Golf - Coup de départ à l'école primaire
Photo : Agence Reuters
L’expansion du golf passe par l’école primaire, estime la Fédération québécoise. Ci-dessus, Tiger Woods, le no 1 au monde, plaçant sa balle sur un tee.
Longtemps perçu comme un sport de retraités, le golf fait maintenant son entrée au primaire. Dans le cadre d'un projet-pilote lancé cet automne, deux écoles vont l'intégrer au cours d'éducation physique, et les promoteurs de ce sport espèrent bientôt toucher l'ensemble du réseau scolaire.
Québec — «Si vous ne faites pas de développement, c'est certain que votre sport va diminuer en popularité. Nous, on veut s'assurer que notre sport demeure en croissance», explique le président de la Fédération québécoise de golf, Charlie Beaulieu. «Il y a beaucoup de compétition, d'activités estivales qui concurrencent le golf, comme le vélo, par exemple», ajoute-t-il.
La Fédération, qui regroupe les golfeurs professionnels, les amateurs et les propriétaires de terrain, courtisait le réseau primaire depuis quelques années. Des golfeurs reconnus offraient des ateliers gratuits aux écoliers, et l'on organisait des activités parascolaires. On veut maintenant aller plus loin et tisser des liens définitifs entre les deux mondes.
«Il y a beaucoup de choses qui se font dans le milieu scolaire, mais ce qui est nouveau, c'est qu'on l'intègre au cours d'éducation physique», précise M. Beaulieu.
Pour l'instant, on cible les groupes de quatrième, cinquième et sixième années, mais la Fédération souhaite à terme toucher tous les niveaux.
Professeur d'éducation physique à l'École Saint-André de Shawinigan-sud, Stéphane Thibault s'est laissé convaincre au point de consacrer au golf plus de temps qu'à n'importe quel sport dans son horaire de cette année. Et pourtant, au départ, la requête l'étonnait. «Quand ils m'ont proposé ça, j'ai trouvé que c'était jeune [le niveau primaire pour prendre des cours de golf]. Mais pas avec ces bâtons-là.»
Le matériel utilisé a l'allure d'un jouet. Des bâtons robustes mais multicolores et des cibles sur lesquelles on projette de grosses balles en velcro. «Cela ressemble à un jouet et, pourtant, c'est un moyen d'apprendre à jouer au golf en s'amusant», nous dit-on sur le site Web du fournisseur, la compagnie française Snag. «En un temps record vous maîtriserez le grip [la façon de tenir l'extrémité du bâton], l'alignement et l'adresse», poursuit le présentateur avant de céder l'écran à un jeune golfeur en pleine maîtrise de ses moyens.
Il en coûte près d'un millier de dollars pour un sac, mais l'ensemble peut occuper une dizaine d'enfants à la fois. Surtout, la Fédération prévoit de financer tout le matériel pour les écoles privées et publiques. Il faudra donc attendre quatre ou cinq ans avant de voir le golf conquérir l'ensemble du réseau scolaire. «L'objectif est de rejoindre une trentaine d'écoles à court terme», précise M. Beaulieu.
La Fédération estime aussi avoir besoin de temps pour faire du lobbying auprès des professeurs d'éducation physique, «parce qu'au niveau primaire, c'est l'éducateur physique qui choisit le contenu de son programme».
Pour Stéphane Thibault, la question est simple: «Si l'intérêt est là, pourquoi pas?»
Courtisés
À Granby, l'autre professeur ciblé par le projet-pilote nous en a parlé avec le même enthousiasme, préférant toutefois taire son nom avant l'approbation officielle du projet par la commission scolaire. «Il y a des enfants que j'arrive à rejoindre avec le golf que je ne rejoindrais pas autrement, dit-il. Il y a des jeunes qui n'aiment pas les sports d'équipe, et on n'a pas beaucoup de choix de sports individuels.»
La Fédération de golf est loin d'être la seule à courtiser les professeurs d'éducation physique, assure-t-il. «Que ce soit en basketball ou en volleyball, ou plus récemment avec le football et le baseball, on nous sollicite pour toutes sortes d'activités.» Or, croit-il, le golf a des avantages particuliers. «Les jeunes s'habituent à faire attention aux bâtons et à la sécurité, et ça, c'est utile partout.»
Convaincu depuis longtemps, ce professeur avait pris l'initiative, il y a plusieurs années déjà, de faire entrer le golf dans son gymnase. Maintenant que cela s'officialise, il se réjouit surtout d'avoir accès à l'équipement gratuit fourni par la Fédération de golf. Et de raconter qu'il se servait auparavant de balles de mousse et de vieux bâtons d'adultes qu'un ami coupait en deux.
