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Le Québec est-il refermé sur lui-même?

3 juillet 2008  Éducation
Le Québec, refermé sur lui-même? Je ne le crois évidemment pas, mais c'est ce qu'affirmait, il y a quelques jours, dans une entrevue au Devoir, Dario Pagel, président de la Fédération internationale des professeurs de français, qui regroupe 70 000 professeurs de français (langue maternelle, langue seconde ou langue étrangère) au sein de 165 associations couvrant toute la planète.

M. Pagel disait que l'«enfermement» des Québécois sur eux-mêmes et leur position sur la langue française les coupent du reste du monde. Il ajoutait que «le français ne court aucun danger au Québec» et que «quand on défend, on ferme».

Voilà des déclarations qui m'interpellent! Je le dis d'emblée: je connais Dario Pagel, le dynamique président brésilien qui occupe ce poste prestigieux depuis 10 ans. À son invitation, je participerai d'ailleurs le 23 juillet prochain, à Québec, à une table ronde dans le cadre du congrès de son organisation. C'est donc en toute amitié, en ce 3 juillet, jour du 400e anniversaire de la fondation de Québec, symbole de la pérennité du fait français en Amérique, que je lui réponds ainsi qu'à tous ceux qui, comme lui, croient que le Québec est refermé sur lui-même.

Le Québec, au même titre — mais ni plus ni moins — que toutes les autres nations de taille comparable à la sienne, particulièrement celles qui comme lui ne sont pas souveraines, a conscience de sa précarité linguistique et culturelle. Cette conscience de notre fragilité comme nation ne repose pas sur des perceptions mais bien sur des faits et des chiffres que viennent d'ailleurs de nous rappeler le Conseil supérieur de la langue française et, avant lui il y a quelques mois, Statistique Canada.

Le français recule comme langue d'usage à la maison, le français en tant que langue de travail ne progresse pas, les immigrants non romanophones ne se francisent qu'à 15 % — le même pourcentage qu'en 1971 —, l'assimilation des francophones hors Québec s'accélère, etc. Comment, par ailleurs, prétendre que «quand on défend, on ferme», alors qu'un des réels succès de la loi 101, qui impose aux enfants des nouveaux arrivants d'aller à l'école française, est la désethnisation de notre langue commune, c'est-à-dire que l'on retrouve ici, maintenant, une génération bigarrée aux noms évoquant des sonorités des cinq continents qui s'exprime en français?

Ceci étant, malgré et peut-être en partie à cause de cette conscience aiguë de leur précarité, les Québécois, qui reviennent de loin, héritiers d'une société en mode survivance, enclose dans un univers plus ou moins fermé, sont passés à la modernité en assumant leur ténacité en terre d'Amérique, en y inscrivant leur langue, leur culture, en s'ouvrant au monde et en se découvrant dans les yeux des autres.

Il suffit de se promener à travers le monde en 2008 pour constater qu'on rencontre des Québécois partout, y compris au Brésil, cher Dario Pagel, ce pays, le tien, sûr de son destin, fier de sa langue qu'il partage avec sept autres pays à l'intérieur d'une lusophonie dont il a pris le leadership, fier aussi de sa culture qui rayonne dans tout l'espace ibéro-américain. Des Québécois, on en retrouve, on le sait, sur toutes les scènes du monde, mais tout autant aux Nations unies, au Tribunal pénal international, à l'Organisation mondiale de la santé, à l'UNESCO et ailleurs; des Québécois qui vivent à l'étranger ou qui y sont de passage pour travailler, créer, produire, importer, exporter. À croire, à certains moments, que nous sommes dix fois plus nombreux que dans la réalité.

Nous sommes plusieurs au Québec à placer nos espoirs dans une Francophonie sans frontières en faveur de laquelle certains d'entre nous oeuvrent depuis les débuts, dans les années 1950. Je pense, en particulier, à ces pionniers regroupés au sein d'ONG et d'OING, tels Jean-Marc Léger et André Bachand, qui ont immédiatement pressenti l'importance de la coopération entre peuples, institutions et individus de langue française, tout comme les grands inspirateurs du projet de création d'une Agence intergouvernementale de la Francophonie qu'ont été le Sénégalais Senghor, le Tunisien Bourguiba ou le Nigérien Hamani.

