui donnerait à d'autres élèves des cours de taekwondo pourrait en faire un projet dans le cadre du cours d'éducation physique. Nous considérons ces activités comme tout aussi profitables.» Notons que tous les projets se réalisent à l'intérieur des 25 heures obligatoires de classe par semaine.
«Notre démarche par projets permet de faire un lien entre l'éducation et la vie de tous les jours. L'autoformation assistée favorise l'initiative des élèves. On se rend compte qu'ils sont plus engagés dans leur démarche scolaire et qu'ils vont jusqu'au bout de leurs projets.»
Un différent professeur
Il n'y a pas de conditions préalables particulières pour qui veut devenir professeur à l'école Le Vitrail, outre évidemment le baccalauréat en pédagogie. Il doit toutefois adhérer aux valeurs de l'éducation alternative. «Ceux qui postulent sont reçus lors d'une entrevue d'information, où on s'assure qu'ils sont conscients de l'ampleur de la tâche qui les attend.»
En effet, la tâche assumée par la quinzaine de professeurs actuellement en poste à l'école Le Vitrail diffère de celle qui incombe aux enseignants de l'école traditionnelle. D'une part, plusieurs de ces professeurs sont responsables d'une matière pour les cinq années du secondaire, et l'ensemble des professeurs consacrent davantage de temps aux réunions où tous sont présents et discutent de la démarche éducative. Ils doivent aussi accompagner les élèves et être disponibles lors de la réalisation de leurs projets; ils doivent animer les groupes de titulariat et agir comme tuteur auprès d'une quinzaine d'élèves. «Être tuteur, ça ne s'apprend pas à l'université. Il s'agit de suivre un être humain, et donc de relations humaines. Si un tuteur se rend compte qu'un élève file un mauvais coton, il cherchera à l'aider.»
Selon Annie Lamarre, l'école alternative ne vise pas uniquement à donner une formation scolaire à des jeunes, bien que cela soit aussi sa mission. «Nos élèves ne sont pas que des élèves, ce sont aussi des êtres humains. Nous cherchons à les former sur le plan scolaire, mais aussi à les former afin qu'ils deviennent des citoyens responsables et capables de contribuer à la société. Nous cherchons à développer le plein potentiel de chaque élève.»
***
Collaborateur du Devoir
Une démarche différente en matière d'éducation est celle qu'on retrouve à l'école Le Vitrail, située dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve à Montréal. «Nous sommes la seule école secondaire alternative de la Commission scolaire de Montréal, affirme Annie Lamarre, directrice de l'établissement, et aussi la plus petite.» En effet, seulement 140 élèves la fréquentent présentement. «Notre maximum est de 150 élèves, et on ne veut pas grossir. Un nombre supérieur ne nous permettrait pas de faire le travail que l'on fait.»
Il n'y a pas non plus un profil typique de l'élève qui choisit de fréquenter l'école Le Vitrail. «Nous avons des élèves qui adhèrent aux mêmes valeurs que nous et dont certains ont fréquenté au primaire une école alternative. Nous avons des élèves pour qui l'école traditionnelle n'a pas fonctionné. Enfin, il y a ceux qui ont fait leur primaire dans le quartier et qui choisissent de continuer avec nous.»
Autoformation assistée
Un des principes sur lesquels repose la démarche éducative proposée à l'école Le Vitrail est l'autoformation assistée. «L'autoformation assistée permet de responsabiliser l'élève quant à son propre cheminement scolaire.» Chaque élève est encadré par un professeur qui agit en tant que tuteur pour la durée de son séjour à l'école. Élève et tuteur se rencontrent toutes les semaines pendant 20 minutes.
«Cette rencontre hebdomadaire permet de dresser la liste des objectifs personnels de l'élève, tant sur le plan scolaire que sur le plan de vie. Il doit se donner des objectifs à atteindre pour la semaine, le mois ou même l'année. C'est le moment où il fait son horaire, car nos élèves ne sont pas tenus d'être à un endroit ou à un autre à un moment donné. Ils sont donc libres de faire leur propre horaire. Cette rencontre est aussi une occasion pour le tuteur de susciter la réflexion chez l'élève.»
