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Vive demande pour des écoles ethnoculturelles

Clairandrée Cauchy   16 mai 2008  Éducation
La demande est vive pour des écoles visant une clientèle ethnoculturelle particulière à la Commission scolaire English-Montréal (EMSB). Outre le projet d'école secondaire afrocentriste qui devrait être déposé d'ici la fin du mois, le maire de Côte-Saint-Luc, Anthony Housefather, caresse l'idée de proposer une école secondaire offrant une concentration en études juives.

Déjà, deux écoles primaires de l'EMSB offrent des projets pédagogiques à caractère ethnoculturel, soit une sur la culture italienne et l'autre sur la culture juive.

Un comité formé de cinq commissaires de l'EMSB entendra les 26 et 27 mai les propositions pour la création d'écoles ou de concentrations à vocation particulière. Le maire de Côte-Saint-Luc entend profiter de l'occasion pour convaincre la commission scolaire anglophone de rouvrir une école secondaire à Côte-Saint-Luc.

«Il manque une école secondaire publique à Côte-Saint-Luc. Il y a plusieurs écoles privées, mais aucune publique. C'est quand même la troisième municipalité de l'île de Montréal», explique M. Housefather. Soulignant que la première communauté en importance à Côte-Saint-Luc est la communauté juive, il suggère d'offrir une concentration axée sur la culture juive et peut-être une autre axée sur la culture italienne, puisque les Italiens forment le deuxième groupe en importance. Une telle école ne serait cependant pas destinée seulement aux élèves d'origine juive ou italienne.

Le maire jongle aussi avec l'idée d'offrir des programmes enrichis ou encore des programmes sport-étude, en mettant à contribution l'aréna municipal situé à proximité ou en construisant une piscine sur le terrain adjacent à l'école secondaire Wagar, qui accueillait jusque dans les années 1990 les élèves du coin. La nature du projet pédagogique qui sera privilégié par la commission scolaire lui importe cependant peu, pourvu que l'école secondaire soit rouverte.

Il en va autrement pour un groupe réunissant différents organismes représentant la communauté noire, le Comité d'action pour la création d'une école afrocentriste, qui entend déposer une demande à la Commission scolaire English-Montréal lors des audiences du 27 mai prochain. Le projet s'inspire de l'expérience torontoise, où le Conseil scolaire a donné le feu vert en janvier dernier à une école alternative afro-canadienne, qui ouvrira ses portes en septembre 2009.

«Notre communauté est ici depuis très longtemps et, pourtant, c'est comme si on n'était jamais là. Notre histoire, notre implication, notre sacrifice, avec l'esclavage au Québec et au Canada, ne sont jamais reconnus. Il est difficile dans ces conditions de développer une fierté chez les jeunes», explique le président de la Ligue des Noirs du Québec, Dan Phillip.

Il souligne que le taux de décrochage des jeunes Noirs, d'environ 50 %, est dramatique et que les difficultés économiques et sociales frappent davantage sa communauté, notamment en raison d'une forte proportion de familles monoparentales. Une école afrocentriste permettrait, selon M. Phillip, d'enseigner davantage l'histoire des Noirs et d'organiser davantage d'activités parascolaires. Bien qu'elle vise en premier lieu les Noirs, une telle école pourrait aussi admettre des élèves d'autres origines, précise M. Phillip. L'activiste réfute les critiques voulant qu'on confine ainsi les jeunes Noirs à des ghettos: «On parle plutôt de donner une fierté à ces jeunes, de développer leur sentiment d'appartenance.»

Déjà deux écoles primaires

La Commission scolaire English-Montréal s'abstient de se prononcer pour le moment sur la faisabilité ou la pertinence de telles écoles à vocation ethnoculturelle. «Pour le moment, on écoute et on pose des questions», fait valoir le porte-parole de l'EMSB, Michael Cohen.

La commission scolaire ne s'oppose cependant pas a priori au principe des écoles ayant un projet pédagogique lié à une communauté en particulier. En effet, il existe déjà deux écoles primaires de ce type au sein de la commission scolaire anglophone.