Depuis, le Québec a fait sa place et sa marque en Francophonie. Considéré comme une force de proposition, il y a toujours été très actif, comblant son peu de ressources financières par son dynamisme. Je souhaite qu'il le demeure, à la veille d'accueillir le XIIe Sommet des chefs d'État et de gouvernement dans notre capitale nationale, malgré les signes inquiétants qui nous parviennent quant à la mainmise d'Ottawa sur l'événement. Le Québec a joué un rôle majeur dans la construction de l'espace francophone en luttant aux côtés de ses alliés, dont la France fut le plus fidèle, afin de faire entendre sa voix unique.

Ce n'est pas parce qu'ils sont des résistants et des combattants que les francophones du Québec sont repliés sur eux-mêmes. Au contraire, ils croient, majoritairement me semble-t-il, à une francophonie mondiale forte et plurielle à laquelle ils veulent participer. Chaque francophone dans le monde a son propre rapport à la langue française. Chaque problématique est différente. Les Québécois savent que ce qui fait l'intérêt de la francophonie, c'est justement sa diversité.

Chacun vient avec son histoire, sa culture, son quotidien, ses rêves d'avenir et essaie de prendre une part de l'autre. Par conséquent, même si notre environnement nous amène à être parfois solitaires, nous nous projetons de plus en plus aux quatre coins du globe grâce, notamment, à notre adhésion pleine et entière à cette Francophonie que nous souhaitons davantage solidaire pour tous les francophones du monde.

***

Louise Beaudoin est membre associée au CERIUM, chargée des questions de francophonie internationale et professeure invitée au département des littératures de langue française de l'Université de Montréal.






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Vos réactions

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  • Roger Bédard
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 01h25
    Le repli sur soi des francophones du Québec
    « Non, comme Madame Beaudoin l'écrit, ce n'est pas parce qu'ils sont des résistants et des combattants que les francophones du Québec sont repliés sur eux-mêmes ; ils le sont pour d'autres raisons. Quant à la croyance à une francophonie mondiale forte, elle est loin d'être majoritaire, le québécois moyen n'ayant tout simplement pas ce genre de préoccupations, réservées à une certaine élite intellectuelle.
    Roger Bédard »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 01h38
    Réponse aujourd'hui
    « Vous le verrez aujourd'hui même, (à Québec), si (le) Québec est, oui ou non, fermé sur lui-même ou ouvert à l'Autre. »

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 03h15
    Pagel tombé sur la tête ?
    « Non mais il faut être tombé sur la tête pour faire une déclaration aussi peu fondée dans la réalité. Je suis entièrement d'accord avec Louise Beaudoin et je trouve ses arguments fort pertinents. Comment un homme si peu éclairé, ce Dario Pagel, peut-il être devenu et demeuré dix ans président de la Fédération internationale des professeurs de français ? C'est comme si Bush devenait président de la France et pouvait s'y maintenir sans apprendre un iota de la culture française. Je serais surpris qu'une autre culture au monde rayonne à l'étranger autant que celle du Québec, compte tenu de sa population et des contraintes qu'elle subit pour sa survie même. Je trouve Madame Beaudoin fort généreuse de traiter cet ignorant de « dynamique président ». J'aurais plutôt tendance à penser que c'est lui qui est refermé sur lui-même, ne sachant pas s'ouvrir les yeux sur le reste du monde. Même mon frère, le regretté Noël Audet, de même qu'une amie, Claire Varin, sont allés à plusieurs reprises faire rayonner au Brésil, pays de ce supposé «dynamique président», la langue et la culture du Québec. C'est avec une fermeté, certes respectueuse, que cet homme devrait se faire remettre à sa place à Québec le 23 juillet prochain. »

  • Pierre Nonnon
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 06h29
    Allons donc Monsieur Pagel !
    « Avez vous comparé la proportion de jeunes anglophones canadiens qui parlent Français pa rapport aux jeunes Québécois qui patlent l'anglais ? »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 06h58
    Bravo à Mme Beaudoin pour ce texte.
    « C'est un discours de premier ministre qu'on vient de lire ici, celui d'un premier ministre qui croît à son pays et à ses citoyens. Mais, malheureusement, celui qui nous tient lieu de premier ministre actuellement, tenait un discours sur les bienfaits du bilinguisme devant une assemblée internationale de dignitaires venus à Québec cette semaine pour discuter des sites reconnus du patrimoine mondial de l'Unesco! Surprenant qu'en cette année du 400e de la ville de Québec, les élites politiques du Québec et de la Ville de Québec représentent si peu la population du Québec d'aujourd'hui, préférant de beaucoup les festivités de toutes sortes au caractère historique de cette fête. »

  • Yves Poitras
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 08h20
    Merci
    « On est témoins des récents "glissements" de l'actuelle présidence française. On sait aussi (et l'on aurait aussi bien pu le deviner) quelles affinités, quels intérêts ont motivé cette surprenante volte-face.

