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Rapport du Vérificateur général - Les cégeps ne sont pas suffisamment encadrés

La Presse canadienne   5 novembre 2008  Éducation
Québec — Le ministère de l'Éducation devrait mettre son nez dans les engagements financiers des cégeps, selon le Vérificateur général du Québec, qui brandit le spectre du fiasco financier de l'UQAM.

Il montre du doigt le laxisme dans les relations d'affaires entre les cégeps et leurs partenaires, avec la complicité tacite du ministère.

Au bout du compte, dans certains cas, ce sont les contribuables qui doivent payer la note, selon les vérifications comptables effectuées par Renaud Lachance, dans le premier tome de son rapport annuel, rendu public hier.

«Normalement, Québec devrait demander une forme de reddition de comptes aux cégeps», a-t-il déclaré en conférence de presse.

Québec verse 1,3 milliard de dollars par an au réseau des cégeps.

Or, le ministère de l'Éducation peut devoir intervenir lorsque les cégeps subissent des pertes financières, rappelle le vérificateur général, qui a examiné les états financiers de six cégeps.

La direction d'un cégep a la latitude de s'engager financièrement dans un projet, sauf que, si le projet tourne mal, le gouvernement, «dans des cas extrêmes, va devoir payer», comme dans le dossier de l'UQAM, a-t-il rappelé.

Dans un rapport précédent, M. Lachance avait dénoncé la «gouvernance déficiente» et le manque de suivi rigoureux du ministère de l'Éducation ayant mené au fiasco financier de l'UQAM.

Québec a englouti 400 millions de fonds publics pour aider l'UQAM à se sortir du gouffre.

À une échelle plus modeste, note M. Lachance, le ministère de l'Éducation a dû verser en mars dernier 2,5 millions au cégep du Vieux-Montréal, qui a perdu de l'argent lors de la vente d'une résidence étudiante.

Le vérificateur général note que le ministère ne possède aucun portrait d'ensemble des partenaires des cégeps.

Aucune autorisation du ministère n'est exigée avant que les cégeps n'engagent des fonds dans un projet, ajoute-t-il.

Par ailleurs, comme chaque année, le rapport annuel du vérificateur général relate des lacunes chez d'autres organismes gouvernementaux.

Par exemple, le ministère de la Santé évalue mal son soutien aux organismes communautaires.

Il lui reproche notamment de ne pas procéder à une «réévaluation systématique et périodique» du montant accordé à chacun de ces organismes.

Des lacunes ont été observées, également, dans la délivrance des permis d'alcool par la Régie des alcools, des courses et des jeux.

Enfin, M. Lachance conclut que rien ne porte à croire qu'il y a dilapidation des fonds publics ou d'abus de pouvoir de la part du Protecteur du citoyen.

C'est la protectrice du citoyen qui lui avait demandé, en mars dernier, de vérifier des allégations contenues dans une lettre anonyme.
 
 
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