L'école primaire East Hill, à Rivière-des-Prairies, offre depuis l'an dernier un programme qui intègre 90 minutes par semaine de cours sur la culture et la langue italienne. L'école accueille une clientèle à 95 % d'origine italienne. Outre les cours en italien, la classe s'y déroule en français de la maternelle à la deuxième année, puis en anglais et en français par la suite.

Le scénario est semblable à l'école Royal Vale, qui offre un programme axé sur la culture juive. Notons cependant que seulement 40 % des élèves y sont d'origine juive. Ainsi, deux périodes par semaine sont consacrées à l'étude de la culture juive (jewish heritage studies). Les élèves qui n'y sont pas inscrits ont quant à eux accès pendant cette période à un programme enrichi en littérature anglaise.

«Ces deux écoles sont très populaires. Des parents campent même dans la cour d'école au moment de l'inscription, ce qui est plutôt rare puisque notre commission scolaire a perdu quelque 800 élèves l'an dernier», précise M. Cohen.

Réaction

Au cabinet de la ministre de l'Éducation, Michèle Courchesne, on se montre prudent au sujet du développement des écoles à vocation ethnoculturelle. On dit s'opposer à la création d'écoles qui seraient strictement réservées aux enfants d'une communauté en particulier. Cela dit, les écoles peuvent toutefois se doter d'un projet pédagogique particulier.

Le président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Réjean Parent, qui défend depuis belle lurette l'école commune, s'inscrit quant à lui en faux contre de telles demandes. «On va avoir des écoles de toutes les catégories tantôt si on embarque dans un pareil repli identitaire», déplore M. Parent. Il souligne que des études américaines ont montré récemment que les Afro-Américains ou les hispaniques réussissaient moins bien dans des écoles séparées.

Précisons que le projet de loi déposé mardi par la ministre de l'Éducation amendant la loi sur l'instruction publique sonnait le glas des contrats d'association entre les commissions scolaires et les écoles privées grecques. Cette disposition permettait de financer à 100 % les écoles privées Socrate et Démosthène plutôt qu'à 60 %. C'est d'ailleurs de la même disposition que voulaient se prévaloir les écoles privées juives en 2005.






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Vos réactions

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  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 06h53
    RÉJEAN pARENT A RAISON!
    « Il faut empêcher immédiatement ces tentatives de repli identaire de ces groupes, qui ne feront que diluer la culture commune québécoise, qui dejà, souffre de la non-intégration de plusieurs familles ethnoculturelles. Ce développement culturel et scolaire en vase clos, va à contre-sens du développement ouvert sur le monde que l'on retrouve dans nos commissions scolaires québécoises. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 07h00
    TROUVEZ-MOI UN JUIF QUÉBÉCOIS?
    « "La nation est essentiellement une réalité culturelle."
    Fernand Dumont, l'Actualité, juillet 97


    Woody Allen, Barbra Streisand, Bob Dylan; plus yankee tu meurs. Michel Drucker, Claude Lelouch, Simone Veil; plus cocorico tu meurs. Margaret Atwood, Judy Rebick, Herb Gray; plus canuck tu meurs. Robert Libman, Howard Galganov, Mordecai Richler. Oups!

    Il y a 92,000 Juifs au Québec. Les deux-tiers parlent français, un quart est francophone. Pourtant, et bien que la chose doit certainement exister, je n'ai jamais rencontré un seul Juif Québécois!

    Pourtant, la communauté juive a des racines profondes ici et sa contribution à notre société est impressionnante. Dès 1807, les citoyens de Trois-Rivières établissaient une première de l'Empire britannique en élisant un député juif pour les représenter. Des fleurons de la métropole comme le Jewish Hospital, les Expos et l'OSM doivent beaucoup à l'implication de la communauté juive.

