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L'UQAM aux prises avec une clientèle indésirable

Jeanne Corriveau   21 avril 2008  Éducation
Des vestiges laissés sur le sol du pavillon Judith-Jasmin, de l’UQAM, au centre-ville de Montréal.
Photo : Pascal Ratthé
Des vestiges laissés sur le sol du pavillon Judith-Jasmin, de l’UQAM, au centre-ville de Montréal.
La plupart des gens qui fréquentent l'Université du Québec à Montréal (UQAM) le font pour accroître leur savoir, mais d'autres y vont pour... s'injecter de la drogue. La présence, pas toujours discrète, de toxicomanes qui utilisent les toilettes de l'université pour se piquer incommode de plus en plus la direction de l'institution qui a décidé de serrer la vis. Les expulsions de visiteurs indésirables se comptent par centaines chaque mois. Avoir pignon sur rue au centre-ville de Montréal a ses avantages, mais aussi ses inconvénients.

Située au coeur du centre-ville, reliée à la station de métro la plus achalandée du réseau, dans un secteur où les points de vente de drogue sont nombreux, l'UQAM attire inévitablement des visiteurs issus de la faune de la rue.

Sans-abri, toxicomanes et vagabonds en tout genre font partie du paysage du centre-ville de Montréal depuis longtemps, mais leur présence à l'intérieur des murs de l'université, essentiellement au pavillon Judith-Jasmin, a atteint un niveau intolérable, selon l'UQAM. Non seulement les toxicomanes se piquent-ils dans les toilettes de l'université, mais, depuis l'an dernier, ils ont pris l'habitude de laisser leurs seringues souillées à la traîne, allant même jusqu'à les jeter dans les cuvettes, ce qui obstrue les conduites.

Au cours des cinq derniers mois, soit entre novembre et mars, les agents de sécurité de l'UQAM ont dû procéder à 3712 expulsions. C'est donc dire que, chaque mois, ils doivent mettre à la porte quelque 700 visiteurs indésirables, qu'il s'agisse de sans-abri ou de toxicomanes, les uns à la recherche d'un peu de chaleur et les autres, en quête d'un endroit discret pour s'injecter leur dose de drogue.

L'université, qui avait déjà installé des boîtes pour recueillir les seringues à l'extérieur du pavillon Judith-Jasmin, a dû en placer à l'intérieur de ses murs compte tenu du nombre élevé de seringues laissées par terre. Le problème s'est accentué l'an dernier, les toilettes étant de plus en plus souvent bouchées par des seringues jetées dans les cuvettes.

Des mesures ont dû être prises: l'accès à certaines toilettes a été réduit, une campagne de sensibilisation auprès du personnel a été menée, la surveillance a été accrue, des caméras ont été installées et tous les membres de l'équipe d'entretien ont reçu un vaccin contre les hépatites.

«Les agents ont été sensibilisés au phénomène. Ils font des rondes plus serrées et, lorsqu'ils voient des itinérants qui, de toute évidence, ne sont pas des étudiants, ils leur demandent de quitter les lieux», explique Daniel Hébert, directeur des communications à l'UQAM. S'il est parfois difficile de reconnaître un itinérant, il peut être encore plus difficile de détecter un toxicomane qui cherche la discrétion. «Les itinérants obtempèrent beaucoup plus facilement que la personne qui a besoin de s'injecter [sa dose], car celle-ci doit s'isoler rapidement et, si on intervient pendant qu'elle s'injecte [la drogue], il y a des risques de blessures pour les agents de sécurité ou pour le personnel», précise Alain Gingras, directeur du service de la prévention et de la sécurité.

Le déménagement, il y a un an, de Cactus, un organisme qui vient en aide aux toxicomanes et gère un programme d'échange de seringues, a peut-être eu un effet sur la fréquentation des toxicomanes, mais l'université, prudemment, hésite à faire un lien direct avec le phénomène, car Cactus est un de ses partenaires. Autrefois situé rue Saint-Hubert, l'organisme a déménagé à l'angle des rues Sainte-Catherine et Sanguinet en avril 2007. «Le problème a toujours été présent, rappelle M. Hébert. Je ne pense pas que le fait que Cactus soit à une rue à l'est du campus ou à une rue à l'ouest du campus, change quelque chose. Ce n'est pas son déplacement qui entraîne nécessairement le phénomène.»