    M. Sarkozy s'est finalement rétracté, à tenter de banaliser l'extraordinaire complicité France-Québec. Et c'est certain, limpide même, que vous n'y êtes pas pour rien.

    Mme Beaudoin, j'aime la vaillante québécoise que vous nous donnez. Quel extraordinaire persévérance, quel courage!

    Prenez bien soin de vous s'il-vous-plaît.

    Yves Poitras
    Québec »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 08h31
    L'écoute est une culture.
    « Toutes proportions gardées, les québécois ne vont pas à l'étranger aussi facilement et quand ils y vont ils disent souvent avec leur petit drapeau canadien qu'ils sont canadiens et non québécois, de plus en anglais non en français. En Allemagne ou en Italie, il est difficile de dire qu'ils sont québécois car le reste du monde ne connait avant tout que le Canada et moins le Québec ou l'Ontario etc. Être ouvert, c'est avoir la faculté d'être à l'écoute et je crois dans ce sens que ce que dit M. pagel n'est pas si faux. L'expérience dit, malgré quelques voyageurs québécois de par le monde, que oui une grande majorité des québécois ne connait pas le reste du monde. Il suffit de leur poser quelques questions minimales sur leur rapport au monde pour le savoir. Cela ne remet pas en question leurs qualités loin de là, mais il faut ne pas avoir peur de s'ouvrir les yeux (être ouvert) pour le comprendre. D'ailleurs, c'est une des raisons qui nous fait les aimer car ils sont si peu allés ailleurs qu'ils sont d'une curiosité insatiable quant à l'existence d'autrui et de leur culture (C'est la différence avec l'orgueil français hexagonal). Un accueil découlant du fait qu'ils ne vont pas suffisamment à l'étranger. Je parle du citoyen lambda, du québécois moyen qui préfère la Floride (non les plages du Liban ou d'Espagne ou les châteaux de Louis II de Bavière) non des privilégiés comme madame Beaudouin qui prend l'avion pour Paris comme d'autres des poutines. Il y a souvent un sentiment victimaire quand vous parlez des québécois, de leur culture. Ce n'est pas vrai. Il y a des québécois heureux et épanouis. Ils ne sont pas d'emblée « des résistants et des combattants » de la dite « cause ». C'est là aussi une façon de les laisser enfermés dans une problématique politique, culturelle et existentielle qui arrange. Ce n'est pas vrai. Là aussi on suivra le sentiment de M. Pagel, c'est par expérience et la confrontation avec autrui qu'on peut mesurer ce fait (il n'y a ni culture ni spiritualité véritables sans une confrontation réelle avec l'altérité. Cette fameuse façon de serrer la main ou de prendre autrui dans ses bras comme le font justement les brésiliens). Il faudrait démontrer que vous êtes à l'écoute des propos de M Pagel pour nous dire que vous êtes ouverte et non fermée comme québécoise. »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 3 juillet 2008 08h59
    À la défense du Québec comme toujours!
    « Le Québec est ouvert sur le monde. Nul ne peut prétendre le contraire. Que ce soit le rayonnement dans le domaine artistique ou encore l'expension de nos entreprises, nous savons nous démarquer par l'ingéniosité qui nous caractérise. Toute réflexion se doit de l'être avec la perspective de notre fragile spécificité (2%) dans une mer anglophone. De protéger ainsi la langue française est une question de survie et non une fermeture sur le monde! Dommage que la défense de nos intérêts n'interpelle pas davantage le gouvernement en place!
    Quand Jean Charest et l'incompétente Christine St-Pierre laissent traîner sur les tablettes pendant 18 mois un rapport accablant du recul du français, on peut s'attendre à de l'immobilisme et même de l'aplaventrisme quant à la défense de notre culture. Monsieur Gilles Delisle
    a raison lorsqu'il mentionne que vous êtes digne d'être Chef d'État. J'en veux pour preuve lorsque vous êtes intervenue pour que Mario Dumont ne perde pas la face en France. Un parlementaire Chef de l'opposition du Québec n'avait jamais été ignoré de cette manière. S'il a été accueilli, c'est bien grâce à votre intervention et celle d'autres péquistes, n'en déplaise à monsieur Leroux qui cette fois était sûrement content que vous déchiriez votre chemise. Vous ne faîtes pas de petite politique partisane au profit des intérêts de la nation québécoise. MERCI »