L'autoformation assistée a aussi le mérite de permettre à l'élève de progresser à son rythme, peu importe la matière. «On peut donc avoir un élève qui est en quatrième année en sciences, parce que c'est une matière qu'il maîtrise bien, et se retrouver en même temps en troisième année en français, où il apprend plus lentement. De toute façon, peu importe le retard qu'il prend dans une matière ou une autre, il devra le reprendre tôt ou tard.» En effet, les objectifs pédagogiques de l'école Le Vitrail sont conformes à ceux du ministère de l'Éducation et les élèves de cette école font les mêmes examens ministériels que les autres élèves québécois.
Pédagogie par projets
Il n'y a pas à proprement parler de cours magistraux à l'école Le Vitrail. «Ce qui s'en rapproche le plus, c'est ce que nous appelons des ateliers, que chaque professeur responsable d'une matière organise et donne. Mais l'élève peut y assister ou non, selon qu'il juge que cela peut l'aider ou non.» En réalité, l'élève est uniquement tenu d'assister chaque jour, le matin et en fin de journée, aux réunions du groupe de titulariat auquel il appartient. Pour le reste, il dispose comme il veut de son temps. «Il peut passer l'après-midi à lire son roman, mais les objectifs qu'il s'est fixés pour la semaine demeurent.»
La démarche privilégiée est plutôt celle de la pédagogie par projets. Chaque professeur responsable d'une matière doit mettre en place un ensemble de projets dans lequel l'élève choisira ceux qu'il veut réaliser. Un cours correspond à la réalisation de huit projets. L'élève peut aussi proposer au professeur un projet scolaire de son cru. «Il peut aussi proposer des projets qui ne sont pas des projets scolaires mais plutôt des projets d'activité personnelle, mais qui peuvent servir de projet. Par exemple, un élève qui collabore au journal étudiant pourrait proposer une série d'articles qu'il écrit comme un projet dans le cadre de son cours de français. Un élève qui donnerait à d'autres élèves des cours de taekwondo pourrait en faire un projet dans le cadre du cours d'éducation physique. Nous considérons ces activités comme tout aussi profitables.» Notons que tous les projets se réalisent à l'intérieur des 25 heures obligatoires de classe par semaine.
«Notre démarche par projets permet de faire un lien entre l'éducation et la vie de tous les jours. L'autoformation assistée favorise l'initiative des élèves. On se rend compte qu'ils sont plus engagés dans leur démarche scolaire et qu'ils vont jusqu'au bout de leurs projets.»
Un différent professeur
Il n'y a pas de conditions préalables particulières pour qui veut devenir professeur à l'école Le Vitrail, outre évidemment le baccalauréat en pédagogie. Il doit toutefois adhérer aux valeurs de l'éducation alternative. «Ceux qui postulent sont reçus lors d'une entrevue d'information, où on s'assure qu'ils sont conscients de l'ampleur de la tâche qui les attend.»
En effet, la tâche assumée par la quinzaine de professeurs actuellement en poste à l'école Le Vitrail diffère de celle qui incombe aux enseignants de l'école traditionnelle. D'une part, plusieurs de ces professeurs sont responsables d'une matière pour les cinq années du secondaire, et l'ensemble des professeurs consacrent davantage de temps aux réunions où tous sont présents et discutent de la démarche éducative. Ils doivent aussi accompagner les élèves et être disponibles lors de la réalisation de leurs projets; ils doivent animer les groupes de titulariat et agir comme tuteur auprès d'une quinzaine d'élèves. «Être tuteur, ça ne s'apprend pas à l'université. Il s'agit de suivre un être humain, et donc de relations humaines. Si un tuteur se rend compte qu'un élève file un mauvais coton, il cherchera à l'aider.»
Selon Annie Lamarre, l'école alternative ne vise pas uniquement à donner une formation scolaire à des jeunes, bien que cela soit aussi sa mission. «Nos élèves ne sont pas que des élèves, ce sont aussi des êtres humains. Nous cherchons à les former sur le plan scolaire, mais aussi à les former afin qu'ils deviennent des citoyens responsables et capables de contribuer à la société. Nous cherchons à développer le plein potentiel de chaque élève.»
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Collaborateur du Devoir
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