    Moshe Safdie a réalisé Habitat 67, les Bronfman ont construit un empire enivrant, Sam a inventé les supermarchés et Ben le Smoked Meat, Saul Bellow a raflé un prix Nobel et Leonard Cohen a fait vibrer les boomers. Pourtant, et bien que je sois sorti pendant deux ans avec une Juive -dont les parents polonais, soit dit en passant, survivants de la Shoah, n'auraient jamais accepté que leur Jewish Princess épouse un goy, une étroitesse d'esprit que n'ont jamais eu mes parents pourtant bien traditionnels- j'ai beau chercher dans mon passé et passer au crible le Who's Who de la scène publique, je n'arrive pas à trouver un seul Juif Québécois!

    Tous les Juifs d'ici que j'ai connus étaient Canadian. Les autres étaient français, magrébins, israéliens ou venaient d'Europe de l'Est. J'ai même connu un Juif noir! Non ce n'était pas un Falasha; il était originaire de Trinidad. Mais des Juifs Québécois, aussi québécois qu'Allen est américain, Drucker français ou Rebick canadian, j'en ai jamais vus.

    Pourtant, en dépit de tout ce qu'on a dit et écrit sur notre soit-disante xénophobie, sur nos écoles catholiques sectaires et notre grande noirceur, sur notre supposée étroitesse d'esprit, il y a quand même des milliers de Noirs Québécois comme les Biddle, Gregory Charles, Normand Brathwaite, Linda Malo, Anthony Kavanagh et les enfants adoptifs de mon cousin. Il y a des dizaines de milliers d'Italos-Québécois (Liza Frulla, Pierre Curzi, Michel Palascio, Marina Orsini, Franco Nuevo, Marie-France Bazzo, Josée Di Stasio), des tonnes d'Irlandos-Québécois (Robert Scully, les deux Ryan, les trois Johnson) et des mégatonnes de Franços-Québécois (Paul Ohl, Pierre Jeanniot, Marie Malavoy, Nathalie Petrowski, Serge Postigo). Il y a même des Autochtos-Québécois (Mira Crea, Bernard Assiniwi, Konrad Sioui, Ghislain Picard, Max Gros-Louis). Des Grécos-Québécois (Patrick Yiacouvakis, José Theodore), des Arménos-Québécois (Patrick Masbourian, André Arthur), des Arabos-Québécois (Ramzi Abid, Rachid Badouri). Et parmi les Latinos et les Indochinois, arrivés il y a moins de 20 ans, on trouve maintenant des milliers de jeunes Québécois. Mais des Juifs Québécois, bien que la chose doit certainement exister, j'en ai jamais connus. Alors je lance un défi au Congrès juif: trouvez-moi un Juif Québécois, histoire de montrer, qu'en trois siècles ici, vous vous êtez intégrés à une société qui vous a permis d'avoir l'un des plus hauts niveaux de vie au monde sans jamais connaître de pogroms.


    Quelqu'un qui:

    .parlerait français comme Jean Chrétien ou Jean Charest, avec un accent quelque part entre le riche terroir de Fabienne Larouche et les généreux R montréalais bien roulés de Michel Lacombe;

    .saurait qu'Alys Robi est une star des années 30, Michèle Richard une yéyé des années 60 et Janette Bertrand la femme du siècle;

    .saurait que Ginette Reno a essayé un nombre IN-CAL-CU-LA-BLE de diètes et qu'en entrevue dans un talk-show, la question "Quoi de neuf Ginette?" donne droit à une fantastique auto-analyse jusqu'au prochain spot publicitaire.

    .pourrait apprécier le génie de Sol et la froide poésie des surnoms des Hells;

    .saurait qui est Elvis Gratton, Emilie Bordeleau, le Père Gédéon, Basile, Bobinette, Capitaine Bonhomme et Monsieur Surprise.

    .saurait que Daniel Pinard est gay, Claude Charron est gay, Yves Jacques est gay, Michel Jasmin est gay et Jean-Pierre Ferland aux femmes comme sa Simone est aux hommes.

