Fusion - TELUQ-UQAM: un mariage non consommé
Des recommandations attendues en novembre
Moins de trois ans après le mariage entre la Télé-université et l'Université du Québec à Montréal (UQAM), l'union n'est toujours pas consommée. Les bénéfices sur le plan de l'enseignement et de l'administration ne sont pas au rendez-vous, tant et si bien que l'UQAM se penche sur les conditions de l'intégration de la TELUQ à l'université montréalaise et n'exclut pas un divorce.
Le recteur de l'UQAM, Claude Corbo, a récemment mandaté un chargé de dossier pour étudier l'intégration de la TELUQ à l'UQAM. Son rapport, attendu en novembre, devra définir «les conditions souhaitables d'une vraie intégration, pas juste formelle, juridique, mais académique, pédagogique», a expliqué récemment M. Corbo au Devoir.
La perspective de redonner son indépendance à la TELUQ est également envisagée. «Dans mon esprit, aucune conclusion n'est a priori écartée. On devrait voir clair à la fin de l'année», a indiqué le recteur.
Autrefois une composante à part entière du réseau de l'Université du Québec (UQ), la Télé-université a été rattachée à l'UQAM en novembre 2005, sous l'impulsion du recteur de l'UQAM de l'époque, Roch Denis. Ce faisant, ses locaux ont été déménagés d'un édifice appartenant au réseau de l'Université du Québec rue Henri-Julien à Montréal au controversé Complexe des sciences dans le centre-ville.
Subventions manquantes
Mais voilà, les subventions gouvernementales pour ces espaces n'ont pas suivi intégralement. L'UQAM réclame maintenant plus de quatre millions au réseau de l'Université du Québec, soit la part de la subvention accordée par Québec pour la rénovation de son édifice de la rue Henri-Julien correspondant aux espaces auparavant occupés par la TELUQ. On demande également le versement de 200 000 $, que l'UQ aurait perçus entre novembre 2005 et mai 2008, soit après le déménagement de la TELUQ, pour des locaux auparavant utilisés par la TELUQ.
Dans son rapport rendu public au début du mois, le Vérificateur général souligne que la construction du pavillon institutionnel du Complexe des sciences n'a pas permis de réduire le déficit de superficie de l'UQAM, ce qui était pourtant la justification du projet. «On y a relogé la Télé-université dont les besoins de superficie étaient déjà satisfaits; en effet, elle occupait des locaux dont l'UQ est propriétaire. Son installation dans le Pavillon institutionnel du Complexe des sciences a été voulue par le recteur [Roch Denis] pour faciliter son intégration récente à l'UQAM, mais elle n'est justifiée ni par un besoin de locaux ni par une économie potentielle», écrit le Vérificateur général.
En plus du manque à gagner en subvention pour les locaux, la fusion de la TELUQ avec l'UQAM n'a pas permis de réaliser d'économies administratives. «Il y a une entente qui fait en sorte que les deux institutions fonctionnent de façon parallèle», affirmait il y a quelques semaines la vice-rectrice à l'administration et aux finances de l'UQAM, Monique Goyette.
La firme comptable PricewaterhouseCoopers, dans son rapport publié en mars sur le plan de redressement de l'UQAM, soulignait cette absence d'intégration réelle. «L'intégration de la TELUQ générerait des économies d'échelle importantes. L'UQAM devrait se référer aux objectifs initiaux du rattachement et revoir les synergies possibles, tant d'un point de vue académique qu'administratif», recommandaient les comptables. Ces derniers suggéraient d'établir un «plan de contingence» rapide si l'on en arrivait à la conclusion que le «rattachement effectif ne peut se faire ou n'est plus souhaitable».
Au moment du rattachement de la TELUQ en 2005, les dirigeants des deux institutions brandissaient l'expression «première université bimodale» afin de faire miroiter les bénéfices pour les étudiants des deux institutions, qui pourraient ainsi mieux combiner les deux formes d'enseignement.
Trois ans plus tard, le recteur de l'UQAM n'a pas l'impression que ces bénéfices sont au rendez-vous. «Il y a eu une décision politique, administrative, de rentrer la TELUQ dans l'UQAM. Mais si vous interrogez les gens de l'UQAM, ils ont l'impression qu'ils n'ont pas vraiment été impliqués dans la décision. Toute la question de l'intégration reste ouverte», fait remarquer M. Corbo.
Sa vice-rectrice, Monique Goyette renchérit: «Il y a une nécessité de revoir comment on peut fonctionner au niveau de la programmation, s'aider mutuellement.»
La direction de la TELUQ a préféré ne pas commenter le sujet avant que ne soient connues les conclusions du chargé de projet mandaté par le recteur, à la fin de l'automne.
