Les Chinois sont nombreux sur les bancs d'école du Québec
L'Université Concordia accueille environ la moitié des quelque 1300 étudiants chinois qui étudient dans les universités de la province
12 août 2008
Éducation
Photo : Agence Reuters
En 2007, le Québec a attiré dans ses universités 1344 étudiants chinois, un léger recul par rapport aux quelque 1450 des trois années précédentes.
Personne ne serait étonné d'apprendre que la France fournit le plus important contingent d'étudiants étrangers au Québec, suivie par les États-Unis. Mais quel est le troisième pays? La Chine! Depuis le tournant du siècle, l'empire du Milieu se maintient en effet en troisième place, avec 1300 à 1500 étudiants chinois inscrits chaque année dans une université québécoise.
Ils étaient plus exactement 1344 l'an dernier, un léger recul par rapport aux quelque 1450 des trois années précédentes, selon les chiffres du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Et de ce nombre, la moitié étaient à l'Université Concordia.
Ce léger recul, on l'observerait dans toutes les universités canadiennes, selon le vice-recteur aux services de Concordia, Michael Di Grappa. C'est que la montée économique de la Chine se fait sentir jusque là: le nombre de places disponibles dans les universités chinoises s'accroît, de sorte que moins de jeunes adultes doivent se rendre à l'étranger pour compléter leur formation.
À Concordia, c'est l'école de gestion qui les attire d'abord, suivie des sciences et du génie. «Depuis le début des années 2000, l'entrée de la Chine dans l'OMC [Organisation mondiale du commerce] a entraîné un grand intérêt pour les affaires, le marketing, la comptabilité, les finances et les affaires internationales.»
Mais l'institution montréalaise récolte aussi les fruits de relations entreprises de longue date: «On a été la première université du monde occidental à avoir un programme de doctorat conjoint avec une université chinoise, dans les années 1980», affirme Michael Di Grappa. L'Université du Hunan envoie depuis 2003 une poignée de ses étudiants en génie du bâtiment faire la moitié de leur formation de quatre ans à Concordia.
Outre Concordia, quelque 350 étudiants chinois étaient inscrits à l'Université McGill l'an dernier. La première université francophone dans la liste, l'UQAM, était lointaine troisième, avec une soixantaine d'étudiants.
Bon an mal an, un nombre indéterminé de ces étudiants chinois choisissait de ne pas rentrer en Chine au terme de ses études et de s'établir à Montréal ou ailleurs en Amérique. Mais il semble que depuis l'an 2000, ici comme aux États-Unis, cette tendance soit beaucoup moins forte, et ce serait là aussi, présume-t-on, un effet de la poussée de croissance du géant chinois.
L'Université de Pékin... aux États-Unis
Aux États-Unis aussi, les étudiants chinois sont devenus une force sur laquelle on compte. Avec, en prime, une surprenante statistique: une étude de la Commission des professionnels en science et technologie vient de révéler que si vous avez décroché un doctorat d'une université américaine en 2006, il y a de fortes chances pour que vous ayez fait au préalable votre baccalauréat... dans une université chinoise!
L'université Tsinghua et sa voisine, l'Université de Pékin: ce sont en effet ces deux-là qui ont pris la tête, depuis 2004 — devant l'Université de Californie, à Berkeley — dans la liste annuelle des alma mater des doctorants américains. Une évolution qui reflète le fait que 37 % de ceux qui décrochent un doctorat aux États-Unis ne sont pas des citoyens américains.
Ils étaient plus exactement 1344 l'an dernier, un léger recul par rapport aux quelque 1450 des trois années précédentes, selon les chiffres du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport. Et de ce nombre, la moitié étaient à l'Université Concordia.
Ce léger recul, on l'observerait dans toutes les universités canadiennes, selon le vice-recteur aux services de Concordia, Michael Di Grappa. C'est que la montée économique de la Chine se fait sentir jusque là: le nombre de places disponibles dans les universités chinoises s'accroît, de sorte que moins de jeunes adultes doivent se rendre à l'étranger pour compléter leur formation.
À Concordia, c'est l'école de gestion qui les attire d'abord, suivie des sciences et du génie. «Depuis le début des années 2000, l'entrée de la Chine dans l'OMC [Organisation mondiale du commerce] a entraîné un grand intérêt pour les affaires, le marketing, la comptabilité, les finances et les affaires internationales.»
Mais l'institution montréalaise récolte aussi les fruits de relations entreprises de longue date: «On a été la première université du monde occidental à avoir un programme de doctorat conjoint avec une université chinoise, dans les années 1980», affirme Michael Di Grappa. L'Université du Hunan envoie depuis 2003 une poignée de ses étudiants en génie du bâtiment faire la moitié de leur formation de quatre ans à Concordia.
Outre Concordia, quelque 350 étudiants chinois étaient inscrits à l'Université McGill l'an dernier. La première université francophone dans la liste, l'UQAM, était lointaine troisième, avec une soixantaine d'étudiants.
Bon an mal an, un nombre indéterminé de ces étudiants chinois choisissait de ne pas rentrer en Chine au terme de ses études et de s'établir à Montréal ou ailleurs en Amérique. Mais il semble que depuis l'an 2000, ici comme aux États-Unis, cette tendance soit beaucoup moins forte, et ce serait là aussi, présume-t-on, un effet de la poussée de croissance du géant chinois.
L'Université de Pékin... aux États-Unis
Aux États-Unis aussi, les étudiants chinois sont devenus une force sur laquelle on compte. Avec, en prime, une surprenante statistique: une étude de la Commission des professionnels en science et technologie vient de révéler que si vous avez décroché un doctorat d'une université américaine en 2006, il y a de fortes chances pour que vous ayez fait au préalable votre baccalauréat... dans une université chinoise!
L'université Tsinghua et sa voisine, l'Université de Pékin: ce sont en effet ces deux-là qui ont pris la tête, depuis 2004 — devant l'Université de Californie, à Berkeley — dans la liste annuelle des alma mater des doctorants américains. Une évolution qui reflète le fait que 37 % de ceux qui décrochent un doctorat aux États-Unis ne sont pas des citoyens américains.
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