    .pourrait fredonner au moins un air de Starmania (dont la musique incidemment a été composée par un Juif);

    .pourrait associer "Lui y connaît ça", "C'est plus que du bonbon", "Li-nel" et "Tchick-ke-tchick", avec leur auteur respectif, et, s'il est intello, que Michel Tremblay n'a rien écrit de valable depuis qu'il a encaissé 300 000 belles piasses du Dominion pour ses vieux cartables tout raturés.

    .pourrait reconnaître Gaston Lepage, Gilles Latulippe, Michel Louvain ou Guy A. Lepage dans un restaurant, mais serait incapable d'identifier Michele Wright, Rex Murphy, Tom Jackson, Peter Kent, Peter Gzowski, Irving Layton et n'aurait d'ailleurs aucune idée de qui il s'agit la moitié étant morts anyway;

    .aurait un compte à la Caisse Pop ou à la Banque Nationale, peut-être quelques actions de Bombardier ou Québécor;

    .serait fier d'appartenir à un petit peuple qui n'a jamais occupé ni massacré personne (à part trois quatre "sauvages", il y a 3 ou 4 siècles), qui jouit de 217 ans non-stop de démocratie parlementaire et qui y est le seul Etat au monde, en dehors d'Israël, à financer un réseau publique d'écoles juives;

    En dépit (ou à cause?) des écoles juives, y a-t-il un Juif Québécois dans la salle? »

  • Marie Mance Vallée
    Inscrite
    vendredi 16 mai 2008 07h35
    L'échec de l'intégration...
    « Nous constatons de plus en plus que les immigrants s'intègrent très très bien au Québec et au Canada. Ce sera bientôt l'État dans l'État. Tel le Kossovo, ils réclameront ensuite leur territoire.

    Le multiculturalisme canadien est un échec, nous le savons maintenant. On nous apprend que les immigrants en Colombie-Britannique se plaignent de ne pouvoir trouver du travail... On nous apprend que le modèle qu'on nous citait en exemple depuis des décennies, soit Toronto, est en difficulté...

    Et le bon peuple québécois, fondateur de ce pays, cette bonne pâte, plie l'échine devant les exigences des uns et des autres...

    Nous nous préparons des lendemains douloureux.

    Marie Mance Vallée »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 16 mai 2008 07h59
    Des toilettes ethniques, peut-être ?
    « Ensuite, ILS vont se plaindre qu'on les met de côté. "Que l'on est raciste et ségrégationniste".

    ILS veulent se "ségrégationner" eux-mêmes maintenant. Où est-ce qu'on s'en va comme ça ? La prochaine étape : des toilettes ethniques ? Des places réservées dans les autobus, peut-être ? »

  • Sylvain Rondeau
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 08h02
    Les dangers du ghetto culturel
    « Bien que je puisse comprendre l'intérêt pour certaines communautés de voir leur historie et culture présentées en milieu scolaire, je m'inquiète face à la ghettoisation que cela pourrait créer.

    Alors que nous semblons avoir de la difficulté à intégrer certains nos immigrants à la réalité québécoise, ne serait-ce pas de nous tirer dans le pied que de laisser certaines minorités s'isoler de la majorité. Il ne faudrait pas que de tels projets nuisent à l'objectif d'intégration de ces enfants issus de minorités. Le multiculturalisme peut avoir ses bienfaits, mais aussi ses inconvénients. Si nous nous divisons entre communautés ethniques, ne metterions-nous pas en danger notre idéal d'une culture commune inclusive? »

  • andré michaud
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 08h49
    Soutenir les clivages ethniques?
    « L'école doit il être un lieu de rencontre pour tous les jeunes citoyens peu importe leur ethnie, ou doit-on diviser par ethnies les enfants dès l'école et perpétuer les divisions ethniques?

    On ne peut empêcher certains parents de soutenir des écoles privées basées sur la race ou sur la
    religion, mais l'état ne doit pas encourager ces clivages ethniques et religieux qui divisent et étiquettent les citoyens.Ce serait contribuer à détruire le tissus social.