La TELUQ compte normalement environ 16 000 étudiants (mais un tiers de moins depuis la récente grève des tuteurs) et dispose d'un budget de quelque 30 millions.
Le recteur de l'UQAM, Claude Corbo, a récemment mandaté un chargé de dossier pour étudier l'intégration de la TELUQ à l'UQAM. Son rapport, attendu en novembre, devra définir «les conditions souhaitables d'une vraie intégration, pas juste formelle, juridique, mais académique, pédagogique», a expliqué récemment M. Corbo au Devoir.
La perspective de redonner son indépendance à la TELUQ est également envisagée. «Dans mon esprit, aucune conclusion n'est a priori écartée. On devrait voir clair à la fin de l'année», a indiqué le recteur.
Autrefois une composante à part entière du réseau de l'Université du Québec (UQ), la Télé-université a été rattachée à l'UQAM en novembre 2005, sous l'impulsion du recteur de l'UQAM de l'époque, Roch Denis. Ce faisant, ses locaux ont été déménagés d'un édifice appartenant au réseau de l'Université du Québec rue Henri-Julien à Montréal au controversé Complexe des sciences dans le centre-ville.
Subventions manquantes
Mais voilà, les subventions gouvernementales pour ces espaces n'ont pas suivi intégralement. L'UQAM réclame maintenant plus de quatre millions au réseau de l'Université du Québec, soit la part de la subvention accordée par Québec pour la rénovation de son édifice de la rue Henri-Julien correspondant aux espaces auparavant occupés par la TELUQ. On demande également le versement de 200 000 $, que l'UQ aurait perçus entre novembre 2005 et mai 2008, soit après le déménagement de la TELUQ, pour des locaux auparavant utilisés par la TELUQ.
Dans son rapport rendu public au début du mois, le Vérificateur général souligne que la construction du pavillon institutionnel du Complexe des sciences n'a pas permis de réduire le déficit de superficie de l'UQAM, ce qui était pourtant la justification du projet. «On y a relogé la Télé-université dont les besoins de superficie étaient déjà satisfaits; en effet, elle occupait des locaux dont l'UQ est propriétaire. Son installation dans le Pavillon institutionnel du Complexe des sciences a été voulue par le recteur [Roch Denis] pour faciliter son intégration récente à l'UQAM, mais elle n'est justifiée ni par un besoin de locaux ni par une économie potentielle», écrit le Vérificateur général.
En plus du manque à gagner en subvention pour les locaux, la fusion de la TELUQ avec l'UQAM n'a pas permis de réaliser d'économies administratives. «Il y a une entente qui fait en sorte que les deux institutions fonctionnent de façon parallèle», affirmait il y a quelques semaines la vice-rectrice à l'administration et aux finances de l'UQAM, Monique Goyette.
La firme comptable PricewaterhouseCoopers, dans son rapport publié en mars sur le plan de redressement de l'UQAM, soulignait cette absence d'intégration réelle. «L'intégration de la TELUQ générerait des économies d'échelle importantes. L'UQAM devrait se référer aux objectifs initiaux du rattachement et revoir les synergies possibles, tant d'un point de vue académique qu'administratif», recommandaient les comptables. Ces derniers suggéraient d'établir un «plan de contingence» rapide si l'on en arrivait à la conclusion que le «rattachement effectif ne peut se faire ou n'est plus souhaitable».
Au moment du rattachement de la TELUQ en 2005, les dirigeants des deux institutions brandissaient l'expression «première université bimodale» afin de faire miroiter les bénéfices pour les étudiants des deux institutions, qui pourraient ainsi mieux combiner les deux formes d'enseignement.
Trois ans plus tard, le recteur de l'UQAM n'a pas l'impression que ces bénéfices sont au rendez-vous. «Il y a eu une décision politique, administrative, de rentrer la TELUQ dans l'UQAM. Mais si vous interrogez les gens de l'UQAM, ils ont l'impression qu'ils n'ont pas vraiment été impliqués dans la décision. Toute la question de l'intégration reste ouverte», fait remarquer M. Corbo.
Sa vice-rectrice, Monique Goyette renchérit: «Il y a une nécessité de revoir comment on peut fonctionner au niveau de la programmation, s'aider mutuellement.»
La direction de la TELUQ a préféré ne pas commenter le sujet avant que ne soient connues les conclusions du chargé de projet mandaté par le recteur, à la fin de l'automne.
La TELUQ compte normalement environ 16 000 étudiants (mais un tiers de moins depuis la récente grève des tuteurs) et dispose d'un budget de quelque 30 millions.
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