Si elle a accru la surveillance de ses accès, l'université refuse de boucler ses portes et d'implanter un système de cartes magnétiques pour contrôler toutes les entrées. «L'université est une institution publique, mais c'est un lieu privé. Notre niveau de tolérance n'est pas très élevé, parce qu'on a une mission : l'enseignement, la recherche et la création. On n'est pas une terre d'accueil», résume M. Gingras. Notons qu'aucune autre université montréalaise ne fait face aux mêmes problèmes.

L'UQAM n'est pas seule à avoir de la visite non désirée. La Grande Bibliothèque, rue Berri, qui reçoit 9000 usagers par jour, procède à l'occasion à des expulsions, mais les problèmes y sont moins aigus qu'à l'UQAM. «C'est sûr qu'on ramasse des seringues, mais on essaie de mettre des mécanismes en place pour que les seringues soient récupérées dans des contenants sécuritaires», explique Danielle Chagnon, directrice de la référence et du prêt. L'institution a d'ailleurs pris soin de se doter d'un code de responsabilité des usagers qui balise les comportements inappropriés. «On n'empêche pas les gens d'entrer pour aller à la salle de toilettes, mais il est évident qu'un agent de sécurité a été placé à un endroit spécifique pour essayer de faire en sorte que ces gens-là n'intimident personne», indique Mme Chagnon.

Toute personne qui a déjà fréquenté une bibliothèque sait combien il peut parfois être difficile de lutter contre le sommeil. S'il est permis de s'assoupir dans la Grande Bibliothèque, il est interdit d'y venir spécifiquement pour dormir. Ceux qui le font de façon systématique risquent de se faire montrer la sortie.

Au Complexe Desjardins aussi, la présence des sans-abri est inévitable compte tenu de la proximité de plusieurs refuges. Bien que l'on ait remarqué une augmentation du nombre de sans-abri dans les espaces publics au cours des dernières années, les expulsions demeurent rares. «On est plutôt tolérants à l'égard des itinérants, dans la mesure où ils ne gênent pas la clientèle, reconnaît France Moreau, coordonnatrice aux communications du Complexe Desjardins. Mais on va intervenir dans les cas de violence verbale.»

Dans les artères commerciales également, la cohabitation entre les sans-abri et les commerçants n'est pas aisée. «Le danger, c'est quand le commerçant décide de régler la situation lui-même. Mais il arrive aussi que se développe une sorte de collaboration et que des itinérants, par exemple, nettoient la devanture d'un magasin après entente avec le propriétaire», relate Claude Rainville, directeur général de la Société de développement commercial du Quartier latin.

L'itinérance prend de l'ampleur, tous le constatent. L'administration Tremblay-Zampino a d'ailleurs entrepris, ce mois-ci, de se pencher sur la question par l'entremise de consultations publiques menées par la Commission permanente sur le développement culturel et la qualité de vie. À la lumière des mémoires déposés par les groupes communautaires, la Ville entend adopter un plan d'action pour mieux cibler ses interventions.

Le thème sera également abordé le 31 mai prochain par l'arrondissement de Ville-Marie qui organise un Forum qui s'intéressera particulièrement à la cohabitation souvent difficile entre sans-abri, résidants et commerçants du centre-ville. Démarches parallèles de deux paliers municipaux? Le maire Benoit Labonté jure toutefois qu'il ne s'agira pas de faire un diagnostic de la problématique, qui est amplement documentée, mais que cet événement se traduira par des projets concrets impliquant la collaboration de gens d'affaires et d'organismes communautaires du centre-ville.