    Les autochtones donnent l'exemple de clivage à éviter avec leurs réserves qui les isolent de la société et les enferment dans plein de problèmes (sous éducation, toxicomanies, violence,...)Si on n'avait pas permis l'existence de ces ghettos, les descendants des premières nations vivraient parmis nous et auraient une meilleure qualité de vie..

    Il faut s'identifier d'abord comme citoyens partageant des valeurs communes (démocratie,charte des droits
    ,l'état au-dessus des religions...)au-lieu de se replier et s'isoler par ethnie ou religion. S'entêter à perpétuer le passé c'est être déconnecté du présent, donc passer à côté de la réalité...et freiner l'évolution!

    Évidemment il ne s'agit pas de se fermer aux apports culturels (cuisine, musique..)qui enrichissent la société... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 16 mai 2008 09h45
    @ M. Jacques Noel
    « Je suis d'accord avec M. Jacques Noel sauf, peut-être quand il écrit : «on est fier d'appartenir à un petit peuple qui n'a jamais occupé ni massacré personne (à part trois quatre "sauvages", il y a 3 ou 4 siècles)»

    Wow là, on ne connaît pas bien combien de "sauvages" on a massacré au début de la colonie. Est-ce 3 ou 4, 3 ou 4 cents, 3 ou 4 milles, plus encore ? Est-ce que nous avons commencé à les massacrer ou si c'est eux avec leurs casses-têtes qui voulaient voir ce que nous avions dedans ? C'est le seul bout de notre histoire qui peut nous faire honte. Nous ne souhaitons pas recommencer et notre gouivernement très provincial acccepte que leurs descendants nous barrent les routes et nous vendent tous les produits défendus mais appréciés de plusieurs Québécois dépendants des "substances". »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 12h08
    @ M. Noel
    « M. Noel, vous dites : trouvez-moi un juif québécois, Mais s'ils sont nés au Québec il sont de facto Québécois pur laine. C'est quoi être Québécois ? Être francophone nationaliste qui vote OUI au référendum et qui de plus se doit d'être de la gauche ou tout au plus centre gauche ?

    Vous voyez, il ne peu y avoir plus Québécois pur laine, de souche que ma famille, ici de puis plus de 300 ans, francophone mais fédéraliste bilingue de droite, en plus je suis farouchement anti Québécois (et je prends le terme Québécois ici comme certain faussement se l'approprie), plus que cela tu meures.
    Vous le dites vous-même ils ont fait une très grande contribution à la société au courant des ans, c'est bien plus que beaucoup de vos soit disant Québécois. Car n'avons-nous pas déjà fait le choix de société d'être une société multiculturelle ?
    Être Québécois passe après être Canadien, on est des Canadien, originaire de la province de Québec, qui parlons français. C'est la bonne façon de s'identifier au monde. Quand on voyage, dit-on au douanier que nous sommes Québécois ? Cela n'existe pas, n'a jamais existé et n'existera jamais. »

  • Guy Fafard
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 15h24
    Toutes nos écoles doivent devenir chinoises
    « clientèle ethnoculturelle, Commission scolaire English-Montréal, École, Montréal

    La moitié de la population de la terre est chinoise, il faut donc devenir Chinois pour être parfaitement démocratiques. Soyons imbéciles jusqu'à la lie. »

  • Etienne Merven
    Inscrit
    vendredi 16 mai 2008 16h02
    Mais quel raciste...
    « Je ne sais pas pour qui se prend ce Jack Christmas, mais, plus raciste que ça tu meurs... Après m'avoir dit de repartir chez moi parce que je suis immigrant (surtout parce que je ne « fit » pas dans le moule...) et s'en être pris aux Noirs, ne voilà-t-il pas qu'il s'attaque aux Juifs qui, j'en suis sûr, ont apporté une bien plus grande contribution à la belle province que des millions de ce que Jack Christmas qualifie de Québécois pure laine, et patati et patata...
    Il devrait être interdit de commentaires dans ce forum.
    En passant, je vous donne entièrement raison, M. Archambault! »

  • Raymond Saint-Arnaud
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 16h18
    Néo-Québécois et communautarisme
    « La demande d'écoles ethnoculturelles est inquiétante.

