samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Les formations professionnelle ou technique reprennent du lustre

Clairandrée Cauchy   15 septembre 2008  Éducation
Yan Bolduc rêve d'architecture depuis qu'il a fait une recherche sur Gustave Eiffel en cinquième année du primaire. Au moment de l'admission au cégep, il ne s'imaginait pas devoir attendre ses études universitaires, deux ans plus tard, avant de goûter à sa passion. La technique en architecture s'est rapidement imposée, et le jeune homme a entrepris ce mois-ci sa cinquième session au cégep Saint-Laurent.

Cette voie de la formation professionnelle ou technique est plus valorisée qu'on pourrait le penser. Interrogés sur le cheminement le plus prometteur pour un jeune, 41 % des Québécois estiment qu'il vaut mieux «poursuivre des études jusqu'à l'obtention d'un diplôme professionnel ou technique», selon un sondage Léger Marketing-Le Devoir.

«Il y a eu beaucoup d'efforts mis ces dernières années pour faire la promotion de la formation professionnelle et technique, pour expliquer aux jeunes qu'elle offre des débouchés extrêmement intéressants sur le marché du travail. On voit que le message a été intégré», analyse Mathieu Gagné, directeur de recherche chez Léger marketing.

L'université reste tout de même l'idéal à atteindre: 51 % des répondant voient dans le diplôme universitaire le cheminement le plus prometteur. Signe que le message public sur l'importance d'un diplôme qualifiant a aussi été entendu: seulement 3 % des répondants estiment qu'il vaut mieux trouver un emploi bien payé le plus tôt possible, même sans diplôme.

Sans exclure la possibilité de poursuivre ses études à l'université, Yan Bolduc a clairement mis de côté le parcours du collégial préuniversitaire. «Je n'ai pas vraiment pensé cégep ou université, mais plutôt programme préuniversitaire ou technique. Je voulais du concret. Je ne me voyais pas étudier en sciences de la nature avec des cours de chimie qui ne m'intéressaient pas. J'ai passé mon secondaire à avoir des cours dont je savais qu'ils ne me serviraient à rien», explique le jeune homme.

Il se félicite après coup à l'idée d'avoir bientôt en poche un diplôme qui lui permettra de faire son entrée sur le marché du travail.

Formations professionnelles délaissées

Le président de la Fédération des cégeps, Gaétan Boucher, se réjouit de voir l'option technique talonner de près celle des études universitaires. Cela dénote selon lui une conscience accrue des pénuries de main-d'oeuvre qui commencent à poindre, alors que les techniciens et les travailleurs de métier seront très recherchés.

«Voilà des années qu'on entend le message qu'il n'est pas nécessaire d'aller à l'université pour réussir, qu'on peut avoir un excellent métier, bien gagner sa vie, progresser dans une entreprise avec une technique. Peut-être que c'est en train de percer», croit M. Boucher.

La présidente de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), Diane De Courcy ne partage cependant pas son enthousiasme. Elle a le sentiment que si les techniques commencent à tirer leur épingle du jeu, les formations professionnelles (dispensées au secondaire) sont encore les parents pauvres au jeu des perceptions.

«C'est clair que le mythe de la voie royale de formation qui passe nécessairement par le cégep et l'université est tenace. À preuve, c'est que les étudiants inscrits en formation professionnelle à la CSDM ont en moyenne 27 ans. Les jeunes n'y croient pas, leurs parents non plus», constate avec dépit Mme De Courcy.

Ces étudiants de 27 ans ont soit décroché et tâté du marché du travail avant de revenir vers les centres de formation professionnelle, soit essayé préalablement les études supérieures. La réforme des curriculums permet maintenant d'amorcer plus rapidement certains programmes de formation professionnelle, aussi tôt qu'en troisième secondaire. Il reste à voir si l'opinion publique changera en conséquence et considérera la formation professionnelle comme une option valable plutôt que comme une position de repli.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Gabriel Lévesque-Lemaire
    Inscrit
    lundi 15 septembre 2008 08h39
    Tiède face aux formations professionnelles
    Sans trop me donner la peine d'étoffer mon argumentaire, je pense qu'il est nécessaire d'enseigner aux Québécois autre chose qu'une formation purement professionnelle qui n'envoie comme message que la vie c'est le travail et que nous sommes confinés au statut de consommateurs-salariés. Une formation plus générale axée sur le développement de la pensée libre, de la curiosité intellectuelle et d'une culture savante donne à mon avis de meilleurs citoyens, qui prennent de meilleurs décisions dans la vie de tous les jours. Je dis non à l'éducation hyper-spécialisé.

  • Marie-T TRACHY
    Abonné
    lundi 15 septembre 2008 11h58
    Trop tard pour moi! une autre victime de cette malheureuse époque.
    En effet,j'ai décroché du cours classique en 1960 parce que j'ignorais qu'il fallait aller à l'université après celui-ci.Les communications étaient très faibles à cette époque et je vivais dans un milieu intellectuellement pauvre!

  • Mme Linda Michel Direction régionale Emploi-Québec
    Abonnée
    lundi 15 septembre 2008 15h23
    La formation professionnelle pour créer l'espoir!
    J'oeuvre au sein de la FP depuis bientôt 22 belles années.
    J'y ai rencontré nombres de jeunes adultes et adultes ayant connu bien souvent des parcours parsemés d'embuches de toutes sortes. Parfois ce sont les difficultés d'apprentissage. D'autres fois, tout simplement la vie qui n'a pas été bien rose et qui ne l'est pas encore.
    La FP peut être un passage vers la réussite. Apprendre un métier qui nous passionne et qui nous donne l'envie de continuer. Je connais bien des personnes qui ont fréquenté la FP et qui voulaient en faire plus par la suite. Ils ont fréquenté le collège et ensuite l'université. Certains en resteront là et travailleront immédiatement après leur diplomation en FP. Ce qui est important, c'est d'être heureux dans notre travail et s'épanouir. Je connais des peintres et des plombiers qui sont mieux rémunérés que moi et qui sont très ouverts et cultivés. La culture ne passe pas seulement par l'école.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012