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Très mauvaise idée

L'idée d'une école afrocentriste germe à Montréal, où la communauté noire revendique le droit à son établissement ethnoculturel. En faisant de l'origine ethnique la raison d'être de l'école, ce projet affronte vigoureusement la logique d'intégration que le Québec a choisie. Mauvaise idée.
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  • Raymond Saint-Arnaud - Abonné
    19 mai 2008 23 h 39
    La demande d'écoles ethnoculturelles est inquiétante.
    L'insistance de groupes communautaristes qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l'inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C'est aussi la situation dans plusieurs pays, où l'on sent une inquiétude face à la dilution de l'identité nationale suite à l'afflux d'immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l'identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau). Au Québec en particulier, îlot francophone dans une mer anglophone, il faudrait mettre plus d'accent sur l'identité québécoise et sur l'intégration des immigrants que sur les communautés culturelles. Il est grand temps de revoir l'à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Il faudrait d'abord cesser d'utiliser l'expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans, on peut difficilement être plus de souche que cela, que cela plaise ou non à certains), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n'y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d'accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Dans un de ses ouvrages, l'écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s'est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que naivement conçues au départ dans un but bien intentionné, n'ont fait qu'accentuer l'isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Tous les résidents du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s'y installer, sont des Québécois, de plein droit ou en devenir, et leurs enfants doivent fréquenter l'école commune.
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  • Martin Hould - Abonné
    20 mai 2008 12 h 02
    Quelle misère!
    Je suis vraiment désolé lorsque je lis ce genre de rhétorique réactionnaire vis-à-vis la culture afro-américaine. Je suis moi-même un défenseur convaincu de l'interculturalisme. Seulement, ce que les gens avec un tel discours ne comprennent pas est qu'il y a quand même des limites à l'intégration, aussi bien organisée et pleine de bonnes intentions qu'elle peut l'être!

    L'INTÉGRATION NE PEUT PAS CHANGER LA COULEUR DE PEAU D'UNE PERSONNE, NI EFFACER DU JOUR AU LENDEMAIN LE POIDS DE 400 ANS D'HISTOIRE D'ESCLAVAGE!

    Ce que les Québécois devraient faire c'est apprendre de leur propre histoire, et trouver la morale universelle qui sous-tend cette histoire, soit l'importance de l'identité comme levier de la communauté!

    Relisez l'article 43 de la Charte québécoise, et relisez-le encore et encore s'il le faut:
    "Les personnes appartenant à des minorités ethniques ont le droit de maintenir et de faire progresser leur propre vie culturelle avec les autres membres de leur groupe."

    Et relisez-le encore, jusqu'à ce que vous vous souveniez que la liberté est quelque chose qui se gagne durement et qu'il faut partager avec les autres.

    Autre élément de réflexion, tiré de "ZINN, Howard, Une histoire populaire des États-Unis, De 1492 à nos jours, traduit de l'anglais par Frédéric Cotton, Éditions Lux, Montréal, 2002, p. 521":

    « Ce fut en 1967 qu'éclatèrent dans les ghettos noirs du pays les plus importantes émeutes urbaines de l'histoire des États-Unis. [...] Quatre-vingt-trois personnes, habitant pour la plupart Détroit et Newark, furent tuées. « L'immense majorité des individus tués ou blessés au cours de l'ensemble de ces événements étaient des civils noirs. » Selon ce rapport, l'« émeutier standard » était jeune, avait abandonné les études mais était « néanmoins plus cultivé que ses voisins noirs ne participant pas aux désordres » et « le plus souvent sous-employé ou employé à un poste subalterne ». »

    Paix et respect pour nos frères oppressés les Afro-américains!
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  • Roland Berger - Abonné
    20 mai 2008 14 h 05
    Comme les Juifs
    Les Québécois, toujours gentils avec ceux qui rejettent leur culture et leur langue, devraient-ils refuser aux Noirs l'école séparée qu'ils permettent aux Juifs?
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario
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