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  • Claude Archambault
    Inscrit
    dimanche 20 avril 2008 23h57
    Un problème comme çà, ce règle facilement
    « Pourquoi pas des policiers sur place et des arrestations ? A-t-on essayé ? Les drogués coutent déjà assez cher à la société. Une fois sous arrêt, c'est l'incarcération dans un centre spécial, et seulement quand ils seront complètement désintoxiqués, pourront ils sortir. Puis ils rembourseront les couts à la société avec des travaux communautaire divers. C'est ce que l'on appel responsabiliser les gens, ce que l'on fait au Québec c'est culpabiliser la société quand quelqu'un fait les mauvais choix dans sa vie.
    Mettre des boite ce collection pour les seringues usés n'est pas une solution au problème, c'est accepter le problème. Quand une maison infestée de rats, met on des morceaux de fromage dans le coin pour ne pas qu'ils rongent autre chose ? »

  • François Décary-Gilardeau
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 00h36
    Et les racines du problèmes ?
    « Il est intéressant de voir un article présenter presqu'uniquement les nuisances associés à la toxicomanie et à l'itinérance. De plus en plus on interdit l'accès aux "indésirables" de nos espaces publics, mais nous sommes nous demandé pourquoi il semblait y en avoir de plus en plus ? Nous sommes nous demandé quelle était notre resposabilité collective, comme société ?

    Dans le contexte où le gouvernement se veut de plus en plus absent, de plus en plus minimalisme, où il s'égorge lui même en accordant des baisses d'impôts et par la suite dépose un budget "équilibré" et prudent, pour ne pas avoir a justifier les coupures dans les programmes, dans les universités, dans les groupes écologistes, dans les programmes de sécurité sociale.

    La grandeur d'une société se mesure par la qualité de vie de ses plus démunis. Attaquons les bases du problèmes au lieu de ne penser qu'à des stratégies pour diminuer les nuisances... Et cela vaut autant pour le cas qui nous intéresse que pour d'autres questions qu'ont a coeur les québécois, que ce soit l'environnement ou la justice sociale. »

  • Roque Carbajo
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 06h55
    Itinérance et drogue dans les lieux publics
    « Voila un probléme de société qui existe depuis longtemps et qui a été toujours abordé de façon timide, non réféchie et sans aucun dessein de vraies solutions à long terme.
    Les élus (elues) municipales, provinciales et fédérales n'ont pas de plan pour les réinsertions des itinérants et pour les gens pris avec les problèmes de drogue. Tout ce qu'ils font c'est punir avec des contraventions qui ne pourront jamais être payées, ou remplir les prisons de gens qui pourraient très bien avec un programme établi par les différents paliers gouvernementales en partenariat avec le système de la santé retrouver leur réinsertion danss la société.
    Roque Carbajo »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 08h20
    Un problème comme çà, ce règle facilement
    « Pourquoi pas des policiers sur place et des arrestations ? A-t-on essayé ? Les drogués coutent déjà assez cher à la société. Une fois sous arrêt, c'est l'incarcération dans un centre spécial, et seulement quand ils seront complètement désintoxiqués, pourront ils sortir. Puis ils rembourseront les couts à la société avec des travaux communautaire divers. C'est ce que l'on appel responsabiliser les gens, ce que l'on fait au Québec c'est culpabiliser la société quand quelqu'un fait les mauvais choix dans sa vie.
    Mettre des boite ce collection pour les seringues usés n'est pas une solution au problème, c'est accepter le problème. Quand une maison infestée de rats, met on des morceaux de fromage dans le coin pour ne pas qu'ils rongent autre chose ? »

  • Michel Lebel
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 08h27
    Problèmes ad infinitum...
    « Si l'UQAM n'était au prise qu'avec ce problème-là! Hélas... Un problème en attire un autre. Il faudrait faire une autre petite grève en septembre, à la rentrée, pour dénoncer cette répression inadmissible. Ne rangez pas trop vite ou loin vos pancartes, chers grévistes ataviques de l'institution! »

  • Bertrand Lavoie
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 09h14
    Régler le problème?
    « Sans réfléchir aux causes du problème, nous ne réglerons pas de dernier. Proposer une solution simpliste comme mettre plus de policiers n'est pas envisageable. Car régler un problème, ce n'est pas faire plus de répression, mais bien réfléchir aux causes du problème. Avec des gens en difficulté, l'aide est mieux que la répression. »

