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Éducation - Les écoliers passeront 120 minutes de plus en classe par semaine

Marie-Andrée Chouinard   26 février 2003  Éducation
Photo : Jacques Nadeau
Après la santé, voici un bonbon électoral pour l'éducation: le premier ministre Landry et son ministre de l'Éducation doivent annoncer aujourd'hui une augmentation du temps d'enseignement au primaire, faisant écho à une proposition identique mise en avant par le Parti libéral.

Deux heures de plus par semaine à l'école dont 60 minutes devront être consacrées à l'éducation physique. Le vent électoral déroule le tapis rouge à l'éducation, alors que Québec doit annoncer ce matin une hausse du temps d'enseignement au primaire dont la facture avoisinerait les 160 millions.

Cette annonce-surprise, effectuée ce matin par le ministre de l'Éducation, Sylvain Simard, aux côtés du premier ministre Bernard Landry, constitue la suite logique des engagements dévoilés début février par M. Landry, lors du dernier conseil national du Parti québécois.

La promesse d'allonger les heures d'enseignement au primaire de 90 minutes — les faisant passer de 23,5 à 25 par semaine — avait alors été clairement évoquée. Le premier ministre chiffrait cet engagement promis en cours de troisième mandat à 150 millions, laissant clairement entendre que la moitié de cette nouvelle période devrait être occupée par l'éducation physique.

En entrevue à La Presse quelques jours auparavant, M. Landry avait évoqué cette mesure. Il parlait toutefois d'allonger de 120 minutes le temps passé en classe. Le premier ministre avait promis d'y arriver «dès qu'on pourra le faire au cours du prochain mandat».

C'est cette dernière hypothèse — 120 minutes de plus — qui a été retenue, nous a-t-on confirmé au bureau du premier ministre, hier soir.

Interrogé hier au sujet de cette annonce, le milieu de l'éducation a d'abord manifesté de la surprise, visiblement étonné de l'arrivée rapide de cette nouvelle manière de faire, réclamée par les dirigeants scolaires depuis longtemps.

On disait tout bas, chez les enseignants, préférer attendre l'annonce officielle avant de commenter plus avant mais ne pas être opposés au principe d'ajout des heures à l'école, réclamé depuis longtemps par plusieurs acteurs du réseau scolaire. Pour les commissions scolaires, peu bavardes elles aussi, cette annonce devrait justement répondre à une demande des écoles, qui arrivaient mal à gérer l'ensemble des disciplines dans les heures imposées par le régime pédagogique actuel.

Les disciplines culturelles — danse, théâtre, arts plastiques et musique —, aux côtés des spécialités comme l'anglais et l'éducation physique, devaient souvent faire l'objet de choix déchirants au conseil d'établissement de l'école, incapable de tout caser dans une semaine.

L'annonce effectuée aujourd'hui par le ministre Simard et le premier ministre Landry va au-delà de la proposition du Parti libéral, qui suggère dans sa plate-forme éducation d'ajouter 90 minutes de temps d'enseignement à la semaine actuelle au primaire. Le PLQ évalue les coûts d'une telle mesure à 100 millions, contre 160 au Parti québécois.

Ironiquement, cette communication survient le jour où la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSE-CSQ), syndicat regroupant les enseignants du primaire et du secondaire, dépose ses revendications devant le gouvernement en vue d'une prochaine convention collective.

C'est en effet aujourd'hui que la FSE, touchée au premier chef par les mesures annoncées ce matin, doit démarrer le processus de négociation avec le gouvernement, lequel avait été retardé d'un an pour permettre l'issue des débats autour du dossier de l'équité salariale.

La FSE devrait concentrer ses demandes autour de mesures de soutien aux élèves en difficulté d'apprentissage, en revendiquant notamment l'ajout de ressources en orthopédagogie et une identification plus serrée de cette clientèle d'élèves. La fédération, qui inscrit sa démarche syndicale dans un «contexte d'élections», pourrait aussi demander une nouvelle réduction du nombre d'élèves par groupe.






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