    L'insistance de groupes communautaristes qui ont de la difficulté à accepter une meilleure intégration nous montre que l'inquiétude de la majorité francophone du Québec est fondée. Il est normal que cette majorité francophone veuille garder son identité. C'est aussi la situation dans plusieurs pays, où l'on sent une inquiétude face à la dilution de l'identité nationale suite à l'afflux d'immigrants plus ou moins intégrés. Ainsi, au Canada anglais on commence à insister plus sur l'identité canadienne que sur le multiculturalisme (triste héritage de Pierre Trudeau). Au Québec en particulier, îlot francophone dans une mer anglophone, il faudrait mettre plus d'accent sur l'identité québécoise et sur l'intégration des immigrants que sur les communautés culturelles. Il est grand temps de revoir l'à-propos des politiques de multiculturalisme et de communautés culturelles.

    Il faudrait d'abord cesser d'utiliser l'expression boiteuse de « Communautés culturelles » pour qualifier les néo-Québécois. Les Québécois de souche (et ça existe des gens qui vivent ici sur les mêmes terres depuis plus de 300 ans, on peut difficilement être plus de souche que cela, que cela plaise ou non à certains), ont aussi une culture propre, sont aussi une communauté culturelle, sont ici en majorité, mais ils sont exclus des « Communautés culturelles »! Quel non-sens! Alors, parlons-donc clairement, sans langue de bois, et appelons les immigrants des néo-Québécois, tout simplement. Il n'y a rien de repréhensible dans le terme néo-Québécois, au contraire, il montre la volonté d'accueil du peuple québécois vis-à-vis des nouveaux arrivants, les invitant à devenir à court terme des Québécois à part entière une fois leur citoyenneté québécoise acquise.

    Le terme de « Communautés culturelles » va dans le sens de la ghettoisation des nouveaux venus et même de leurs descendants nés ici. Pourquoi les immigrants venant du pays XYZ devraient-ils se référer ou être référés comme faisant partie de la communauté culturelle XYZaine? Dans un de ses ouvrages, l'écrivain Neil Bissoondath, lui-même immigrant au Québec, s'est insurgé contre le multiculturalisme à la canadienne qui fait ressortir les différences plutôt que les ressemblances entre les divers groupes ethniques du pays. Il a bien montré que les politiques canadiennes en matière de multiculturalisme, bien que naivement conçues au départ dans un but bien intentionné, n'ont fait qu'accentuer l'isolement des groupes culturels et propager les clichés à leur sujet.

    Tous les résidents du Québec, y compris les néo-Québécois qui viennent s'y installer, sont des Québécois, de plein droit ou en devenir, et leurs enfants doivent fréquenter l'école commune. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 16 mai 2008 18h04
    C'est atroce encore et encore M Noël...
    « On devrait vous payer un voyage dans les tombes des juifs allemands, hollandais, français, polonais, russes, italiens, tchéques... C'est atroce M. Noël. Ce qui est inacceptable c'est que même dans SA perspective, Hitler croyait avec ses sbires, qu'il avait raison. Vous connaissez le résultat, surtout statistiques. Il faut l'accent et royuler les "r" pour être québécois. À défaut d'être vu comme un noir, un jaune, un blanc, il vous faut un son. C'est atroce cette perception des choses. Atroces, encore et encore...Quelle fatigue. En Europe et encore aujourd'hui, on dit que le juif a le nezn poitu/tordu, les cheveux bouclés et noirs, les yeux noirs... Désormais, il faut spéciifier que le québécois doit s'entendre. Atroce. »

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 17 mai 2008 10h49
    @Montaya
    « Je vous défie d'entendre deux Québécois parlant québécois entre eux avec un accent québécois dans le métro de Paris et vous dire: "Tiens Germaine, regarde: deux Marseillais"! Un Québécois ça s'entend.