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 09h29
    Un Québec refermé sur lui-même
    « Quand les ennemis de la souveraineté du Québec accusent ce dernier d'être fermé sur lui-même, c'est qu'il trouve qu'il devrait s'ouvrir au monde en passant par les canaux de communication du gouvernement du Canada. Rien d'autre.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Zach Gebello
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 10h02
    La tête dans le sable !
    « Ce texte de Louise Beaudoin est en soi une confirmation du repli sur soi de sa conception du peuple Québécois.

    Elle décrit elle-même comment l'élite à laquelle elle appartient a réduit et enfermé le peuple Québécois à l'intérieur des murs de la province, reniant du coup tous ceux qui ont émmigré dans le monde depuis la conquête, même ceux-là qui sont juste à côté dans les autres provinces de la fédération.

    Louise Beaudoin vante la loi 101 d'avoir désethnicisé les Québécois au Québec par l'ajout de "noms bigarés" issus des "ethnies" au quatre coins du monde, pour aussitôt réethniciser ces Québécois qu'elle dit reconnaître au Brésil de Pagel et ailleur dans le monde ! Comment, autrement qu'ethniquement, pourrait'elle les reconnaître, puisque le Québec est toujours une province sans citoyenneté ni nationalité ?

    Mme Beaudoin parle des deux côtés de la bouche lorsqu'elle évoque la diversité de la francophonie tout en prônant sa désethnisation. Double discours, cherchant le beurre et l'argent du beurre.

    Oui, dans le concept de la nation par cette élite, les Québécois sont pris en otages, désethnisés, et cloîtrés à l'intérieur des frontières d'un pays envisageable mais toujours virtuel, dont les diasporas ne bénéficient d'aucune organisation et dont la représentativité se limite à des bureaux de l'État virtuel occupés par quelques membres officieux de cette élite.

    Non, vous ne verrez pas de parade nationale des Québécois dans le monde comme c'elle des Irlandais et autres peuples.

    Faut être au Québec pour voir une parade de Québécois et elle sert surtout à exprimer sa diversité et sa désethnisation.

    Pagel a cent fois raison. »

  • Françoise Maertens
    Inscrite
    jeudi 3 juillet 2008 11h02
    Merci, Mme Beaudoin!
    « Un immense merci de prendre le temps et la peine de réagir à cette situation et d'aussi belle façon! Vous avez tout à fait raison et comme d'autres l'ont souligné, il est assez étonnant et plutôt inacceptable que M. Charest se prononce en faveur du bilinguisme (en fait, il ne fait que révéler ainsi sa vraie position par rapport à la langue au Québec...).
    Merci encore et bonne journée du 400e!
    Françoise Maertens »

  • Blesson Franck
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 13h00
    Inconnu même dans la Francophonie !
    « Bien sûr que le Québec est refermé sur lui-même, se gargarise pour un rien en se regardant le nombril, pensant que le reste du monde, notamment les autres francophones ont, envieux, les yeux braqués sur lui du matin au soir !

    Combien de politiques écrivent dans la presse française en particulier et la presse francophone en général, interviennent dans les différents médias, alors que l'obstacle de la langue ne peut être invoqué ?
    Très peu et ce n'est pas pour faire des propositions, formuler des idées, ... mais pour entonner toujours le même refrain (du genre le Québec existe, il est dynamique et il compte sur vous pour sa reconnaissance).

    Combien de coopérations (à différents échelons, en différents domaines) entre Québécois, Wallons et Romands qui sont pourtant dans des situations politiques, linguistiques, démographiques, etc., proches des notres voire pour certaines identiques ?

    La bourde de Paris-Match est révélatrice. On me dira que ce sont des Français... Suisses et Belges, eux, ne commettraient pas ce genre d'erreur.
    Normal, leurs journaux ne parlent pas du Québec même en ce jour... ils ne risquent pas d'aligner les erreurs ! »

  • Jean TURGEON
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 13h58
    C'est toujours l'autre et jamais soi-même
    « Le Québec est-il refermé sur lui-même, oui ou non ? Voilà une question qui, je l'avoue, me passionne autant que le débat sur le sexe des anges, au beau temps de la scolastique, quand la raison n'avait que faire de données sûres et précises pour se construire et se suffisait de dogmes, de références et de rhétorique spécieuse.