Du côté de la Fédération, on rappelle que le Québec ne fait pas cavalier seul dans ce projet qui découle d'une initiative de l'Association canadienne des golfeurs professionnels et de l'Association royale de golf du Canada. Du côté du Québec, M. Beaulieu assure avoir le soutien du ministère québécois de l'Éducation. La ministre Michelle Courchesne doit coprésider le 29 septembre le tournoi-bénéfice de la Fédération, événement qui permettra notamment d'amasser des fonds pour ce programme.
Québec — «Si vous ne faites pas de développement, c'est certain que votre sport va diminuer en popularité. Nous, on veut s'assurer que notre sport demeure en croissance», explique le président de la Fédération québécoise de golf, Charlie Beaulieu. «Il y a beaucoup de compétition, d'activités estivales qui concurrencent le golf, comme le vélo, par exemple», ajoute-t-il.
La Fédération, qui regroupe les golfeurs professionnels, les amateurs et les propriétaires de terrain, courtisait le réseau primaire depuis quelques années. Des golfeurs reconnus offraient des ateliers gratuits aux écoliers, et l'on organisait des activités parascolaires. On veut maintenant aller plus loin et tisser des liens définitifs entre les deux mondes.
«Il y a beaucoup de choses qui se font dans le milieu scolaire, mais ce qui est nouveau, c'est qu'on l'intègre au cours d'éducation physique», précise M. Beaulieu.
Pour l'instant, on cible les groupes de quatrième, cinquième et sixième années, mais la Fédération souhaite à terme toucher tous les niveaux.
Professeur d'éducation physique à l'École Saint-André de Shawinigan-sud, Stéphane Thibault s'est laissé convaincre au point de consacrer au golf plus de temps qu'à n'importe quel sport dans son horaire de cette année. Et pourtant, au départ, la requête l'étonnait. «Quand ils m'ont proposé ça, j'ai trouvé que c'était jeune [le niveau primaire pour prendre des cours de golf]. Mais pas avec ces bâtons-là.»
Le matériel utilisé a l'allure d'un jouet. Des bâtons robustes mais multicolores et des cibles sur lesquelles on projette de grosses balles en velcro. «Cela ressemble à un jouet et, pourtant, c'est un moyen d'apprendre à jouer au golf en s'amusant», nous dit-on sur le site Web du fournisseur, la compagnie française Snag. «En un temps record vous maîtriserez le grip [la façon de tenir l'extrémité du bâton], l'alignement et l'adresse», poursuit le présentateur avant de céder l'écran à un jeune golfeur en pleine maîtrise de ses moyens.
Il en coûte près d'un millier de dollars pour un sac, mais l'ensemble peut occuper une dizaine d'enfants à la fois. Surtout, la Fédération prévoit de financer tout le matériel pour les écoles privées et publiques. Il faudra donc attendre quatre ou cinq ans avant de voir le golf conquérir l'ensemble du réseau scolaire. «L'objectif est de rejoindre une trentaine d'écoles à court terme», précise M. Beaulieu.
La Fédération estime aussi avoir besoin de temps pour faire du lobbying auprès des professeurs d'éducation physique, «parce qu'au niveau primaire, c'est l'éducateur physique qui choisit le contenu de son programme».
Pour Stéphane Thibault, la question est simple: «Si l'intérêt est là, pourquoi pas?»
Courtisés
À Granby, l'autre professeur ciblé par le projet-pilote nous en a parlé avec le même enthousiasme, préférant toutefois taire son nom avant l'approbation officielle du projet par la commission scolaire. «Il y a des enfants que j'arrive à rejoindre avec le golf que je ne rejoindrais pas autrement, dit-il. Il y a des jeunes qui n'aiment pas les sports d'équipe, et on n'a pas beaucoup de choix de sports individuels.»
La Fédération de golf est loin d'être la seule à courtiser les professeurs d'éducation physique, assure-t-il. «Que ce soit en basketball ou en volleyball, ou plus récemment avec le football et le baseball, on nous sollicite pour toutes sortes d'activités.» Or, croit-il, le golf a des avantages particuliers. «Les jeunes s'habituent à faire attention aux bâtons et à la sécurité, et ça, c'est utile partout.»
Convaincu depuis longtemps, ce professeur avait pris l'initiative, il y a plusieurs années déjà, de faire entrer le golf dans son gymnase. Maintenant que cela s'officialise, il se réjouit surtout d'avoir accès à l'équipement gratuit fourni par la Fédération de golf. Et de raconter qu'il se servait auparavant de balles de mousse et de vieux bâtons d'adultes qu'un ami coupait en deux.
Du côté de la Fédération, on rappelle que le Québec ne fait pas cavalier seul dans ce projet qui découle d'une initiative de l'Association canadienne des golfeurs professionnels et de l'Association royale de golf du Canada. Du côté du Québec, M. Beaulieu assure avoir le soutien du ministère québécois de l'Éducation. La ministre Michelle Courchesne doit coprésider le 29 septembre le tournoi-bénéfice de la Fédération, événement qui permettra notamment d'amasser des fonds pour ce programme.
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