    Pour votre info, je suis allé à Auschwitz deux fois. Et je suis sorti deux ans avec une Juive dont la mère est une survivante d'Auschwitz. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 17 mai 2008 14h31
    Vous n'avez rien vu à Auschwitz M. Noël.
    « Alors comme dit Duras pour Hiroshima, vous n'avez rien vu à Auschwitz. Il n'est pas content le québécois qui n'a aucun accent d'ici, aucun, ni roule les "r", ni utilise la syntaxe anglo-québécoise, qui n'est jamais parti de son Québec natal et ancestral. Avec vous, il est considéré comme un étranger, un non-québécois. Il ne connaît pas la liste ennuyeuse que vous avez mise car il a une culture universaliste et plurielle. Ouvert au monde, il ne comprend pas pourquoi on lui refuse le sien sous prétexte qu'on ne l'entend pas avec accent. Pagnol ou Maurice Chevalier ou René Char, tous accents confondus, sont bel et bien français. À moins que vous ayez des critères de sélections empêchant soit l'un soit l'autre de l'être. Il est tragique voire pénible de refuser un paysà quelqu'un qui y est né sous prétexte qu'il a l,accent de je ne sais quel pays étranger. Dalida ou Claude François? Ils viennent du même pays et ils n'ont pas le mêm accent. Que dirais le poète français d'origine juive, Edmond Jabès et Enrico Macias? Comme pour l'homophobie, il faut refuser de toutes forces vos propos. »

  • Francois Munyabagisha
    Inscrit
    dimanche 18 mai 2008 11h04
    Paresse intellectuelle ou racisme ethnocentriste
    « Ecoles ethnocentriques pour combattre le décrochage scolaire chez des jeunes noirs? Et après? Des entreprises ethniques, de la fonction publique ethniques, ...? Débile!!
    Le décrochage des jeunes doit être étudié dans toutes ses dimensions, dans toute sa dynamique. Ce n'est pas parce que des jeunes noirs décrochent en plus grandes proportions que la couleur de l'école est nécessairement en cause. Bon nombre de ceux qui militent pour une école noire, je peux me risquer à le présumer, ont été formés comme moi dans une ou plusieurs écoles où ils étaient en situation de minorité ethnique, ce qui n'a pas nécessairement constitué un sérieux handicape.
    Je crois qu'avant d'errer en projets, il convient de constituer des corpus de connaissances solides sur l'intégration des noirs dans la société. Il est prioritaire de constituer des chaires de recherche sur la vie, les défis et l'histoire des noirs, ainsi que sur les perspectives de valorisations et d'enseignements, éventuellement. Autrement, l'idée me semble charognarde, vouée à nourir les promoteurs au détriment de la communauté et de la société. »

  • Marie-Hellène Lemay
    Inscrite
    dimanche 18 mai 2008 17h16
    Si le Québec veut survivre, il n'a pas le droit d'être con
    « Même si les citoyens canadiens résidents au Québec sont de facto "québécois", l'identité québécoise est aussi chose à revendiquer, et le choix d'une école publique devrait être une étape vers cette appropriation. Car l'identité québécoise n'est pas une tabula rasa, c'est un héritage, des institutions, une population, certes en constante évolution et en constante mutation, mais aux prises avec la dynamique perverse d'une identité canadienne qui se façonne dans le déni de l'identité québécoise... Dès lors, l'identité québécoise ne va pas de soi, et elle est difficile.

    Je peux bien dire que Régine Robin, David Homel et Wajdi Mouawad sont des auteurs québécois, mais il n'est pas sûr que l'étiquette leur convienne à eux. C'est toute la difficulté des appellations nationales: est-ce la langue/la religion ou le territoire qui définit la spécificité d'une culture?

