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Élèves dans le brouillard

Marie-Andrée Chouinard   28 août 2008  Éducation
Les enfants apprennent-ils ce qu'il faut à l'école? L'immensité du savoir est telle que cette lancinante question appelle plus d'une réponse. Mais alors que la réforme de l'éducation traîne déjà derrière elle quelques cohortes d'élèves, on s'interroge, avec raison, sur le bagage reçu de l'école. Qu'en est-il?
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  • Guy Archambault
    Abonné
    jeudi 28 août 2008 05h19
    À question mal posée, réponse impossible; c'est couru d'avance.
    « Est entrée en vigueur dans les années 90 une autre réforme en éducation que celle implantée au primaire et au collégial. Une réforme qui a touché le coeur de la transmission culturelle. Est entrée en vigueur la réforme des techniques de communication qui a fini par privilégier l'accès au présent, aux modes, aux musts, au " in ", au " tendance " du présent, au détriment de l'accès aux mythes, aux héros, aux légendes, aux saints du passé, aux valeurs qu'ils représentaient dans l'imaginaire collectif.

    Cela prenait de trente à quarante ans avant de déboulonner les Laurier, les Gouin, les Duplessis, les Lesage, les Lévesque, les Bolducs et les Leclercs, les Trudeau, les Poincarré, les Blums, les Roosevelt, les Kennedy, les De Gaulle, les Maurice Chevalier et les Cary Grant, de leurs piédestals dans l'imaginaire collectif pour ne s'en souvenir que comme noms de rue, d'avenue, de pont ou de boulevard.

    Maintenant, la mémoire du passé et les valeurs qui l'accompagnent ont foutu le camp du cerveau. La mémoire est de plus concentrée dans l'appareil informatique qu'on tient dans sa main et qui nous dicte au fil d'une chanson américaine, d'une star " peopolisée " ce qu'il faut retenir d'important pour être reconnu par ses semblables sans la journée qui vient

    Il sera bien difficile alors de départager parmi les habiletés et les connaissances acquises et maîtrisées par les enfants arrivant au cégep en 2010 ce qui tient à la réforme implantée au primaire vers la fin des années 90 et ce qui tient à la révolution technoculturelle des TIC commencée au début des années 90.

    À question mal posée, réponse impossible; c'est couru d'avance.

    Cela suscitera des débats passionnés chez les parlementaires qui seront dans l'opposition à Québec à ce moment là, chez quelques chefs syndicaux d'enseignants au secondaire à Montréal soucieux de défendre le droit à l'immobilisme pédagogique de leurs membres et chez quelques chroniqueurs en mal de bonne couverture médiatique à l'été 2010 en attendant le super grand évènement des jeux olympiques d'hiver.

    Mais ça n'intéressera pas grand monde, du moins pas plus d'une journée.

    Ce qui intéressera la plupart des gens, ce sera de savoir si Carla Bruni va se faire avorter, si le retour sur scène de Michael Jackson est moralement acceptable, si Harrisson Ford est encore capable de cascader dans le cinquième épisode d'Indiana Jones malgré son âge avancé ... etc. ... Selon l'humeur de ceux qui décident au jour le jour ce qui doit apparaître sur Internet par ordi ou portable interposé, l'humeur de ceux qui détiennent le pouvoir de décider ce qui doit occuper l'esprit des jeunes ados de 14 à 45 ans cette journée là, et la suivante, et la suivante, une à la fois.

    Guy Archambault »

  • Serge Bouchard
    Abonné
    jeudi 28 août 2008 11h54
    Brouillard
    « Aujourd'hui le cégep s'inquiète du bagage reçu à l'école, mais l'année dernière il ne s'est pas opposé à l'assouplissement des règles d'admission permettant dorénavant d'entreprendre des études collégiales sans avoir de diplôme d'études secondaires. »

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