    Car au fait, cela se mesure comment le degré d'ouverture d'un peuple ? A-t-on quelque instrument de mesure éprouvé pour le dire ? ou bien chacun y va-t-il de sa petite opinion bien subjective ? Et de qui parle-t-on au juste quand on dit «le Québec» ?, et au nom de qui, surtout, parle-t-on ?

    BIen entendu, celui qui se prononce n'est jamais suspect. Ni Mme Beaudoin pas plus que M. Pagel, ou MM Gebello et Audet, ni tous les autres qui ont écrit ici, ne sont refermés sur eux-mêmes, non plus d'ailleurs tous ceux à qui on pourrait poser la question dans un grand sondage national. En somme, personne au Québec ne serait refermé sur soi-même, individuellement, mais collectivement - selon certains en tout cas -, nous le serions tous ! Paradoxe épineux et bien scolastique, pour ne pas dire extrêmement «songé» s'il en est.

    Pourtant l'économie du Québec, sa culture, son immigration, son histoire, pour ne nommer que cela, devraient nous placer au-dessus d'un débat aussi oiseux, autant collectivement qu'individuellement. »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    jeudi 3 juillet 2008 14h07
    À la défense du Québec comme toujours! Pas de petite politique au détriment des intérêts du Québec
    « Le Québec est ouvert sur le monde. Nul ne peut prétendre le contraire. Que ce soit le rayonnement dans le domaine artistique ou encore l'expension de nos entreprises, nous savons nous démarquer par l'ingéniosité qui nous caractérise. Toute réflexion se doit de l'être avec la perspective de notre fragile spécificité (2%) dans une mer anglophone. De protéger ainsi la langue française est une question de survie et non une fermeture sur le monde! Dommage que la défense de nos intérêts n'interpelle pas davantage le gouvernement en place!
    Quand Jean Charest et l'incompétente Christine St-Pierre laissent traîner sur les tablettes pendant 18 mois un rapport accablant du recul du français, on peut s'attendre à de l'immobilisme et même de l'aplaventrisme quant à la défense de notre culture. Monsieur Gilles Delisle
    a raison lorsqu'il mentionne que vous êtes digne d'être Chef d'État. J'en veux pour preuve lorsque vous êtes intervenue pour que Mario Dumont ne perde pas la face en France. Un parlementaire Chef de l'opposition du Québec n'avait jamais été ignoré de cette manière. S'il a été accueilli, c'est bien grâce à votre intervention et celle d'autres péquistes, n'en déplaise à monsieur Leroux qui cette fois était sûrement content que vous déchiriez votre chemise. Vous ne faîtes pas de petite politique partisane au détriment des intérêts de la nation québécoise. MERCI »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    jeudi 3 juillet 2008 14h18
    Un cerveau, ce n'est pas une décoration
    « Merci madame Beaudoin, vous avez tout dit dans un langage qui ravit.

    Ceux qui s'opposent à vos propos devraient apprendre à lire et surtout à comprendre les écrits qu'ils ont devant les yeux en se servant de leur matière grise. »

  • Michel Simard
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 14h45
    Charest parle plus de l'importance de parler anglais que de parle français
    « Notre non-premier ministre Charest dit officiellement toute la politique de nos bien-pensants soit-disant fédéralistes, en réalité des antifrancophones : les Québécois doivent être bilingues, c'est-à-dire parler anglais pour s'ouvrir au monde (lire sphère anglo-saxonne). Que le français régresse que le Québec ait des liens avec la francophonie internationale, que Champlain ait fondé une colonie française en Amérique, de quoi parlez-vous donc ? Nous, on est modernes, on est bilingues (même avec un français approximatif). Pauvre Québec néo-colonial. Samuel soit bien se retourner dans sa tombe. »

  • Armand Bérubé
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 15h01
    Un peuple ouvert au monde
    « Mme Beaudoin, votre intelligente façon de nous reconnaître comme peuple francophone ouvert au monde actuel, m'incite à croire encore davantage que notre projet de pays souverain est de plus en plus imminent.
    Merci pour votre intervention.