    Pour répondre à monsieur Noël, des Juifs québécois il en a des tonnes (Julie Snyder, Sonia Benezra, ça vous dit quelque chose?) mais comme la plupart parlent français, qu'ils sont subtils et discrets, on ne les remarque pas. Quant aux Juifs surtout Ashkénazes qui sont là depuis des lustres et qui parlent anglais, c'est vrai qu'il existe des têtes de Turc à la Mordecai Richler, mais comment voudriez-vous qu'ils aient envie d'être québécois, si la culture québécoise se réduit à du folklore, Ginette Reno, les gâteaux Vachon et Michel Louvain, et à des raisonnements aussi ineptes? Comme le disait Catherine Mavrikakis, une vraie québécoise celle-là, pourrait-on rêver à autre chose qu'à un pays où tout le monde aurait le droit d'être con?

    Pour que l'école publique soit le chantier de l'identité québécoise, il faudrait qu'elle soit ambitieuse, exigeante et puis surtout, il faudrait cesser d'envoyer nos enfants à l'école privée dans une logique de clientélisme, et travailler à améliorer sa qualité. Si le Québec veut survivre, il faudrait qu'il se magne un peu son gros derrière. »

  • Christopher Lewis
    Inscrit
    lundi 19 mai 2008 11h42
    vision du néo-québécois
    « En tant que minorité ethnique immigré au QUEBEC ainsi que pleinement intégré comme il se doit pour vivre harmonieusement en société d'accueil, je me trouve aujourd'hui troublé comme d'ailleurs depuis les premiers balbutiements de la fameuse commission des accommodements raisonnables.
    On se doit en tant que nation de s'opposer contre toute forme de 'ghettoïsation' de nos commissions scolaires. Je crois qu'il ne faut pas confondre ou même substituer l'école au rôle du parent. Il est certes de notre devoir, en tant que néo-québécois de faire connaître à notre progéniture leurs origines pour qu'elles puissent mieux comprendre leurs cheminements, mais qu'une communauté demande à la commission scolaire QUEBECOISE de prendre son éducation culturel en charge en créant une école à penchant 'ethnique' est à mon sens une sorte de fainéantise communautaire ou un détachement de la famille. Société QUÉBÉCOISE, n'ouvrons pas la porte à la ségrégation mais apprenons plutôt à nos ainés à passer un peu plus de temps avec leurs filiations et tout rentrera dans l'ordre sans avoir à changer, muter ou même créer un nouvel curriculum scolaire QUÉBÉCOIS.

    P.S ce texte est belle et bien saturé du mot 'québécois' ici et là, mais je crois important de marteler que nous parlons bien de la société québécoise prédéfinie par son histoire et en constante évolution, et non pas d'un amalgame communautaire.

    Christopher Lewis »

  • Francois Munyabagisha
    Inscrit
    samedi 24 mai 2008 19h01
    Le plus grand défi de l'intégration: le positivisme
    « Le dérapage commence par l'expression et l'autoprogrammation bellicistes, conflictuelles. On dénonce ce qu'on ne sait pas trop comprendre ni s'expliquer, et on s'avance avec des solutions et choix dont on ingore les aboutissants. L'usage de mots mortels ou maudits coule facilement et nous voile les yeux pour ne ressentir que des peurs à l'approche de l'autre. Pouvons-nous parler de ces expériences intercommunautaires avec des mots vivants, énergisants, constuctifs? Notre défis à tous sera d'apprivoiser le courage d'affronter le prince héritier qui vit en nous, de cultiver l'écoûte de nous et des autres, et d'éclairer la cours à nous et celles des autres. Pourquoi engagerions-nous des combats, pourquoi aurions-nous peurs de nous investir dans la communication et la recherche d'une communion par dessus les différences ethniques? Méditons le «partage» et la «charité» ou la «solidarité», nous comprendrons que l'intégration n'est nullement compliquée, ni lente à se laisser inventé. Réalisons à quels point nos aspirations sont aussi celles des autres, et recherchons la solidarité dans la diversité plutôt que l'adversité dans les solitudes.
    fmunyabagisha@hotmail.com »

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