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Et si on retrouvait la joie de l'école?

Normand Thériault   10 janvier 2009  Éducation
Une nouvelle année débute, et s’il est un souhait, c’est qu’elle propose au monde de l’éducation des motifs de réjouissance.
Une nouvelle année débute, et s’il est un souhait, c’est qu’elle propose au monde de l’éducation des motifs de réjouissance.
Sur l'école, on a tout dit. Et surtout, au Québec, qu'elle connaît des ratés. Comment cela se fait-il?

Les professeurs qui deviennent vice-recteurs sont reconnus pour être des gens qui diffusent une information exacte. Aussi, les Québécois et les Québécoises (pour reprendre la formule tant entendue au temps de deux longues périodes électorales), du moins ceux et celles que l'éducation intéresse, devraient se réjouir lorsqu'ils et elles lisent ce que David Graham, vice-recteur exécutif aux affaires académiques de l'université Concordia, écrivait dans Le Devoir du 18 décembre dernier.

Ne notait-il pas alors, ce vice-recteur, que «le Canada possède le plus haut pourcentage de jeunes adultes scolarisés au monde»? Et le Québec, comme vient de le confirmer la dernière, et double, manne électorale, n'est-il pas toujours partie intégrante de ce pays «instruit» qu'est la grande confédération canadienne?

Devant un tel constat, on pourrait donc croire que qui devient ministre de l'Éducation se retrouverait donc à détenir un poste où les urgences seraient rares et où travail et sinécure désigneraient la fonction. Et tout cela avec une limousine en prime.

Déceptions

Avant toutefois qu'une ministre québécoise maintenue en poste ne se déclare en sabbatique, il faut encore citer notre vice-recteur car, après l'enthousiaste déclaration d'ouverture de son texte, il émet quelques avertissements, à savoir que «le sous-financement chronique des universités québécoises cause des dégradations cumulatives dangereuses» ou que «nous devons trouver pour nos universités des solutions de financement qui les placeront sur un pied d'égalité avec celles du reste du Canada et leur permettront de contribuer pleinement au développement mondial».

Ainsi, si les libéraux de l'équipe Charest veulent que leurs concitoyens, et concitoyennes, soient aussi fédéralistes qu'eux, ils devraient donc, quand l'éducation est en cause, leur donner les moyens de le devenir. Et, pour y parvenir, la formule est simple: investir dans l'éducation.

Triste 2008

Un retour sur 2008 démontre en effet que tout n'est pas rose dans le paysage scolaire. De l'école au milieu de travail, les résultats affichés déçoivent.

Sommes-nous en région que nous avons appris que les adolescents fuient toujours l'école: telle région du Québec affiche ainsi un taux de décrochage qui avoisine les 50 % des élèves inscrits au niveau secondaire.

Abordons-nous le monde du travail qu'il faut admettre que s'imposent des mesures ayant des incidences directes. On recourt ainsi continuellement à l'utilisation d'une statistique qui informe d'une pénurie appréhendée de 700 000 travailleurs, et travailleuses, spécialisés pour l'année 2015. Si, en cette affaire, les syndicats ont toutefois admis que le gouvernement était à l'écoute, il reste encore à déterminer les lieux et les programmes qui permettront au monde agricole, manufacturier, minier ou forestier d'avoir en chaque région un bassin suffisant de personnes qualifiées.

Et, dans les grands centres, il ne faut pas oublier qu'une pénurie de même nature sévit: le monde informatique répète constamment qu'il y a en ce secteur un réel manque de candidats, et candidates, pour faire en sorte que tout ce qui est virtuel devienne concret. Et qu'en est-il en santé, où il faudra plus que des médecins et des infirmières pour faire en sorte que non seulement le réseau soit performant mais que la recherche, de pointe ou appliquée, fasse sentir ses bienfaits?