  • marcel vinet
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 09h35
    tolérance
    « Tolérer l intolérable,c est comme en etre complice,si l université ne peut et ne veut rien faire pour aider ces étinérants et ces drogués,pourquoi les tolere t elle dans ses mures,c est évident que sa prendrait une carte pour entrer dans ses murs pour protéger les étudiants honnetes,je ne sais pas pourquoi ils attendent.... »

  • Bernard Gervais
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 09h36
    Lie lieu où se trouve l'UQAM explique tout !
    « Le campus principal de l'UQAM est relié directement au Montréal souterrain. Cependant, au niveau du sol, il se trouve à deux pas du square Gamelin (rue Berri) et de la rue Saint-Denis, 2 endroits fréquentés par de nombreux petits « pushers ». Pas surprenant que ceux-ci rôdent autour de l'Université pour y trouver de nouveaux clients ! »

  • Jean Dussault
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 10h14
    M. Archambault: c'est pas des rats
    « Je trouve aberrant et dégradant que Claude Archambault, dans son commentaire sur cet article, compare à des rats les personnes utilisatrices de drogue et trace un parallèle entre l'élimination de rats et les mesures pour préserver la santé et la dignité des personnes. M. Archambault, fervent de la répression institutionnalisée, dont l'échec est mille fois prouvé aux États-Unis: seriez-vous un conseiller de Tony Clement et autres harperistes? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    lundi 21 avril 2008 13h31
    @ M. Dussault
    « Tout comme d'autre vous avez mal lu mes propos, ce que je dit la société doit arrêter de se culpabiliser. Je dis que ceux qui se drogue l'on fait par choix, oui, par choix. Car nous avons tous des choix à faire à un moment donné ou l'autre. Ce que je propose c'est la désintoxication, oui forcé, oui en institution spécial et oui je leur demande de repayer en parti la société. Qu'y a-t-il de plus humain que cela, je propose de les réhabilité dans la société. L'allusion choc au rat, était l'analogie faite entre la pose de ces bac à seringue et toutes les accommodations qui sont faites. Combien de crime sont commis par ces gens qui cherche à avoir leur drogue ? Il faut que la société cesse de se sentir coupable pour les choix de certains.

    Certes certain drogué ont eu des choix plus difficile que d'autre, mais il y assez de programme qui existe que s'ils veulent réellement faire le bon choix ils peuvent. C'est comme fumer, blâme-t-on la société parce que quelqu'un fume ?, les compagnie de tabac ? ou le fumeur qui un jour A PRIS LA DÉCISION de fumer une cigarette. Si quelqu'un fume encor après, c'est SON choix, car il y a tellement de moyen aujourd'hui pour tenter de s'en sortir. Je parle e par expérience, un jour J'AI PRIS UNE DÉCISION, c'était la mauvaise, à plusieurs reprise j'ai tenté d'arrêter et à chaque fois que je recommençait, c'était ma décision, mon choix, aujourd'hui je crois fermement que j'ai appris de mes mauvais choix et que cette fois ce sera la bonne. Le problèmes des drogué est le même.

    Un voleur vol par choix, un tueur tue par choix tout comme un citoyen pauvre travail deux jobs pour faire vivre sa famille par choix. Des fois les choix sont très limités, des fois, les choix sont déchirant et d'autre fois on n'a pas toute l'information. Mais il faut toujours assumer ses choix et en vivre les conséquence, la société n'a pas à en assumer le blâme. Tout ce que la société peu faire c'est offrir d'autres choix et de la compassion car ell n'a aucune responsabilité dans le choix des individu.

    Ici au Québec on vie trop sous la tutelle de l'état providence, on fait des choix de société qu'on dit. Mais la sociétés ne vie pas avec les conséquence de ses geste et choix. »

  • Roland Berger
    Abonné
    lundi 21 avril 2008 17h59
    Cacher cette itinérance
    « Vite, il faut se hâter à cacher l'itinérance particulièrement présente dans la zone où, à raison, on a choisi de bâtir l'UQAM. Telle est la réaction de ceux et celles qui pensent régler un problème en l'ignorant.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

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