Financement des universités - Mise en garde contre la formule «Étudiez maintenant et payez plus tard!»
Les propositions récentes de l'Institut économique de Montréal sur les droits de scolarité des études universitaires sont dénoncées par deux chercheurs de l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS) qui y voient une pente glissante sur laquelle les Québécois auraient tort de s'engager.
Un débat public s'impose sur le sujet, ont fait valoir hier en conférence de presse les chercheurs de l'IRIS Philippe Hurteau et Éric Martin, qui soulignent que l'augmentation actuelle à la charge des étudiants décrétée par le gouvernement du Québec, de 500 $ sur cinq ans, donne jusqu'à 2012 pour examiner ce qui se fait ailleurs, aux États-Unis et en Australie par exemple. Les chercheurs suggèrent de prendre le temps de regarder ce qui a échoué ailleurs avant de l'importer au Québec.
«L'Australie a vécu, à la fin des années 1980, la transition dans laquelle le Québec s'engage aujourd'hui. Le Québec va se trouver rapidement avec l'explosion du financement étudiant en vue d'accélérer le désengagement de l'État», a prévenu le chercheur Hurteau. «Les universités ont crié famine, mais le gouvernement a favorisé des baisses d'impôt puis s'est tourné vers les étudiants», a signalé son collègue Martin.
Les chercheurs constatent que les pressions sont fortes pour que se poursuive la hausse des droits de scolarité au Québec, voire qu'on les déréglemente, quitte à instaurer pour les étudiants des systèmes de report d'endettement, des remboursements proportionnels aux revenus (RPR), comme l'a proposé cette semaine l'Institut économique de Montréal.
«Dans ce modèle, les étudiants deviennent des investisseurs finançant en grande partie leur formation et recherchant le meilleur endroit pour étudier afin d'obtenir un haut retour sur investissement, soit un salaire plus élevé après la diplomation», a résumé M. Martin.
Les chercheurs notent que diverses avenues sont suggérées de part et d'autre, qui vont de l'ajustement à l'inflation des droits de scolarité, à leur augmentation pour rejoindre la moyenne canadienne, ou encore à l'adoption du modèle australien qui repose sur le désengagement progressif de l'État et, en contrepartie, sur l'augmentation des frais pour les étudiants assortie d'un programme de remboursement proportionnel aux revenus (RPR), une fois sur le marché du travail. Autrement dit, étudiez maintenant et payez plus tard.
En Australie, l'État ne finance plus l'éducation qu'à hauteur de 40 %. Les étudiants et les fondations privées font le reste. Mais des signaux rouges s'allument de plus en plus souvent dans ce pays. Plusieurs considèrent que la contribution des étudiants est devenue trop importante, qu'elle ne cesse d'augmenter et que l'importance de leur dette en fin d'études nécessitera des années de remboursement.
Un débat public s'impose sur le sujet, ont fait valoir hier en conférence de presse les chercheurs de l'IRIS Philippe Hurteau et Éric Martin, qui soulignent que l'augmentation actuelle à la charge des étudiants décrétée par le gouvernement du Québec, de 500 $ sur cinq ans, donne jusqu'à 2012 pour examiner ce qui se fait ailleurs, aux États-Unis et en Australie par exemple. Les chercheurs suggèrent de prendre le temps de regarder ce qui a échoué ailleurs avant de l'importer au Québec.
«L'Australie a vécu, à la fin des années 1980, la transition dans laquelle le Québec s'engage aujourd'hui. Le Québec va se trouver rapidement avec l'explosion du financement étudiant en vue d'accélérer le désengagement de l'État», a prévenu le chercheur Hurteau. «Les universités ont crié famine, mais le gouvernement a favorisé des baisses d'impôt puis s'est tourné vers les étudiants», a signalé son collègue Martin.
Les chercheurs constatent que les pressions sont fortes pour que se poursuive la hausse des droits de scolarité au Québec, voire qu'on les déréglemente, quitte à instaurer pour les étudiants des systèmes de report d'endettement, des remboursements proportionnels aux revenus (RPR), comme l'a proposé cette semaine l'Institut économique de Montréal.
«Dans ce modèle, les étudiants deviennent des investisseurs finançant en grande partie leur formation et recherchant le meilleur endroit pour étudier afin d'obtenir un haut retour sur investissement, soit un salaire plus élevé après la diplomation», a résumé M. Martin.
Les chercheurs notent que diverses avenues sont suggérées de part et d'autre, qui vont de l'ajustement à l'inflation des droits de scolarité, à leur augmentation pour rejoindre la moyenne canadienne, ou encore à l'adoption du modèle australien qui repose sur le désengagement progressif de l'État et, en contrepartie, sur l'augmentation des frais pour les étudiants assortie d'un programme de remboursement proportionnel aux revenus (RPR), une fois sur le marché du travail. Autrement dit, étudiez maintenant et payez plus tard.
En Australie, l'État ne finance plus l'éducation qu'à hauteur de 40 %. Les étudiants et les fondations privées font le reste. Mais des signaux rouges s'allument de plus en plus souvent dans ce pays. Plusieurs considèrent que la contribution des étudiants est devenue trop importante, qu'elle ne cesse d'augmenter et que l'importance de leur dette en fin d'études nécessitera des années de remboursement.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