Fausses excuses

Dans le passé, il s'est trouvé plus d'une fois que le, ou la, ministre explique que si le réseau scolaire ne fonctionnait pas au même rythme que celui des attentes gouvernementales, il y avait une raison fort simple, à savoir que les enseignants, et enseignantes, ne s'engageaient pas suffisamment au moment de la réalisation des diverses tâches à eux, et elles, confiées. Il y a donc eu augmentation de la présence horaire et, pour faire taire toute résistance, un Noël a été tristement vécu par le monde syndical par suite de l'affront qu'étaient ces projets de loi qui fixaient, après adoption, de façon unilatérale les nouvelles normes d'exercice du métier: les syndicats informent qu'ils ne seront pas pris de court une prochaine fois.

Et si l'école ne fonctionnait pas au niveau de l'attente qui aurait été celle des parents, l'Action démocratique du Québec manquera toutefois d'un nombre suffisant de députés, et députées, pour répéter à outrance que la faute s'explique par la seule absence d'un bulletin clairement chiffré. Car la réforme aurait des vertus. Comme le déclare un David Rousseau, enseignant (passionné) du secondaire, «je dois évaluer les compétences de mes élèves sur trois volets, soit leurs capacités à chercher des réponses ou des solutions, à mettre à profit leurs connaissances et à communiquer leur apprentissage. Pour chaque compétence, je dois juger différents critères, et ce, à longueur d'année. Évidemment, ça change de l'évaluation traditionnelle. Un prof ne peut plus faire passer de tests de type "vrai ou faux", qui n'évaluent finalement pas grand-chose. C'est très différent, mais je crois que c'est positif.» Au fait, qui a dit que les enseignants, et enseignantes, ne s'engageaient pas lors de l'exécution de leurs diverses tâches?

Joyeux 2009

Une nouvelle année débute donc. Et s'il est un souhait, c'est qu'elle propose au monde de l'éducation des motifs de réjouissance. Aux étudiants, et étudiantes, que l'on donne donc matière à se réjouir du fait d'apprendre: que le désintéressement affiché lors des dernières campagnes électorales ne déteigne pas sur ceux, et celles, qui construiront le Québec de demain! Aux praticiens, et praticiennes, de la chose scolaire, qu'ils aient un jour à se réjouir des moyens qu'on leur donne pour remplir leur mission: reconnaissance et argent sont des moyens pour y parvenir. Et aux vice-recteurs, comme aux vice-rectrices, qu'ils n'aient plus un jour à inscrire de bémols quand ils, et elles, font état de statistiques stimulantes: cela permettrait pleinement au Québec de profiter du fait d'être une partie intégrante de la confédération canadienne.

Dans un tel monde, alors, parents et enfants retrouveront la joie de l'école.






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Vos réactions

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  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 10 janvier 2009 14h22
    Si vous aimez vos enfants...
    « ...alors sortez les de ces manufactures d'abrutis que sont nos écoles modernes.

    Les jeunes professeurs formés pendant la "réforme" Marois et qui envahissent actuellement les classes au Québec sont pour la pluspart de parfaits ignorants et des courroies de transmission pré-programées d'une pensée unique étatique débilitante.

    La réussite d'un diplôme dans ces institutions n'est qu'une attestation de son abrutisement. »

  • Louis-Antoine Laroche
    Inscrit
    vendredi 16 janvier 2009 02h32
    À qui la faute de l'éducation
    « Le québécois, qu'il soit fédéraliste ou séparatiste, il est québécois et il mène la barque comme un québécois. Le représentant syndical est aussi un politicien. Donc, il est aussi ratoureux envers ses membres que le politicien envers son peuple. Par jalousie, un politicien ou un syndicaliste, si ce n'est pas son idée qui passe, peut vous jouer des tours. C'est dont difficile de travailler pour le bien de tous. Être politicien, syndicaliste ou enseignant, dans les trois domaines et peu importe le parti politique, il y en a qui sont travaillants, honnêtes et d'autres qui sont tout le contraire. Lesquels vont être les plus convaincant?
    Louis-Antoine Laroche »

  • François Paquet
    Inscrit
    samedi 24 janvier 2009 00h24
    @ Zach Gebello
    « A vous lire, on se rend compte que c'était bien pire dans votre temps ! »

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