    Armand Bérubé »

  • Jean-Paul Le Bourhis
    Abonné
    jeudi 3 juillet 2008 18h05
    Je ne comprends pas
    « je ne comprends vraiment pas. Mais y a-t-il quelque chose de plus ou de moins à comprendre? Je suis né en France. Plus précisément en Bretagne ou mon père, natif de Guimgamp, me disait qu'à l'école, les enfants se faisaient humilier de mille et une façon quand ils parlaient Breton. Mon père a participé à la Deuxième guerre Mondiale. Il a été fait prisonnier. Il s'est évadé. Quand il a rencontré ma mère, il était activement recherché par les nazis. Sa mère habitait alors Paris. Elle est morte sans avoir revu son fils qui ne voulait lui faire courir aucun risque en allant la visiter. Il ne se l'est jamais pardonné.

    En 1952, mes parents ont décidé d'émigrer. Ils ont un temps hésité entre le Maroc, la Tunisie, la Californie (surtout) et le Canada. Ils ont choisi le Québec. On y parlait français. et mon père n'était pas intéressé à perdre ses acquis linguistiques récents, qui lui avaient valu de reléguer aux oubliettes sa langue maternelle. Nous avons abouti à Amos car c'est là que mon père avait réussi à se dénicher un emploi. Nous étions la seule famille de "maudits français" du coin. L'adaptation ne s'est pas faite en un jour, mais elle s'est faite et bien faite. Les gens se sont montrés vraiment accueillants. Curés, vicaires et bigots et autres mangeurs de balustrades, un peu moins, c'est vrai. Mais ça c'est une autre histoire. Les premiers temps, ma mère nous reprenait quand nous utilisions des "canadianismes". Et puis elle s'est habituée.

    Au référendum de 1980, et mon père et ma mère ont voté oui malgré le climat de peur intense qui régnait sur tout le Québec. Ils n'étaient pas des êtres très politisés, mais pour eux, il était clair que l'avenir de la culture française en terre d'Amérique ne pouvait être garanti que par l'arrivée au pouvoir d'une génération de politiciens prêts à en faire un genre de nord magnétique de leur programme. Ils ont été bien surpris de voir qu'autant de uébécois dits de souche avaient refusé de saisir l'opportunité qui s'offrait enfin à eux et avaient choisi, dans la quiétude de l"isoloir, de voter contre leur propre émancipation collective. Ils se sont dit que bon nombre de leurs ancêtres traités comme des trois fois rien avaient dû ce jour-là se retourner dans leur tombe.

    Mes parents avaient très bien saisi le message d'ouverture de cet extraordinaire humaniste de René Lévesque, politicien d'immense envergure qui n'avait rien, mais alors là absolument rien d'un Yan Paisley obtus, malgré la triste réputation qu'on tentait hypocritement de lui faire dans les colonnes de The Gazette et consorts.

    Mes parents sont aujourd'hui décédés. Je me demande parfois de quel oeil ils verraient cet absurde débat où on essaie de toutes les façons possibles et imaginables de faire porter à cet éternel complexé de Québécois la responsabilité ultime de la puie de coups qu'i reçoit à droite, à gauche et au milieu.
    Ces coups sont assénés ici dans le docte rapport aux conclusions très prévisible de la commission Bouchard-Taylor, là par la délicate souveraine par procuration qui sévit sur nos terres dans un attirail d'apparat de preimère, à l'abri des rituels de l'éternel conquérant.

    Entendons-nous bien: je ne déteste pas le Canada qui m'a tatoué l'épaule, comme il l'a fait pour tous les immigrants du temps, d'un double vaccin antivariolique - question sans doute de ne pas nous égarer dans la nature; mais je questionne son attitude à refuser rageusement de négocier
    quoi que ce soit avec ceux qui nous représentaient encore avec dignité (je ne parle pas de Charest, c'est sûr) dans un dossier névralgique (la culture) que nous devons contrôler sans partage pour assurer notre avenir.,

    En passant: aue le quatre centième anniversaire de l'établissement de Québec par Champlain soit devenu une foire d'empoigne où les conquérants nous forcent à giguer aux sons de leur cornemuse provoque en moi un certain malaise. Un autre.

    Un jour, mon père m'a dit que s'il avait su... »

  • Jean Leroux
    Inscrit
    mercredi 9 juillet 2008 08h15
    Oui, beaucoup de séparatistes québécois sont refermés sur eux-mêmes!
    « Mme Beaudoin, à titre d'apôtre du PQ et séparatiste aveuglée par l'idéologie ultra-nationaliste sait très bien que c'est un problème. D'ailleurs, elle et les autres qui en France l'appuient, n'oseraient jamais aller appliquer en France l'idéologie péquiste à la revendication des Corses ou encore des Basques en Espagne. Ils se feraient foutre dehors par ces mêmes français qui viennent déchirer leur chemise sur la place publique à Québec. Moi je dis que "non-indifférence, non-ingérence" doit aussi s'appliquer à la Corse et au pays Basques... Essayez-le et vous verrez les français crier à l'ingérence très rapidement!! Je l'ai essayé à plusieurs reprises et c'est tellement comique... À part cela, oui nombreux séparatistes québécois s'accordent le droit de se moquer des anglais, des noirs, des arabes et des "autres" qui ne sont pas pure laine francophones de souche canadienne-française... je le vois constamment et ça me rend triste de constater que les séparatistes québécois pensent bâtir un pays en se moquant de l'autre qui n'est pas comme moi. »

  • Christian Tallon
    Inscrit
    lundi 29 septembre 2008 15h44
    Ce peuple veut-il mourir ou pas ?
    « Pour survivre, il ne faut pas trop se disperser mais aussi trouver des alliés. A mon avis, et sur la longue période, rien ne permet de dire que le Canada ne souhaite pas fin de l'exception francophone en Amérique du Nord. On voit beaucoup de droits virtuels, peu de volonté de les appliquer réellement. Tout ce que les québécois ont eu, ils ont du l'arracher. Et malgré tout, les chiffres sont implacables : avec une des plus faible natalité au monde, le Québec est condamné. La démographie est une des sciences les plus tragiques. Sauf immigration vigoureuse et entièrement francophone, l'affaire est classée. Il n'y aura qu'un 500 ème anniversaire folklorique. Il n'est pas encore trop tard pour lancer un très vigoureuse politique familiale et immigratoire, mais le temps presse. Un visa francophone est une bonne idée, mais la France qui se vend littéralement à l'anglais sans même qu'on lui demande ne sera pas d'une grande aide à mon avis. L'anglais est déjà de facto la langue de Bruxelles. Quand on voit comment sont gérés les Centre de coopération culturels français qui prennent en charge la Francophonie, on ne s'étonne pas que le résultat soit calamiteux. Les pays qui sont morts sont légion. Le conseil qu'on peut donner aux québécois, outre de donner la parole à des personnes de la compétence de Louise Beaudoin, serait de prendre une grande bouffée de courage, de faire un état et de s'inspirer des politiques natalistes des pays du nord de l'Europe, n'ayant pas peur de dissuader les anglophones de rester (respectés mais pas bienvenus) et d'ouvrir la porte de l'immigration aux francophones (personne disposant du DALF, ou du TEF niveau supérieur) du Monde entier, offrant des possibilités de travail et d'étude plus facile en vertu du principe linguistique (le coût des universités anglo-saxonnes est très élevé). Comme le Québec n'est pas une dictature, un certain nombre partirait, mais un nombre resterait et ferait souche.

    Sans Etat réel, disposant de pouvoirs forts et compte tenu de la situation démographique et de la mauvaise volonté du gouvernement canadien, il me semble que le Québec n'a AUCUNE chance de survie à 50 ans.

    Madame Beaudoin peut me contredire évidemment. Pour moi ça ne fait pas l'ombre d'un doûte. L'Etat ou la mort. »

  • Guy Lemieux
    Abonné
    lundi 17 novembre 2008 10h22
    enfants de duplessis
    « Vous étiez contre la reconnaissance des Enfants de Duplessis et vous voulez vous representer comme député ..comme saloperie vous faites bonne figure vous si assoiffée de justice qu elle odace méprisante . Vous aurez deviné que je suis un enfant de Duplessis et que je vais me bagarré toute ma vie contre vous..Seul M.Bernard Landry a été sensible à eux et Lucien Bouchard qui lui a offert des excuses du bout des lèvres...Etes vous encore associé aux felquistes de l époque où vous étiez en Europe? »

  • Guy Lemieux
    Abonné
    lundi 17 novembre 2008 23h57
    retrait de mes écrits à Mme Beaudoin
    « Je retire mes écrits sur M.Beaudoin J ai fait une grossière erreur et je m en excuse . »

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